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 [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE

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MessageSujet: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyJeu 10 Jan - 16:03

Rappel du premier message :

Un 9 Cellune dans les bois avoisinants Lackness

C’est une suite d'événements fâcheux qui l'ont menée à Creux-lac, cette portion de pays où elle n’avait plus mis les pieds depuis longtemps, et par choix. Le retour à Borderoc avait d’abord été houleux, ses employeurs habituels s’étaient montré au mieux désintéressés par ses services, au pire démesurément agressifs devant son insistance. Il n’avait pas cessé de pleuvoir. Elle avait volé sa pitance sur un étal et on l’avait vu. Elle s’était prise une correction qui lui laissait encore, en haut de l’oeil gauche, une arcade blanche et fendue. Quand un bon samaritain lui avait proposé de faire la route avec lui vers le sud, le choix avait été impulsif. Il transportait du sel.

Dans ce duché-ci, la vie semblait plus douce mais elle n'était, pour qui connaît la constance d’une vie nomade, qu’une illusion bien construite par l’air affable des badeaux pas moins pointilleux de leur lieutons et l’herbe tendre qui, à défaut d’être comestible, faisait un lit d’appoint pour les siestes éclairs en plein air.

« Vous êtes certaine de vouloir descendre ici ? Lackness n’est plus très loin, je peux vous y mener. »

Il y a des gens tellement serviables qu’ils effraient Ludivine. L’homme a arrêté sa charrette, il attend, pendant que la brune descend en s’appuyant sur l’essieu de la roue. Elle replace le carré de fourrure qu’elle porte toujours à son cou.

« Merci, mais ici, c’est très bien. »

Ils sont dans une éclaircie ; plus loin, la forêt redouble d’épaisseur. Le charretier fait un petit geste du menton vers elle pour désigner son accoutrement - elle porte de ces pantalons d’homme en toile brune qui commencent à être chaud pour la saison, une chemise foncée qui attire les rayons du soleil.

« C’est vous qui voyez, vous pourriez vous acheter quelque chose de plus léger en ville. Le printemps est plus doux à Creux-Lac qu’au nord du Garvorn, vous savez. Un robe, peut-être ? »

C’est une tentative gentille, sans arrière-pensées. Pourtant, elle lui vaut un regard noir. L’homme s’empourpre d’embarras et Ludivine agrippe sa besace avant de la lancer d’un geste vif sur son épaule.

« Je vous souhaite bonne route » que ça crache avec énérvement avant de s’éloigner d’une démarche beaucoup moins chaloupé qu’à l’arrivée.

Le bois l’avale. Elle connaît bien cet endroit, plus feuillus et racineux qu’au nord. Ludivine a choisi de s’accorder quelques jours de retraite hors civilisation ; faire des courbettes pour obtenir un bout de pain commence à l’épuiser. Elle a décidé de rejoindre Lackness à pied quand le coeur lui en dira car comme l’a mentionné le charretier, ce n’est plus très loin. Le jour se réchauffe, l’oblige à rouler les manches de sa chemise. Elle pose deux collets à lièvre dans la première demie-heure, déniche des framboisiers qui commencent tout juste à produire des fruits roses et une rigole claire qui chemine entre les cavités d’un éboulis naturel de roches verdis par la mousse. L’endroit semble construit de toute pièce pour accueillir sa décision de profiter de la forêt. Enhardie par le bon déroulement des choses, Ludivine décide d’agrandir le cercle de son repérage ; ses doigts traînent avec paresse sur les troncs d'arbres qu’elle croise jusqu’à ce que leur pulpe se heurte à des entailles profondes dans l’écorce qui ont laissé s’échapper la sève.

Ça ne ressemble pas au travail d'un ours, ni à un marquage de territoire quelconque. La sève est encore liquide et fraîche, elle gomme ses ongles. La jeune femme s’éloigne en faisant un tour sur elle-même, tombe sur des mottes de terre retournée et, avant qu’elle n’ait pu se dresser un portrait de ce qui s’est déroulé ici un peu plus tôt, ses talons percutent une masse dure à moitié affaissée dans les fougères. Elle bascule et heurte le sol avec une exclamation de surprise, puis le regard fixe et vitreux d’une bête énorme lui arrache un cri avec suffisamment de coffre pour faire s’envoler une flopée d’oiseaux piailleurs.

Elle s’est éloignée avec rapidité en s’écorchant les coudes dans les branches, en poussant la terre de ses talons, mais la distance l’oblige à embrasser la scène du regard. C’est une griffière - elle est immobile, son pelage est assombris de sang par endroit. Ludivine se répète l’information deux fois plutôt qu’une : elle est morte. Elle est morte mais ses yeux sont ouverts. Il y a quelque chose sous elle. La jeune femme prend un moment à réagir même si elle discerne la masse d’un homme, trop sonnée pour bouger.

