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 [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre

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Je suis : Opaline Chantrelle, Résidente de Borderoc, chasseuse de prime Voir le profil de l'utilisateur
Opaline Chantrelle

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MessageSujet: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Ven 30 Nov - 22:26

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
J'espère que cette ouverture vous ira à tous deux, et d'avance, have fun ! Smile (Et oui, je fais très mal le mec bourré ... mes excuses xD )
Information lancers de dés : Rien à signaler sur mes lancers.


Le voile sombre de la nuit s'étend sur les Trois-Lieux tandis que ses habitants rentrent chez eux pour offrir à leur corps et à leur âme le repos nécessaire, ou s'arrêtent dans une taverne pour un dernier verre. Les coeurs s'emballent, l'ambiance se fait joyeuse jusqu'au petit matin.

A Borderoc, à l'aube, une ombre s'étira sur le sol pavé, caressant de hauts murs rocheux de maisonnées. Glissant avec grâce au son des claquements de talons, la silhouette se dirigea vers l'ouest, ignorant les regards insistants de quelques citadins qui la croisaient. Emmitouflée dans un manteau long au col de fourrure d'un loup blanc, Opaline Chantrelle poussa la porte d'une auberge qu'elle ne connaissait que si bien, de par sa sinistre réputation pour certains, pour d'autres, c'était l'épicentre d'un réseau où son métier exigeait de nombreux contacts : La Pie Ecarlate.

L'établissement était aussi lugubre à l'intérieur que le laissait suggérer l'emblème sur l'enseigne de la taverne. De nombreux personnages à l'air fort peu commode avaient fait de ce lieu leur repère pour diverses transactions pécuniaires, et probablement pas dans la légalité. Un premier groupe était penché dans un coin, à jouer aux dés, un autre plus loin murmurait tout en jetant des oeillades à la nouvelle venue dont l'apparence ne laissait pas indifférent. Elle ne traversa pas l'endroit comme à son habitude pour retrouver sa place fétiche, aujourd'hui, elle ne ferait qu'un passage rapide pour boire un coup. Elle préféra s'installer directement au comptoir tout en commandant brièvement une bière en déposant violemment les quelques lieutons exigés.

Croisant les bras en l'air, elle étira son dos qui craqua de lassitude. La nuit avait été particulièrement longue, conclusion d'une traque de plusieurs semaines qui l'avait obligée à traverser les quatre coins des trois duchés au complet. La paie n'avait pas été mauvaise, mais elle avait pourtant exigé de percevoir un bonus pour couvrir ses frais des déplacements, et de témoignages.

Sa sacro-sainte bière devant elle, elle perdit son regard écarlate dans la contemplation de la surface légèrement mousseuse. Régulière, calme, aux couleurs douces, cela lui fit songer qu'il y avait bien longtemps que sa vie entière n'avait pas été de cet acabit. Toujours sur les routes, jamais vraiment posée, en définitive, aussi malfamé qu'était cet endroit, il semblerait qu'il ait des airs de foyer compte tenu de sa manie de toujours venir étancher sa soif en ces lieux.

La porte s'ouvrit soudain, laissant à nouveau entrer la lumière dorée et chaude d'un soleil jeune en plein éveil, et les regards convergèrent vers l'entrée. Opaline ne prêta aucune attention à l'homme qui venait de s'ajouter aux clients de la Pie Ecarlate. Absorbant une quantité correcte de breuvage d'une seule traite, un des hommes du fond s'en alla dans sa direction, et, à son pas titubant, il n'y avait pas besoin d'y jeter un coup d'oeil pour comprendre rien qu'au son de ses bottes qu'il était plein ivre. Dans son déplacement, il perdit l'équilibre à hauteur de la chasseuse de prime, qui en renversa tout le contenu la privant définitivement de son réconfort mérité.

- Heeey ... toi la ... la poulette ... pouvait pas ... pas faire attention, non ?

Un silence soudain s'installa dans tout l'établissement, les conversations en cours se turent instantanément et tous les visages, effarés, convergèrent vers le pauvre fou qui, et il l'ignorait encore, allait possiblement passer un mauvais quart d'heure.
Opaline, lui tournant toujours le dos, esquissa un sourire mauvais. Décidément, c'était véritablement une semaine de merde. Une bière. Il ne lui fallait qu'une seule bière pour se dire qu'en définitive, il y avait encore de bonnes choses à apprécier. Rien ... qu'une ... bière. Qui venait d'être gâchée bêtement par un imbécile imbibé d'alcool.

Avec une lenteur extrême et anormale, elle se tourna vers l'individu, descendant de son tabouret et posant un regard sanglant et froid sur l'homme ivre. L'assemblée retint son souffle, comme si le bougre devait s'attendre à une sentence meurtrière. Mais à la place, Opaline lui adressa un sourire. Probablement faux, presque carnassier, mais un sourire tout de même.

« Vous me devez 353 lieutons pour cette bière », clama-t-elle d'un ton sec et hautain.
- 30... hein ? Tu plaisantes, cocotte ? Pour une pinte à 3 lieutons ? Je vais ... pas ... tu ... tu m'extorques, saleté ?
« Non, reprit-elle avec le calme de la Saignée en hiver, je ne vous extorque pas. Vous me devez effectivement 3 lieutons pour la bière. 300 de plus pour mon manteau sali. Et 50 pour le dérangement.»

Dans un clin d'oeil entendu, elle termina là son calcul de comptable et attendit, la main tendue vers lui, paume ouverte vers le plafond.
L'homme, peinant à comprendre, leva successivement les yeux vers sa main, puis vers le visage de la jeune femme. Il avait l'air aussi stupide qu'un poisson tout droit pêché du lac Prospère.

Opaline soupira.

« Je suis d'humeur magnanime. Des excuses, et vous pourrez sortir d'ici la vie sauve et votre bourse intacte. Choisissez sagement.»
- Que je m'ex ... tu plaisantes ! Tu n'auras rien de tout ça, sal...

Un éclair bleu scintillant apparut autour du cou de la jeune femme, saisissant instantanément l'importun au point qu'il préféra ne pas achever sa phrase. Il venait seulement de voir, et comprendre par la même occasion, qu'il n'avait pas affaire à une éveillée. Aussitôt, son comportement changea radicalement. Devenu tremblant, et aussi sûr de ses mouvements qu'il pouvait l'être compte tenu de son ivresse, il s'empara de sa bourse et extirpa la somme requise.

« Ne t'ennuie pas à compter, l'ami, ajouta-t-elle, triomphante. Pour avoir failli m'insulter, ce sera tous tes lieutons. En te remerciant infiniment ... »

Abandonnant son butin sur-le-champ, il décampa vite. On ne plaisantait pas avec la réputation du Limier Blanc. Il n'avait pas réalisé.
Satisfaite, Opaline rangea son trésor durement acquis, tout en croisant le regard d'un homme aux cheveux bleus - probablement le dernier arrivé car elle ne l'avait pas enregistré en entrant, puis vociféra aux autres clients de retourner à leurs basses besognes.

A défaut d'une bière éhontément saccagée, elle retourna de nouvelles pièces sur le comptoir, exigeant un repas. La fin de la semaine s'annonçait finalement bien plus agréable et financièrement avantageuse qu'il n'y paraissait.
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Lun 3 Déc - 16:27

Malheureux comme la pierre.
- du 7 au 20 Bellune, entre Lackness et Borderoc -


Quatorze jours. Quatorze longs, tristes, angoissants et éreintants jours que Rehan marchait sans jamais ou presque, s'arrêter. A peine avait-il dormi, à peine avait-il mangé... L'avant veille il avait trouvé un buisson de baies des belles et en avait cueillit. Croyant à des groseilles, son esprit épuisé n'ayant pas réalisé qu'on était à la mi-printemps et non à l'été, il en avait donc mangé plusieurs poignées avant de reprendre la route. Ça lui avait collé des crampes d'estomac à en pleurer mais sa situation étant des plus alarmante et le contexte des plus angoissants il avait tenu bon et avait continué sa route. Bien loin là bas, au bout du chemin, il espérait encore croiser celui ou celle qui lui avait dérobé sa pierre de vie...

C'était le 7 Bellune, après avoir passé la nuit au Volupté, il s'était rendu au marché au poisson pour se restaurer et réarmer son sac à provision. Puis il avait installé son petit atelier et avait vendu ses services de cordonnier. Cette matinée avait vraiment bien commencée et sa bourse se remplissait à vue d’œil. Pourtant, en début d'après-midi, alors qu'il avait déplacé son atelier après une petite pause déjeuné, il avait commencé à se sentir mal.

Ça avait commencé insidieusement, tout doucement, perfidement... Une minuscule boule d'angoisse s'était formée au fond de son estomac et il s'était dit qu'il devait mal digérer le poisson qu'il avait rapidement englouti, voulant vite se remettre au travail. Mais la boule s'était mise à grossir, au fil des heures et Rehan senti clairement la chaleur partir de son corps, engourdissant légèrement ses membres et creusant ses traits devenus pâles. Et puis lorsqu'un client lui demanda qu'il utilise les clous cuivre au lieu de ceux couleur fer qu'il avait pris il explosa.

- Ce n'est pas parce que votre semelle est couleur ocre qu'il faut que je la scelle avec des clou en cuivre ! Ce n'est pas une question de couleur mais de dureté ! Les clous en cuivre sont pour le cuir d'entourage pas les semelles ! Celles-ci ont besoin de la force du fer ou d'un alliage d'acier ! Le cuivre est bien trop tendre ! Alors maintenant fermez là et laissez moi faire mon métier ! Ou bien dégager avec votre godasse de fille de joie !

Outré, le client n'avait pas demandé son reste et était parti en emportant sa chaussure, le teint cependant rougi de honte car, après tout, le cordonnier avait sans doute raison... Au même moment, que ce dernier se rendait à une évidence flagrante : quelque chose n'allait pas et ça n'était pas les prémices d'une phase de dépression, loin de là... Qu'il soit irritable de la sorte se produisait certes, mais jamais avec une telle force et il était déjà bien ancré dans sa déprime lorsque cela arrivait. Hors ça n'était pas du tout le cas et les sueurs froides qu'il ressenti alors ne présageaient rien de bon.

Rangeant alors son atelier à là va-vite il se précipita chez le premier apothicaire dont la boutique croisa sa route. Mais après une longue auscultation le maître des potions ne sut dire de quel mal souffrait le jeune homme. En tout cas, cela ne s'apparentait pas à une maladie ni à une indigestion... C'était bien pire que cela.

Et lorsque Rehan fouilla ses poches, après que l'apothicaire lui ait parlé du mal de l'éloignement, il sent la panique monter encore plus en lui.

Arrachant presque les petites tiroirs et minuscules portes de placard de son atelier, Rehan en déversa tout le contenu sur le sol de la boutique. Le cœur battant la chamade, il fouilla frénétique dans le bazar qu'il avait mit sous l’œil à la fois mécontent et compatissant de l'apothicaire. Mais au bout de plusieurs minutes il fallait bien se rendre à l'évidence : sa pierre de vie avait disparue.

