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 [8 Hirlune 1091] L'Advictâme

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Je suis : Rehan Renard, cordonnier, itinérant Voir le profil de l'utilisateur
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DocWendigo by Zhilla

État d'Advictâme :
État éveillé

Informations sur le personnage :
➔ se fait appeler Azurin Alissair
➔ don de syntonie
➔ bi-polaire
➔ cordonnier itinérant et fuyard évoluant dans le Creux-Lac jusqu'au sud du Gavorn
➔ tente d'éviter le plus possible d'aller en Marvier
➔ 22ans, 1m82, 76kg, musculeux
➔ longue estafilade sur la joue droite

fiche de présentation
fiche de liens & de RPs

Inventaire de dés :
➔Bonus d'éveillé : 6 [6 max]
➔Passage à la Transcendance : 3 [6 max]
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MessageSujet: [8 Hirlune 1091] L'Advictâme   Mar 10 Juil - 11:46

8 Hirlune 1091
L'Arche de Passage
Duché du Marvier

Il faisait nuit noir lorsqu'il s'était mis en route.
Il s'était habillé et le bruit avait réveillé Augustine qui dormait près de lui depuis plusieurs mois déjà, qui s'était elle aussi habillée et l'avait retenu par le bras juste quelques minutes lorsqu'ils étaient passé près des cuisines. Elle y avait pris du pain, du fromage, quelques saucisses seiches et deux outres d'eau et ils étaient sorti de l'internat de l'académie.
Instinctivement il avait glissé sa main dans la sienne et l'avait serrée comme si sa vie en dépendait. Mais en vérité, sa vie en dépendait...

Depuis presque treize semaines déjà, Rehan avait l'impression de se noyer.
Ça lui avait pris à la gorge, d'un coup.
D'abord se fut brusque et court, comme souffle soudainement le vent. Il avait hoqueté et posé sa main sur sa gorge et puis ça avait cédé. Le même pic d'angoisse l'avait repris, quelques heures plus tard, un peu plus long cette fois, et l'anxiété était restée latente. Brumeuse. Enveloppant Rehan et s'insinuant en lui petit à petit, par a-coups de plus en plus forts.
L'angoisse l'avait peu à peu submergé et s'était mue petit à petit en une peur lancinante, insidieuse. Elle s'était accompagnée de pensées maussades, de pensées tristes et grises qui au fil des jours s'étaient elles aussi intensifiées.
Il y voyait sa mère, morte d'avoir eu fois, qui s'était laissée brûler de l'intérieur et dont les cendres avait été éparpillées avant même que son père n'ait pu en récupérer une poignée. Elle n'avait laissé qu'une lettre...
Il y voyait sa sœur aussi. Éternellement belle. Éternellement jeune... Était-elle morte elle aussi... ? L'Arche ne l'avait pas rendue mais, qu'était-elle devenue... ? Errait-elle sans fin, à la recherche d'une pierre qui n'avait jamais existé pour elle... ?
Et lui... ? Qu'allait-il advenir de lui ? Trouverait-il sa pierre ? Allait-il se perdre ? Et s'il trouvait son Advictâme, allait-il pour autant ressortir de l'Arche... ? Qu'allait-il se passer au juste... ?

Et toutes ses pensées le torturaient depuis des semaines, tant et si bien que la veille de cette nuit, maître Augustine lui avait retiré des mains le couteau, dont il était en train de se servir pour manger, alors qu'il l'avait retourné contre lui, prêt à en passer le fil contre sa gorge...
Ça avait été une impulsion, un raptus heureusement évité par la présence rapprochée d'Augustine Clair qui n'avait plus quitté son élève depuis qu'elle avait compris que ce nouvel épisode dépressif était directement en lien avec le pèlerinage qui s'annonçait.
Il en avait eu, des moments d'intense tristesse, où son désespoir n'avait de cesse de le tourmenter. Mais cette fois-ci avait été un tout autre acabit, son tourment s'étant installé bien plus insidieusement, bien plus lentement. Ne serait-ce que par la légitimité de ce qui s'était passé pour sa soeur et de ses propres inquiétudes. Jusqu'à présent, même si un rien, comme le simple fait de trouver un animal mort sur le chemin, pouvait plonger Rehan dans une torpeur, il ressortait toujours une dizaine de jours plus tard.
Et cette affliction avait toujours, après quelques jours de répit, été jusqu'ici suivi d'intenses journées d'exaltation euphoriques. Dans ces moments là, un rien pouvait réjouir Rehan qui débordait d'une énergie qu'il mettait généralement, et quelques part heureusement, dans ses études. Augustine aimait bien ces moments là... Quoi qu'un peu turbulent et finissant par en être agaçant, Rehan avait toujours le sourire et mettait beaucoup plus de cœur et d'ardeur à la tâche que d'ordinaire. Il avait même tendance à pousser délicieusement Augustine dans ses retranchements, lui posant mille et une questions aux quelles elle n'avait pas forcément la réponse mais qui de ce fait lui permettait d’étoffer ses propres connaissances.
Jamais avant Rehan elle n'avait eu d'élève aussi brillamment complexe. Et elle s'était pris d'une affection pour lui si grande qu'il n'était pas rare qu'elle prenne soin de lui comme une mère lorsque sa dépression le plongeait dans une phase de catatonie si intense qu'il en oubliait parfois de manger.
D'ailleurs, il en avait fait plusieurs, ces dernières semaines, des épisodes catatoniques... Et de le suivre partout lorsqu'il exaltait dans un de ses accès maniaque et qu'il se mettait constamment en danger hors de ses temps d'études.

