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 [17 Allune 1091] D’Aube et de Crépuscule

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Je suis : Ashena Duval, soigneuse/Sang-Visage, résidente d'Albatra Voir le profil de l'utilisateur
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Ahua

État d'Advictâme :
État transcendant

Informations sur le personnage :
→ Soigneuse et assasin âgée de 23 ans, membre des Sang-Visage
→ 1m58 mais porte des talons pour se grandir, fine d’apparence mais plus musclée qu’elle n’y paraît
→ Originaire de Creux-Lac, habite actuellement à Albatra mais songe à rentrer chez elle
→ Souriante, serviable, presque toujours de bonne humeur
→ Souvent accompagnée d’une griffolette nommée Mélodie
→ Grande connaissance des plantes de leurs usages, que ce soit pour soigner ou tout le contraire…

Inventaire de dés :
➔Dés d'éveillé : 5 [10 max]
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154


MessageSujet: [17 Allune 1091] D’Aube et de Crépuscule   Lun 8 Oct - 15:20

Arche de Passage, Duché de Marvier — 17 Allune 1091


  Sous l’effet de l’excitation, la jeune fille se réveille avec l’aurore. Le soleil est encore à peine visible à l’horizon, le ciel paré d’une teinte orangée, Hubert ronflant du sommeil du bienheureux. Son tuteur l’a accompagnée sur la route de son pèlerinage, autant pour veiller à sa sécurité que pour s’assurer qu’elle n’oublie pas de manger en chemin, obnubilée comme elle l’est par l’Arche, et ils sont arrivés la veille, ainsi sans doute que Croc d’Acier. Elle est quasiment sûre de l’avoir remarqué les suivre discrètement, visions fugaces au coin de son œil, bien qu’elle n’arrive pas à s’en soucier vraiment. Seule l’Arche compte, et ce matin, en ce jour de son quatorzième anniversaire, elle est ouverte pour elle, et l’attend.

  La tentation est grande de simplement suivre l’appel et de s’y diriger dès maintenant, laissant Hubert à son sommeil, mais elle lutte de toutes ses forces contre cette pulsion, ne voulant pas l’inquiéter s’il ne la voit pas à son réveil — bien qu’elle ne soit pas certaine de s’il s’inquiéterait davantage pour elle, ou de ce que pourraient lui faire les Sang-Visages en apprenant que leur apprentie à disparu sous sa protection.

  Elle se lève et s’approche de lui, dérangeant au passage une sauterelle qui s’enfuit si rapidement qu’elle se demande presque si elle ne l’a pas imaginée. Le monde autour d’elle paraît trouble, flou, et surtout secondaire, comme si tout ce qui n’était pas l’Arche n’avait pas la moindre importance. Un sentiment plutôt désagréable, qui la dérangerait si lui aussi ne se retrouvait pas relégué en arrière-plan de ses réflexions, comme une pensée vague et insaisissable.

  Toutes ces pensées s’effacent entièrement de son esprit alors qu’Hubert se réveille enfin et, le regard encore ensommeillé, comprend la requête muette de sa protégée. Rassemblant en hâte leurs affaires, il ne faut que quelques instants avant qu’ils soient en route. Leur petit campement improvisé a été installé à proximité de l’Arche, et il ne faut que quelques minutes au pas pressé d’Ashena pour en arriver en vue. La jeune fille s’en approche, un éclat de convoitise dans le regard, mais s’arrête, au prix d’un grand effort de volonté, juste avant de la franchir pour jeter un dernier regard circulaire derrière elle. Certains n’en ressortent jamais, après tout, et si ce doit être son cas, elle ne veut pas partir sans emporter une dernière image. Elle accroche brièvement le regard d’Hubert, encourageant, mais surtout, derrière, un éclat blanc parmi les broussailles. Elle hoche la tête dans sa direction puis, avec une dernière inspiration, pénètre sous l’Arche de Passage.