La sensation de vide que ressenti alors Rehan était absolument indescriptible. La panique, la peur, une angoisse encore plus forte que lorsqu'il était au plus bas d'une phase dépressive, l'envahissait par vagues de plus en plus fortes, de plus en plus rapides, le submergeant jusqu'à ce que son souffle soit coupé.

Mais pourquoi kamaâl* avait-il la saugrenue habitude de mettre sa pierre dans sa poche et non autour de son cou comme la plus part des gens... ?! A dire la vérité, il savait très bien pourquoi il agissait ainsi... Mais en cet instant il ne pouvait que se fustiger.

Suffoquant, il s'effondra au sol, en hyperventilation et mit plusieurs minutes à s'apaiser. Mais quelle chance, quelle idée fabuleuse avait-il eut de se rendre chez un apothicaire... ! Le maître le remit sur pied mais c'est tout de même chancelant que le jeune homme sorti de la boutique, lançant un « je reviens vite, gardez mes affaires ! » pour finalement arriver à se mettre à courir au bout de quelques secondes.

Traversant le marché en tout hâte il retrouva l'endroit où il s'était installé en premier dans la matinée et scruta le sol et ses alentours, demandant au commerçants proches s'ils n'avaient pas trouvé sa pierre de vie. Sans succès, il se rendit alors au petit restaurant d'étale où il avait pris son déjeuné, là aussi sans succès. Il couru alors dans l'autre sens jusqu'à l'auberge où il avait petit-déjeuné pour ensuite courir à travers tout le marché, dérapant dans la boue lorsque, enfin, il aperçut les capes bleues qu'il cherchait.

- Officiers ! Gardes ! Cadets ! Patrouilleurs ! s'emmêla-t-il alors qu'il apparaissait affolé devant deux soldats de la Garde de Saphir Ah moi je vous en pris ! Ma pierre de vie a disparu, faites quelques chose, aidez moi !!! s'égosilla-t-il, se donnant en spectacle, faisant se retourner et rire bon nombre de gens alors qu'il paraissait tout simplement plus hystérique que jamais

L'un des deux soldats laissa d'ailleurs échapper un gloussement, au vu des deux fines bandes blanches sur sa cape et de sa jeunesse il s'agissait d'un cadet sans doute très récemment recruté. Il se prit un coup de coude par la femme, de quelques années son aînée mais appriori elle aussi cadet, mais cette dernière semblait elle aussi tordre son visage du mieux qu'elle pouvait pour ne pas laisser trahir son rire. Rehan avait conscience de tout cela mais, sincèrement il en avait autant à faire que de sa première dent. Parlant alors à tout vitesse, il expliqua la situation du mieux qu'il pu sous l'empressement, l'angoisse mais surtout cette sensation que le moindre petit truc pourrait le faire exploser de rage.

Se voulant apaisante la cadette l'entoura de ses bras et l'invita a les amener de nouveau aux lieux qu'il avait visité depuis son arrivée au marché. Quasiment deux heures passa ainsi, les mêmes endroits étant fouillés, les mêmes commerçants étant interrogés jusqu'à ce que leurs pas les mènent à l'apothicairerie tandis que Rehan se sentait de plus en plus vidé et comme anesthésié. Tandis que les Lames interrogeaient l'apothicaire, les yeux du cordonnier se posèrent sur son atelier qu'il avait laissé là. Il ne parvînt même pas à esquisser un sourire alors que l'homme avait gentiment rangé tous ses outils. Posant alors un regard exténué sur les trois personnes il s'immobilisa un long moment avant de se rendre compte que l'une des multiples émotions qu'il ressentait lui disait de partir d'ici.

C'est donc sans un mot qu'il attrapa son harnachement et sorti de la boutique. Rabattant sa houppelande sur sa tête il se mit à marcher sans vraiment regarder quelle direction il prenait, suivant cette petite voix ou plutôt cette sensation des plus réelles qui traversait la totalité de son corps, se mêlant à son esprit qui certes était toujours embué mais qui soudainement ressentait à nouveau de l'espoir...

Espoir qui guidait encore ses pas alors qu'il était à ce jour aux abords de Borderoc, qu'il était épuisé, affamé, qu'il portait toujours ses 15 kg de matériel sur le dos et que sa pierre de vie continuait de l'appeler comme une lancinante plainte qui lacérait son cœur, son esprit et son corps.

Ses pas le menèrent à travers des rues de plus en plus étroites, lugubres, sales et aux passants tous plus sinistres les uns que les autres. Dardant son regard éteint autour de lui il fini par apercevoir une enseigne qui représentait un oiseau de couleur rouge. S'approchant, il se rendit compte que c'était une auberge, aussi, n'en pouvant plus, il décida de pénétrer dans les lieux afin d'au moins prendre un repas chaud avant de poursuivre sa route. Et puis étrangement, l'appel de sa pierre s'était légèrement amoindrit, comme s'il touchait bientôt au but... Reprendre des forces ne pourraient que l'aider à continuer ses recherches... ! L'espoir brûlait toujours au fond de lui...

S'installant à une table, l'aubergiste fini par venir le voir et il lui commanda donc un bol de bouillon chaud avec une demie miche de pain, du fromage et une cervoise bien fraîche. Soupirant de fatigue et de lassitude, il se mit à regarder autour de lui.

Dans un premier temps, il prit peur. Puis il se souvint que sa pierre de vie avait disparue, que cela faisait trois jours que les hallucinations cénesthésiques avaient commencées et que franchement, sa situation était bien pire que tout ce que les affreux personnages autour de lui pouvaient lui faire subir... Sa commande arriva quelques minutes plus tard et il se mit à manger avec bien moins d'entrain qu'il ne l'aurait cru, son estomac étant noué d'angoisse. Mais il fallait qu'il se sustente... Et puis d'autres clients entrèrent et deux d'entre eux s'installèrent à sa table et se mirent à discuter sans lui prêter attention.

Puis un éclat de voix attira tous les regard et Rehan aperçut alors une jeune femme aux long cheveux blancs et au regard de braise sous sa condition d'albinos. Assistant à la scène, son regard azuré croisa celui de la femme alors que le gredin qui l'avait bousculée s'enfuyait de l'auberge. Cillant, il rebaissant bien vite son nez dans son bol de bouillon. Les deux hommes attablés près de lui se mirent alors à chuchoter et Rehan les entendit parler de la jeune femme comme étant Le Limier Blanc, une chasseuse de prime invétérée et apparemment très connue à Borderoc si ne c'était dans tout le Gavorn.

A dire vrai Rehan n'avait jamais entendu parlé d'elle mais son intérêt se fit tout d'un coup ressentir alors qu'une idée jaillissait dans son esprit pourtant harassé. Finissant en hâte son bouillon, il renfila son sac-à-dos-atelier, attrapa sa miche de pain sous le bras, porta la planche de fromage d'une main et sa cervoise de l'autre et s'avança d'un pas étonnement assuré jusqu'au comptoir où il posa ses victuailles. Posant son atelier à terre, il monta sur le tabouret et tapota légèrement le bras du Limier Blanc.

- Bonjour, pardonnez mon empressement, je vous dérange sans doute dans un moment de répit mais, j'ai besoin de vos services... Combien prenez vous pour une chasse à la pierre de vie? le ton bas, le visage creusé et le teint pâle, Rehan ne se rendit pas compte de l'ambivalence de ses propos alors qu'il n'avait pas précisez que la dite chasse était pour retrouver sa propre pierre...


Codage par Libella sur Graphiorum

Hors Jeu :
* "pourquoi kamaâl" correspond à l'expression "pourquoi diable", je le précise parce que je ne suis pas certaine que ça soit très clair dans ma tournure de phrase x)
Nicolas, je te laisse choisir si ton perso a volé la piere de Rehan directement en fouillant sa poche de pantalon ou bien s'il l'a tout simplement ramassé au sol puisque Rehan a très bien pu la faire tomber  gneuu
Je me suis bien lâchée en tout cas, j'étais très inspirée !!! Mes prochains postes seront beaucoup plus courts, là c'était l'ouverture  content
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Nicolas Fouroi

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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Dim 9 Déc - 14:33

Malheureux comma la Pierre - Albatra - 7 bellune


La dernière représentation dans la Ville à Albatra s'était mal passée. Le public n'avait pas apprécié mon spectacle. Pourtant, je voulais faire rire les gens, mais le coeur n'y était plus. A la fin du celui-ci, j'avais pris le soin de ranger mes affaires dans ma grande valise noire à roulettes.

Habituellement, les spectateurs laissent quelques lieutons, mais cette fois, il n'y avait rien. Pourtant, dans la foule, j'avais aperçu de nombreux bourgeois..

Attristé par cette attitude, j'avais décidé de plier bagage pour me rendre dans une autre ville, qui je l'espère sera plus lucrative. Sur la route, j'avais croisé des personnes au regard fuyant, comme si ces gens avaient peur de moi. Je peux les comprendre, ça fait plusieurs nuits que je ne dormais plus.

Après plusieurs jours de marche, je m'étais dirigé vers le sud-est, et ainsi longer la Chaîne de la fourche. Pressant, le pas, je m'étais retrouvé au petit village près lac prospère. Malgré mes nombreux voyages, je ne m'étais jamais arrêté dans cette bourgade.

Je m'étais arrêté dans une petite taverne, qui au premier abord, semblait vétuste. A l'intérieur, on pouvait apercevoir le ciel, tellement, il y avait de trous dans le toit. Le gérant ne semblait pas plus inquiet par cette salubrité. Au bar, il y avait des gens déjà bien éméchés, mais je les avais ignoré.

J'avais demandé au tavernier un verre de lait chaud. En le buvant, je repensais à mes parents, cela faisait bien des années que je ne les ai plus vu. Sont-ils toujours vivants ? Je l'ignore.

Sur la table, j'avais laissé 2 lieutons pour la boisson. Sans un mot, j'avais quitté les lieux. Je repris le chemin vers la ville du Lackness. Tout ce que j'espérais c'est d'y trouver un meilleur public que dans la capitale.

J'étais arrivé sur une place, où il y avait beaucoup de commerçants. Était-ce sans doute le marché hebdomadaire, m'étais-je dit. En me promenant à travers les étales, mon regard s'était arrêté sur le sol. Je ne parvenais pas à y croire, mais qui a bien pu l'abandonner ici ? Cette personne souhaitait sans doute mourir..

Quelle aubaine ! C'est bien mon jour de chance. Me baissant, je ramassais discrètement la pierre de couleur rouge. Afin de ne pas éveiller les soupçons, j'avais fait mine de fouiller dans ma valise comme si je cherchais un objet. Malheureusement pour moi, un commerçant m'avait vu faire, son regard désapprobateur en disait déjà bien long. Ne voulant pas prendre de risque, je m'étais approché lentement vers lui.

