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 De cendre tu redeviendras cendres

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Skadi Meyelfeïn
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Hellow ! Concernant moi-même, y a pas à être effrayé, je ferai pas de mal à un joueur sans son accord (duh!)

Mais restez tout de même prudents ! Skadi est une fille assez radicale dans ses idées et elle n'aime pas du tout que l'on aille pas dans son sens. Etant Mâaliste jusqu'à la moelle, elle trouvera toujours une bonne excuse pour vous renvoyer aux flammes de Kamaâl, si besoin se fait Razz

Mais dorlotez là quand même ! =D

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MessageSujet: De cendre tu redeviendras cendres   De cendre tu redeviendras cendres EmptyDim 29 Juil - 23:09

De cendre tu redeviendras cendre. - Le 01/Allune/1100



Des mortels, il n'y a que deux camps, dont la séparation est assurée par un fossé insondable que peu d'élus peuvent traverser. D'un côté, il y a la vérité, de l'autre, il y a le parjure. Skadi était déjà bien jeune lorsque son âme s'est rapprochée du bord peuplé d'éveillés. Autrefois, elle n'était qu'une endormie, une conscience éperdument noyée dans une existence qui n'avait rien d'attrayant. On lui lisait les préceptes du dieu-sauveur, elle écoutait avec attention. On lui demandait de porter les marchandises de son père à ses voisins, elle partait deux heures durant faire la ronde de son village. Vraiment, il n'y avait rien à tirer d'elle ... mais la lueur du mensonge ne peut jamais contrebalancer l'éclat de pureté véritable qu'incarne Kamaâl. Ni parjures, ni mensonges. Une simple langue déliée, qui ne cache ni sa haine, ni sa rancune. Les mortels étaient bien assez stupides ainsi, il n'était pas nécessaire de jouer la carte de l'hypocrisie pour voir au travers du jeu des non-divins.

Mais Skadi n'était pas du commun des mortels, elle était plus que cela, elle voyait au travers de la bonté de Naâme et ce qu'elle y voyait n'était qu'égoïsme et opportunisme. La sagesse n'est brute que lorsqu'elle est honnête, la splendeur d'un cristal ne se fait que par son naturel, personne ne veut d'une copie stylisée. Mais tous l'acceptent pourtant, cet amour hypocrite qu'on leur abreuve comme l'on jette leur eau à des vaches. Il n'y avait qu'un moyen de purger un corps imparfait, infesté de ces impures croyances. Les flammes.

La jeune femme aux cheveux de braise faisait route entre les troncs, laissant un sillage de traces diligentes derrière elle. Mais un second jeu de pied traçait son équivalence plus large en parallèle des siennes. Elle était accompagnée, par quelqu'un de d'ailleurs bien familier. Un visage ridé de sagesse, des paupières sèches de maturité et des pupilles emplies de savoir. Medegdekh était un professeur autrefois, et il fut la même personne qui a enseigné à Skadi les préceptes de Kamaâl. Originaires du même village, le vieillard avait accompagné sa pupille tout le long de son intégration dans la secte et pas une seule fois n'avait-il regretté son choix. Il avait formé une disciple à la foi résolue, parfois, il se surprenait même à penser que sa dévotion égalait celle des plus hauts piliers de l'organisation. Et c'est pour cela qu'il arborait constamment ce sourire fier, lorsqu'il marchait à son côté, comme un père qui regarderait son enfant grandir.

- Ne veux-tu pas déplier ces lèvres ? J'en ai plus qu'assez que tu ne te moques de moi.

Souvent à fleur de peau, la jeune illuminée commençait à croire que cette risette n'était que le résultat de pensées moqueuses de son tuteur, provoquées par son incapacité à trouver le sanctuaire, malgré les indications répétées qu'il lui avait offertes. Aussi, le ton employé par cette requête, qui au final, était plus une injonction, avait refroidi les élans du sage. Il connaissait sa protégée, s'il poussait la comédie trop loin, elle aurait tôt fait de s'énerver et sa mâchoire en subirait les frais. Il se doutait également qu'elle n'hésiterait pas à utiliser sa gemme pour faire en sorte de lui disloquer quelques os, alors il reprit une expression plane et calme.

- C'est parce que tu y es presque que je souris. Mais tu regardes trop haut.