  Subitement, le monde s’assombrit et les ténèbres entourent Ashena. Pourtant elle n’a pas peur, au contraire, elle se sent dans son élément. Alors que ses yeux s’habituent à l’obscurité, elle commence à distinguer des ombres autour d’elle. L’une en particulier se démarque, sans qu’elle sache pourquoi. À quelques pas de distance, un peu plus grande qu’elle, immobile, elle lui donne l’impression d’attendre, là encore sans qu’elle soit capable de dire ce qui lui donne ce sentiment. Petit à petit elle se fait plus nette, des détails se dessinent, la tenue sombre, le masque blanc orné d’un dessin qu’elle reconnaît sans l’avoir jamais vu, un corbeau couleur de sang. Elle comprend immédiatement face à qui elle se trouve, et la seule pensée qui lui vient à cet instant est qu’elle aime beaucoup le symbole qu’elle s’est choisi. Ou se choisira…

« Bienvenue. Je t’attendais. Je suis là pour te guider, mais ce sera à toi de parcourir le chemin. Tu sais qui je suis. »

  Ce n’est pas une question, mais la jeune fille hoche tout de même la tête, autant pour offrir une confirmation que parce qu’elle ne voit rien d’autre à répondre. La silhouette recule sans paraître bouger, et Ashena la suit docilement. Elle ne remarque qu’à ce moment sa pierre de vie — peut-être n’était-elle pas là avant, comme cela arrive parfois dans les rêves ? — qui semble éclairée par sa propre lumière et surtout qu’elle découvre, étonnamment, bleue et non rouge. *Transcendante ?*. Comme si elle avait lu dans ses pensées, la Sang-Visage baisse le regard sur sa pierre, secouant la tête de gauche à droite.

« Cette question n’est pas pour aujourd’hui. Un choix t’attend. »

  L’ombre étend son bras droit et, comme s’il s’agissait d’un signal, une scène s’éclaire de ce côté. La jeune fille se contemple elle-même, adulte, en train de soigner un blessé. Étonnamment, elle est incapable de discerner les traits du patient, mais elle comprend que ce n’est pas l’important. Comme dans un rêve, seuls les éléments importants sont perceptibles. Elle constate en tout cas, même de la distance à laquelle elle se trouve, que le pronostic n’est pas des plus favorables : il — ou elle — perd beaucoup de sang, de ce qui semble être une blessure assez grave.

« La vie… »

  Tournant la tête de l’autre côté, la guide étend maintenant son bras gauche, et à nouveau une scène s’éclaire. Une chambre, la nuit. Une forme endormie dans un lit. Ses traits sont tout aussi indiscernables mais, d’une façon ou d’une autre, elle sait qu’il s’agit de la même personne que dans l’autre scène. Puis une ombre s’introduisant subrepticement dans la pièce. Elle reconnaît immédiatement celle-ci, même si elle n’en aurait pas eu besoin pour deviner de qui il s’agit : elle-même, à nouveau. Ou son futur.

« Ou la mort. Il te faut choisir. Mais réfléchit bien ; ta réponse pourrait déterminer toute la suite de ton histoire.
Une épreuve ? Je croyais que l’Éveil était censé nous montrer des choses positives, des souvenirs chers et des désirs secrets… Le masque penche légèrement de côté dans une mimique qui parvient à paraître interrogatrice, évoquant un chat curieux.
La vie n’est qu’une suite d’épreuves, mon enfant. C’est pourtant une leçon que tu as déjà apprise. Mais ceci n’en est pas une, pas vraiment. Tu t’interroges, tu désires savoir qui tu es vraiment. Je fais mieux que te le montrer : je t’offre la chance unique de choisir ton propre chemin. Est-ce que ça ne te semble pas positif ?

  Le regard de la jeune fille passe d’une scène à l’autre, qui chacune continue de se dérouler. Comme suivant ses pensées, la guide reprend la parole.