Bonjour Monsieur. Surtout, ne dite à personne que vous m'avez vu emporter cette pierre.

L'homme était resté immobile, et silencieux. Après quelques secondes de réflexion, voici ce qu'il m'avait répondu :

Et pourquoi donc, ne devrais-je rien dire ?

Il ne m'avait pas laissé le choix, il ne devait en aucun cas raconter à quiconque ce qu'il a vu. Je m'étais empressé de fouiller ma valise pour trouver mes économies. De ma besace, j'avais sorti 500 lieutons, le résultat de mes recettes depuis un an.  

Le commerçant pris la monnaie, et était retourné à ses activités.

Je l'avais échappé belle, je savais que la valeur de la pierre vaut bien plus que 500 lieutons, et si je parviens à la revendre, elle en vaudra bien plus.

Mon estomac criait famine. En me promenant en ville, j'avais senti les bonnes odeurs émaner d'une auberge. Inconsciemment, mon corps s'était dirigé vers cette dernière. Après avoir franchi la porte, j'y avais découvert de nombreuses personnes. Un homme bien habillé, à l'allure fière, et un homme plus modeste qui avait une bonne descente. Comme à chaque fois que je rentre dans un lieu inconnu, les gens me dévisagent. Je m'étais alors assis à une table inoccupée. Le tavernier n'avait pas tardé à venir prendre ma commande. Je lui avait demandé de me préparer une omelette, et comme boisson, de l'hydromel. L'homme s’exécuta, et après quelques minutes, il avait apporté ma commande. Je le remercias d'un signe de tête.

A quelques pas, j'aperçu un type habillé modestement. Depuis que je suis entré dans cet endroit, il n'avait pas cessé de me regarder. Afin d'y couper court, je m'étais levé, et je l'avais accosté.

Bien le bonjour, puis-je vous aider ? Depuis tout à l'heure, vous n'avez pas cessé de me fixer..

L'homme fût surpris, il portait une grande veste dorée. D'un certain âge, il paraissait fatigué, quelques cheveux gris avaient fait leur apparition sur ses favoris. Mes yeux s'étaient arrêté sur l'épée qu'il portait dans son fourreau. Son regard était sans vie, avant qu'il ne m'adresse la parole, j'avais cru qu'il était mort sur place.

Mh, j'ai l'impression que vous cachez quelques chose..

Il n'avait pas tort, je souhaite que personne ne puisse découvrir que j'ai volé cette pierre. Je m'étais alors assis face à lui.

Que pensez-vous que je cache ? Est-ce l'étrange costume que je porte qui vous faire croire cela ?

Non, mais je sens que vous cachez quelque chose, et que personne ne souhaite qu'il soit découvert.

L'homme est devin ? Par un simple regard, il est parvenu à déterminer que je cachais cet objet.. en y réfléchissant plus longuement, je ne devais surtout pas dire à un étranger que j'ai la pierre de vie de quelqu'un d'autre.

Vous savez, j'aime faire rire les gens avec mes plaisanteries, et mes tours, alors je n'ai rien à cacher. Je recherche quelqu'un qui pourrait me racheter une pierre précieuse. Connaissez-vous un tel marchand ?

Pourquoi me prend-t-il celui là ? Je ne suis pas qu'un simple clown, j'aime faire du business. S'il n'avait pas eu une épée, je lui aurais montré de quel bois je me chauffe.

Reprenant mon calme, j'attendais sa réponse.

Oui, oui, vous pouvez aller voir le joaillier qui se trouve à Borderac. Il pourra certainement vous en dire plus à ce sujet.

En me relevant, je l'avais remercié à l'aide d'une poignée de main. J'étais retourné près de ma valise, et j'avais quitté cet endroit. J'avais pris la peine de regarder derrière moi afin de vérifier que je ne suis pas suivi par cet homme.

L'individu m'avait indiqué le chemin à suivre pour me rendre chez le marchand. Après quelques pas, j'avais changé de direction. En effet, le but n'était pas de me rendre chez le marchand, je ne le connais pas, et je ne prendrais pas le risque de me faire dénoncer.

Information lancers de dés : Information hors-RP : Rehan, merci pour les portes d'ouverture que tu as laissé. Ouais, mais c'est bien, ça fait beaucoup de contenu du coup, et je peux plus facilement rebondir dessus. je me suis bien lâché aussi Mad
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Lun 10 Déc - 21:39

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
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- Bonjour, pardonnez mon empressement, je vous dérange sans doute dans un moment de répit mais, j'ai besoin de vos services... Combien prenez vous pour une chasse à la pierre de vie?

Opaline ne prit même pas la peine de sourciller, ni même de lever les yeux vers l'inconnu qui avait pris place à ses côtés, au comptoir. Fixant son pichet, la mauvaise humeur lui montait à nouveau. Allons bon, s'étaient-ils donc tous donné le mot pour troubler sa quiétude ?
Pourtant, malgré la désagréable interruption dans son repos, elle y voyait une nouvelle fois la possibilité de s'enrichir.

« Et moi, j'ai grandement besoin d'une bière, on a tous nos problèmes, mon p'tit gars.»

De toute évidence, il s'agissait encore d'un étranger qui ignorait tout de sa réputation, sans quoi, il n'aurait pas eu la mauvaise idée de venir la trouver. Mieux, s'il la connaissait vraiment, il s'en irait fissa après l'avoir entendue grogner avec lassitude et mauvaise humeur. Pourtant, il restait planté là, à attendre qu'elle réponde à sa requête.
Soupirant, et désireuse de s'en débarrasser au plus vite, elle consentit à lui accorder quelques mots.

« Je ne suis pas en service, l'ami, et je ne retrouve pas les ... ». Mais Opaline se figea. Elle s'était lentement tournée vers l'inconnu pour lui répondre, mais elle avait été saisie par son aspect fatigué. Ses traits plaisants auraient pu l'attirer, étrangement, mais l'épuisement les rendaient ternes et peu flatteurs. Déconcertée, elle prit un moment pour analyser la situation. L'homme aux cheveux bleutés avait mentionné une chasse à la pierre de vie ... et il y avait encore quelques instants, elle allait l'envoyer paitre : elle pourchassait des hommes, des êtres faits de chers et de sang. Retrouver le chat perdu de la crémière ne faisait pas partie de ses attributions.

« Terrible mine que vous affichez là. Je vous sens épuisé mais surtout, désespéré. A quelle somme rondelette pouvez-vous estimer ce désespoir ? »

Le Limier Blanc poussa sa chopine vers son interlocuteur, un sourire faux de compassion aux lèvres. D'aucun ne la connaitrait pas pourrait être outré par son opportunisme, Opaline, elle, préférait penser qu'il s'agit d'un moindre cout pour tous les moyens qu'elle était capable de déployer pour le bon plaisir de ses clients.

Tandis qu'elle attendait la réponse de l'homme, son esprit se remit en route avec la vivacité d'une griffière en furie. Au vu de son état d'épuisement, et de cette terreur qui se lisait au fond de son regard, il ne pouvait s'agir que de sa propre pierre de vie. S'il l'avait simplement perdue, sans doute serait-il revenu sur ses pas pour la retrouver. Mais il se trouvait actuellement dans le repaire malfamé des pires frappes de Borderoc, et venait de réclamer l'aide du Limier Blanc, mystique Chasseuse de Prime de renom. Un vol, très probablement. Et là, ça rentrait dans ses cordes ...
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Mer 12 Déc - 18:01

Malheureux comme la pierre.
- le 20 Bellune à la Pie Ecarlate, Borderoc -


La manière dont lui répondit la femme le fit à peine tiquer. Il trouva cependant qu'elle parlait comme un « bonhomme » et qu'elle s'attendait sans doute à des prières pour accepter. Éreinté, fourbus et fatigué, les yeux légèrement injectés de sang, son cœur battait toujours à tout rompre, comme s'il était en plein effort physique. L'éloignement d'avec sa pierre lui faisait néanmoins tourbillonner l'esprit à vive allure, comme s'il était en phase aiguë, et il compris rapidement qu'il ne devait pas baisser les bras sous cette froideur bourrue.

Il en était arrivé à un point où il avait désespérément besoin d'aide... Et apparemment elle le compris aussi, car son ton changea. Enfin,on devrait plutôt dire qu'il devînt intéressé...

Reniflant légèrement, Rehan fouilla sa poche d'où il sorti une bourse.

- J'ai présentement cinquante-cinq lieuton...

Son regard bleu, estompé par une brume d'accablement c'était planté dans le regard rougeoyant de la chasseuse de prime. Il n'avait pas peur de se regard bestiale, il avait déjà rencontré une personne albinos. Lorsqu'on est un enfant du savoir, on encontre de nombreuse choses dès son plus jeune âge... Il maintînt alors l'échange mais au fond de lui personne ne l'y tromperait...

Il savait que cette somme, bien qu'importante, était risible et qu'il allait devoir aller chercher une centaine de lieutons de plus dans la cache de son sac-à-dos-atelier. Mais pour l'instant il se devait d'essayer de garder ses économies durement gagnées... Peut-être que s'il jouait les âmes éplorée... EN même temps c'était le cas.

- Et oui, je suis désespéré. dit-il franchement sans ciller Quelqu'un a volé ma pierre de vie et vous seriez certainement dans le même cas si vous étiez à ma place... Même si votre luminescence bleue vous rend bien supérieure à moi en cet instant et même si j'avais ma propre pierre, vous seriez tout autant désespérée que moi si on vous la prenait.

Il aurait pu dire « voir plus que moi » mais il se retînt. Il était désespéré, certes, mais pas suicidaire. Sans quoi il ne serait même pas parti à la recherche de sa pierre, qu'elle l’appelle ou non. Il l'aurait même brisé de lui-même s'il avait voulu mourir... Au contraire, il avait la rage de vivre.

Jamais auparavant il n'avait eu cette envie de vivre et d'être libre. Il avait fallut qu'il soit de nouveau maudit par Naâme pour s'en rendre compte...

Ne lâchant pas d'un cil le regard rouge, le fait qu'elle soit une transcendante ne l'avait pas plus impressionné que ça, même s'il en avait fait mention... Même s'il pensait réellement qu'elle lui était supérieure, ça n'était pas pour autant quelque chose qui pouvait le faire douter de lui-même ou de ses propres capacités. Il ne pensait pas non plus que les transcendants devraient être mis sur un piédestal, après tout, la transcendance n'influait en rien sur l'intelligence, le savoir et les capacités sociales de celui qui la porte. Mais dans ce monde ésotérique, la magie, ça se respectait. Surtout lorsqu'on y était attaché par sa propre vie.

- … Cela fait une quinzaine de jours que je la cherche, l'éloignement se fait moins fort depuis que je suis à Borderoc mais la ville et grande et sans l'aide d'une personne avisée telle que vous je ne la retrouverais pas... Ayez pitié d'un pauvre bougre... pria-t-il

Oui, des prières... Et un sac d'or un peu plus rempli. Enfin, pour elle. Mais ça, on verrait après qu'elle ait retrouvé sa pierre.


