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 [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps

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MessageSujet: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Ven 6 Juil - 23:00

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village


L'on n'avait jamais vu un informateur aussi performant que Xenos Stelar. Une lettre marquée du tampon de l'Académie, et l'homme se mettait à la recherche du moindre renseignement pouvant se révéler utile dans une enquête historique sur les Temps Oubliés. Sans compter les quelques pièces qui avaient délaissé la bourse de Daud, mais cela relevait du détail... Le chercheur était particulièrement enthousiaste, car le nom que lui avait confié Stelar semblait fiable. Davantage que les précédents en tout cas – de vulgaires charlatans prétendant connaître l'impossible. L'un d'eux avait même créé une preuve de toute pièce en espérant tromper sa vigilance ! Par chance, Daud était assez méticuleux pour reconnaître une supercherie aussi grossière. Pour qui le prenaient-ils ? Un débutant ? L'enjeu était assez important pour faire preuve de prudence, même excessive.

Aussi, lorsque Stelar lui avait parlé de ce conteur, exerçant, dans un village au sud du Gravorn, Daud s'était efforcé de cacher sa joie.

« C'est un homme très fiable ! avait protesté Stelar. Vous ne trouverez pas d'histoire plus vraie que la sienne ! Ses contes tout ce qu'il y a de plus convenable !
– Je crois que vous n'avez pas tout compris à la méthodologie des sciences humaines, monsieur Stelar… » avait fait Daud d'un air peu convaincu.
– C'est vrai, j'ignorais que les historiens étaient à ce point désespérés qu'ils affichaient des petites annonces dans les boulangeries pour recueillir des sources. »

Comme Stelar n'avait pas tout à fait tort, Daud s'était contenté de grommeler avant de le payer. Puis il s'était mis en route pour Mornepierre, la bourgade où cet homme si respectable racontait ses vieilles légendes.

C'avait été un voyage sans histoire – celles-ci attendaient sans doute de rencontrer le conteur pour se montrer. Il lui fallut un peu plus de six jours pour arriver à destination. Ce fut un périple fort solitaire : en-dehors de sa monture, Daud n'avait guère de compagnie avec qui parler. Et Filip, le brave cheval qu'on lui avait loué à Albatra, n'était pas très bavard. La location d'une monture sur une si longue durée était onéreuse, et il n'aurait jamais pu se le permettre sans le soutien financier de l'Académie, qui couvrait ses frais de déplacement.

Tous deux, cavalier comme destrier, furent soulagés en apercevant les toitures du village après avoir gravi une dernière colline. Mais leur déception fut de taille : Mornepierre n'était pas un endroit très intéressant. Son nom lui allait comme un gant – baptême malheureux, ou surnom tardif des plus appropriés ? La question resta en suspens tandis qu'ils traversaient le bourg à la recherche d'une auberge où passer la nuit.

Avant de le quitter, Stelar avait précisé que le conteur apparaissait souvent les jours de marché pour partager ses histoires avec un plus large public. Par chance, Daud n'eut à patienter qu'un jour de plus dans cette ville si ennuyante, ce qui lui parut quand même une éternité. Le jeune homme se leva à l'aube et arpenta la place où se tenait le marché, scrutant le visage du moindre passant, espérant y reconnaître la description que lui avait faite Stelar : « un homme de grande taille, à la peau brune, aux yeux verts, portant souvent quelques livres de contes sous son bras ». Pour l'heure, aucun conteur en vue. Daud guettait également un quelconque attroupement, se disant qu'en raison de la renommée du narrateur, son public l'attendrait certainement de pied ferme.

Il tourna en rond une heure, deux heures… jusqu'à connaître la disposition des étals par coeur. Soit il était en avance – ou le conteur en retard, soit ce dernier ne ferait pas son apparition aujourd'hui. Daud alla jusqu'à interroger les marchands, qui hélas ne lui apprirent pas grand chose : le conteur se nommait Al, juste Al, et possédait un sourire qui ravissait le coeur des dames en un claquement de doigt. Daud n'avait pas spécialement besoin de ce genre de détail, et il interrompit vite sa petite enquête. Alors que midi approchait, l'historien allait rentrer à l'auberge, résigné à l'idée de ne pas croiser son conteur aujourd'hui.

Il tourna les talons subitement et se retrouva nez à nez avec un inconnu, à deux doigts de lui rentrer dedans. Celui-ci n'avait malheureusement ni la peau brune ni un sourire ravageur, mais quelque chose dans son visage lui semblait familier. Daud fondit aussitôt en excuses :

« Oh ! Je vous demande pardon monsieur ! Je suis d'une rare maladresse. »

Il s'apprêtait à le saluer et passer son chemin, mais un détail retint son attention. Un certain regard assombri par des cernes, dans lequel brillait toutefois une vive intelligence. Fronçant les sourcils, Daud ajouta :

« Excusez-moi… on ne se serait pas déjà vus quelque part ? Parce que j'aurais juré que... »

Tout lui revint tout à coup. Rare exploit, car Daud n'avait pas pour habitude de se rappeler les visages. Encore moins quand ceux-ci n'étaient pas ceux des proches. Mais ce regard à la fois maladif et passionné ne pouvait le tromper, et maintenant qu'il y faisait attention, le nez de l'inconnu était identique, de même que l'implantation de ses cheveux – bien que leur couleur ait changé. Daud se remémora la conversation qu'il avait eu dans son bureau à l'Académie avec l'adolescent – maintenant un jeune homme ! Un garçon beaucoup trop passionné, qu'il avait tenté de mettre en garde contre ses propres jugements trop hâtifs, et peu scientifiques. Il avait son nom sur le bout de la langue. Quelque chose avec un chien… non, un rapport avec la forêt… un loup ?

« Ca risque de paraître un peu fou, mais… vous n'étiez pas l'apprenti de Madame Clair ? L'érudite ? Rehan… Rehan Renard ! Ca pour une surprise ! » s'exclama-t-il, satisfait d'avoir retrouvé le fil de ses souvenirs.

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Je le précise ici, mais Daud ignore tout des conditions du renvoi de Rehan. Il ne sait même pas qu'il a quitté l'Académie à vrai dire, la nouvelle ne lui est parvenue (ou il n'y a pas fait attention) !


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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Lun 9 Juil - 12:00

3 Allune 1100
Village de Mornepierre, chaîne des Alles.
Frontière sud du Gavorn

Au mois de Lollune, Lackness se paraît généralement de ses plus beaux atouts et ses milles lueurs miroitaient magnifiquement dans les eaux du lac. Un spectacle féerique que la plus part des personnes vivants, ou visitant la ville à cette époque de l'été, appréciait grandement... D'ailleurs, les villageois jouaient eux aussi le jeu, ornant leur maisons de guirlandes de houx, de gui, utilisant pommes de pin peintes de toutes les couleurs et autres décorations fabriquées en terre cuite puis peintes, sans oublier de mettre à leurs fenêtres des bougies, elles aussi multicolores, qui accompagne le passant de leur douce lueur.

Mais les bougies les plus importantes étaient elle allumées au cœur de la maison, une à une, à l'aube du dernier jours de l'année, lorsque la course du soleil l'avait amené à son point culminant et enfin, au crépuscule... Rehan adorait cette tradition, avec Alegra ils préféraient la dernière bougie, celle qui annonce la nuit et les festivités. Ils s'étaient même inventé leur propre tradition.

S’installant avec le candélabre tricéphale, dont les deux premières bougies étaient allumées, près de la fenêtre ouest de la maison, ils surveillaient la course du soleil. Craquant leur allumette au tout dernier moment, ils n'allumaient la bougie qu'au moment même où la sphère orangée disparaissait à l'horizon. Les derniers rayons se mêlaient alors à la lueur vacillantes des chandelles et Alegra ramenait le candélabre au cœur de la maison, Rehan étant trop petit pour porter l'objet...

L'homme d'aujourd'hui se souvenait des six fêtes du Renouveau qu'il avait partagé avec sa grande-sœur. Six incroyables moments gravés à tout jamais dans sa mémoire, avec le sourire et le rire d'Alegra. Six souvenirs tellement beaux, tellement emplis d'amour, de joies, entourés de leur deux parents, que depuis la disparition d'Alegra, plus encore depuis le suicide de leur mère, Rehan n'avait plus jamais fêté le Renouveau. Et depuis quelques années, même ses réminiscences joyeuses n'étaient pas assez fortes pour contrer les intenses émotions négatives qui s'emparaient de lui. Alors il fuyait.

Cela faisait quelques années déjà, qu'à l'approche de la fin de l'année, Rehan se dirigeaient inconsciemment vers les montagnes. Avant même qu'une quelconque pensées noire ne lui traverse l'esprit, il s'était mis en route vers l'une des deux chaînes montagneuses qui créaient la frontière naturelle au nord du duché du Creux-Lac. Comme l'Arche l'avait fait quelques années plus tôt, les montagnes, et plus précisément leur grottes, attiraient Rehan  tout comme le nord attirait l'aiguille d'une boussole. Fuyant la fête et la joie qui en émanait, le jeune homme dont la pierre de vie avait doté d'un pouvoir qu'il haïssait, voulait se trouver le plus loin possible des populations à cette époques de l'année.

Le 25 lollune il avait donc quitté le petit village proche du lac Prospère où il s'était établi depuis quelques jours et s'était dirigé vers la chaînes des Halles. Au bout de trois jours il avait fini par trouver une caverne, à flanc de montagne, où il pourrait séjourner quelques jours et y faire un feu sans être repéré. La fête du Renouveau été passée, et avec elle les idées noires de Rehan. Il ne pouvait pas affirmer que sa dépression était totalement passées mais, les gargouillis de son ventre aidant, puisqu'il avait épuisé ses réserves, il fallait au moins qu'il descende au village le plus proche pour faire le plein de nourriture et remonter dans sa grotte pour y terminer sa « pénitence »...