Puis tout ce fait très rapidement. Elle hoquète, se redresse en hâte en s’appuie de toute ses forces sur la carcasse de l’animal pour la faire basculer. La griffière roule sur le côté et Ludivine s’affale sur un torse humide qui se secoue sous un grognement brutal. Cette personne est vivante ! La jeune femme se rattrape avec maladresse en cherchant aussitôt le regard du blessé mais lorsqu’elle le trouve, elle n’a pas la réaction à laquelle on s’attend des renforts.

Lui.

Ludivine saute sur ses pieds, plus réactive encore qu’à la découverte du félin. Son coeur repart de plus belle, claquant dans sa poitrine comme le tonnerre d’un cheval lancé au grand galop. Elle dévisage Ilclaste, les mains engourdies, figée comme les arbres autour. d'eux Pars, laisse-le là.

On dirait qu’elle attend qu’il lui parle. Qu’il lui prouve qu’il est incapable de se redresser pour se lancer à sa poursuite. Qu’il lui montre qu’il est assez mourant, suffisamment mourant pour qu’elle daigne penser à lui venir en aide. Le carré de fourrure pend hors de la chemise avec arrogance.

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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyLun 29 Avr - 22:37

Il était une fois un 9 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :
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C'est une triste d'histoire que celle de ce "Aubrien Ceadan"... Ainsi, d'orphelins épargnés, n'en nait pas moins des adultes blessés... Blessés par leur propre sang.

-Vos enfants vous reprochent de courir la gueuse ? C'est pour ça qu'ils vont ont tourné le dos ? Comprend-t-il.

-C'est stupide. Affirme-t-il. C'est qu'il en a vu des gamins, regarder avec envie les hommes qui venaient à l'orphelinat...

Des orphelins qui fantasment sur leurs futurs parents, qui espèrent qu'ils seront bons, généreux, pas trop colériques, encore moins alcooliques.

Des gamins sans pères, qui connaissent cette solitude, ce vide dans la chaire et le sang... Des gamins sans rien qui se fichent bien de savoir comment un père occupe ses nuits, tant qu'ils l'imaginent occuper ces journées avec eux.

Les nommés, les biens nés, eux, ne savent pas, car se sont des chiards capricieux qui ont oublié l'important. Ou qui ne l'ont jamais vraiment su...

Ilclaste a de la peine pour cet homme à la progéniture ingrate. Mais sa compassion se fêle alors que l'homme lui impose ce que le chasseur ressent comme de la pitié.

"vous me semblez être une bonne personne. Comme se fait-il qu’aucune âme ne se rend compte de cela ? "


La remarque touche trop juste. Trop proche de la blessure. Ilclaste n'aime pas ça. Il n'aime pas que la perspicacité de l'homme le cerne... "Aucune âme"... comment peut-il le savoir ? Comment peut-il le deviner ?

"Cela peut sembler fantasque, mais, je souhaite vous aider. Vous tendre la main pour vous sortir des ténèbres qui sont vôtres"


Le visage du chasseur se ferme. Cette compassion, il aimerait lui dire de se la mettre là où il pense. Il n'a pas besoin de lui. Il n'a besoin de personne... Il l'a cru à un moment, avant de se rappeler que les gens finissent toujours par vous abandonner. Ce marlois, avec ses cours de lecture, Ilclaste aimerait le renvoyer dans ses bibliothèques crasseuses. Mais Loup n'est toujours pas revenue. Peut être ne reviendra-t-elle pas. Et l'apothicaire resterait son seul espoir... Sans oublier que l'homme est sous l'oeil de Naâme. Iclaste se doit d'arrondir les angles

-Vous avez bien assez de soucis comme ça avec les vôtres, l'ami. J'suis un grand garçon. Vous en faites pas pour moi. Décline-t-il, avant de se rallonger avec râle.

-Loup ne devrait pas tarder à revenir maintenant... J'vais piquer un somme si vous voulez bien. Même s'il le voulait pas d'ailleurs. Ilclaste n'avait pas besoin de sa permission.

-Z'avez qu'à terminer le lapin. rajoute-t-il. Ça lui occupera la bouche, à la grenouille, et l'empêchera de croasser ses conneries. "Les ténèbres qui sont les siennes..." mon cul oui.