- Comment ça "trop ha... oh.

Son talon résonna contre une surface qui n'était absolument pas naturelle, frappant le creux d'une trappe en bois en un bruit sourd, mêlé à des bruissements. Ses yeux émeraudes se baissèrent, fixant les feuilles qui dissimulaient la cache du repos des fidèles. Skadi s'accroupit, balayant le tapis verdoyant pour trouver la poignée, n'oubliant pas de lâcher un regard empli de reproches à son compagnon. Ses pupilles avaient ce don de lancer des oeillades si noires qu'elles en faisaient tomber les yeux, et bien souvent, le vieil homme se faisait avoir. Toutefois, il se contenta alors de simplement hausser les épaules, alors que le grincement du passage dissimulé témoignait de son ouverture.

La fidèle de Kamaâl entra en première, non-contente d'enfin pouvoir poser pied à terre après cette marche qui s'était éternisée. D'autant que Medegdekh radotait, souvent sur le dieu véritable, certes, mais il parlait de trop au goût de Skadi. Fort heureusement, elle avait développé cette aptitude invraisemblable de filtrage qui lui permettait de n'écouter que ce qu'elle ne savait déjà pas. Alors, son regard dérivait au coin de ses yeux pour offrir une oeillade attentive à son tuteur. Autant dire que bien souvent, ses pupilles restaient souvent sur la route.

Le talon de la jeune femme vint taper contre la roche meuble du souterrain. L'endroit sentait la poussière, mais le tout était bien sculpté, comme en témoignait le couloir droit qui se présentait à elle. De la pierre taillée sur les parois, une teinte naturelle sombre des matériaux et quelques chandelles pour éclairer la route. Tout ceci n'était que trop familier, à croire que chaque sanctuaire se ressemblait, à peu de choses près.

- Skadi, ton masque.

- Humpf.

La fierté de l'insolente était aussi démesurée que son amour pour le destructeur. Chaque erreur qu'elle faisait et qu'on s'efforçait à lui rappeler était souvent accueilli avec un bon crochet du droit. Mais elle ménageait le pauvre Medegdekh, sa vieillesse ne lui permettait bien souvent pas d'endurer ses coups avec autant d'aplomb que les autres membres de la secte. Il était souvent bien rare de la voir s'énerver, néanmoins. Elle s'était forgée une petite réputation après avoir troué la main d'un confrère dès son premier jour. Inutile de dire que l'incident a été mal vu et que le tuteur avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour que sa pupille n'en subisse pas de déboires trop sévères. Elle s'en était tirée avec quelques coups de lanières dans le bas du dos. Toujours est-il qu'elle tira son masque de sa besace et s'empressa de couvrir son visage avec.

- Avance donc, je connais le chemin, c'est tout droit.

Détournant le regard vers le vieux qui descendait l'échelle, elle lui adressa une expression blasée de l'évidence qu'il venait d'énoncer. En un souffle dédaigneux, la fidèle fit volte-face pour prendre la tête vers le hall principal. Si ce sanctuaire ressemblait aux autres, alors il ne devrait plus être loin. Et il se trouvait qu'elle était dans le vrai.

Une large salle, empreinte d'un écho des profondeurs vint accueillir sa prestance. Des piliers sur les côtés, couvrant les portes qui menaient à d'autres pièces. Ce qui intéressait véritablement Skadi, toutefois, était la localisation du prêtre dévoué. Sa réponse lui vint en même temps qu'un salut formel.

- Bienvenue à vous. Nous ne vous attendions pas, si ?

- Si. Ou du moins, vous étiez censés.

La femme mûre à laquelle la nouvelle venue s'adressait portait une large robe, ornée de pigmentations rouges et de décorations discrètes. Son masque s'effaçait dans son capuchon et ses mains disparaissaient derrière ses manches. L'expression circonspecte que prit la concernée face à la sécheresse de Skadi ne transparut qu'en une hésitation formée par son mutisme. Mais une seconde voix vint retentir du couloir, sauvant la prêtresse de ce sanctuaire du malaise instauré.

- Revois tes manières, petite. Tu t'adresses à quelqu'un de plus important que toi.

- ... ça reste à démontrer. grogna-t-elle en offrant un regard meurtrier à son interlocutrice.