Mornepierre était comme son nom le présupposait, grise et terne. Rehan ne fut pas étonné lorsqu'il comprit qu'il avait descendu la montagne côté Gavorn, et s'enfonça dans le village à la recherche de la place du marché. Il faisait plutôt beau, le chant des oiseaux accompagnaient ses pas et le printemps faisait éclore les fleurs des arbres et des plantes.

Alors qu'il regardait les étales, cherchant un fromager ou un charcutier, la personne qui marchait devant lui fit volte-face si brusquement qu'ils manquèrent de se percuter. Il s'apprêtait à lâcher un « héla ! » de surprise mais son vis-à-vis fut plus rapide que lui. S'arrêtant net, Rehan se mit à fixer l'inconnu qui n'en était pas un, alors qu'à la seconde où il avait entendu sa voix, son cœur s'était mis à battre la chamade dans une montée d'angoisse telle qu'elle l'avait laissé totalement incapable de bouger face à celui qu'il avait reconnu comme étant Daud Emerat. L'historien plus loquace qu'une pie dont les informations lui avait été d'une précieuses aide lorsqu'il était adolescent.

Complètement immobile, Rehan fixait son vis-à-vis, priant inconsciemment que celui-ci ne le reconnaisse pas, suivant de ses yeux clairs les mouvements du corps de l'académicien qui semblait partir mais qui se ravisa au dernier moment.

Pris d'une nouvelle montée d'angoisse encore plus terrible que la première, Rehan senti une chaleur immense remonter de sa poitrine à son visage, en passant par sa gorge qui se serra comme un étau.

- Oui, non ! Ce n'est pas moi, je suis Alissair Rehan, heu, Azurin Alissair ! Je ne connais pas Augustine Clair, bonne journée monsieur...!

Il voulu reprendre sa route, il voulu fuir ce bout de son passé auquel il ne voulait plus avoir affaire, par peur des représailles... Mais au moment où il mit un pas devant l'autre pour partir, il se rendit compte qu'il s'était vendu en quelques mots à peine.

S'immobilisant alors de nouveau, il tourna lentement son regard vers celui de son, en vérité, collègue.

- Je vous en prie Daud, ne m'appelez plus Rehan Renard en publique, chuchota-t-il en fixant son vis-à-vis droit dans les yeux je suis Azurin Alissair maintenant.

Ah quoi bon fuir... L'homme l'avait reconnu et à la réflexion, mieux valait faire face plutôt que de risquer que des rumeurs à son encontre reviennent en Marvier et finisse par le trahir. Rehan estimait en effet que Daud Emerat était un homme intelligent en mesure de garder un secret.

Du moins, il l'espérait fortement...


Informations hors-RP : il n'a pas été renvoyé, il s'est enfuit Wink Mais Daud peut le penser =D

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Jeu 12 Juil - 21:10

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village

Si Daud était d'une logique imparable, son esprit méticuleux peinait toutefois à distinguer le vrai du faux dans le discours de ses pairs. Là où il savait reconnaître la moindre incohérence, le mensonge constituait un véritable mystère qui le gardait encore en échec. Ceux qui s'adressaient à l'historien n'avaient aucune peine à lui faire gober les plus grosses salades.

Aussi, Rehan n'aurait-il pas eu à fournir beaucoup d'effort pour le convaincre qu'il faisait erreur. Mais si Daud était d'une crédulité terrifiante, Rehan était encore plus mauvais menteur. Azurin Alissair, vraiment ? Qui espérait-il duper de la sorte ? Daud fronça les sourcil, se demandant ce qui était le plus vexant : savoir qu'il aurait très bien pu tomber dans le panneau si la prestation de Rehan avait été plus convaincante, ou que ce dernier ait espéré qu'il se laisse convaincre aussi facilement.

De toute évidence, le jeune Rehan était assez lucide pour s'apercevoir que Daud n'était pas assez stupide pour le croire sur parole. Il murmura quelques mots inquiets, si ce n'est paniqués, qui ne firent que renforcer la perplexité de l'historien. Pourquoi ce surnom ? Et surtout : pourquoi le garçon tenait-il tant à ce que sa véritable identité ne s'ébruite pas ? Tout cela était bien étrange. Et comme à chaque fois qu'un mystère se présentait à lui, Daud ne put résister à la tentation de l'élucider. Trouver la lumière du savoir à travers l'épaisseur de l'ignorance. Il se jeta dedans tête la première.

Plusieurs idées fusèrent très vite, ébauches de solution. Il en rejeta certaines. Garda les questions les plus pertinentes, bien qu'elles n'aient pas de réponse pour l'heure. Celles-ci viendraient en leur temps. Au jeu de la déduction il fallait se montrer patient.

Pour comprendre ce qui avait pu arriver à Rehan, Daud chercha tout d'abord à se rappeler à quand remontait leur dernière rencontre. Comme il ne put s'en remémorer aucune depuis leur entretien à son bureau, il se demanda s'il ne l'avait pas aperçu dans un couloir de l'Académie. Quelques fois, et de très loin, sans y prêter attention, mais pas depuis plusieurs années toutefois. Il pouvait y avoir plusieurs raisons à cela : des déplacements fréquents, un mauvais timing, un déficit de l'attention… les possibilités étaient nombreuses. De même, Daud ne se rappelait pas avoir entendu parler de Rehan entre temps. Ou peut-être n'avait-il tout simplement pas prêté garde à ce que disaient les autres érudits ?...

Comme cela ne l'aidait pas, le jeune homme se demanda ce qui pouvait pousser Rehan à changer d'identité. Ce n'était pas quelque chose que l'on faisait par hasard : rien, si ce n'est un besoin vital, ne motivait un tel changement. Pour reconstruire une vie loin de souvenirs ou d'attaches douloureuses… ou pour échapper à une menace ? A moins qu'il soit la menace ?... Mais peut-être avait-il trop lu de contes d'aventure ces derniers temps !...

Comme le jeune garçon le fixait d'un air implorant, Daud tapota son épaule avec maladresse. Ce gaillard ne pouvait sans doute pas être bien dangereux ! Comme sa décision était prise, il ajouta sur un ton naturel :

« Azurin, hein ? Et bien, Azurin ce sera. »

Mais Daud ne pouvait se résoudre à si peu. Il lui fallait des réponses. Et puisqu'il avait trop peu d'indices pour percer ce mystère à jour, peut-être que Rehan accepterait de lui donner au moins quelques pistes ?

« Cher jeune monsieur Alissair, il semble qu'un bout de temps se soit écoulé depuis notre dernière rencontre ! Je ne serais pas contre échanger autour d'une bonne tasse de thé fumant si le coeur vous en dit. Comme au bon vieux temps », ajouta-t-il avec un sourire sincère, désignant une auberge et sa terrasse, à quelques pas de là.

« De plus, vous connaissez mon goût pour les histoires ! Et quelque chose me dit que vous en avez une bonne à me raconter. »

Comme il s'effaçait pour laisser le passage au jeune homme, Daud en profita pour réfléchir très vite. Si Rehan acceptait de lui livrer la raison de tout ce cirque, cela serait sans doute une grande marque de confiance de sa part. Etait-il vraiment prêt à endosser une telle responsabilité ? Et si le jeune homme lui avouait quelques méfaits, ou tout du moins quelques délits punissables ? Devait-il le dénoncer aux Lames de Saphir ? Ou bien devrait-il garder tout cela secret ? Qu'est-ce qui était le plus moral là-dedans ? Enfin… Rehan avait sans doute une bonne raison, et loin d'être criminelle qui plus est ! Du moins, Daud l'espérait fortement…

Ils s'installaient en terrasse quand une jeune serveuse vint aussitôt prendre leurs commandes. Daud l'interrogea sur les thés que la maison proposait, et finit par opter pour un thé à la bergamote. Son préféré. Comme la jeune femme repartait, l'historien s'agita sur sa chaise. Il sentait qu'il devait dire quelque chose pour détendre l'atmosphère. Rassurer Rehan, d'une manière ou d'une autre. Pour le mettre en confiance et obtenir des réponses à ses questions… ou par empathie ? Une chose était sûre : l'épais secret entourant cette surprenante nouvelle identité surpassait de loin l'hypothétique rencontre avec ce conteur introuvable ! Pour l'instant, du moins.

Daud se racla la gorge, mal à l'aise, et fit :

« Je ne suis pas très… doué, pour ça. Mais je veux que tu saches une chose, ma foi fort simple : je ne te veux aucun mal. A vrai dire, j'aurais très bien pu te croiser sans me retourner ni te reconnaître, et je suis sûr que tu aurais préféré cela à cette situation qui, je me doute, te cause du soucis. Je suis désolé de te mettre dans une situation si inconfortable, ce n'était pas mon intention : si j'avais su, j'aurais continué ma route. »

Il grimaça un sourire contrit et poursuivit :

« Mais nous sommes là, maintenant, et je n'ai aucune intention de te nuire. Tais-toi si tu le souhaites, garde tes secrets, je n'en prendrai pas ombrage. A force de fréquenter ces algébristes ennuyants, j'ai développé un certain talent pour le bavardage de société. Je serai ravi de parler de la pluie et du beau temps ! »

Il espérait toutefois ne pas avoir à en arriver là. Il n'y avait rien de plus barbant que parler du temps. Si encore cela traitait de météorologie au sens propre… qu'est-ce qu'on s'en fichait, qu'il fasse beau ? La pluie n'avait qu'un impact minime sur les vies des Trois-Lieuxtins !...

« Toutefois si d'aventure tu souhaitais profiter de ma présence pour parler de choses plus vraies, plus sérieuses, je suis tout à fait disposé à t'offrir une oreille attentive. Si ce n'est un ami, tu as devant toi un auditeur neutre et impartial… sans compter que tout cela est très mystérieux et que je meurs d'envie de connaître le fin mot de cette histoire », finit-il par avouer, jugeant cela plus honnête.