Au fond de lui Ilclaste a toujours un peu peur que Loup n'ait pas suivi ses directives... Mais lorsqu'un trot de cheval réveil le bois, il ouvre de nouveau l'oeil et se redresse.
La père Poulard est là. C'est un soulagement quand le chasseur le voit passer la porte pour s'avancer vers lui,
-Ilclaste !  Avant de se stopper net, choqué par son allure moribonde et son parfum guère plus relissant.

Le chasseur esquisse un demi-sourire. Il aurait dû avoir foi en Loup : il s'excusera d'avoir douter... Mais c'est vrai qu'après tout, elle lui a aussi rendu sa dague. Peut-elle n'est-elle pas celle qu'il pense...


-Par les cornes de Naâme ! Cette saleté t'a bien amochée !! Une griffière ! Fou que tu es ! Pourquoi ne pas laisser Athina la chasser ?  
Ronchonne le père Poulard et trifouillant dans la besace.

-Aubrien, j'vous présente le Père Poulard. Daanio de son prénom. Annonce Ilclaste.

-Dis moi que Loup vous a dit pour les vêtements... j'en peux plus de sentir le mort moi !! Ronchonne le chasseur pour détourner l'homme de ses questionnements à propos d'Athina.  

-Oui oui j'ai bien ça... Et Milaine te prépare un bain à l'auberge... Mais, par les terres ardentes !! Quelles balafres !! Constate père Poulard en perdant des couleurs à vue d'oeil.

-Donne moi juste les vêtements! Et t'approche pas... J'sens que tu vas me dégobiller dessus. S'pas le moment. Ordonne le chasseur, alors que d'un regard, il sollicite l’apothicaire. Il va avoir besoin d'un coup de main pour se changer, et pour le moment c'est bien sa seule aide qu'il est prêt à accepter de la part du Marlois...  
 

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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyMar 30 Avr - 8:08

Un 9 Cellune 1100


Un pâle sourire s’affiche sur le visage d’Aubrien aux propos d’Ilclaste. Son regard triste observe le sol fut un instant. Puis timidement, il revient s’ancrer dans les mires voisines.  

— En effet.

Et tout se brise, le faciès du chasseur se ferme, piqué par les paroles de l’apothicaire. Un froid polaire s’installe alors que les mots du bel en bois dormant sont secs. Ceadean se reproche sa propre spontanéité et sa franchise. Il aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.

— Je vous ai froissé Ilclaste, je m’en excuse. Je ne tenais pas à me montrer blessant. Je voulais juste être comme un ami pour vous. Je vais me taire à présent.

Et plus un son ne s’échappe de la bouche du coureur de ses dames. Les seuls syllabes qui sortes de sa bouche furent.

— Aubrien Ceadan. Enchanté.

A nouveau il se tait. Il ne tient pas à créer encore plus de feu par les mots. Il en a déjà assez fait.

Les lèvres closes, il aide le chasseur à s’habiller. Lorsque c’est fait, il se recule. S’incline poliment.

— Maintenant qu’Ilclaste est entre de bonnes mains, je vais y aller, à présent.

Il quitte la cabane, mettant de la distance entre lui et ces lieux. Il avance péniblement. A peine a-t-il fait quelques pas, qu’il se plie en deux. Il régurgite son repas, tout comme son angoisse. Il s’essuie la bouche avec un mouchoir. Il frappe du poing, l’arbre le plus proche de lui.

Il a mal, mais sûrement moins que le chasseur.

Dans le même temps, Père Poulard réfléchit. Ceadan. Il a déjà entendu ça quelque part. Après avoir remué la fange de ses souvenirs, il lui vient soudainement l'illumination.

— Mais oui. C'est le père de la petite Sydire ! S'il lui arrivait quelque chose, elle ne me pardonnerait pas. Je vais le chercher.

Adossé contre le tronc, Aubrien voit Daanio s'approcher.

— Ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais rentrer seul.

L'aubergiste jure.

— Fou que vous êtes, les bois ne sont pas sûrs. Surtout pour un homme seul et boitant. Avez-vous pensez à votre fille ?

L'apothicaire blêmit. Dans son souhait de s'écarter, il n'avait pas penser au danger.

— J'abdique.

D'un pas claudiquant il suit l'aubergiste jusqu'à la cabane du chasseur. Mine contrite sur le visage, il n'ose pas croiser le regard d'Ilclaste.