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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Sam 29 Déc - 15:39

Malheureux comma la Pierre - Lackness - 10 bellune

Ayant quitté Lackness, j'avais longé le lac Prospère. D'une couleur bleutée, avec quelques reflets turquoises, l'eau de ce lac m'a toujours fasciné. Alors que je le contemplais, et entendant un bruit de plusieurs pas, je sortis soudainement de mes rêveries.

Plus de peur que de mal, il s'agissait d'un marchand qui se déplaçait avec toute sa famille. Reprenant la route, je traversais la Chaine des Alles, un petit corridor étroit me permis de la traverser sans encombre.

Après quelques jours de marche, j'avais traversé le duché du Gravorn du Sud vers le Nord pour me retrouver dans la ville de Borderoc.

A présent, il n'était plus question de faire des représentations, je devais me faire discret le plus possible, et surtout me débarrasser de la pierre le plus rapidement possible. D'ailleurs, j'étais constamment sur mes gardes, en effet, son propriétaire devait être activement à sa recherche.

A y réfléchir plus longuement, peut-être que me rendre chez le joaillier n'était pas une mauvaise idée, il pourrait peut-être connaitre quelqu'un qui serait intéressé par l'objet, mais je doutais que le commerçant prendrais le risque de la conserver.

Je m'étais arrêté à côté d'un banc sur lequel j'avais posé ma valise. Discrètement, je m'étais mis à fouiller le contenu afin de localiser la pierre, il aurait été malencontreux de l'égarer.

Connaissant peu cette ville, j'avais demandé auprès d'une passante si elle connaissait le marchand de pierre précieuse, n'étant pas de cette ville, elle n'a pu me renseigner.

Continuant ma route, je me suis arrêté près d'une place, qui était étrangement déserte, comme si tout le monde l'avait fuie. Je regardais tout autour de moi, mais je n'avais pas aperçu la boutique.

Après avoir fait demi-tour, j'avais vu une petite maison. Sur sa façade un symbole représentant un joyaux était mis en évidence. Comment ai-je pu passer à côté ? Sans doute était-ce la fatigue. Depuis mon départ de Lackness, je n'avais ni mangé, ni dormi. Je fus étonné de voir la porte, et les volets fermés. En désespoir de cause, j'avais frappé sur le porte pour qu'il me laisse entrer, après avoir insisté plusieurs fois, la porte s’entrouvrit légèrement, comme si quelqu'un l'avait intentionnellement ouverte.

Sur la palier, je m'étais annoncé, mais aucune réponse. Par curiosité, j'avais avancé vers l'intérieur. Sur le côté gauche, j'aperçu un vieil homme assis sur une chaise, il regardait avec admiration l'un de ses bijoux.

Enfin ! je commençais à désespérer à l'idée de trouver personne...

Bonjour vieil homme, j'espère que vous pourrez m'aider car j'ai fait un long chemin.

L'homme avait fit mine de ne pas m'entendre.. sans doute était-il sourd ?

BONJOUR, EST-CE QUE VOUS M'ENTENDEZ Je n'aime pas crier, mais il ne m'a pas laissé le choix..

Après cela, il décida enfin de se tourner vers moi pour m'adresser ses quelques mots :

Heu, veuillez m'ex..m'excuser, je pense que je m'étais légèrement assoupi. Vous savez à mon âge, on est vite fatigué. Que puis-je faire pour vous aider ?

Je pense que je ne vais pas y aller par 4 chemins, je vais lui présenter la pierre, et lui demander des conseils pour la revente.. un homme avec autant d'expérience aura sans doute un bon filon à me donner..

Le vieillard avait fait semblant de rien.. comme s'il n'avait pas vu l'objet que je lui avais entendu.

Après quelques minutes de silence, il ouvrit enfin ses vieilles lèvres, fatiguées par le temps.

Oui.. oui, je connais quelqu'un qui pourrait être intéressé par la pierre que vous tenez entre vos mains. Allez à Albatra,et vous trouverez un jeune-homme dénommé Henry qui est forgeron, et dites lui que vous venez de la part d'Alfred.

Ils vont tous me rendre dingue.. l'étranger dans le bar me conseille d'aller voir le vieux, et maintenant que j'y suis, je dois me rendre dans une autre ville pour aller chez un forgeron. En quoi est-ce qu'un forgeron pourrait m'aider ?

Je le remerciais à l'aide d'un geste de la tête, et je fis demi tour. Avant de franchir la porte, je pris le soin de regarder à gauche, et à droite avant de la franchir. Sait-on jamais, le porteur est peut-être déjà dans la même ville..

Information lancers de dés : Information hors-RP :@Rehan : en accord, avec Opaline, et si tu es également d'accord, vous pouvez continuer à RP un peu sans moi, histoire que vous puissiez rattraper l'avance du petit Nicolas :p
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Dim 30 Déc - 8:50

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
J'aurais voulu écrire davantage, et avancer un peu plus vite, mais je ne voulais pas prendre trop d'initiatives que j'aurais imposées sur Rehan. Toutefois, si jamais il n'y a pas assez de matière pour rebondir, n'hésitez pas Wink
Information lancers de dés : Rien à signaler sur mes lancers.


L'homme et futur client sortit sa bourse, annonçant cinquante-cinq lieutons en sa possession, et Opaline fronça rapidement le nez avant de faire comme si cela lui importait peu. Elle en avait espéré bien plus mais il s'agissait d'une somme relativement correcte. D'autant plus que si c'était tout ce que l'homme avait sur lui, elle ne pouvait lui en demander davantage.

Elle le laissa la fixer dans les yeux, attendant avec un très fin sourire qu'il baisse bien vite le regard, comme la majorité de ceux qu'elle avait rencontrée, mais il n'en fit rien. Au contraire, il ne semblait pas plus perturbé, ni même effrayé. Elle s'entendit penser qu'enfin, elle venait de rencontrer un être qui éveillait en elle une curiosité longtemps disparue, mais se rappela bien vite que sa situation précaire devait probablement le pousser à braver tous les dangers.

Elle ignorait ce qu'elle ferait dans sa situation, bien qu'il était évident que jamais elle n'aurait fait en sorte d'y être. Des rumeurs circulaient sur le fait que la pierre de vie appelait son porteur lorsqu'ils étaient séparés, mais le Limier Blanc ne s'y était jamais intéressé.
Maintenant qu'elle regardait son client aux abois, qui attendait qu'elle prenne une décision, elle s'interrogea sur sa présence ici. Une disparition ou vol de pierre était un acte très sérieux, et considéré comme prioritaire par ces chiens de Gardes de Saphir ... Pourtant, c'était vers elle qu'il était venu.

-  … Cela fait une quinzaine de jours que je la cherche, l'éloignement se fait moins fort depuis que je suis à Borderoc mais la ville et grande et sans l'aide d'une personne avisée telle que vous je ne la retrouverais pas... Ayez pitié d'un pauvre bougre...

Ses pensées furent interrompues par cette supplique, cette insistance qui la força à abandonner l'idée de lui demander la raison pour laquelle il faisait appel aux services d'une chasseuse de prime, et non aux Lames. Du moins, pour le moment.

Pitié. Elle n'était pas certaine d'en avoir un jour éprouvé pour qui que ce soit, mais quelque chose l'attirait dans cette quête, cette chasse ouverte. Peut-être parce que les jours étaient comptés, ou peut-être parce que son ego lui imposait le challenge, mais il y avait moyen qu'elle y trouve son compte : cinquante-cinq lieutons, et une nouvelle occasion de se montrer plus efficace que les Lames. Ca valait bien une petite fouille dans Borderoc ...

« Vous venez de vous offrir les services d'Opaline Chantrelle, l'ami, conclut-elle en prenant à elle la bourse de cuir, allons vous sauver les miches de la malédiction : je m'en voudrais d'avoir votre mort sur la conscience.»

À ces mots, elle déversa tout le contenu restant de sa chope dans son gosier avant de descendre de son tabouret.

« Passez devant, et guidez-moi, monsieur ... ? » l'invita-t-elle d'un ton interrogateur.
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Sam 5 Jan - 14:26

Malheureux comme la pierre.
-20 Bellune, dans les rues de Borderoc -


Il attendait, silencieux, son regard azuré braqué dans les prunelles rougeoyantes de l'albinos. La tension toujours palpable en lui était en train de monter d'un cran à mesure que les millisecondes s'égrenaient. Le temps fut comme suspendu alors qu'il attendait la réponse de la chasseuse de prime. Les plus cours instants de sa vie qui lui parurent des heures tandis que c'est sa vie même qui dépendait d'Opaline. Puis finalement, elle répondit.

Le ravin que Rehan avait senti se créer sous ses pieds se referma d'un coup et avec lui une profonde inspiration qui oxygéna le jeune homme comme s'il avait retenu sa respiration un long moment.

Posant sa main sur le comptoirs, il inspira de nouveau, cillant, recouvrant ses esprits alors qu'il avait cru sa vie perdue.

La chasseuse termina sa choppe avant de se mettre en brane. Rehan fut sur ses talons dans la seconde qui suivit, plein d'un regain d'énergie, celui de l'espoir,le cœur tambourinant dans sa poitrine.

- Alissair, Azurin Alissair. répondit-il à la question posée

Les us auraient voulu qu'il présente une main pour serrer celle de la chasseuse dans une salutation en bonne et due forme mais l'adrénaline qui venait d’abreuver ses artères lui avait fait occulter ce geste. Sans attendre une seconde de plus, il sorti de l'auberge, non sans oublier de jeter les piécettes dues à l'aubergiste, et emporter la miche de pain et le fromage, une habitude qu'il avait depuis bien longtemps déjà et qu'il fit donc sans réfléchir.

Le soleil descendant de cette fin d'après-midi l'éblouit. Il marqua une pause, la main suspendue au dessus de son regard, le temps que ses yeux s'habituent. Puis il secoua la tête, se pencha pour ranger miche, fromage et bourse encore plein dans son atelier-sac-à-dos puis se retourna pour être sûr qu'Opaline le suivait.

Il s'harnacha puis se mit en route, mue part l'attrait toujours présent de sa pierre qui l'appelait. Lorsqu'il senti la présence d'Opaline à ses côtés, sans même lui laisser l'occasion de parler, c'est lui qui engagea l'échange.

Il lui raconta tout ce qu'il savait, ou qu'il avait pu déduire. Sa course folle à travers le marché au poisson de Lackness, lorsqu'il s'était rendu compte de la disparition de sa pierre, l'appel désespéré et vain aux Lames de Saphir qui ne lui avait que fait perdre son temps, la gentillesse pas même remercié à l'apothicaire qui l'avait aidé... Et puis sa longue marche. Et ses sensations, de plus en plus fortes, de plus en plus difficiles à surmonter.

- Ça fait trois jours maintenant, que les hallucinations ont commencées... Si je ne savais pas déjà quels sont les effets de l'éloignement j'aurais sans doute déjà perdu la tête... Cette impression si réelle d'être un brasier vivant...