La responsable du sanctuaire avait fait un faux pas, et la jeune femme voyait cela comme une faute grave. Ils avaient prévenus de leur arrivée il y a déjà bien longtemps, et deux fois pour s'assurer de la réception de leurs messages. Ce manque de rigueur pourrait très bien se répercuter sur l'ensemble de ce lieu et des membres qui le peuplent. Proche de l'incapacité à rattraper sa pupille, Medegdekh bouscula cette dernière de manière à se mettre face à sa supérieure.

- Excusez son insolence, l'infectiosité de sa langue n'a pour égal que sa foi envers notre Seigneur. Concentrons-nous sur l'important, voulez-vous ? ... enfin, quand nous aurons plus d'intimité.

Son visage se détourna vers la jeune dévouée, qui n'eut pas besoin de plus attendre pour prendre congé. Elle n'avait aucune envie de rester en compagnie de cette incompétente et il était certain que la chambre qu'on lui réservait allait certainement incarner une bien meilleure compagnie. Skadi n'attendit ni qu'on lui indique où elle se situait, ni qu'on lui donne seulement l'autorisation d'emprunter l'un des quartiers. Ouvrant les portes au hasard, elle prit la première chambre vidée d'affaires qu'elle parvint à trouver. Son masque lui pesait sur le visage et l'enlever fut la première chose qu'elle fit après avoir fermé la porte derrière elle.

S'asseyant sur le lit, l'itinérante plongea son regard dans les deux orbites de son apparat. Songeuse, elle en oublia tout ce qu'il entourait. Le silence omniprésent vint la conforter dans ses pensées, et une question vint resurgir. Kamaâl aurait-il vraiment souhaité avoir une incompétente à la tête de ce sanctuaire ? Certainement pas. Mais les choses étaient ce qu'elles étaient ... pour le moment.

La porte s'ouvrit et Skadi se contenta de regarder qui venait faire intrusion dans ses quartiers. Mais au final, ce n'était jamais personne d'autre que son tuteur.

- Tu ne devrais pas l'enlever. dit-il en désignant le masque. si quelqu'un voit ton visage, alors on pourrait t'identifier et ...

- Si quelqu'un voit mon visage et qu'il ose en faire mention, alors le concerné aura tôt fait de rejoindre le dieu auquel il voue sa véritable allégeance. Et puis vous ne feriez jamais cela, pas vrai ?

- Ha ! Non seulement je ne le ferai jamais, mais je n'en aurai plus l'occasion.

Le regard de la jeune dévote se serra en une expression intriguée et interrogative, alors que le vieillard enlevait son déguisement, fermant la porte derrière lui.

- Lorsque l'on a entamé ce voyage, je t'ai demandé de ne pas poser de questions. Tu t'es exécutée et j'en suis satisfait.

- Et maintenant vous allez me le dire, c'est cela ?

- Perspicace. Je suis vieux, Skadi. Je ne compte plus les années qu'il me reste et si je le faisais, ils tiendraient sur les doigts de cette main-ci.

Il souleva son poignet, dévoilant les quatre doigts qui ornaient son membre, dénué d'auriculaire. Prenant une grande inspiration, offrant un regard se voulant persuasif à sa jeune pupille qui elle, lui rendait une oeillade impassible.

- Je pense que j'en ai assez fait en ce monde, pour Kamaâl, mais aussi pour toi. Quand je t'ai connu, tu étais encore si perdue, tu jurais presque encore au nom de Naâme. Et regarde-toi ! ... regarde-toi ... tu as grandi si vite. Je ne peux qu'imaginer à quel point mes leçons doivent te sembler répétitives maintenant, tu dois connaître nos préceptes par coeur maintenant, n'est-ce pas ?

Pour la première fois de la journée, Skadi sourit en une expiration lourde.

- Oui ... oui, bien sûr.

- Kamaâl nous vienne en aide, est-ce que tu viens de sourire ?

- Faites en part à qui que ce soit, et vous le rejoindrez plus tôt que prévu.

Ce n'était pas une menace véritable, Medegdekh le savait de par la tournure brillante qu'avait prises les pupilles de sa protégée. Amusé de voir ce ton étranger chez une créature qu'il connaissait pourtant en intégralité, le vieillard décida de pousser la taquinerie un peu plus loin.

- Tu n'es pas triste, si ?