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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Ven 13 Juil - 14:56

3 Allune 1100
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Son cœur tambourinant à ses oreilles, le jeune homme sentait ses muscles se crisper à mesure que la panique montait en lui. Il n'avait jamais su expliquer comment ce sentiment réussissait à le submerger aussi facilement. C'était comme une marmite qui se mettait à bouillonner d'un coup au fond de son ventre et dont le contenu jaillissait comme déborde le lait trop longtemps sur le feu... Il regardait son vis-à-vis dans l'espoir crédule que le simple fait de le fixer, se concentrer sur un point allait faire baisser son angoisse. Mais il savait pourtant pertinemment que sa seule arme contre l'angoisse était la parole.

En déliant sa langue, en maîtrisant sa propre parole il concentrait son attention sur l'unique chose qu'il pouvait totalement contrôler en ce bas monde : les mots qui sortaient de sa bouche. Outre lorsqu'il buvait un peu trop, mais ça n’exacerbait que son humeur du moment, jamais encore il ne s'était trahit lui-même, fort heureusement... ! Quand bien même, il savait toujours ce qu'il disait et lorsqu'il sentait que quelque chose aurait pu lui échapper il préférait tout simplement se taire. Comme dit un vieux et lointain dicton « la parole est d'argent mais le silence est d'or »...

Quand bien même, il ressenti un bref soulagement, comme une goutte d'eau humecte les lèvres sèches d'un assoiffé, lorsque Daud appuya sa demande en l'appelant Azurin Alissair. Et lorsqu'il lui proposa d'aller s'attabler pour partager un thé, le jeune homme pensa que c'était une assez bonne idée... D'une part parce que boire quelques gorgées aiderait à desserrer l'étau invisible autour de sa gorge mais aussi parce que s'asseoir lui permettrait de retrouver ses esprits. Il avait toujours eu du mal à garder la station debout lorsque ça n'était pas pour marcher... Sans doute la faute à ses longues heures à étudier assit, il en avait pris l'habitude...

S'installant face à Daud, il se mit à détailler l'homme. Il était exactement le même qu'il y a sept ans, à ce que Rehan s'en souvenait. Le temps n'avait pas encore joué de son emprise sur l'homme et il arborait sa trentaine avec ses yeux verts toujours aussi pétillants. A l'inverse Rehan lui savait avoir énormément changé... Il avait grandit, s'était laissé pousser les cheveux, les avait teint et, dans un sens, était devenu un homme... Pourtant cela n'avait pas empêché l'historien de le reconnaître alors que durant ses dernières années à l'Académie Rehan n'avait fait que croisé son aîné. Ils n'avaient, à son grand damne, jamais eu l'occasion de se reparler en tête à tête comme cette fois où l'adolescent avait débarqué comme un drakalon piqué par une mouche dans le bureau du groupe de recherches dont faisait parti Daud. D'ailleurs il serait intéressant de converser à ce propos, en faisait-il toujours parti... ?

Rehan sentait déjà son angoisse reculer d'un pas et il pu sans problème répondre à la serveuse qui lui demanda ce qu'il voulait. Fort heureusement l'apothicaire du village n'était pas loin et elle pu aller quérir quelques feuille de mélisse et de camomille qu'elle laissa infuser dans le thé noir, apportant aussi le pot de miel demandé tandis que Daud, fidèle à ce que Rehan se souvenait de lui, parlait déjà avec fougue, empathie et curiosité. Le jeune homme ne pouvait aucunement être regardant quant au dernier point qui souvent était vu comme un défaut par la populace... Après tout, Daud savait qui il était exactement alors il ne pouvait qu'être surpris de le retrouver en ces lieux et en cette identité étrange et étrangère. Et puis il venait de lui jurer qu'il n'avait absolument pas l'intention de lui nuire, cela suffisait aux yeux du jeune homme.

Buvant une gorgée brûlante de son infusion, il toussa légèrement puis se racla la gorge, tentant de se donner contenance tandis que son angoisse bouillonnait toujours aux creux de son estomac.

- Non, je n'apprécie pas spécialement parler de la pluie et du beau temps, commença-t-il d'une voix légèrement ténue se sont des sujets futiles, on ne peut rien y changer alors pourquoi en parler ? ajouta-t-il d'une voix un peu plus claire

Lâchant un profond soupire qui lui fit rentrer les épaules, il les redéploya en se redressant et releva son regard bleu océan jusqu'à l'ancrer dans le vert sylvain de son homologue.

- Le fin mot de cette histoire... reprit-il en cillant Je ne le connais pas moi-même et je dois dire n'en ai pas hâte du tout... grimaça-t-il C'est une bien sale histoire à dire vrai, que j'ai du changer d'identité vous en dit bien assez à ce sujet... il avait murmuré la fin de sa phrase, ayant peur qu'on ne les écoute ou du moins les entendent Mais votre sollicitude me touche, soyez certain de mon intégrité, en tout cas morale, c'est bien ce qui a conduit à ma fuite...

Ses derniers mots s'étaient tus et il du reprendre une gorgée fumante de thé pour se remettre un peu d'aplomb.

Il n'avait jamais évoqué ces choses là avec quiconque. Les révéler ainsi était un exercice auquel il ne s'était pas préparé mais, quelque chose au fond de lui criait qu'il serait bon d'avoir un allié. Et puis qui de mieux d'un académicien de l'Ordre du Savoir ? N'étaient-ils pas réputés pour leur impartialité et leur goût du secret... ? Parce que oui, Rehan en avait toujours été persuadé, L'Ordre du Savoir ne dispensait absolument pas tout ce qu'il « savait », et bien des mystères y étaient cachés...

En tout cas, ce début de conversation avait eu le mérite d'atténuer fortement son angoisse. Bien que parler de ces événements bouleversant n'arrangeait en rien l'état d'humeur du jeune homme...

Il bu une seconde gorgée avant d'enfin reprendre la parole, ses yeux toujours fixés dans ceux de son vis-à-vis. Rehan avait toujours eu cette habitude, regarder droit dans les yeux son interlocuteur pouvait parfois révéler bien plus que les paroles échangées...

- … Je veux bien te raconter... il employa le « tu » sur le ton de la confidence, d'égal à égal Mais tu dois me promettre, sur ton honneur, sur ta broche de l'Ordre ou sur ce qui t'es le plus cher que tu ne devra jamais dire à quiconque que tu m'as rencontré... A part peut-être à mon père, il doit me croire mort depuis toutes ces années... Mais nous en reparlerons en temps voulu... Alors, tu promets... ?

Le ton de sa dernière phrase avait été plutôt abrupte et sec. Les prunelles azures c'étaient faites orageuses. On y lisait une détermination dur comme la pierre et une volonté de fer. Rehan fixait toujours Daud droit dans les yeux, bien décidé à y déceler toute trace d'une potentielle félonie...


de Information lancers de dés : mask Information hors-RP :
Je pense lancer les dés à un moment au court de notre RP, pour le 3ème don d'éveillé !
Selon si ça fonctionne ou pas je jouerais en suivant dans les lancés libres afin de déterminer la variabilité particulière de mon don. cf ma fiche
Je pourrais aussi en lancer un qui déterminera si la part de dépression extraite de Rehan s'accroche à Daud ou a un PNJ. Sauf si tu as envie que ça affecte Daud pour pimenter le jeu =)
Sinon je ne sais plus si c'est à toi ou Faol (ou à vous deux, je suis un poisson rouge...) que j'en ai parlé mais mieux vaut prévenir que guérir ! (enfin répéter en l’occurrence ^w^)
Mon rythme de RP va sacrément ralentir à partir de demain, ne t'attend pas à plus d'une réponse par semaine =)
Aussi prend ton temps, si tu es occupé IRL ou sur d'autres forum, ne te presse pas pour moi Wink
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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Mar 17 Juil - 17:03

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village

Bien qu'il ait proposé à Rehan d'éviter les sujets importants en échangeant des banalités, il devait avouer que cela lui aurait coûté beaucoup de passer à côté d'une discussion stimulante. Aussi fut-il soulagé et excité en entendant le jeune homme décliner sa proposition avec politesse. Au moins sur cela, ils étaient sur la même longueur d'ondes.

Rehan semblait en proie aux pires tourments. Sa haute taille était diminuée car il se tenait mal, courbant le dos comme pour échapper à ses problèmes. Pendant un instant fugitif, Daud put de nouveau voir en lui l'adolescent dégingandé et pâle qu'il avait rencontré autrefois. Mais le jeune homme n'avait plus rien du garçon curieux entrevu dans son bureau. Rehan était désormais un homme fait, et Daud ne fut pas étonné de le voir se redresser et lui renvoyer son regard. Il avait peur, c'était indéniable, mais même un aveugle aurait vu du courage brûler en lui. Assez fort pour lui éviter de perdre la tête.

En quelques mots, Rehan lui confirma ce qu'il savait déjà : seule une sale affaire, une très sale affaire pouvait le contraindre à prendre une nouvelle identité. Le fait que le jeune homme manifeste une telle inquiétude à l'idée de voir ses ennuis le rattraper était assez parlant pour ne pas prendre tout cela à la légère. Quand Rehan mentionna son intégrité morale, Daud ne put s'empêcher d'être soulagé. Au moins il n'aurait pas à prendre de décision délicate : c'était bien plus commode de bavarder avec quelqu'un qui n'avait rien de grave à se reprocher. Il n'y avait rien de plus désagréable que d'échanger avec une personne aux moeurs discutables ou à la conscience salie.

La conversation prit un tour bien plus grave lorsque Rehan posa une condition à sa vérité. Daud ne promettait jamais à la légère. Des images fugaces se formèrent devant ses yeux quand son interlocuteur mentionna les choses auxquelles il devait tenir le plus – ses recherches sur les Temps Oubliés, les mots réconfortants de Belaldur, le visage de Java, la cape que lui avait cousu sa mère… et sa broche de l'Ordre, évidemment. Cet accessoire si petit qui signifiait pourtant beaucoup. Qui le rattachait à quelque chose de grand et lui permettrait peut-être d'inscrire son nom dans l'histoire – ou du moins d'en percer les secrets. Tout cela était si mystérieux et théâtral ! Mais c'est d'un ton on ne peut plus sérieux que Daud formula sa réponse.