Il passa sous silence son humeur exécrable et ses émotions versatiles. Pour l'instant rien n'était plus ort que ce qu'il vivait d'ordinaire, à cause de sa maladie. Mais il était bien conscient que s'il ne retrouvaient pas rapidement sa pierre ses symt^mes ne feraient qu'empirer. Outre sa mort pas combustion spontanée dans une quinzaine de jours...

Raffermissant la prise de ses mains sur ses bretelles, il senti tout son corps se contracter tandis qu'il marchait, inexorablement, inéluctablement, vers sa pierre qui était cachée quelque part. Si loin et à la fois si proche de lui...

La chasseuse était son dernier espoir.
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Hors Jeu : aucun problème Nico =)
Et t'en fais pas Opaline, je comprend bien que tu n'ai pas pu faire plus ! J'espère que ma propre réponse te conviendra ^^
Par contre du coup, si Nicolas va en Marvier ça va nous obliger à ouvrir un nouveau sujet. Il faudrait se débrouiller à l'intercepter avant...!!!
[b][b]
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Dim 13 Jan - 14:41

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
Conformément à ce que Nico' m'a dit (les privilèges de vivre sous le même toit Very Happy ), je réponds en passant son tour, et ce, afin que le filou ne prenne pas trop d'avance.
J'espère que la grivoiserie est légère et respecte les règles du forum ^^' Si un staffeux passe par là, faites signe si j'dois éditer Wink
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Opaline s'amusa de l'ambiance de la taverne qui retomba soudainement, tel un souffle nouveau que venaient d'inspirer tous les autres clients, bien heureux de la voir quitter l'établissement. Elle ne se lasserait jamais de cette impression qu'elle laissait aux gens : sa réputation ne s'en portait que mieux.

Elle marcha d'un pas décidé, sur les talons d'Azurin, attendant patiemment cependant qu'il replie ses affaires avant de se mettre en route.
Tandis qu'ils marchaient, le pauvre bougre - aimait-elle intérieurement à le surnommer - lui narra ses péripéties, apportant quelques précisions qu'il semblait juger nécessaire qu'Opaline connaisse. Sans dire mot, elle établit de nombreuses hypothèses compte tenu de la manière dont ce « vol », si tant était que nous étions face à ce genre d'événement, s'était déroulé. La première qui lui était venue en tête, elle l'avait écartée aussitôt : innocemment, quelqu'un aurait pu la trouver choir au sol, la ramasser et l'apporter à toute forme d'autorité, mais à moins que l'individu ne soit réellement stupide que pour faire le trajet Lackness-Borderoc pour la remettre à des Lames alors même que ce corps d'arme était également présent en Creux-Lac, c'était tout à fait exclu.
Il avait bien raison de considérer ceci comme du vol, car c'était la seule explication logique. Le pourquoi était un autre débat.

Songeuse, l'albinos fut brutalement tirée de ses réflexions quand Azurin en était arrivé au passage où les Lames de Saphir qu'il avait rencontrée n'avaient pu lui être d'une aide quelconque. Son réflexe premier avait été de contracter ses mâchoires au point d'en faire crisser ses dents nacrées à la seule mention de ces soldats en tenue bleue. Du temps s'était écoulé sous les ponts, et pourtant, sa rancune contre eux était tenace. Le premier coup passé, ses lèvres s'étirèrent en un sourire voilé. Il ne lui étonnait guère étonnant que ces chiens de garde de bas étage se soient révélés extrêmement inutiles. C'était ce qui arrivait lorsqu'on laissait n'importe qui entrer au sein même de l'organisation pour un motif aussi banal que la santé. Comme si l'albinisme était contagieux ... Tschh.

Opaline secoua ses longs cheveux discrètement comme pour effacer de sa mémoire ces événements qui la blessaient encore malgré toutes ces années, et revenir à l'essentiel. L'homme lui énonçait ses visions, et ses sensations fiévreuses issues de cette séparation brutale. Fort heureusement pour elle, elle n'avait jamais été dans cette situation, et probablement ne le serait-elle jamais, devait-elle pour cela en prier chaque jour Naâme.

Oui, le vol. Qui pouvait bien être motivé par le larcin d'une pierre de vie ? Azurin ne lui avait pas parlé d'une demande de rançon, l'argent n'était donc pas la raison de ce chapardage.

« Auriez-vous des ennemis, des personnes de votre entourage susceptibles de vous en vouloir suffisamment pour vous mettre dans une telle position ? » lui demanda-t-elle très sérieusement.

L'albinos s'arrêta net, levant une main vers Azurin, forçant le pauvre bougre au silence sans écouter sa réponse. Ils venaient tous deux de passer devant l'orfèvre le plus réputé de Borderoc, et cela lui avait donné une idée.

« Si l'argent n'est pas le mobile, et ni le meurtre - vous seriez déjà mort sans cela, et soyons réalistes, il y a des méthodes bien plus efficaces que de vous séparer de votre pierre -, il est fort probable que ce soit l'appât du gain qui ait stimulé notre voleur ... Pourquoi faire toute cette route si ce n'est pour revendre au plus offrant une jolie caillasse similaire au rubis ? », mentionna-t-elle davantage à elle-même en guise de réflexion que réellement pour converser avec son client.

Sans attendre ni frapper à la porte, elle poussa la porte de l'établissement. Les lumières étaient tamisées alors même qu'il faisait jour. Opaline traversa la pièce d'un pas franc et assuré, ses bottes claquant sur le bois du parquet. Le comptoir commerçant trônait devant elle, et elle fut intriguée de n'y voir personne derrière.

« Varian ? Où te caches-tu, gros sac de gras ? », appela-t-elle durement en regardant partout où l'orfèvre pouvait se cacher.

Ses longs doigts blancs martelèrent le comptoir d'impatience, avant que ses oreilles ne captent quelques bruissements provenant de l'arrière-boutique. Laissant son client derrière elle, elle contourna la large table et, sans gêne aucune, passa le pan de toile qui séparait la boutique de la pièce dans laquelle elle venait de pénétrer. De petite superficie, les volets clôs, il y avait tout le matériel nécessaire à l'habitat de tout à chacun : une table ronde deux places avec tout autant de chaises, un guéridon où un bassin d'eau était posé, un coin cuisine rapidement aménagé et un grand lit où une forme massive s'agitait furieusement. Brusquement, le drap se souleva et enveloppa un homme d'une très forte carrure, dont le visage rouge et suintant de transpiration était tourné vers elle, les yeux ébahis de surprise.
Il fallut quelques instants à l'albinos pour remarquer la présence d'une noble dame sous lui, le visage tout aussi embarrassé, tâchant de cacher sa peau qui était à vue.

« Par Naâme, Opaline !! », tonna l'orfèvre, « N'as-tu donc aucun respect ? Je suis occupé, là ! Fiche-le camp de ma piaule ! »

Il fallut encore un long moment - un lancer de chaussures -  pour que la chasseuse de prime réalise de la situation. Occupé ? Occupé à quoi ? Ne comprenant pas, elle regarda successivement Varian, l'orfèvre, et la demoiselle sous lui, à plusieurs reprises avant de saisir ce qui se tramait sous ses yeux. Le feu lui monta aux joues, tandis qu'elle détourna le regard.

« Oh ! Oh ... Oh, je ... très bien ! Oui, non, évidemment, terminez donc ce que vous faites, je .... je passe à côté », bafouilla-t-elle en pointant la boutique d'un index maladroit, avant de tourner les talons en quatrième vitesse.

Opaline rejoignit Azurin, que l'orfèvre grommelait encore de mauvaise humeur. Morte de honte, la vornoise s'élança dans la contemplation du plafond, se tortillant dans tous les sens.
Lorsque Varian apparut à son tour, il remontait un froc jusqu'à la taille qu'il resserrait vivement à l'aide d'une large ceinture.

« Ton albinisme t'empêche de voir que j'étais fermé ? Peux même plus profiter d'une plaisante compagnie, maintenant ? », lança-t-il avec mauvaise humeur. « Bon, qu'est-ce que tu veux ? »

La chasseuse de prime reprit calme et assurance, préférant laisser cet épisode embarrassant de côté, et s'avança vers lui en déposant une bourse de cuir qu'elle extirpa de sa poche comme s'il avait toujours été prêt.

« Des informations, quoi d'autre ? », répondit-elle, sérieusement. « 10 lieutons pour me renseigner. »

L'orfèvre Varian était d'une réputation plutôt célèbre dans Borderoc : faute de forgerons disponibles les jours d'affluence, il lui arrivait souvent de prendre de petits travaux. A force d'allées et venues, il s'était fait un nom qui n'était pas toujours entendu des personnes les plus honnêtes qui soient. En fait, Opaline avait déjà eu recours à ses services d'informations : il entendait bien des rumeurs à droite et à gauche, et de nombreux gens du voyage tentaient de lui revendre quelques objets et bijoux volés, à l'occasion. Elle ne l'avait jamais dénoncé, et ne le ferait pas, tant qu'elle pouvait compter sur ses informations les plus importantes.

Elle lui demanda tout net si on n'avait pas tenté de lui refourguer une pierre de vie, et l'orfèvre en écarquilla les yeux de surprise.

« Une pierre de vie, hein ? Non, non pas vraiment. Rien d'inhabituel ces temps-ci. Et de toutes façons, tu me crois assez stupide que pour faire passer le mot que c'est le genre de marchandise que je recherche ? Je ne tiens pas à attirer l'attention des Lames de Saphir plus que de raisons ... Je ne crois pas que quelqu'un ait pu racheter une pierre de vie, qu'est-ce que tu veux qu'on en fasse, nous, les artisans ? »

Opaline passa sa langue sur ses dents, courroucée par cette piste qui ne menait nulle part. D'un hochement de tête, elle gratifia l'orfèvre pour sa réponse et regarda Azurin dans le bleu de ses yeux.
Il lui peinait à le dire, mais malheureusement, il leur faudrait encore, pour l'instant, suivre les sensations et les appels de la pierre pour espérer la retrouver dans les temps. Aussi mal que ce constat pouvait lui infliger, il lui fallait être patiente et surtout, cacher l'immense frustration que ses capacités de traque ne paraissaient pas très utiles pour l'instant ...
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Lun 14 Jan - 18:02

Malheureux comme la pierre.
-20 Bellune, dans les rues de Borderoc -


Il allait répondre à Opaline, une lumière s'étant soudainement éclairée dans son cerveau à la question posée mais il n'en eut guère le temps. La jeune femme venait de s'arrêter net et avait semble-t-il eu une idée puisqu'elle intima Rehan au silence bien qu'elle lui eut demandé un renseignement que le cordonnier jugea pourtant de forte importance...

Après tout, n'était-il pas en fuite perpétuelle et ce depuis trois ans à cause d'une personne qui pourrait, très justement, être intéressée par sa pierre de vie... ?

Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?! se fustigea-t-il intérieurement tout en écoutant parler la donzelle

La chasseuse soulevait cependant un point important et, si réellement sa pierre avait été subtilisée par le masque maâliste qu'il supposait être à ses trousses depuis toutes ces années, il serait sans doute déjà mort, léché par les flemmes des Terres Ardentes depuis un moment... Ou était-ce pour l'attirer en Marvier... ? Mais ils étaient à Borderoc, pourquoi faire un tel détour alors que le passage entre la chaînes des Alles et celle de la Fourche était bien plus facile d’accès que le périple qu'il avait du endurer à travers le col dangereux de la montagne qui signe la frontière entre le Gavorn et le Creux-Lac d'où il arrivait... ?

Remettant son questionnement interne à plus tard, il suivit Opaline dont l'hypothèse était franchement plus plausible que la sienne... Il entrèrent donc dans la boutique d'un orfèvre que Rehan n'avait pas remarquée mais qui avait suscité le vif intérêt, et la tirade, de la chasseuse de prime.

Regardant autour de lui il fut surpris de trouver l'établissement vide alors que la porte n'était pas close. Opaline montra assez rapidement un agacement aussi le jeune cordonnier se tînt-il assez loin de peur que les foudres grandissantes ne s'abattent sur sa pauvre carcasse... L'instant d'après elle avait disparu derrière la porte attenante au comptoir sans que Rehan n'ai pu dire un mot. S'approchant légèrement il entendit alors une bribe de conversation, et vit une chaussure voler devant son regard surpris, avant que la jeune femme ne réapparaisse, rouge comme une pivoine et l'air gêné d'une personne ayant vu quelque chose qu'elle n'aurait pas du...

Gardant ses distances, et comprenant qu'il fallait attendre, il en profita pour décharger son lourd sac-à-dos-atelier de ses épaules endolories, le posant dans un coin de la boutique. Le propriétaire de la dite boutique fit assez vite son apparition, et au vu de son action de réaccoutrement, Rehan devina aisément ce qu'Opaline avait interrompu.

Ne pouvant empêcher un fin et grave rire franchir ses lèvres, il monta sa main à sa bouche histoire de le contenir un minimum... Mais la chasseuse avait déjà repris contenance et son assurance que Rehan soupçonnait d'être sa marque de fabrique.

Je dois être une des très rares personnes la connaissant à l'avoir vu dans un moment de pareille honte... pensa-t-il, de nouveau amusé, son sourire ne s'effaçant pas, à son plus grand bonheur lui qui vivait une torture indescriptible depuis plusieurs jours

Il était vraiment agréable de rire pour si peu en de telles circonstances...

Pourtant la dite assurance sembla retomber comme un soufflet alors que la réponse de l'artisan n'était pas du tout satisfaisante... Répondant sans sourciller au regard rougeoyant d'Opaline, il la fixa de même quelques instants avant de regarder l'orfèvre et s'en approcher.

- Quelle serait la valeur d'une pierre de vie brisée ? Je veux dire, en son état d'activité une pierre de simple éveillé est rouge rubis, quelle pourrait être sa valeur si elle s'était « éteinte » ? Serait-elle aussi précieuse qu'un diamant, par exemple... ? interrogea-t-il avec tout son savoir d'ex-prétendant à une carrière de théologien
- De diamant...? répondit Varian de sa voix bourrue tout en arquant un sourcil Pas que je sache mais... C'est une hypothèse à vérifier oui. Je n'ai jamais eu à travailler de brisure de pierre, ou alors on ne me les a pas présentées comme tel mais, c'est une possibilité oui.

Jetant un regard à Opaline, il senti qu'ils étaient tout de même sur une piste.

- Connaîtriez-vous une personne, peut-être un collègue susceptible d'être attiré par ce genre de marchandise... ? demanda-t-il d'un ton plutôt assuré

Fixant d'un regard torve le jeune cordonnier, l'orfèvre paraissait offusqué de la question.

- Je ne suis pas un trafiquant moi, monsieur ! Je ne fais pas dans l'illégal... ! assena-t-il, bombant le torse Mais il est vrai que ma réputation me précède et que, régulièrement, j'ai des offres particulières... Mais sachez que je ne les accepte jamais... ! il avait pris l'ai offusqué d'un gamin pris la main dans le sac, Rehan n'en était pas dupe Cependant, comme vous l'avez si bien fait remarquer, mon bon monsieur, j'ai peut-être un contact susceptible de vous intéresser... Elle se nomme Asha Xaros, son réseau s'étend dans tout le royaume, ses compétences concerne exclusivement la pierrerie. J'ai parfois affaire à elle quand j'ai besoin d'une expertise particulière... Elle est jeune mais très impliquée ! Si il y a quelque part à Borderoc un type qui s'amuse à revendre des pierres de vie, elle le saura...

L'oreille picotant d'attention, Rehan rehaussa son bandeau de cuir sur son crâne et frissonna alors qu'une nouvelle hallucination était en train de s'emparer de lui. Fermant les yeux quelques instant, croisant fermement ses bras autour de son torse dans une attitude de réassurance il entendit l'orfèvre donner l'adresse de la dite Asha Xaros.

Naâme, Kamaâl, dieux tous puissants je vous en pris, cessez de jouer avec moi... Je ne sais quelle leçon vous voulez me faire comprendre mais j'estime avoir assez souffert de vos démiurgiques jeux... implora-t-il, la corps transit de flammes

Peut-être que ses vis-à-vis se demandèrent ce qu'il lui arrivait mais lorsqu'il repris totalement conscience, plusieurs minutes après, il fit comme si de rien n'était.

- Merci pour ces précieux renseignements, monsieur Varian. dit-il tout en se penchant pour récupérer son sac-à-dos-atelier Je vous souhaite une bonne fin de journée et, à l'avenir, si vous êtes occupé, pensez à fermez votre boutique à clef...

Et sur ces bonnes paroles il sorti de la boutique, sans demander son reste. Avançant un peu sur la ruelle pavée, il leva le nez vers le doux soleil printanier et ferma les yeux, profitant d'un cours instant de vie en attendant Opaline.
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L'orfèvre a été contraint de donner le nom d'une autre joaillière que celui qu'est allé voir @Nicolas Fouroi, à mon grand désespoir...
Du coup j'en profite pour faire la pub à ma petite Asha,toujours dispo à "la vente" xD
cf perso prédef ^w^
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Jeu 17 Jan - 14:18

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
Le fait qu'Opaline pense que tu as répondu à la question est tout à fait normal Very Happy Je n'ai pas zappé que Azurin n'a juste pas eu le temps de répondre Wink
Information lancers de dés : Lancer de dé de hasard effectué : Opaline connait donc Asha Xaros.


Azurin intervint en soumettant l'hypothèse que peut-être le voleur aurait été plus intéressé par l'aspect diamantaire de la pierre de vie pour la revendre. Opaline soutint son regard, et hocha de la tête mais en son for intérieur, elle n'y croyait pas. De par son expérience, les voleurs n'étaient jamais aussi courageux pour condamner une âme à l'Éternel Brasier pour se faire davantage de lieutons. Non, aucun voleur n'a les tripes d'un meurtrier. Pourtant, vu la lueur à la fois de terreur couplée d'espoir dans les yeux de son client lorsqu'il eut posé la question, nul doute  que le jeune homme lui cachait un élément important de son histoire : il n'avait pas la conscience assez tranquille pour ça.

Opaline laissa échapper un soupir amusé et ironique lorsque Varian s'annonçait comme « honnête », « pas un trafiquant » et « ne faisant pas dans l'illégal ».

« A d'autres ... » , murmura-t-elle à son attention tout en lui adressant un regard plein de sous-entendus faisant rappeler à l'homme leur entente. Des informations, ou elle le dénonçait.

Il se mit aussitôt à chanter, bien que dans le fond, et elle le savait, il n'en avait pas besoin, les louanges d'une collègue qui pourrait les renseigner mieux que lui. Cette information n'était pas tombée dans les oreilles d'une sourde : Asha Xaros, un nom qui était loin de lui être étranger à lui en faire grincer des dents.

Opaline jaugea Azurin un instant, parcouru de spasmes et le corps chancelant. Il était véritablement temps de se mettre en route et de retrouver cette pierre : il n'y avait plus une seule seconde à perdre.
Elle s'attarda quelques instants, estomaquée par la brutalité avec laquelle son client lui rappelait cette mésaventure. Tournant le dos à son informateur orfèvre, il ne lui fallut pas être pourvue d'yeux dans le dos pour sentir tout le poids du regard désapprobateur de Varian sur elle.

« Sans commentaires ... », hachura-t-elle avec sévérité en empruntant la sortie pour rejoindre son client dans la rue pavée.

Sans attendre, Opaline prit le chemin de l'ouest, même si elle était en pleine lutte intérieure. Se rendre chez Asha lui mettait du plomb dans les pieds, mais elle ne pouvait décemment plus perdre de temps si elle voulait mener à bien sa mission.
Revoir cette petite prétentieuse ne la remplissait pas de joie, et elle se serait grandement passée de cette visite, mais elle n'avait guère le choix. Ils n'avaient pas d'autres pistes.

Tout en s'assurant que Azurin lui emboite le pas à bonne allure, elle songea à nouveau à sa curieuse question concernant la valeur de sa pierre de vie, une fois brisée. Curieuse pensée qu'est celle du bougre désemparé. Nombre de néophytes en la matière songerait qu'il est défaitiste, ou accepte de marcher doucement vers Kamaâl, mais là encore, Opaline leur rirait au nez. S'il était bien une personne plus obstinée à l'idée de vivre, c'était son client où l'angoisse avait pris ses quartiers dans les tréfonds de ses yeux azurés.

Après avoir tourné quelques fois et changé de quartier, la chasseuse de prime s'arrêta devant une grande porte magnifiquement ouvragée, la boutique des Xaros. Ils étaient arrivés.

« Pourquoi partir du principe que ce voleur chercherait à revendre votre pierre une fois brisée ? », lança-t-elle sans préambule, aucun. « Avant d'entrer et d'espérer obtenir des réponses ou une piste tangible, je me dois de vous poser la question. Me cacheriez-vous quelque chose ? J'ai trouvé votre question très curieuse pour quelqu'un qui dit n'avoir aucun ennemi. A moins que vous connaissez précisément qui vous a détroussé de votre bien ... Auquel cas, que faisons-nous ici ? »
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Dim 20 Jan - 14:39

Malheureux comme la pierre.
-20 Bellune, dans les rues de Borderoc -


La chasseuse passa devant lui et se mit à marcher à vive allure. Sans un mot Rehan lui emboîta le pas, pressé d'arriver chez cette Asha Xaros, mettant tous ses maigres espoirs dans cette rencontre.