- Triste ? elle arqua un sourcil, il en faudrait plus que la mort d'un vieil homme pour me tirer une larme.

- Et la mort d'un ami ?

Le sourire de la jeune fille s'effaça aussi soudainement qu'il était apparu, sans qu'elle ne puisse ajouter aucun commentaire pertinent.

- Le rituel aura lieu dans deux heures, le temps de rassembler les fidèles. Me feras-tu l'honneur d'être présente ?

Skadi garda les yeux fixés sur le sol froid que ses orteils dénudés de chaussures effleuraient de leurs extrémités. Immobile, elle laissa doucement sa pupille grimper vers le coin supérieur droit de son oeil, projetant son regard dans celui de Medegdekh. Elle le détourna aussi vite qu'elle l'avait déposé, cherchant avec agitation un autre endroit où se faire réfugier ses oeillades. Un grand soupir vint ultimement soulever ses lentilles émeraudes au plafond, avant qu'elles ne se couvrent de ses paupières. Ses lèvres rouges vinrent s'entrelacer, l'une serrée sur l'autre, alors qu'elle hocha finalement la tête, contenant au mieux la véritable nature de son ressenti. Elle ne comptait pas verser une seule larme.

Néanmoins, ce simple geste destiné à dissimuler ses sentiments au vieillard vinrent secouer le coeur de ce dernier, en un sourire fin, il conclut simplement avant de prendre congé.

- Bien. Je voulais que ton visage soit le dernier que je vois avant que je ne m'en aille.