« Je te promets tout cela, et bien plus encore si cela peut t'assurer ma confiance. »

L'historien souffla sur son thé et balaya la place du regard sans vraiment la voir. Il cherchait ses mots, car dans ce genre de moment ceux-ci demandaient à être sélectionnés avec soin.

« Une fois encore, je ne suis pas ton ennemi. Je ne te veux aucun mal, et peu importe ce que tu me dis, tu as ma parole que je ne révélerai notre rencontre à personne. Je te le promets sur ce qui compte le plus à mes yeux : ma loyauté. »

Daud ramena ses yeux sur Rehan, qui le fixait avec fougue et défi. Un sourire en coin étira ses lèvres et il ajouta d'un ton plus léger, presque rieur :

« Allons ! Ne me regarde pas avec cet air là. Et ne me fais pas languir plus longtemps, jeune Azurin. Raconte-moi un peu ta vie. Cela sonne comme une aventure prometteuse à mes oreilles. »

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J'ai pas spécialement envie que Daud souffre le martyr tout de suite, donc ça m'arrange si tu touches un PNJ ^^ Après ça dépend de quel degré de mal être on parle ! Mais j'ai pas envie de lui faire vivre un truc dark dès le début.
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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Ven 20 Juil - 12:07

3 Allune 1100
Village de Mornepierre, chaîne des Alles.
Frontière sud du Gavorn


Une aventure prometteuse... En entendant ces mots Rehan ne put s'empêcher de lâcher un profond soupire, entre l'amusement et un profond sentiment de dépit. Daud avait sans doute voulu être encourageant mais c'était tout l'inverse qu'il avait produit.

Déjà prostré, tout tordu qu'il était vers son confident, il senti sur ses épaules un poids les affaisser encore plus. Alors que l'instant d'avant il espérait grandement que l'oreille attentive de l'historien puisse le soulager, au contraire, la masse venait de s'intensifier...

Inspirant profondément, Rehan ébroua sa tête, faisant frémir ses cheveux, comme un chien qui sort de l'eau et envoya valser ses pensées noires, les imaginant se fracasser, se briser contre les murs à l'intérieur de son crâne... Buvant une nouvelle gorgée du brûlant breuvage il se dit qu'il lui faudrait bien plus qu'une simple tisane, certes anxiolytique, pour lui donner assez de baume au cœur pour conter ses tourments. Il héla donc la serveuse qui était encore sur la terrasse.

- Apportez moi une demi-cruche d'eau de vie.
- D'accord, nous avons de l'eau de vie de poire, de mirabelle, de la gentiane, de l'alcool de pêche, cerise aussi, ah, nous avons une très bonne eau de vie de genévrier ! Le patron la fait tout spécialement venir d'une petite bourgade au sud du Creux-Lac, pas loin des ruines de Stito... Syti... Bref, les ruines là, vous voyez bien ! Il fait le déplacement une fois par an et en ramène cinq tonneaux ! Faut dire qu'elle est fameuse cette eau, c'est pas peu dire ! Et vous savez que...
- Parfait, mettez moi cette eau de vie alors, la coupa Rehan avec deux gobelets. compléta-t-il
- C'est deux lieutons le digestif au gobelet, si vous prenez une demi cruche ça fera...
- Mettez l'équivalent de quatre gobelets dans la cruche alors, merci. la coupa-t-il de nouveau, sur un ton un peu plus sec cette fois-ci

Après un bref hochement de tête, la serveuse repartie, laissant les deux hommes dont celui aux cheveux bleus s'était pris le visage entre les mains. Il lui fallait bien avouer qu'il ne s'était pas attendu à ce que la serveuse lui déblatère toute sa carte ! Il voulait juste un alcool un peu fort pour se donner du courage, pas se faire expliquer les différentes sortes d'eau de vie... De toute façon, quand il y pensait, il n'avait pas le palais assez fin pour faire la différence entre ces breuvages. Ça lui brûlait la langue et la gorge et agissait comme un décapant le long de son œsophage où la bile était en train d'insidieusement remonter, ce qui était extrêmement désagréable...

Se frottant les yeux, il les releva vers son acolyte et se força à sourire. Il n'était pas certain que Daud allait boire avec lui mais les convenances et la politesse voulait qu'il lui prenne aussi un gobelet... !

- Ce que je vais te raconter va peut-être te paraître idiot, peut-être vas tu penser que je n'aurais pas du réagir comme ça mais la vérité c'est que j'ai peur... commença-t-il, dénigrant ses propres paroles, comme à chaque fois qu'il était en phase dépressive et qu'il n'avait plus aucune estime de lui-même Je suis devenu un rat, fuyant le feu, fuyant le chat. Je ne sais pas quand il va me rattraper mais je sais qu'il me poursuit. Et c'est bien ce qui me terrifie... Parfois je prend même peur de ma propre ombre et quand je suis au plus bas, quand je me dis que ça ne sert plus à rien de vivre, je vais me terrer quelque part... Je fuis la civilisation, je fuis la compagnie des gens, je me fuis moi-même et me renferme avec ma maladie et mes pensées noires...

Il se mordit la lèvre et pris une nouvelle grande inspiration en fermant les yeux. Lorsqu'il les rouvrir la serveuse était de retour et Rehan lui arracha presque la cruche des mains, attrapant de l'autre un gobelet posé sur son plateau qu'il rempli à moitié et bu d'une traite sans piper mot.

Crispant ses paupières sous le feu liquide qui imprégnait sa bouche et sa gorge, il laissa échapper un petit couinement, son poignet, dont la main tenait le gobelet, pressé contre ses lèvres. Il resta ainsi quelques instants, assez longtemps en tout cas pour que la serveuse reparte sans demander son reste. Il posa alors le gobelet sur la table et le rempli de nouveau, mais sans le boire cette fois-ci. Relevant ses yeux légèrement embués de larmes sous le feu du breuvage, il les ancra dans les prunelles sylvines de son vis-à-vis.

- Tu connais ma propension à la religion, en particulier les actes des Dieux... Je me souviens que tu m'avais dit de ne surtout pas prêter agissements humains, encore moins la logique des terrestres, aux démiurges... Alors j'ai cherché d'autres moyens pour comprendre l'intangible. il fit une pause et bu une nouvelle gorgée d'eau de vie qui lui brûla derechef la gorge Je me suis donc intéressé à Kamaâl et notamment ses adorateurs... C'est là que je me suis brûlé les ailes... Si tant est que j'en ai jamais eu...

Portant sa main libre à l'arrière de son épaule, il crispa ses doigts sur sa peau, les y enfonçant presque, lui procurant une très légère douleur qui lui fit pincer les lèvres. Il avait lâché le regard vert et contemplait à présent le liquide transparent dans le gobelet en terre cuite, le faisant tourner entre ses doigts. Les fantômes de son passé étaient en train de défiler devant ses yeux et au fond de son ventre ses pensées sombres s'amusaient, sautant, frappant, chahutant comme des enfants terribles...


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PNJ ça sera alors ! C'est vraiment dark quand ça arrive, je comprend que tu ne veuilles pas, c'est pour ça que je t'en ai parlé =D
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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Ven 20 Juil - 17:43

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village

Une demie cruche d'eau de vie ? Daud ne put s'empêcher de froncer les sourcils face au besoin pressant de son interlocuteur. Il ne cautionnait pas le recours à l'alcool en cas de coup dur. Combien de fois sa mère lui avait-elle expliqué que seul un homme fondamentalement lâche trouvait le courage au fond d'une bouteille ? Sans doute était-ce pour cette raison que l'historien ne goûtait que peu aux boissons alcoolisées. Une bière avec Java ou un collègue de temps en temps, un bon grog lors des nuits d'hiver au chevet d'un Belaldur enrhumé, et voilà tout. L'alcool fort l'avait toujours un peu effrayé.

Rehan – ou plutôt Azurin – débuta son histoire en posant des mots sur ses peurs. Non : ses terreurs. Il ne devait s'agir de rien de moins qu'une panique tenace. Daud éprouva une vague d'empathie à l'égard du jeune homme. Il ne pouvait qu'imaginer combien mener une vie de fuite devait être difficile… si ce n'est destructeur. Rien d'étonnant à ce que son interlocuteur ait l'air si fatigué, s'il devait constamment surveiller par-dessus son épaule.

Daud regarda son compagnon s'enfiler un premier verre d'eau de vie avec un air réprobateur. Il ne pouvait tout simplement pas conserver un visage neutre : sa désapprobation se lisait dans son regard. Cela avait toujours été un problème. Par chance, il parvint à se retenir de faire le moindre commentaire. Rehan releva la tête, les yeux humides – à cause de son histoire, ses souvenirs, ou du goût fort de l'alcool ? Difficile à dire.

Poursuivant ses explications, Rehan mentionna leur rencontre à l'Académie. La mémoire de Daud, excellente, lui permettait de se rappeler du moindre détail de cette entrevue, au mot près. Il se rappela sans mal la curiosité du jeune homme, un adolescent à l'époque, et de son grand intérêt pour la religion. Prêt à élaborer mille et une théories hautes en couleurs pour percer à jour les intentions divines. Oui, il l'avait mis en garde contre les dérives d'une telle entreprise, mais à aucun moment Daud n'avait douté que le garçon cesserait d'être curieux. Une curiosité bien installée, et sincère, est toujours là pour durer. L'historien ne fut pas surpris d'apprendre que le jeune homme avait poursuivi ses recherches. Si Rehan lui avait posé la question à l'époque, il l'y aurait vivement encouragé.