Ils traversèrent Borderoc presque entièrement, passant des bas-fonds putrides aux beaux quartiers opulents. Rehan qui n'avait encore jamais réellement visité Borderoc – il y avait fait une rapide escale pendant son périple vers le Creux-Lac il y a trois ans de cela – fut très attentif à ce qui l'entourait. La ville avait beau être une capitale, à l'instar d'Albatra, elle était très différente de ce qu'il avait connu de la métropole royale. L'architecture – déjà – mais aussi ses habitants et les types de commerces. Ils avaient dut passer devant une dizaine de prêteur sur gage, le genre de boutique quasi inexistante à Albatra...

Finalement, Opaline s'arrêta devant un bâtiment à la façade très ouvragée qui fit comprendre à Rehan qu'ils étaient arrivés, même sans avoir lut l'enseigne « Xaros et fille – joaillerie de qualité ». Mais au lieu d'entrer tout de suite, la chasseuse se tourna vers lui.

- Je n'ai jamais dit que je n'avais aucun ennemis, vous ne m'avez même pas laissé le temps de répondre. commença-t-il, le sourcil arqué, ses grands yeux plantés dans les prunelles rougeoyantes Je ne vous cache rien, si ce n'est que je n'ai pas eu l'occasion de vous dire qu'il possible que je sois – potentiellement –  traqué par des Masques Maâlistes, ce qui explique pourquoi je pense que ma pierre pourrait être brisée. Mais d'un autre côté, je me dis que si c'était vraiment ces personnes qui ont ma pierre, je serais déjà mort... Donc je ne sais pas trop si c'est une piste à suivre. La revente de ma pierre – comme vous l'entendez – et plus plausible.

Il préféra ne pas entrer dans les détails. Il fallait dire qu'Opaline était la toute première personne à qui il en parlait... Il l'avait d'ailleurs exprimé d'une manière étrangement fluide, sans émotion aucune. A croire que l'angoisse de l'éloignement surpassait tout autre sentiment. D'un autre côté, s'ils ne retrouvaient pas sa pierre, il allait mourir, alors à quoi bon taire ce « secret » ? Même s'il ne pensait pas que c'était une piste solide.

Sans attendre la réponse de la chasseuse il pénétra dans la boutique, ils avaient assez perdu de temps comme ça.

Derrière le comptoir se trouvait un homme. Rehan s'arrêta net, pris de court alors qu'il pensait directement tomber sur Asha Xaros.

- Bonjour jeune homme, que puis-je pour vous? demanda l'homme
- Heu, oui, bonjour... commença le cordonnier, reprenant contenance Je cherche Asha Xaros, on m'a dit qu'elle serait ici.
- Ah oui, c'est ma fille ! Mais elle est occupé pour le moment, puis-je lui laisser un message?

Déglutition difficile, et sueur froides coulant soudainement dans son dos, Rehan senti une monté d'adrénaline lui traverser le corps et ses affres le submerger totalement.

- S-s'il vous plaît, c'est extrêmement urgent, c-'est à propos d'une pierre de vie... M-ma pierre de vie, je me la suis faite voler, j'ai grandement besoin du concours de votre fille, je vous en conjure, faite la venir...! se mit-il à supplier, la voix basse comme un murmure rauque emprunt de toute sa souffrance
- … Je vais voir ce que je peux faire... répondit l'homme après un temps d'observation, jugeant son vis-à-vis avant de tourner les talons et de disparaître dans l'arrière boutique

Il n'en fallut pas plus pour Rehan dont les membres cédèrent sous son poids. Accroupi devant le comptoir il se défit de son sac-à-dos-atelier et se tourna de manière à appuyer son dos contre le bois. Un profond soupire franchit ses lèvres tandis qu'il fermait les yeux, ramenant ses jambes contre son torse, les entourant de ses bras avant de poser son visage contre ses genoux. Une nouvelle hallucination s'empara alors de lui.

***

- C'est bon j'ai compris papa ! Mais tu conviendra que j'ai bien mieux à faire que de m'occuper d'un péquenot qui s'est fait dérober sa pierre ! la voix était celle d'une jeune femme qui apparu par la porte de l'arrière boutique, suivie de près par son père C'est bien parce que tu me le demande papa...!

L'homme semblait s'être rapetissé, écrasé par l'aura de sa fille. La dite fille tourna enfin son visage vers l'intérieur de la boutique et son regard noir croisa celui d'Opaline. Un sourire goguenard se peint alors sur ses lèvres.

- Tiens tiens tiens, qui voilà... La renommée Opaline Chantrelle, cela faisait longtemps que nos routes ne s'étaient pas croisées...

Tout en parlant elle avait fait le tour du comptoir, voulant s'approcher de l'albinos. Se fut sans compter sur l'harnachement de Rehan posé à même le sol, qui lui procura une cuisant douleur au petit orteil droit.

- Bon sang! s'exclama-t-elle, relevant son genoux contre elle, sautillant sur une jambe, massant son orteil

Ses yeux se posèrent alors que le jeune cordonnier toujours recroquevillé contre le bois. La douleur disparue aussi vite qu'elle était arrivée et elle se pencha sur l'homme.

***

Lorsqu'il releva la tête, quelques minutes plus tard, c'est un visage féminin à la peau brune, bien loin de la blancheur opalescente de la chasseuse de prime, qui lui fit face. Cillant, il comprit qu'il était face à Asha Xaros.

Son corps s'anima d'un coup et il se leva d'un bond, manquant de faire tomber la jeune femme qui fit un pas en arrière.

- Vous avez l'air d'un sacré malappris...! fit-elle tout de go
- Heu, b-bonjour ! J-je suis Azurin Alissair, je...mais il ne put finir sa phrase
- C'est bon, très de bavardage, le coupa Asha qui se tourna vers la chasseuse explique moi de quoi il en retourne exactement Chantrelle, je n'ai pas de temps à perdre avec de telles inepties...!

Toujours derrière le comptoir, le père de la jeune femme tourna un regard compatissant vers Rehan tout en faisant un geste d'impuissance avec ses mains.
Codage par Libella sur Graphiorum
Hors Jeu : le temps de latence entre le départ du père et son retour avec Asha est à ton bon entendement...! Rehan étant en pleine hallucination, si Opaline lui adresse la parole elle n'obtiendra aucune réponse.
Asha Xaros
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Dim 20 Jan - 22:19

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
Navrée de la qualité du texte : j'avance très peu, et je réécris les scènes, mais n'hésite pas à me dire si Azurin - ou Asha, en fait, a besoin de plus de matière !
Information lancers de dés : Aucune


Alors qu'Azurin, étonné, lui répondait honnêtement, Opaline ouvrit la bouche comme pour répondre, sûre d'elle, avant de brutalement la refermer, hébétée. Maintenant qu'il le mentionnait, il avait raison : elle avait soumis sa théorie du potentiel ennemi, responsable du vol, et ... était rentrée chez Varian sans lui avoir laissé la moindre chance de s'exprimer.

Le pauvre bougre à la mine fatiguée n'attendit pas un moment de plus et pénétra à l'intérieur de la maison des Xaros. Elle lui était reconnaissante de ne pas lui donner l'occasion d'admettre son erreur. De même, elle n'eut pas à réagir concernant sa confession sur les individus qui étaient à ses trousses, même si en réalité, la vie privée et les antécédents de ses clients ne lui importaient guère : du moment qu'elle était payée.

Haussant presque les épaules, elle le suivit et entra.
Derrière le comptoir, Xaros-père accueillit Azurin qui exposa rapidement l'urgence de son affaire, ce qui eut don d'agacer le Limier Blanc : d'ordinaire, elle était la première à prendre les choses en main. Au plus son entreprise avançait, au moins elle contrôlait les choses, et elle détestait ça.

Lorsque l'ancien annonça l'absence de sa fille, les muscles de la mâchoire d'Opaline put se détendre. Cela remontait à un moment la dernière fois où les deux jeunes femmes ne s'étaient plus rencontrées, et ce n'était pas pour déplaire à la vornoise.
Tout à coup, alors que Xaros-père s'en allait faire son possible pour les mettre en relation avec Asha, Azurin s'écroula au sol, pris d'étranges symptômes fiévreux.

Cruelle, mystique, menteuse, manipulatrice, opportuniste, avare. Autant de qualificatifs qu'on avait attribué à Opaline, mais personne ne l'aurait cru aussi maternelle tandis qu'elle laissa parler son corps pour elle. Posant un genou au sol près d'Azurin, elle le jaugea d'un oeil à la fois intrigué et curieux, presque enfantin. Une de ses mains blanches et froide se tendit devant elle te alla rencontrer la peau de la nuque de son client. Elle pouvait presque sentir son sang palpiter et bouillonner. Il ne lui fallait pas être génie pour comprendre que le fardeau de la séparation d'avec sa pierre de vie devenait de plus en plus lourd et pénible à supporter.

A le voir ainsi aussi tourmenté, la chasseuse de prime pesta intérieurement contre elle-même, mais davantage encore contre les gardes de Saphir que son client avait rencontrés. Si seulement nous avions plus de temps et de moyens ..., songea-t-elle.
Dans la position qui était la sienne, son pendentif bleuté, jusqu'ici caché par son haut, se dégagea et pendit dans le vide, seulement rattaché par une fine chainette en argent à son cou. Elle n'aimait pas beaucoup user de sa transcendance pour arriver à ses fins, mais sans doute devrait-elle en faire usage avant la fin ...

Une voix qu'elle ne connaissait que trop bien vint vriller à ses oreilles et la ramena brutalement à la réalité de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Se redressant sur ses jambes, elle découvrit la jeune femme à qui appartenait cet organe. Asha Xaros. Opaline et elle , à bien des égards, se remarquaient par leur différence. L'une avait la peau si halée, et l'autre si blanche, la première portait les cheveux si sombres, que la seconde les avait si lumineux. La chasseuse de prime avait toujours vu chez Asha les côtés les plus horripilants de sa propre personne, et probablement était-ce pour cette raison qu'elle ne l'avait jamais aimée. En d'autres circonstances, peut-être auraient-elles été amies.

Asha la toisa de tout son long, tandis que la chasseuse de prime, pas du tout impressionnée, laissa faire de bonne grâce sans sourciller. Une légère tension commençait à devenir palpable ... avant que la jeune joaillière ne se cogne et perde toute crédibilité, réveillant presque Azurin qui se redressa aussi agilement qu'un makicore.

Déjà irritée par la douleur de son pied, la faiblesse du ton de voix d'Azurin, et celle de ses mots la mit définitivement de mauvaise humeur, Opaline pouvait aisément le voir sur son visage, et, lorsqu'elle la somma de résumer la raison de leur venue, elle se pinça les lèvres.
Il y avait bien des choses qui ne changeaient pas ...