« Alors ? La vie, ou la mort ? La lumière, ou l’ombre ? La guérisseuse, ou l’assassin ? Dis-moi… Qui es-tu vraiment ? »

  Et subitement, là encore comme cela arrive parfois dans les rêves, elle ne se contente plus d’observer les scènes, elle les vit de l’intérieur. Elle prend tour à tour la place de la guérisseuse tentant de sauver son patient, et celle de l’assassin approchant furtivement de sa victime. Elle ressent pleinement l’angoisse et l’inquiétude de la soigneuse tentant de sauver son patient, et l’exaltation de la traque arrivant à son terme. Elle sent l’odeur de sang, et celle de la bougie en train de se consumer dans la chambre silencieuse, entend les râles d’agonie du mourant et les ronflements insouciants de la future victime. Et dans les deux elle se sent vivante, entière, accomplie. À sa place.

  Comment choisir ? Ce personnage indistinct, indéterminé, veut-elle le tuer, ou le sauver ? Lequel de ces deux futurs est vraiment elle ? Elle ne peut pas répondre à cette question. Elle se sent incapable de choisir. Et subitement, son attention est irrésistiblement attirée par un détail, un point commun entre les deux scènes. Une fiole, d’apparence quelconque, sans réel signe distinctif. Mais dès qu’elle la remarque, elle sait ce qu’elle contient. Belladone. Bien dosé, un puissant poison. Mieux dosé encore, un tranquillisant des plus efficaces. Dangereux, mais salutaire. La vie, et la mort.

  En un instant, elle regagne son propre corps — si tant est qu’elle ait même un corps dans cet endroit — et fixe son regard dans celui de sa guide, toujours immobile en face d’elle, les deux bras tendus en croix, attendant sa réponse. Une réponse qu’elle connaît, désormais, comme en témoigne l’assurance dans sa voix quand elle reprend la parole.

« Non. »

  L’ombre baisse les bras et les deux scènes s’éteignent simultanément. À nouveau, elle penche la tête comme un chat.

« Non ?
Non. Je ne choisirai pas. La guérisseuse ou l’assassin… Ce ne sont pas des opposés, ils ne sont pas… incompatibles. Sans vie, il n’y aurait pas de mort, et toute vie doit finir. Les ombres n’existent que parce qu’il y a de la lumière. Ce sont deux faces d’une même pièce. Et moi… je suis les deux. Je peux soigner et tuer. Comme la même plante peut à la fois être un médicament et un poison. Je n’ai pas besoin de choisir. »

  La silhouette hoche la tête, parvenant à paraître satisfaite malgré le masque qui dissimule ses traits.

« Les démarcations ne sont jamais aussi claires que ce que certains peuvent vouloir le penser — et le faire croire. Ne l’oublie pas. Entre le jour et la nuit, il y a toujours un crépuscule. Marche sur la ligne, et suis ton propre chemin. Mais tu as encore beaucoup à parcourir pour trouver réellement ta place. Tu sais qui tu veux être, maintenant il t’appartient de le devenir. Tu sais quel domaine t’intéresse, mais tu as encore de bien piètres connaissances en ce qui le concerne. Il te faut apprendre, et pas seulement ce que tes mentors peuvent t’enseigner. Trace ta propre route. »

  Tout en parlant, la silhouette s’est imperceptiblement approchée, jusqu’à ce que le masque ne soit qu’à quelques centimètres de la jeune fille. Prise d’une pulsion qu’elle ne cherche ni à comprendre ni à réprimer, Ashena passe la main sur l’albâtre, glissant du blanc au rouge, et ses doigts s’enfoncent comme par magie dans la marque en forme de corbeau, pour en ressortir une pierre de vie qu’elle passe naturellement autour de son cou.

« Et maintenant, réveille-toi. »

  Et soudainement, elle est dehors. La lumière du jour l’éblouit, et elle doit cligner plusieurs fois des yeux pour apercevoir Hubert accourir vers elle. Elle baisse le regard et constate sans surprise qu’elle porte bel et bien la pierre de vie, peut-être un peu déçue de la trouver rouge, et non bleue comme celle de sa guide.

Information lancers de dés : Information hors-RP :
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