Puis le nom de Kamaâl fut prononcé, et Daud comprit aussitôt de quel genre de problème il pouvait s'agir. Le visage de Rehan blêmit tandis qu'il se remémorait quelques souvenirs horribles, et il détourna les yeux, gêné… ou terrifié. Sa posture parlait pour lui. Comme le jeune homme s'interrompait, honteux ou inquiet, Daud tenta de l'aider un peu.

« Re… Azurin », se reprit-il très vite. « Qu'as-tu découvert ?... »

Les rouages de son esprit se mirent en branle très rapidement, lui fournissant une ébauche de réponse. Ce que Rehan avait découvert, ce n'était guère difficile de le deviner. Quoi de mieux pour apprendre à connaître un domaine inconnu que bénéficier de l'enseignement de ceux qui sont déjà initiés ? En l'occurrence les adorateurs de Kamaâl...

« Es-tu entré en contact avec des partisans du Maâlisme ? Est-ce que ce sont eux qui te causent du soucis ? Est-ce que...est-ce que je peux faire quoi que ce soit pour t'aider ? »

Daud se doutait de la réponse que lui offrirait son interlocuteur concernant sa dernière question. Mais il y avait une telle détresse dans le regard de celui-ci, qu'il ne pouvait faire autrement que manifester sa sollicitude. Il avait de toute évidence sous-estimé le mal-être de Rehan et le danger qui pesait sur lui, et Daud regretta d'avoir été si léger plus tôt dans la conversation. S'il s'était douté que les choses seraient si graves, il aurait choisi ses mots avec davantage de précaution.


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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Lun 23 Juil - 16:45

3 Allune 1100
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Les deux mains jointes autour de son gobelet, ses doigts, rendus bourrus et plein de minuscules cicatrices par l'artisanat du cuir, faisaient tourner lentement l'objet en terre-cuite. Ses yeux océan ne lâchaient pas le liquide transparent et fixaient le léger tourbillon qui frémissait au centre du godet. Il se disait parfois que mourir noyé serait l'une des plus atroce mort... Périr par le feu aussi, mais, mourir noyé dans un tonneau d'alcool avait étrangement quelque chose d'attrayant pour Rehan...

Le suicide par l'ivresse était quelque chose qu'il avait souvent envisagé, lors de ses pires moments de terreurs dépressives... Mais il n'était jamais passé à l'acte, une minuscule étincelle brûlant toujours en lui et qui lui avait jusqu'ici toujours retenu la main. Ou alors était-ce tout simplement le bonheur qu'il éprouvait de simplement être en vie lorsque sa maladie le laissait tranquille ou qu'au contraire elle l'entraînait dans un état de liesse si fort qu'il oubliait tout ses tracas pendant des jours entiers. Mais en cet instant ça n'était pas la joie mais la peur qu'il ressentait. Et l'alcool avait au moins l'intérêt de lui faire ressentir son corps et alléger assez ses peines pour avoir le courage d'en parler. Et parce que son vis-à-vis l'y encourageait et qu'il n'avait jusqu'ici jamais dit ne serait-ce que le fait qu'il ne veuille plus remettre un pied en Marvier.

Se redressant, il porta la timbale à ses lèvres mais n'en bu qu'une petite gorgée avant de replonger son regard dans celui de Daud qui venait de mettre le doigt sur le nœud du problème.

- Je ne suis pas entré en contact directe avec eux, si c'est ce à quoi tu penses... dit-il tout en reposant son verre sur la table J'ai... Réussi à en dénicher un partisan, après longues et fastidieuses recherches, et à force de le suivre, quand je n'avais pas d'autres obligations via l'Ordre bien entendu, j'ai fini par découvrir le point de ralliement d'un groupuscule, au sein même d'Albatra...

Il cilla et rompu le contact visuel. En faite, il n'arrivait pas à soutenir le regard de Daud. Il y lisait trop de choses qui au lieu de l'encourager le faisait se sentir encore plus mal. Il crispa ses paupières et pensa à la grotte qu'il avait quitté à l'aube et qu'il prévoyait de retrouver aussitôt qu'il aurait fait le plein de provisions... Mais les sentiments d'incurabilité, de peur intestinale et d'opprobre étaient plus fort encore et son angoisse viscérale fit de nouveau monter de la bile jusqu'à sa bouche... Il essuya ses lèvres d'un revers de manche et bu une nouvelle gorgée d'eau de vie.

Dans sa tête tourbillonnait l'idée que seul sa mort pourrait faire arrêter tout cela. Qu'au delà de son histoire, de ce qu'il avait vécu tout au long de sa courte vie, ses phases dépressives étaient ce qu'il y avait de pire, alors que tout s'y mélangeait dans un embrouillamini de minuscules nœuds tellement étriqués que Rehan ne voyait plus la petite étincelle de vie qui pulsait encore en lui.

Un indescriptible bruit, entre le hoquet, le sanglot et le couinement de surprise s'échappa de ses lèvres et il reprit la parole, cherchant à contrôler le serpent qui tempêtait en lui.

- C'était un bébé Daud... lâcha-t-il sans que ça n'est directement de sens avec les question de l'historien Un nouveau né, innocent, arraché à ses parents, pendu par les pieds comme un cochon, du vulgaire bétail exsangué par un boucher.. ! Son cri palpite encore à mes oreilles comme s'il était à côté de moi. Les traits pourtant si adorable de son minuscule visage qui s'étaient tordu de douleur, peut-être aussi de peur, resteront à jamais gravé dans ma mémoire. Et tout ce sang... Jamais je n'aurai pensé qu'il y avait autant de sang dans un si petit corps... C'était tellement fou, tellement terrifiant, tellement atroce, c'était...

Mais ses mots se perdirent dans son souffle alors que le volume de sa voix s'était peu à peu éteint, comme lorsque l'esprit s'endort et que le corps n'entend plus rien. Ses yeux s'étaient embués d'eau, de grosses larmes s'étaient misent à ruisseler sur ses joues, traçant des sillons blanc sur la crasse brune de son visage sale. Il sentit tout son corps se contracter, ses mains se broyèrent l'une et l'autre et son échine ploya sous le poids invisible des souvenirs qui jaillissaient en lui comme un brasier se ravive soudainement sous une légère brise. Un feu rouge sang dont la couleur si vive se mettait à illuminer tout autour d'elle.

A travers ses paupières closes Rehan vit le scintillement rouge percer la poche de toile de son pantalon.

Ouvrant ses paupières il glissa sa main dans la dite poche et en sorti un cristal rouge qui luisait de plus en plus fort de cette si sanguinolente couleur vermeille. Le tenant par le bout des doigts il le porta à son visage et lâcha un profond soupire.

- Pourquoi... Pourquoi ça... murmura-t-il alors que la lueur s'intensifiait de plus en plus et qu'il sentait une vague de douceur s'insinuer en lui

Le bruit de verre et d'argile qui se brisent le fit sursauter et se retourner brusquement. La serveuse venait de tomber au sol, à genoux, le corps parcourut de soubresauts, les bras croisés autour d'elle-même, s'enserrant le torse qui s'était mit à lentement vaciller d'avant en arrière, une longue plainte s'échappant de ses lèvres en même temps que d'angoissé sanglots étranglaient sa gorge...


Informations hors-RP : j'ai lancé les dés "dons d'éveillé" et j'ai eu une réussite =D Tu peux jouer la serveuse si besoin, normalement elle va rester prostrée une quinzaine de min mais si Daud a besoin d'entrer en interaction avec elle tu agis comme bon te semble =)

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Lun 23 Juil - 22:44

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village

Les mots de Rehan se frayait un chemin jusqu'à la conscience de l'historien. Lentement, ses soupçons se muaient en une terrible vérité. Daud restait coi, choqué par ce qu'il entendait. Des images se formaient devant ses yeux tel un ballet aussi glauque que terrifiant. Monstrueux. Un frisson remonta le long de son échine. Un bébé. Daud savait les partisans Maâlistes prêts aux pires atrocités pour honorer leur dieu. S'il ne se permettait pas de juger leurs convictions, de tels actes restaient à ses yeux impardonnables. Les innocents ne devraient pas avoir à subir les lubies de quelques uns. L'idée même que ces barbares perpétuent leurs traditions à Albatra, sa ville , le révoltait. Tout cela n'était pas juste.

A l'horreur se mêlait le soulagement d'apprendre que Rehan n'avait pas cédé à l'appel des Maâlistes. La tentation aurait pu être forte pour une âme perdue, Daud en avait conscience : même l'homme le plus solide devient aussi vulnérable qu'un fétu de paille quand la solitude le peine trop. La solitude ou un profond mal-être, songea l'historien en remarquant seulement le visage blafard de Rehan. Cette pâle figure, marquée par ces plis d'inquiétude… était-elle si différente d'autrefois ? Hormis une mâchoire plus affirmée et ces cheveux bleus, Daud ne voyait que peu de différence entre ces deux visages. Si aujourd'hui Rehan était en proie aux pires démons, pourquoi avait-il eu l'air si torturé, des années plus tôt ?...

Non, Rehan avait cédé à la curiosité. Qui était-il pour l'en blâmer ? La curiosité le mettait souvent à l'épreuve lui aussi… mais une fois son appétit satisfait, le garçon avait fait machine arrière, refusant d'emprunter un chemin qu'il savait périlleux pour ses valeurs, et tout ce en quoi il croyait. C'était précisément ce refus qui l'avait contraint à vivre une vie de fuite perpétuelle, placée sous le signe de la peur et du soupçon. Que le prix était lourd, pour s'être montré noble d'esprit !...