Skadi détourna le visage à l'opposé de son tuteur, lui faisant comprendre qu'il ne tirerait plus rien d'elle. Le concerné quitta simplement la pièce, fermant la porte au passage, laissant sa pupille seule. Seule, elle allait l'être bien plus encore et très prochainement. Elle avait redouté ce moment où elle n'aurait plus de diplomate pour se réconcilier avec la secte lorsque son caractère tranchant mettait en danger sa position dans l'organisation. Un tremblement vint la secouer, faisant sortir de ses yeux un semblant d'humidité alors qu'un sifflement s'exfiltra de sa gorge serrée ... silencieusement, elle attendit l'heure.

~~~~~~
~

Aussi promptement que la pluie déferle à Jolunskr, la cérémonie rappela Skadi hors de son sanctuaire personnel. Ses pas solitaires rebondissaient contre les parois lisses de la fondation, alors que le hall venait s'offrir à sa vision. Masque sur le visage, elle ne vit d'abord que la silhouette de son tuteur, agenouillé sur un piédestal et surplombant le cercle de fidèle rassemblé. Ils n'attendaient plus qu'elle, et la jeune femme avait bien pris son temps.

Medegdekh n'avait pas souhaité porter son masque, il voulait qu'on le voit tout entier lorsque les flammes viendraient le prendre. Aussi, son large sourire fut mis en évidence lorsque sa pupille vint se positionner devant lui. Si son expression a lui était radieuse, celle que dissimulait la dévote était mortuaire, mais tant que son masque subsistait, le vieillard n'en saurait rien. Mais il fut prompt à corriger ce faux pas, s'assurant que son capuchon dissimulerait la vue de son visage à tout autre spectateur, il vint lui-même retirer l'apparat de sa disciple. Ses yeux brillants vinrent heurter le fond de son âme, alors qu'il s'attendait à voir une larme transparaître. Mais seule l'air résolu de Skadi demeurait, mais sans qu'elle puisse entraver la transparence de sa peine.

Ses cils s'entremêlèrent, serrant ses paupières au moment où son tuteur vint lui saisir les mains. Entre ses doigts, il tenait sa gemme rouge. Des mains ridées, la pupille de la jeune femme vint grimper jusqu'à celles de son mentor. Un simple murmure s'arracha à ses lèvres.

- Je m'assurerai que le regard de Kamaâl ne te quitte jamais, petite, aies confiance.

Le ton résolu de la prunelle de la jeune femme vint appuyer sa gratitude, alors que le vieillard fit se clore ses yeux. Serrant ses doigts sur la pierre, son âme vint réclamer cette ultime requête ... et l'advictâme s'exécuta. Ses fragments rouges s'éparpillèrent sur l'autel et Medegdekh fit s'accentuer son sourire.

Du bout de ses doigts, Skadi sentait la chair de son tuteur se réchauffer. Elle l'observait sans halte aucune, le fixant au creux de ses pupilles. Bien vite, elles devinrent brûlantes mais jamais la pupille ne retira ses mains de celles de Medegdekh. Et même lorsque celui-ci se mit à crier de douleur, même lorsque sa peau fut transpercée par les flammes de Kamaâl, elle gardait son emprise sur lui, jusqu'à ce que dans le creux de sa paume ne se tiennent plus que des cendres. Elle porta ces dernières à son coeur, avant de les laisser s'éparpiller sur le sol.

- Vous avez choisi un beau jour pour mourir, mon ami.

Soulevée par une respiration lourde, la jeune femme désormais solitaire secoua la tête. C'en était fini de son apprentissage, aujourd'hui était le jour où elle devenait une fidèle indépendante du culte ... et elle avait tant à faire. Lorsqu'elle remit son masque, le premier regard qu'elle adressa en tant que dévote était destiné à la prêtresse dévouée et la lueur qui faisait luire son expression n'était ni animé par le respect, ni par quelconque sentiment amical. Car Skadi était ambitieuse ... et elle comptait bien restaurer la grandeur de ce sanctuaire, d'une manière ou d'une autre.
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MessageSujet: Re: De cendre tu redeviendras cendres   De cendre tu redeviendras cendres EmptyLun 30 Juil - 20:54

De cendre tu redeviendras cendre. - Du 03 Allune 1100 au 05 Allune 110



Des pas de velours, ou des pas ferrés, la seule distinction ne vient que du bruit et Skadi souhaitait en faire dans le cheminement de ses entreprises futures, mais elle souhaitait tout autant rester discrète. Elle ne savait de quelle manière elle devrait avancer dans ce couloir de l'ascension qu'elle visualisait dans son avenir. Ses talons venaient frotter sur la pierre plane, froide comme la glace, mais sous sa robe, l'engeance du nord ne portait aucune chaussure. Elle aimait sentir la plante de ses pieds, le contact lui rappelait les hautes plaines qu'elle avait quitté en compagnie de Medegdekh. Sauf que lui y retournait ... Skadi n'avait plus jamais revu la couleur de la neige depuis que son père l'avait chassée de ce foyer, qui autrefois lui servait de sanctuaire. Mais désormais, sa maison était la secte et ses sanctuaires étaient ses chambres d'hôtes.