« Je pense que ton père a très bien résumé notre situation déjà », trancha-t-elle aussi sec, espérant secrètement la remettre à sa place, même si, elle le savait, elle était loin du compte. « Le péquenot comme tu le dis si bien, s'est offert mes services pour lui retrouver sa pierre de vie. Je me doute que ça n'éveille en toi aucune compassion alors je serai brève. Même si cela me coute de l'avouer, ton réseau est bien plus étendu que le mien, et je te serai ... », elle se racla bruyamment la gorge avant de reprendre, « ...redevable si tu avais entendu quelque chose à ce sujet. Un commerçant trop juste financièrement qui aurait accepté de revendre ce genre de pierre, un prêteur sur gage, un orfèvre mal-intentionné. N'importe quoi. »

Opaline connaissait suffisamment Asha pour savoir que sa supplique, même si elle était capable de reconnaitre que ce n'était pas dans ses habitudes de s'abaisser à cela, n'allait avoir aucune emprise sur elle. Très certainement devrait-elle jouer de ruse pour ne pas avoir à payer ce « temps perdu en inepties ».
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Mar 22 Jan - 18:54

Malheureux comme la pierre.
-20 Bellune, dans les rues de Borderoc -


Son regard bleu fiché avec un ahurissement non feint sur la fille Xaros, il resta coi et bouche bée un long moment. Ses yeux allant d'une fille à l'autre, il les écoutait sans piper mot.

Le sourire goguenard état revenu sur les lèvres d'Asha tandis qu'elle plantait fermement ses pieds dans le sol, ses hanches chaloupées, ses longues mains fines posées de dessus, comme une maîtresse toisant sa maison.

- Voyez-vous ça, Chantrelle qui supplie... commença-t-elle  Ne me dis pas que c'est faux, pour que tu me dise que tu m'en serais redevable, c'est que tu es dans une impasse... son sourire s’élargit Je n'aurais jamais pensé qu'un jour, le Limier Banc me soit redevable de quoi que se soit... elle s'avança un peu plus vers l'albinos, la fixant droit dans les yeux Mais, je dois avouer que l'idée me plaît... C'est toujours une bonne chose qu'une personne dans ton genre doive une faveur à quelqu'un... Moi en l'occurence. elle remit une mèche rebelle dans sa coiffure tirée à quatre épingles, dans les deux sens du terme, avant de faire volte face

Chassant son père d'un geste de la main – le vieil homme n'afficha même pas un air courroucé, même en croisant le regard encore plus ahurit de Rehan qui s'offusquait clairement de la manière dont sa fille s'adressait à lui – elle prit place derrière le comptoir et plaqua ses mains sur le bois vernis. Son regard d'ébène plongea de nouveau dans celui de rubis.

- Cette bonne nouvelle me met d'humeur magnanime... Puisque tu me sera redevable, de n'importe quoi, nous sommes bien d'accord, je suis disposée à te faire fi des trente lieutons que je demande pour ce genre d'information...

A côté d'elle – mais de l'autre côté du comptoir – Rehan cru que sa mâchoire allait se déboîter. « TRENTE lieutons pour quelques noms... ?! » pensa-t-il, outré d'une si grande somme, ne réalisant pas qu'Asha qui nageait déjà dans l’opulence avait un certain standing et donc, des prix élevés pour ce type de renseignement.

Son sourire suffisant sur le visage, Asha se tue. Ne lâchant pas Opaline du regard, Rehan fit de nouveau aller le sien de l'une à l'autre. A ne pas en douter, et il y mettrait sa main au feu, la joaillière attendait de voir quel effet ses paroles allait produire sur la chasseuse de prime avant d'enfin cracher le morceau.
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Hors Jeu : court mais je l'espère efficace ! N'hésite vraiment pas à jouer Asha !
Asha Xaros
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MessageSujet: Re: [20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre   Ven 25 Jan - 23:52

Borderoc - La Pie Ecarlate - 20 Bellune 1100 Information hors-RP :
@Nicolas : Je pense que le moment est venu de te serrer, l'ami !
@Azurin : Libre à toi d'estimer le temps que cette projection astrale a pris Wink

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Serrant poings et dents, le Limier Blanc n'appréciait guère le ton suffisant, presque jouissif, que prenait Asha, et s'il n'y avait été question que de son ego, probablement aurait-elle répliqué quelque chose. Sans doute cinglant, et menaçant. Inspirant lentement pour faire descendre la douce colère qui lui montait en nez, elle laissait à son interlocutrice cet instant de jubilation car, dans tous les cas, rien ne l'obligeait à tenir parole plus tard ...

« Que de bonté en toi ... », tenta-t-elle de faire transparaitre sans trop de sarcasme. « Nous sommes surtout d'accords que je te serai redevable uniquement si ce que tu vas me révéler m'est utile. Et donc ? », ajouta-t-elle sans attendre en soutenant le regard d'Asha.

- Allons Chantrelle, tu me connais : mes informations sont toujours utiles, penser le contraire m'insulterait.

« Et loin de moi cette idée, évidemment ... », railla-t-elle une nouvelle fois, un rictus déformant à peine les commissures de ses lèvres. Opaline jeta un regard à Azurin, à la fois pour s'assurer qu'il était toujours là, mais aussi, pour veiller à ce qu'il tienne toujours debout et que la fièvre ne l'ait pas encore emporté. « Presse-toi, veux-tu ? Je doute que mon client tienne le temps d'une nouvelle joute verbale ... »

- Très bien, très bien ! Moi qui aurait voulu encore profiter de ta faiblesse un moment ... Soit. J'imagine que je peux abréger tes souffrances.

Opaline siffla quasi imperceptiblement entre ses dents avant de lever les yeux au ciel, sous le regard attentif d'un Azurin transpirant. Il ne restait plus qu'à espérer que le voleur était encore dans les parages de Borderoc car plus elle constatait de son état qui se détériorait à chaque heure, plus il lui devenait évident qu'elle ne pourrait échapper à l'utilisation de sa propre pierre pour le sauver ...

Asha extirpa un carnet de sous sa veste de cuir, de petite taille, davantage un calepin en réalité, à la couverture veloutée et de couleur sombre. Elle l'ouvrit méticuleusement, comme un coffre à trésor piégé et prit son temps à en feuilleter les pages. Cette lenteur associée était  à coup sûr une nouvelle façon d'irriter la chasseuse de prime qui, pourtant, pris sur elle-même et demeura stoïque et patiente, priant intérieurement que ce petit jeu immature allait mener quelque part, et leur fournir une piste solide.

- Quelle idée de se faire voler sa pierre , commenta-t-elle tout en cherchant dans sa liste de contacts. Hmm. Ca fait un paquet de monde ...quelque chose pour réduire la liste ?

« N'importe quel ... énergumène qui serait intéressé par cette pierre de vie. Ici, à Borderoc. »

- A Borderoc ? , s'étonna-t-elle en levant les yeux. Cela m'étonnerait beaucoup que quelqu'un d'ici s'y risque. En revanche ... dans le Marvier ...

« Je sais de source ... presque sûre, que la pierre est toujours dans les parages, ou du moins, pas trop loin. » Le Limier Blanc croisa les bras sur sa poitrine tout en réfléchissant aux théories possibles. « A moins ... », lâcha-t-elle après un moment, « ...dans le Marvier, hein ? Un orfèvre, un forgeron, même un collègue marchand-joaillier qui aurait également ce genre de contact là bas ? Il est possible que notre voleur lui ai parlé ... »

- Hmm...Erwyn ferait un bon candidat. Alfred aussi, ce vieux salaud. Mais seul Alfred est ici en ce moment. Il tient une échoppe de joaillerie dans les bas-fonds.

Les bas-fonds. Autrement dit, à l'autre bout de la ville ... Ils n'avaient certainement pas le temps de courir jusque là. Opaline fit un signe de tête à Azurin pour qu'il la suive vers la sortie, et qu'ils prennent congé. Ils avaient presque passé l'entrée lorsque la voix d'Asha retentit de nouveau.

- A défaut d'un remerciement, tiens ta parole, Limier.

Ses cheveux se dressèrent sur sa nuque, et tandis qu'Azurin sortait, Opaline se retourna une ultime fois vers elle.

« Uniquement si cette piste mène quelque part », confirma-t-elle, froidement.

Sans attendre la réaction de Xaros, qu'Opaline imaginait pantoise, elle attira en quatrième vitesse Azurin en le tenant par la manche, et le traina sur plusieurs mètres pour le conduire jusqu'à une ruelle plus sombre, à l'abri des regards. Elle ignorait réellement s'il allait encore bien, ou du moins, assez bien pour ce qui allait suivre. Ces prochains instants allaient la placer dans une situation qu'elle n'appréciait guère, car c'était lorsqu'elle utilisait sa transcendance trop longtemps qu'elle était la plus vulnérable.

« Nous n'avons pas le temps de courir jusqu'à ce joaillier, au vu de votre état. Or, je pense que cela s'aggrave car votre pierre s'éloigne de plus en plus de nous, et donc, de Borderoc. Si mon hypothèse se vérifie, il aurait déjà reçu son renseignement et partirait vers quelqu'un à qui il peut la revendre. Nous allons l'intercepter ... »

Sans ajouter d'autres explications, Opaline prit son cristal en main, et le serra en douceur tout en fermant les yeux. Même si le jour de son passage à l'état de transcendant, elle avait acquis les connaissances et l'instinct nécessaires pour projeter son esprit hors de son corps, ce n'était pas pour autant qu'elle avait usé et abusé de ce don si particulier. Aussi, il lui fallait encore se concentrer longtemps pour atteindre un niveau de quiétude et réussir ce que les autres éveillés appelaient "exploit". Se concentrant sur sa respiration, elle fit taire les bourdonnements de ses oreilles, et fit ralentir les battements de son coeur. Entre ses doigts, une lueur bleutée étincela entre les interstices et le corps entier du Limier Blanc se figea telle une statue de pierre.

*
**

Elle se voyait avancer, sur les mêmes pavés qui recouvraient Borderoc, d'un pas déterminé, à la seule différence que ses pas ne faisaient aucun bruit. Aucun souffle d'air ne semblait l'atteindre, pas même la chaleur du soleil qui faisait reluire sa peau de marbre. C'était une sensation des plus étranges que de se "sentir" à deux endroits en même temps car même si Opaline arpentait les rues et traversait les bas-fonds de Borderoc, elle sentait également son corps resté immobile et tranquille à plusieurs centaines de mètres de là.

Elle leva les yeux vers une enseigne où un simple joyau à la peinture presque effacée était représenté, et passa à travers la porte. Un homme âgé semblait piquer du nez non loin de l'entrée, et, toujours avec la détermination qui allait de pair avec sa confiance en elle, elle marcha dans sa direction.

*
**

Lorsque le Limier Blanc rouvrit les yeux, une flamme nouvelle brillait dans ses yeux rougeoyants. La chance les souriait enfin : ils étaient tout proches de la sortie nord-ouest, l'étau se resserrait considérablement car s'ils se pressaient, en quelques longues enjambées, il était très possible qu'ils retrouvent ce voleur de grand chemin, et récupèrent la pierre d'Azurin.

Opaline entama une course effrénée vers le nord, hurlant à son client de lui emboiter le pas sur-le-champ.
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[20 Bellune 1100] Malheureux comme la pierre
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