*****


Susie savait qu'elle était bavarde. Elle n'avait que trop souvent fait face aux grimaces ou froncements de sourcils de sa famille pour s'en rendre compte par elle-même – quand certains ne le lui disaient pas directement. Son patron, le propriétaire de l'auberge de Malaterre, le lui avait déjà reproché quelquefois. « Ce n'est pas bon pour le commerce », disait-il quand il la surprenait plongée dans un monologue, avisant l'air effaré du client qu'elle servait. « Il faut que tu apprennes à tenir ta langue, jeune Susie, ça fait fuir les clients. » Alors Susie faisait un effort, ou du moins elle essayait – jusqu'à ce qu'une idée lui traverse la tête et qu'elle ait aussitôt envie de la partager avec quelqu'un.
Ce jour-ci, la jeune fille n'avait pas réussi à se maîtriser. Peut-être le soleil était-il trop rayonnant, l'air matinal trop doux pour qu'elle songe à se surveiller. Elle avait relâché sa vigilance, et aussitôt les mots avaient coulé de sa bouche comme un flot inextinguible. Le client – un curieux jeune homme à l'air triste et aux cheveux bleus – n'avait pas apprécié ça. Le ton sur lequel il lui avait répondu était cassant, et Susie s'était aussitôt mordue la langue face à sa bêtise. S'il l'apprenait, le patron lui taperait encore sur les doigts… désireuse de faire bonne impression pour réparer son erreur, la jeune fille avait gardé un oeil sur ce client froissé. Comme son pichet d'alcool était presque vide, Susie avait pris l'initiative de lui en rapporter un – mieux valait qu'un peu d'eau de vie disparaisse plutôt que les réprimandes du patron. Elle remontait les rangées de table en essayant d'avoir l'air sage et joviale, faisant bien attention à ne pas renverser de la boisson. Mais elle se sentait triste.

Pourquoi se sentait-elle triste ?
A vrai dire, Susie n'avait aucune raison de se sentir triste. Tout allait bien dans sa vie.
Pourquoi cette tristesse ?
Mais non... pas triste : dévastée.
Ravagée par une peine soudaine.
Mais pourquoi diantre se sentait-elle aussi mal ?

Sa gorge se serrait, ses mains tremblaient, et tout à coup il lui fut impossible d'avancer. Ses jambes se dérobèrent sous son poids. La cruche éclata en mille morceaux en percutant le sol, mais la jeune fille ne le remarqua même pas. Des sanglots incontrôlables la secouaient. La douleur. Il y avait tant de douleur dans sa tête… pourquoi cela faisait-il si mal ?

*****


Daud ne remarqua la lueur rouge de la pierre de vie de Rehan que lorsqu'il la tira de sa poche. Ses sourcils se froncèrent de perplexité : ils ne courraient aucun danger, pourquoi l'Advictâme du jeune homme se manifestait-il maintenant ?...
Il vit la serveuse s'effondrer. Plusieurs clients se retournèrent, intrigués ou inquiets. L'historien ne réfléchit pas et bondit de sa chaise, s'agenouillant auprès de la jeune fille. Son corps chétif était secoué de gros sanglots, et des larmes traçaient de profonds sillons sur ses joues. Un gémissement continu s'échappait de ses lèvres tandis qu'elle enfonçait ses ongles dans ses bras.

« Mademoiselle ? Mademoiselle, est-ce que vous allez bien ? Vous avez mal quelque part ? »

La jeune fille bafouilla quelques syllabes incompréhensibles, noyées dans ses sanglots. Comme l'adolescente ne semblait pas blessée, et que cette démonstration de chagrin le mettait très mal à l'aise, Daud se redressa et laissa l'une de ses collègues prendre le relai. Il ne savait pas trop quoi faire pour l'aider, de toute façon. Il resta debout les bras ballants, très gêné par son inutilité que par ces émotions si vives.

Quand il chercha Rehan des yeux, l'historien ne le vit pas aussitôt. Le jeune homme s'était éloigné de quelques pas pour ne pas se retrouver au centre de la cohue. Daud le rejoignit, des questions plein la tête, à la fois agacé et choqué par ce qui venait de se passer. Les révélations concernant les partisans Maâlistes étaient encores très fraîches dans sa mémoire.

Il lâcha quelques pièces sur leur table et marcha d'un pas vif jusqu'à Rehan. Il l'attrapa par la manche et le tira sans ménagement vers une ruelle plus tranquille. Une fois le calme revenu, Daud commença sans ambage :

« C'est toi qui a fait ça à cette pauvre fille, n'est-ce pas ? Du moins ton pouvoir l'a fait. Cela suffit pour comprendre certaines choses. »

Il s'interrompit et regarda longuement le visage du jeune homme. Si Rehan avait l'air toujours aussi perdu et inquiet, ses traits étaient nettement moins tirés. Comme apaisés. Soulagés par la disparition d'une grande panique.

« Le danger était dans ta tête. Il ne pouvait pas être extérieur, nous ne courions aucun risque… et cette fille…  elle a quelque chose en plus… quelque chose qui t'a quitté. »

Que tout cela était cruel !... Non. Ne lui reproche pas la manifestation de son don. Tu sais très bien que seuls les transcendants ont une maîtrise de leur Advictâme. Ne sois pas injuste envers ce garçon, ce n'était pas volontaire. Daud se passa une main dans les cheveux et inspira profondément. La douleur de cette malheureuse jeune fille n'est que la projection de celle que Rehan devait ressentir un peu plus tôt. Il y a deux victimes dans cette histoire, mais aucun responsable.

« Tout va bien», reprit-il d'un ton plus calme, presque affectueux. « Tu es en sécurité désormais. La panique est passée. »

Il eut aussitôt très envie de poser des tas de questions à propos du don de Rehan. Il n'avait encore jamais eu l'occasion d'étudier un troisième don de cette sorte. La plupart de ceux dont il avait entendu parler s'activaient en cas de menace extérieur. Cette découverte était des plus intéressantes. Mais il jugea le moment mal choisi, et s'adossa au mur à côté du jeune homme, plongeant les mains dans ses poches.

« Je suis désolé. Que tu aies à supporter de tels tourments internes, au point que cela te mette apparemment en danger… et je suis navré d'avoir ravivé des souvenirs douloureux. Cela ne se serait pas produit si je ne t'avais pas incité à raconter tout ça. »

Il fronça les sourcils et ajouta en murmurant :

« Cette jeune fille… elle ira bien, n'est-ce pas ? Et… toi ? Je comprends mieux pourquoi tu t'es résolu à une vie de fuite et de voyage. J'imagine qu'il est hors de question de remettre les pieds au Marvier si ces Maâlistes te recherchent. Dire que tu as dû quitter l'Ordre… c'est vrai, n'est-ce pas ? Par Naâme ! »

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Jeu 26 Juil - 11:48

3 Allune 1100
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Cillant, Rehan regarda la petite serveuse ainsi au sol une poignée de seconde seulement. Lorsque Daud apparu dans son champs de vision, s'agenouillant près de la jeune fille, le cordonnier se retourna tout en lâchant un profond soupire. La hâte s'empara alors de lui et il rangea rapidement sa pierre dans sa poche, extirpa de son autre poche une dizaine de lieutons qu'il posa sur la table puis enfila rapidement sur ses épaules son lourd sac-à-dos contenant son petit atelier et tout son attirail de cordonnier.

L'instant d'après il avait déjà mis le pied dans la rue, quittant la terrasse de bois propre pour le sol caillouteux et boueux malgré les pavés de la place du marché, et se fraya un chemin parmi la foule qui s'était densifiée autour de la terrasse, voulant observer la malheureuse serveuse.

Des larmes de colère pressaient ses yeux mais il les ravala alors que l'infinie douceur salvatrice du pouvoir de son Advictâme continuait de s'insinuer en lui de plus en plus, chassant ses peurs et ses angoisses.

Passant le dos de sa main sur ses yeux, il raffermit sa prise sur les lanières de son sac et embraya d'un bon pas. Mais c'était sans compter sur Daud qui reparu soudainement dans son champs de vision alors qu'il avait senti quelqu'un le tirer par la manche. Surpris de reconnaître l'historien qu'il pensait avoir distancé, il ne réagit pas immédiatement et se laissa donc tirer à l'abri des regards dans une ruelle adjacente encore plus boueuse que la place centrale.

Ne réprimant absolument pas un grognement de mécontentement alors que l'académicien s'était brutalement arrêté et avait ainsi stoppé l'avancée de Rehan pile dans une flaque fangeuse, le jeune homme pataugea sur place quelques secondes le temps d'observer le terrain et de trouver une place au sec. Il allait faire part de son agacement à son vis-à-vis mais ce dernier ne lui laissa même pas e temps d'inspirer.

Fixant son regard azur dans le forestier de Daud, Rehan écouta, le visage étrangement impassible, le pouvoir de sa pierre continuant de se distiller en lui.

Des reproches.
Tout ce que pouvait dire l'historien ne sonnaient aux oreilles de Rehan que comme des reproches.
Mais après tout, il n'avait pas tord...
Et Rehan ne voulait absolument pas de sa pitié, il n'avait jamais voulu celle de personne et il n'allait pas commencer aujourd'hui.
Il avait été maudit par Naâme, à moins que Kamaâl s'en soit mêlé et s'était amusé avec la création de son frère...
Les Dieux se gaussaient de Rehan et le jeune homme devait vivre avec.

Son Advictâme avait beau être en train de chasser lentement mais sûrement ses idées noires et dépressives, Rehan n'en gardait pas moins l'esprit clair et très critique. Dans ces moments là, lorsque son pouvoir se déclenchait, il avait même l'esprit encore plus aiguisé qu'à l'ordinaire et un regard assez acerbe sur sa condition et ce qu'elle entraînait pour lui mais aussi les autres.

- Ne jure pas. Loin de moi l'envie d'attirer encore plus l'attention des Dieux. lâcha-t-il d'un ton plutôt abrupt et quelque peu irrité Ma malédiction entraine déjà assez de chaos comme ça mais soit rassuré, elle n'en gardera aucune séquelle et à moins qu'elle me recroise un jour, ce dont je doute fortement je puis t'en assurer, il ne lui arrivera jamais plus pareille détresse. D'ailleurs si tu ne veux pas que cela t'arrive à toi aussi, tu devrais partir, et ne pas chercher à me retrouver.