En silence, elle marchait le long des couloirs, jetant des oeillades furtives au travers des encolures des portes, surveillant les faits et gestes des "fidèles", rassemblés ici. Cela faisait une paire de nuits depuis la mort de son tuteur, et la jeune femme constatait à chaque heure qui passait l'incompétence des dévoués, ici. Un sacrifice avait eu lieu, la veille, et jamais Skadi n'avait vu un tel niveau d'échec dans les actions menées par les participants. "L'agneau", oserait-on dire, qui servait d'offrande était fermement attaché, mais il devait bien rire de voir les quelques praticiens plonger et sortir sa pierre de la mixture bouillante de sang d'enfant, sans que celle-ci ne se brise. Sans un mot, la nouvelle venue avait arraché les cheveux du sacrifice qui s'amusait de trop pour sa situation, sans daigner user de dague. Arrachant son advictâme, elle oint le liquide des fibres du jeune homme et y plongea finalement sa pierre.

Inutile de préciser que la disparition de son sourire arrogant fit immensément plaisir à Skadi, mais elle n'avait aucun regard qui pouvait traduire sa pitié pour les demeurés qui avaient oublié la seule et unique chose dont le rituel avait besoin pour fonctionner. Les erreurs s'étaient enchaînées ainsi, et le regard inquisiteur de la dévote se serrait de plus en plus étroitement à chacune d'entre elles. Visage délivrée de son masque, elle se pavanait en marmonnant quelques chants de sa contrée natale. Personne désormais ne lui rappelait qu'elle devait porter son apparat, et bien qu'elle y eut pensé le matin même, l'insolente décida qu'il était bien assez lourd pour s'en contenter lors des rituels. Le déguisement n'est qu'une façade, la vraie sécurité réside dans la foi de chacun.

... ce qui lui donna d'ailleurs une idée.

Elle attendit d'abord le départ de la prêtresse dévouée, dont le calendrier hors des activités sectaires n'était que peu chargée. Sa patience dût donc endurer que la journée ne se finisse pour voir celle-ci disparaître. La nuit tomba, mais la luminosité du sanctuaire restait similaire, seule la population de celui-ci changeait. Skadi s'en était retournée à ses appartements, gardant les yeux éveillés à réfléchir au déroulement de sa planification. Plusieurs portes étaient fermées, évidemment. L'heure du sommeil était venue depuis bien longtemps, et la quasi-totalité du sanctuaire dormait ... sauf quelques âmes bénévoles.

Des coups de couteaux sur une planche vinrent attirer l'attention de la jeune femme, qui ne se dérangea pas pour laisser une oreille couler dans la pièce. Deux hommes y parlaient, l'un avec une voix charnue et l'autre parlant à peine, d'une voix tue, taciturne.

- Tu as bientôt fini avec ces bestiaux-ci ?

- Oui ... et bien malheureusement. Si j'enlève le morceau que je te garde pour ton excursion, on a assez pour encore deux jours , et avec l'arrivée de l'étrangère, j'ai bien l'impression que mon estimation va encore se réduire.

Skadi trouva un pan de mur et y appuya le dos, levant la tête pour laisser son oreille filtrer ce qu'elle souhaitait entendre.

- Déjà ... à quel point nos frères peuvent-ils bouffer ?

- Tu n'en auras pas pour longtemps, la saison est bonne et avec un peu de chance, tu seras de retour avant l'aube.

- Ha ! Aucune chance, j'ai déjà passé la moitié de la nuit de la veille à prier à cause des caprices de Milane, je me trouverai un coin pour dormir, et puis pas besoin d'être difficile. il lui adressa un clin d'oeil complice, comme s'il sous-entendait quelque chose.

- J'ai toujours pensé que ta bénédiction était pratique. Fais simplement attention à ce que ça ne se retourne pas contre toi.

Skadi esquissa un sourire.

- T'en fais pas va, je me ferai un p'tit feu et aucune bestiole viendra me déranger ... sauf les moustiques, peut-être.

Tous deux rirent aux éclats et l'auditrice inconvenante aurait aimée en faire de même. Après une petite demi-heure de préparation, le chasseur présumé sortit finalement du sanctuaire ... et Skadi vint à sa suite. Sa torche brillait dans les ténèbres et il faisait une cible facile pour la traque, un détail vint la secouer. La lune était haute, et par conséquent, les animaux dormaient, et si ce n'était pas le cas, il n'y avait aucun moyen de les voir au travers des ténèbres, alors que faisait-il réellement ?

Il s'arrêta au pas d'une grange, qui ne semblait en aucun cas rattachée à la secte ... mais ce n'était que d'apparence que la jeune femme jugeait. Une silhouette sortit d'une porte qui n'était pas entrée dans la vision de la traqueuse. Des murmures s'échangèrent, et finalement, le duo se déplaça vers une bâtisse seconde. Les bruits des roues d'une charrue vinrent effleurer l'ouïe de Skadi, avant le cliquetis de pièces que l'on verse d'une main à l'autre. Et après quelques minutes d'échanges silencieux, le membre de la secte vint se coucher au coin d'un mur abrité par une toiture légère. Sa torche vint se mêler à d'autres brindilles, inhibant une flamme plus large. A sa droite, le propriétaire rentrait chez lui, laissant ses larges bottes sous ses escaliers.