Hors cet épisode dépressif là durait maintenant depuis treize semaines et Augustine pressentait que seul son passage et surtout son retour de l'Arche, pourrait le faire céder...

Quand ils étaient sorti de l'internat, la nuit les avait saisi par sa fraîcheur et la fine pluie qu'ils n'avaient pas entendu à l'intérieur du bâtiment. L'automne était déjà bien entamé et avec lui les vents parfois violents, souvent frais, s'était levés. Augustine avait enveloppé Rehan dans un cape, avait fait de même pour ses épaules et s'était mise en marche, juste derrière son protégé, qui s'était mis à avancer sans une seule parole.
Les quatre jours de route qui séparaient Albatra de l'Arche furent plus longs que périlleux. Et le silence total dans lequel était plongé Rehan y était pour beaucoup...
Le jeune homme était tout simplement pétrifié d'angoisse, ne mangeant que parce qu'Augustine lui glissait des morceaux entre les lèvres. Il en avait même vomi, la veille que leur arrivée. Et en ce dernier jour de route il n'avait fait que boire, Augustine ayant abandonné l'idée de lui faire avaler quoique se soit, gageant qu'il allait se remplir la pense dès qu'il serait ressorti avec son Advictâme...
Pourtant rien n'en était moins sûr alors qu'ils venaient d'arriver à l'orée de la forêt qui gardait l'Arche et que le jeune garçon venait de s'arrêter, droit comme un i, planté devant l'immensité des arbres.

En cet instant, l'attirance naturelle et inconsciente qu'avait chaque enfant de presque 14 ans pour l'Arche, n'avait plus assez de poids face à l'intense bataille psychique que Rehan menait avec lui-même.
Alors qu'il n'avait pas parlé depuis bientôt quatre jours, Augustine l'avait soudainement entendu murmurer, d'une voix rauque comme engourdie, des paroles qui reflétaient l'ambivalence suprême dans laquelle était plongé son protégé. Des mots comme « tu ne vas pas mourir », « si tu te perds tu rejoindra Alegra », ou encore « et si tu ressors mais que ça ne te conviens pas tu pourra faire comme mère et te laisser aller à la malédiction de Kamaâl... ».
Elle avait voulu intervenir, le rassurer, mais sur cette dernière phrase Rehan s'était brusquement remis en route, d'un pas rapide et agile, et elle n'avait rien pu dire.

Quelques heures plus tard, il était devant eux. Grand, magnifique, fait de pierre-boisée, ou de bois-minéral, Augustine n'aurait su dire alors qu'elle s'était déjà posé la question à son propre éveil, l'Arche de passage.
Rehan avait de nouveau marqué une pause et semblait admirer tout autant que son maître la majestuosité  de la voûte magique. Et puis il avait tourné son minois encore enfantin vers elle et lui avait sourit.

- Merci maître, pour tout ce que vous m'avez apporté, ne cachez rien à mon père et laissez le choisir son destin. avait-il dit, comme un adieu, avec un ton et une maturité qu'Augustine ne lui avait jamais connu, avant de traverser la porte ésotérique sans un regard en arrière

Il fait chaud, il fait doux. Cette tiède douceur enveloppe tendrement Rehan et son cœur tambourin s'apaise soudainement.
Une très légère brise caresse sa peau et il y a deux soleils qui luisent dans le ciel : l'un est jaune, semblable à celui que connaît déjà le jeune garçon l'autre est rouge, comme un astre crépusculaire alors qu'ils sont tout les deux haut dans le firmament. Au sol c'est un tapis de mousse, vertes mais aussi violettes, roses, et bleus aussi. Rehan n'a plus ses chaussures et il ressent leur caresse de la plante de ses pieds jusqu'à ses oreilles qui frémissent de délice.
Autour de lui il n'y a rien. Comme une plaine vide, parsemée de fleures blanches, jaunes et rouges entre deux plaques de mousse.
Il a beau scruter autour de lui, tourner sur lui-même, tentant d'apercevoir quoique se soit mais, il n'y a absolument rien d'autre qu'un parterre de mousses et de fleurs. Même la porte magique a disparue et avec elle c'est un coup de tambourin dans sa poitrine.
Il a besoin de fermer les yeux quelques instants, de reprendre son souffle et de se remettre en tête son objectif. Même s'il a du mal à y croire, même si son angoisse tente à nouveau de le submerger...
Il doit avancer.
Et c'est ce qu'il fait, posant un pied devant l'autre, réitérant le geste jusqu'à prendre un vrai rythme de marche lui permettant de progresser dans ce monde cotonneux et sans nuage qui semble-t-il tente de l'apaiser.
Mais Rehan n'a absolument pas envie de s'apaiser, de se laisser aller, d'apprécier ce moment alors que c'est sans doute à cause de cette douceur qu'Alegra s'est perdue et n'est jamais revenue.