Ses prunelles avaient viré orage et on pouvait y lire une forte détermination tout comme le désir non feint que son vis-à-vis entende ses paroles et obtempère. Parce que s'il y avait bien une chose que ne supportait pas Rehan, encore plus que le déclenchement de son pouvoir, c'était qu'il y ai un ou des témoins qui aient compris l’événement et qui viennent lui réclamer des explications.

L'irritation déjà palpable du jeune homme pouvait alors se muer en une véritable colère et, bien qu'il la regrette amèrement quelques temps après, allant même jusqu'à culpabiliser encore plus alors que son pouvoir s'amenuisait et que sa dépression revenait, cette colère avait toujours quelque chose de très salvateur pour le jeune homme et lorsqu'elle s'emparait de lui il ne la réprimait jamais.

C'était bien là toute la complexité de l'Advictâme, de ce don qu'il avait reçut des Dieux, sur lequel il n'avait aucun contrôle et qui infligeait à autrui quelque chose que le garçon abhorrait au plus au point tout en lui donnant une force et un courage dont il ne faisait même pas preuve pendant les phases d'exaltation intenses que lui infligeait sa maladie...

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Jeu 2 Aoû - 10:46

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village


Ses mots se voulaient réconfortants. Rassurants. Il s'était efforcé de chasser ses a priori, ne sachant que trop bien que la méconnaissance d'une personne pouvait conduire aux pires erreurs. Pourtant la réaction de Rehan ne fut pas celle escomptée. Le jeune homme terrifié s'effaçait pour laisser place à un individu vibrant d'irritation. Lui qui semblait jusque là si vulnérable !...

Daud ne sut comment accueillir ce changement d'attitude. La colère et le sarcasme de ses pairs le plaçaient toujours dans une situation inconfortable : ne sachant comment se comporter, l'historien ne put que renvoyer un regard perdu au jeune homme, espérant ne pas avoir dit trop de bêtise. Avait-il été trop loin ? Avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? De nouveau, Daud découvrait combien la différence entre ce que l'on veut dire et ce qui est dit était bien grande.

« Et bien je… heu, je… tant mieux pour cette jeune fille, heu... »

Ce bafouillage fut la seule chose qu'il parvint à articuler. Comme toujours dans ce genre de situation, le regard noir de son interlocuteur le clouait sur place. Ses pensées, d'ordinaire si ordonnées, filaient à une vitesse folle. La logique et la raison laissaient place à un chaos d'émotions. La surprise, tout d'abord : il ne s'attendait pas à ce que Rehan devienne si… mordant. L'incertitude quant à savoir ce qu'il convenait de dire, de faire. Enfin, l'inquiétude à l'idée d'avoir commis une erreur. D'avoir blessé Rehan, d'avoir pris une mauvaise décision. Comme dans l'un de ces jeux de rôle auxquels jouent les enfants… sauf qu'ici, impossible de revenir en arrière pour tenter une autre attitude, un autre choix. Ici, c'était pour de vrai.

Partir ? Pourquoi partirait-il ? Daud fut tenté de lui signifier que cela aurait été une précaution inutile, puisque son don semblait s'être apaisé maintenant que le « danger » était passé. Il ne courait plus aucun risque en restant à ses côtés. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour répondre, l'historien réalisa que cette suggestion n'était pas vraiment motivée par le désir de ne pas lui faire de tort. Rehan voulait qu'il déguerpisse, certes, mais pour être seul. Le jeune homme ne put s'empêcher d'être un peu blessé par cette idée, mais se raisonna bien vite : le souhait de Rehan était compréhensible, et ça aurait été idiot d'en prendre ombrage. Surtout qu'ici, ce n'était pas lui la victime.

Daud se dandina d'un pied sur l'autre, mal à l'aise, évitant le regard du jeune homme. L'historien assuré avait laissé place à quelqu'un de bien indécis.

« Je suis désolé, je ne voulais pas… évidemment, tu n'es pas responsable de… ce n'est pas ce que je voulais dire ! Et bien, je… »

Il hésita avant de poursuivre, craignant de dépasser une ligne invisible, encore une fois. Mais n'y tenant plus, il ajouta d'un ton plus assuré :

« Mais… personne ne maîtrise les dons de son Adivctâme. Pourquoi devrait-on te tenir responsable du tien ? Uniquement parce qu'il a un impact sur les autres, et que l'habitude fait qu'en cas de sévice l'on soit tenté de chercher un coupable ? C'est parfaitement ridicule. Tu n'as pas plus de contrôle sur ton don que celui qui peut respirer sous l'eau ou manipuler les odeurs. Tu n'as ni choisi la nature de ton don, ni choisi de l'utiliser. Jamais. Je crois que nous savons assez de choses sur le mythe de l'Advictâme pour nous accorder là-dessus. »

Il reprit son souffle et coula un regard stressé sur Rehan.

« Je vais partir. Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi dois-tu fuir ? Je veux dire… si tu n'as fait qu'assister à leur… qu'est-ce qui te pousse à fuir ? Pourquoi es-tu en danger ? »

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Sam 11 Aoû - 23:43

3 Allune 1100
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Frontière sud du Gavorn

La colère mêlée à de l'agacement bouillonnait toujours dans l'estomac du cordonnier. Face à lui l'historien s'était mis à bafouiller, sans doute surpris et peut-être comme pris en faute par les paroles de Rehan. Mais ce dernier ne détempêtait pas et son vis-à-vis aurait pu éclater en sanglot que le jeune homme n'aurait pas changé d'humeur. Il se sentait lui même pris en faute et finalement sa colère était bien plus dirigée vers lui que contre Daud ou n'importe quelle autre personne qui aurait pu être témoin de l'activation de son don.

Don... Quelle ironie... La magie de mon Advictâme n'a rien d'un cadeau...! pensa-t-il tendit que Daud bredouillait des excuses

Mais ça n'était pas des excuses que voulait entendre Rehan. Quelles excuses avait-il à présenter alors que le fait était avéré que sa pierre avait induit une ineffable tristesse à la jeune serveuse. Ça n'était pas la faute de l'académicien, ni celle de Rehan...

Non, il ne voulait pas entendre d'excuses. Mais à vrai dire, il ne savait pas ce qu'il voulait entendre... Pourtant Daud avait continué à parler et sa voix avait repris le ton assuré que l'Enfant du Savoir lui avait connu. Bien qu'à leur première rencontre il avait aussi été moralisateur, et qu'il avait aussi faillit l'être cette fois encore... Quoique, à la réflexion, il l'était. Absolument pas à l'encontre de Rehan mais, il l'était... En tout cas il sonnait ainsi aux oreilles du cordonnier qui avait l'impression que l'historien était en train d'assener une vérité que le tout un chacun se devait de comprendre. Et étrangement ses paroles se révélèrent assez salvatrices à la colère de Rehan.

Poussant un profond soupire alors que Daud lui posait la question à laquelle Rehan n'avait jamais répondu de vive voix, il pinça ses mains jointes sur l'arrête de son nez et ferma les yeux quelques secondes.

Il ressentait toujours une certaine colère au fond de lui mais les paroles criantes de vérité de Daud couplée au pouvoir doucereux de son Advictâme, l'avait finalement relayée au seconde plan. Pourtant ça ne l'empêcha pas de répondre sur un ton tellement acerbe qu'il en fut lui-même surpris.

- Non je ne l'ai pas choisi mais le fait est qu'il produit un sévice, comme tu le nomme, et que quoi qu'on en dise j'en suis le responsable. commença-t-il, cherchant à retarder l'inévitable réponse qu'il ne voulait pas formuler à voix haute C'est ma pierre, c'est mon Advictâme. Je suis ressorti de l'Arche avec, j'ai éprouvé ce que tu appelles un don et je pense sincèrement que personne, absolument personne n'a ni n'aura ce même pouvoir. Il est inhérent à un autre fardeau que je me traîne depuis l'adolescence et dans un certain sens maintient bon an mal an un semblant d'équilibre qui m'empêche, en vérité, de mettre fin à mes jours. Parce que oui j'ai régulièrement des idées suicidaires mais là n'est pas la question et de toute façon je n'ai pas envie de m'étaler dessus. ajouta-t-il toujours sur le même ton

Reprenant une profonde inspiration il réajusta sa prise sur l'une des bretelles de son barda de cordonnier toujours sur son dos. Ses yeux avaient totalement fuit le regard de l'historien et n'avaient aucun intention de s'y reposer.

- C'est aussi l'une des raisons qui me pousse à fuir... Rester en vie. Parce que en réalité, j'y tiens, à ma vie... Et quelque part elle me plaît ainsi. Être sur les routes, rencontrer des gens, découvrir des lieux. Je cris que j'ai plus appris en trois ans de fuite qu'en dix ans à l'Ordre du Savoir. Même si mes nouvelles connaissances sont très éparses, hétéroclites et d'une certaines façon minimes face aux apprentissages de l'Ordre, elles me sont bien plus utiles que tout ce que j'ai pu engranger sur les bancs des classes...!

Tout en parlant il se rendait bien compte qu'il s'éloignait du sujet mais, la question de l'historien était bien trop enfouie aux tréfonds de son propre esprit pour qu'il la pousse aussi abruptement à sa conscience. Et ses réflexions internes étaient en cet instant tellement alambiquées qu'il ne savait plus trop si ses raisons étaient valables ou totalement insensées pour ne pas dire idiotes.

- Parce qu'après-tout, je ne sais même pas s'ils me recherchent... chuchota-t-il sans même s'en rendre compte

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Jeu 16 Aoû - 20:56

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village


Les explications de Rehan ne convainquaient guère l'historien. S'il voyait où le fugitif voulait en venir, Daud ne partageait – ni n'approuvait – sa façon de voir les choses. S'entêter à chercher un responsable comme Rehan le faisait ne le conduirait qu'à subir le poids d'une culpabilité non méritée. Mais enfin, qui était-il pour juger ? Chacun réagissait différemment face à l'adversité. Si Rehan devait se flageller pour tenir le coup, qu'il en soit ainsi.