La jeune femme dans les ombres attendit de longues minutes, si ce n'est quelques heures que ne s'endorment complètement les gens présents dans les lieux. Selon la taille de la maison, Skadi imaginait qu'il y avait plusieurs personnes à l'intérieur, peut-être une famille. Il était probable que le père ne fasse du trafic en échange de quelques monnaies généreuses à l'insu de sa femme et de ses enfants, ou du moins, c'était la théorie qui était venue en tête à la jeune dévote. Caressant le pommeau de sa dague sacrificielle qu'elle avait prise pour l'occasion, la silhouette entre les troncs se décida finalement à passer à l'acte.

Elle commença d'abord par attacher ses cheveux, avant de doucement s'approcher de l'endormi, qui semblait profiter grandement de son séjour au royaume des rêves, en attestaient ses ronflements. Son capuchon vint voiler son visage ... mais bien partiellement, car de là où elle était positionnée, le feu venait envoyer sa lumière directement sous l'ornement. Mais cela allait bien vite changer. Elle fit passerelle entre les flammes et l'endormi, profitant de l'ombre désormais inaltérable qui abritait son expression focalisée.

Sa main vint boucher les lèvres de son confrère supposé, avant que la tête de manche à l'effigie de Kamaâl ne vienne heurter avec violence sa tempe. Cette construction de pommeau avait fait ses preuves par le passé en matière d'assommoir, et elle le fit encore. Il fut encore quatre coups avant que le fidèle ne perde conscience, un filet de sang coulant de son arcade. Skadi supposa que d'après la vitesse d'exécution et son réveil récent, le concerné n'avait pas eu le temps de l'identifier avec précision. Peut-être saurait-il tout au plus qu'elle était une femme, mais même ça elle en doutait, ses pupilles étaient encore humides de leur repos profond, sa vision avait certainement été troublée le temps qu'elle ne le renvoie vers les landes des somnolents. Ceci fait, elle arracha le collier qui retenait sa pierre et revint vers la maison par le sentier de terre claire qui dessinait un chemin clair. Avec la pointe de son couteau, elle creusa une petite fente dans le sol, à quelques mètres d'un des piliers de la maison et y immisça la pierre, jusqu'à ce que son éclat s'affaisse complètement sous la terre. Satisfaite, elle s'en retourna au sanctuaire tant que la nuit était encore son alliée.

Comme un jour normal, elle s'immisça simplement dans les couloirs du souterrain, se pavanant comme elle avait l'habitude de toujours le faire. Et, malgré les cinq heures qui s'étaient écoulées depuis le départ du "chasseur", le responsable des rations s'en allait seulement sommeiller. Il croisa le regard impérial de Skadi, qui le toisa à première vue. C'était bien la cinquième fois que ça arrivait, aussi, le concerné arqua un sourcil.

- Hé bien, quelle charmante surprise. J'ignorais qu'il y avait des gens assez impliqués pour rester debout toute la nuit durant, ici.

- N'en avez-vous pas marre de nous surveiller à longueur de journées ? Même de nuit ?

- Ce n'est pas vous que je surveille, vous, je vous évalue. Lorsque les disciples d'un sanctuaire ne savent pas faire correctement le rituel de brisure, croyez-bien que ça suscite quelques ... "soupçons" de la véritable dévotion que vouent les dévots à Kamaâl, par ici. elle ne lui laissa pas le temps d'enchaîner. comment vous vous appelez ?

- Mandrek.

- Et vous avez cru bon de répondre à cette question, Mandrek ? Êtes-vous stupide, ou simplement téméraire ?

- Qui vous dit que c'est vraiment mon nom ?

Skadi esquissa un sourire, ravie de cette réponse qui redorait un peu le niveau mental qu'elle avait attribué aux gens de ce sanctuaire. Au moins, elle avait trouvé une tête pensante dans le tas de demeurés. Elle se retira simplement, avec des mots de conclusion fermes, mais pas moins courtois.

- Allez donc vous reposer, je vais continuer à ... vous importuner en arpentant vos couloirs.

Et elle n'ajouta rien, mais perçut bien le soupire du jeune homme derrière elle, qui repassa ses mèches brunes derrière sa tête comme l'on cherche à se débarrasser d'un mal de crâne. Malgré la fatigue, Skadi tint parole et se pavana dans les couloirs vides de monde pendant quelques longues minutes supplémentaires. C'était amusant l'image qu'elle s'imaginait renvoyer. Après tout, Medegdekh était un ancien respecté de la secte, être initiée par un si haut sage était un honneur en bien des égards. La jeune femme se voyait donc privilégiée, et bien supérieure à ces dévots banaux qui dormaient encore à l'heure où les rituels devraient faire foison. Elle était presque certaine que le sanctuaire à proximité de Jolunskr devait bien s'amuser à cette heure-ci ...

... elle ne voulait pas y penser.

Au final, elle se retira dans ses appartements et s'endormit conscience tranquille, persuadée d'avoir fait la bonne chose, aujourd'hui. Restait à voir ce que les événements du lendemain viendraient lui apporter ... mais elle était certaine que ce ne seraient que des bonnes choses.

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