- Je n'avais pas souvenir que tu étais aussi maussade petit frère...

Il vient juste de ciller des yeux, Alegra vient d'apparaître, avec ses boucles brunes, ses yeux aussi azur que les siens et son sourire tendre.


- Grande-soeur... !

Il cri et se jette dans les bras offert face à lui. Et il touche, il sent, un corps vivant et chaud contre le sien, un parfum qu'il pensait avoir oublié... Et il pleure, l'enfant chétif, de joyeuse tristesse, de triste joie...

- Comment est-ce possible ? Comment puis-je te voir ? Es-tu coincée ici ? Es-tu venue me chercher ?
- Shhhhh, sussure-t-elle, calme toi Rehan, dit-elle en lui caressant les cheveux, tu connais les réponses à tes questions... Tout comme tu sais pourquoi il y a un deuxième soleil rouge et pourquoi les mousses ont toutes ces couleurs.

Le nez enfouit dans le cou d'Alegra, les mains crispées sur les épaules nues, ses yeux larmoyants fixent l'horizon.
Il ne bouge pas, de longues minutes passent alors que Rehan est plongé dans ses réflexions.


- Naâme m'accueille... dit-il dans un murmure Les mousses sont multicolores car c'est ainsi que je me représente. Les fleures sont les pensées qui germes en moi. Et le soleil est rouge car il est ma pierre, et tu es là car c'était toi que je voulais voir, par dessus tout... Même si tu n'es que le produit de mon imagination.
- Qui te dis que je ne suis qu'imaginaire... ? L'Arche est réel, Rehan. Il a vu bien des âmes avant la tienne.

Relevant son minois vers l'éternelle adolescence de sa grande-sœur, le jeune garçon ne sait pas quoi penser, ni quoi dire, encore moins quoi ressentir... Mais la tendresse des bras autour de lui continue de s'insinuer dans sa chair et ravisse son cœur, faisant enfin taire l'angoisse latente qui y subsidiait.

- Allons y, petit-frère, allons chercher ta pierre...

Se détachant alors de leur étreinte, les deux enfants se prennent par la main et reprennent leur marche. Peu à peu des arbres, eux aussi dans des tons tous plus extraordinaires et magnifiques les uns que les autres, apparaissent à leur vue comme s'il avaient toujours été là. Ils s'enfoncent donc dans cette forêt multicolore et Rehan se sent de plus en plus tranquille. Alegra ne lâche pas sa main et pose sur lui son sourire tendre à chaque fois qu'il tourne la tête vers elle.

Dans un silence bienheureux, les deux enfants semblent communiquer, se livrer l'un à l'autre, se dire tout ce qu'ils n'ont pas pu s'avouer.

Bientôt, ils pénètrent dans une clairière. En son centre une grande pierre plate, presque argentée à cause des rayons de soleil qui la frappent. Alegra lâche la main de Rehan et lui sourit, l'incitant à continuer seul. Cillant, le jeune garçon hésite mais finalement, inspire l'air frais qui apaise sa nouvelle montée d'angoisse et marche vers le rocher où il aperçoit une douce lueur rouge, miroitant dans l'atmosphère.

Elle est bien là. Sa pierre, l'Advictâme lié à son âme, à son corps, à ses sens pour le reste de sa vie. Comme elle est belle ainsi posée sur son écrin d'argent. Comme elle est inquiétante avec sa couleur de sang. Comme elle est attirante avec ses miroitements chatoyants... Et comme elle est chaude, et douce, ainsi entre les doigts de Rehan, qui la regarde sous toutes les coutures avant d'enfin se tourner vers l'endroit où Alegra l'attend.

Mais sa grande-sœur n'est plus là. En lieu et place de son ombre c'est l'Arche qui vient de se matérialiser, signifiant au jeune homme qu'il est temps de rentrer.


Augustine Clair faisait les cent pas depuis bientôt deux heures lorsqu'enfin son protégé réapparu. Elle ne pu s'empêcher de crier son nom et de le prendre dans ses bras. Elle se rendit compte qu'il pleurait, que son visage rayonnait et que sa gorge sanglotait alors qu'il fixait de ses grands yeux bleu la pierre rouge qu'il faisait tourner entre ses doigts.

Ils restèrent ainsi de longue minutes avant que Rehan ne s'arrache à son étreinte et la regarde, de ses yeux fatigués rempli de larmes de joyeuse tristesse.

- Je veux aller voir papa... S'il vous plaît...

Leur voyage repris donc, jusqu'à ce que le garçon puisse de nouveau pleurer, enserré dans les grands bras de son père qui l'écoutait raconter son passage sous l'Arche.

Informations lancés de dés :
J'ai lancé les dés pour le "don d'éveillé" mais je n'ai pas eu de réussite alors je n'ai pas pu jouer l'activation de sa pierre pour qu'il puisse découvrir son 3ème don...



 
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