Lorsque le jeune homme évoqua ses pensées suicidaires, l'historien sentit un grand malaise s'installer. Il n'était pas très à l'aise avec ce genre de déclaration : de tels aveux le surprenaient (après tout, tous deux se connaissaient bien mal !) et lui causaient un certain inconfort. Daud ne put dissimuler son trouble, ignorant quelle attitude il était censé tenir. Devait-il manifester de la compassion, de la pitié ? Cela ne lui parut pas une bonne idée : jusqu'alors Rehan n'avait pas eu l'air de beaucoup apprécier ses marques de sollicitudes. Alors l'historien resta coi et immobile, gardant ses questions et son inquiétude pour lui. Les mots semblaient couler hors de Rehan par leur seule volonté, et il n'était pas certain que le voyageur en contrôle la totalité. Il n'était pas exclu que quelques aveux lui échappent malgré lui, par conséquent une certaine discrétion était sans doute la bienvenue.

Rehan décrivit l'enseignement donné à l'Académie sans s'embarrasser de ronds de jambe, et cela lui arracha presque un sourire. En cela, Daud devait lui donner raison : les leçons enseignées par les érudits n'étaient que peu utiles aux aventuriers rompus à arpenter les routes ! Leur savoir restait très théorique, et certains esprits trop curieux ne pouvaient y trouver leur compte. Rehan semblait de ceux-là. Daud aussi, à sa façon, bien que des opportunités bienvenues lui permettent de concilier ses travaux de recherche avec son goût pour la découverte. Il fallait toujours qu'il sache ce qui se trouvait derrière la prochaine colline. Rehan ressentait-il la même fougue ?...

Comme pour confirmer ce que Daud devinait à moitié, le fugitif souffla quelques mots, à peine audibles. Le désir irrépressible de rester en vie, d'échapper aux démons qui le dévoraient sans doute. Apprendre et découvrir. Garder l'esprit alerte. Avoir une raison pour tout abandonner, et trouver des réponses. Ou faire le vide ?...

L'historien laissa passer quelques secondes, comme pour s'assurer d'avoir bien saisi. Puis il tira sur les manches de sa veste et dit simplement :

« Dans ce cas ces Maâlistes ne sont peut-être pas la seule chose que tu fuis. »

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Ven 24 Aoû - 15:51

3 Allune 1100
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Cillant, le jeune homme releva lentement, très lentement, ses pupilles claires vers les sylvaines de son vis-à-vis. On aurait dit un enfant pris en flagrant délit d'avoir fait une bêtise. Ou plus exactement, une personne qui était jusqu'à présent sûre d'elle-même et qui en cet instant se met à douter de tout.

Fixant le vert feuillu des prunelles qui lui faisait face, Rehan eu l'impression que la bibliothèque gigantesque qu'il cachait dans son esprit avait subit un tremblement de terre qui avait absolument tout mis à sac dans ses rouleaux et livres de pensées. Son acolyte venait de mettre le doigt sur quelque chose à laquelle l'ancien Enfant du Savoir se refuse à penser depuis de nombreuses années.

Mais qui fuis-je en réalité... ? Est-ce moi-même ? Ou l'ombre de celui que j'allais devenir...?

Ses paupières se fermèrent brutalement et il détourna la tête dans un léger mouvement de négation.

- Non, répondit-il sèchement [b]se sont eux que je fuis. Ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu, toi tu ne peux que te l'imaginer mais moi je l'ai réellement vécu, tu ne peux pas comprendre. continua-t-il sur le même ton d'homme blessé et qui ne connaît que l'irritabilité comme mécanisme de défense psychique J'avais un avenir à l'Ordre, pourquoi l'aurais-je fuis ainsi si je n'étais pas sûr qu'ils me recherchaient, dis moi ? J'allais devenir un brillant académicien, peut-être aurais-je même été chercheur à l'heure qu'il est. Peut-être bien le quatrième de ton équipe, Daud Emerat... Et plus encore, peut-être qu'à ce jour ma maladie aurait été stabilisée par l'un des maîtres guérisseurs de l'Académie et qu'à ce jour je ne souffrirais plus de l'activation néfaste de ma malédiction d'Advictâme.

Il ne regardait toujours pas l'historien et sa voix était aussi grave que le grognement d'un morgg. L'effusion de douceur de son maudit pouvoir faisait son travail et il était parfaitement détendu et en-même temps son esprit était lui aussi assez apaisé pour remettre de l'ordre dans sa bibliothèque mentale et reprendre la contenance qu'il avait perdu l'espace de quelques secondes plus tôt.

Il avait repris la prestance de celui qui est sûr et certain de ce qu'il dit. Qui s'en est même convaincu de lui-même.

- Non, ne pense pas une seule seconde que je fuis autre chose. J'ai peut-être été leurré par mon propre esprit pendant quelques instants mais c'est juste parce que je suis fatigué. J'avais tout à l'Ordre. Je pouvais devenir qui je voulais. Je n'avais aucune bonne raison pour fuir cette vie. A part les Masques Maâlistes... Je sais qu'ils me cherchent et même si ma vie est bancale, même si je subis continuellement les affres de ma maladie je sais que j'ai fais le bon choix... Cette vie je ne l'ai pas choisi mais mieux vaut-elle que la mort ou pire, d'être forcé à rompre ses valeurs...

Il se redressa et pu de nouveau regarder Daud droit dans les yeux.

- Je doit partir Daud. Je ne sais pas si nos routes se recroiseront un jour. Si c'est le cas sache que j'en serais heureux. Mais en cet instant je suis trop dangereux pour toi, mieux vaut que je reprenne ma route. Je te proposerais bien que l'on s'écrive, j'aurais vraiment aimer que nous puissions discuter de tes recherches, et de mes propres découvertes, mais je suis trop aléatoire et imprévisible dans mes déplacements pour que tes lettres arrivent à bon port... J'aurais aussi aimé que tu remettes un message en main propre à mon père mais je n'ai pas le temps de l'écrire... Et tu n'aura sans doute pas le temps de le lui amener.

Il avait parlé d'un ton plus calme et plus amical, un léger sourire aux lèvres mais il sentait au fond de lui que c'était la bonne décision à prendre. Si Daud continuait à le pousser dans ses retranchement, sa magie allait de nouveau s'activer et l'historien en ferait sans doute les frais...

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MessageSujet: Re: [3 Allune 1100] Comme au bon vieux temps   Dim 26 Aoû - 14:33

Le 3 Allune 1100 à Mornepierre (bord de la chaîne des Alles), place du village


Il n'était jamais facile de renoncer à son avenir, d'autant plus lorsqu'il s'annonçait facile et sans ombre pour le ternir. Rehan aurait sans doute pu vivre paisiblement à l'Académie, embrassant une belle carrière de chercheur. Peut-être auraient-ils pu travailler ensemble, percer les mystères des Temps Oubliés ou de l'Adivctâme à deux. Daud écouta le jeune homme balayer tout cela, tout comme il le laissa se perdre dans ses pensées.

L'historien ne dit rien lorsque Rehan abandonna l'idée d'être chassé par quelque chose de bien plus grand et insidieux que les Masques Maâlistes. Après tout, il n'était ni son ami ni son mentor : de quel droit se serait-il permis une telle intrusion dans sa vie privée ? Mais tout de même… cela le peinait de constater que l'adolescent curieux et vif d'autrefois s'était perdu en ce fugitif, hanté par ses propres démons. Ignorant si Rehan en avait besoin, Daud alla néanmoins dans son sens :

« Tu es le seul à pouvoir décider de tes actions, tout comme ton jugement est le seul qui compte véritablement dans cette histoire. Le principal est que tu prennes soin de toi, peu importe si les autres n'approuvent pas tes méthodes. Ce n'est certainement pas moi qui vais me permettre de remettre en question tes décisions. »

Entendre le jeune homme lui faire ses adieux l'attrista. Pas parce que son absence le peinerait, mais plutôt car il redoutait ce qui pourrait arriver à Rehan une fois rendu à la providence. Il ne contesta pas son choix toutefois, respectant son voeu de solitude.

« Je te remercie de m'avoir donné de ton temps et d'avoir partagé ton histoire avec moi » , fit-il poliment, hésitant à poser une main amicale sur l'épaule du jeune homme. Y renonçant, il ajouta simplement, s'efforçant de mettre de la chaleur dans sa voix : «N'hésite pas à me retrouver si un jour tu en ressens le besoin. Ma porte sera toujours ouverte. Je suis souvent en déplacement, mais mes collègues de l'Académie t'accueilleront en attente de mon retour. Et voici mon adresse à Albatra. »

Il griffonna quelques indications sur un bout de papier froissé qui traînait dans sa poche, et le fourra dans la main de Rehan sans lui laisser le temps de protester. Peu importe ce que le jeune homme ferait de ce post-it une fois qu'il aurait tourné les talons. Mais Daud avait jugé important de le lui confier. Par véritable sollicitude, ou pour se donner bonne conscience ?...

« N'importe quand » , répéta-t-il avec un sourire. « Je te souhaite une bonne route, Azurin Alissair. Puisse Namaâl veiller sur tes pas et apaiser tes jours. »

Daud ôta un chapeau imaginaire en guise de salut, fourra les mains dans les poches de sa cape et s'éloigna simplement, s'efforçant d'avoir l'air léger.

L'historien abandonna l'idée de trouver le crieur public qu'il était venu chercher à l'origine. Son informateur d'Albatra allait l'entendre à son retour et lui rembourser tout ce qu'il lui devait, ça oui ! Mais puisque Daud se trouvait presque aux portes du Creux-Lac, il décida de pousser l'exploration jusqu'au coeur de ce Duché qu'il connaissait encore bien mal.

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