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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
[Ludivine Permont à propos d'Ilclaste]
MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyVen 3 Mai - 22:10

Il était une fois un 9 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  Je suis partie du principe que Dame l'aubergiste ne savait pas encore qui était Aubrien.
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Le marlois est un espèce délicate, voir susceptible. Ilclaste l'avait toujours su, soupçonné, raillé, mais aujourd'hui il le constate. Sans baisser le museau une seule seconde, d'une quelque honte que ce soit, le chasseur est satisfait: le message est passé. La marlois prend ses distances, ça vaut mieux. Mieux pour tout le monde.. Ilclaste veut lui épargner la désillusion qu'il a infligé à Athina. Car, il en est persuadé, ll y a entre les gens fondamentalement bons, et lui, un gouffre, voir tout un monde.

Mieux vaut-il donc que chacun reste sur son territoire pour qu'aucun ne se blesse.  

S'aidant du père Poulard, Ilclaste se redresse et se change, laborieusement, mais avec soulagement. La crasse lui colle toujours à la peau, mais il se dit que ce n'est plus qu'une question de temps... A l'auberge, il aura de quoi se débarbouiller, un lit douillet, de quoi se sentir plus en sécurité, qu'ici : les bois qui l'on trahit.

Il récupère la dague que Lud lui a laissé avec avidité. Content de sentir de nouveau son contact...


Se hisser sur le cheval est bien plus douloureux qu'il ne l'avait pensé et c'est dans un râle qu'il s’effondre à moitié sur l'encolure de la bête, heureusement, placide.

Il jette un coup d'oeil en arrière, cherchant Aubrien du regard. L'aubergiste semble avoir eu la même idée, et s'en va chercher l’apothicaire. Voyant le Marlois revenir à la raison, Ilclaste lui glisse :

-Sage décision... Les bois sont pas sûrs ces temps-ci. J'en sais quelque chose.

Et il sourit, cynique.

Le chemin jusqu'à l'auberge est une torture. Ilclaste, reste muet, trop concentré qu'il est à lutter contre la douleur. L'arrivé à "La Truite qui rit"  est une libération. Il se laisse descendre de la monture, incapable de le faire lui-même, sous le cri horrifié de la Dame Poulard qui pâlit, comme son mari à pu le faire, devant son état. Elle pose des questions tout en le sermonnant sur son attitude. Ilclaste, figé dans son mutisme, ignore ses remarques, plus par fatigue que par méchanceté. On l'aide à aller jusqu'à sa chambre. Il se sent brusquement trop faible.

-Loup est resté ? Questionne-t-il sans pouvoir entendre la réponse car déjà, il a tourné de l'oeil.


-Il faut absolument aller chercher l’apothicaire... Naâme l'a sauvé de la première infection... Mais, ses blessures... Oh ses blessures... Peut-être... Peut-être devrons nous le laver, et bander les cicatrices dans un linge propre ? Marmonne la Dame Poulard en se tordant les mains : c'est qu'elle est pas spécialiste elle.


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyMar 7 Mai - 15:42

Un 10 Cellune à l'auberge La truite qui rit

Elle s'est assoupie.

Ses songes ne sont qu'une mer calme et unifiée qui s'étend à perte de vue. Elle flotte dans l'étendue noire que la nuit fond avec l'horizon, l'emprisonnant dans un bloc d'apesanteur. Ludivine goûte l'eau, douce comme celle d'un lac en été. Elle n'a même pas besoin de faire d'effort pour garder sa tête au-dessus de la surface. L'obscurité est étrangement apaisante. Être à la dérive aussi.

Puis, il y a un onde qui vient s'échouer contre son torse. La jeune femme pense à une vague. L'onde vient à nouveau, redoublant d'ardeur. Quelque chose d'orange court sous l'eau. Ludivine tente de l'attraper, mais aussitôt sa main touche-t-elle le courant lumineux qu’elle glapit de douleur. Ça brûle.

Devant elle, il y a une bâtisse qui flotte sur les flots comme si elle avait émergée des profondeurs en un battement de cil. Elle flambe avec force. C'est une auberge que Ludivine connaît bien, et qui n'existe plus maintenant. Un détail s'imprime sur sa rétine, et ce sont les volets des fenêtres qui ont les même motifs floraux que La truite qui rit. Avec un grondement de plus en plus sourd, le feu dévore le bois, allumant dans les ténèbres une torche incandescente. Dans le tourbillon de cendres et de flammes, Ludivine entend soudain un enfant hurler.

Elle peut le sentir jusque dans ses tripes ; c'est le sien.

Elle veut crier elle aussi, mais elle ne peut qu’essayer de nager en direction de l’incendie. Les ondes sur l’eau se multiplient, frappent tout son corps et l’empêche de progresser. Il semblerait même que la maison, doucement, s’éloigne sur cette mer sans pitié qui bientôt tente de l’engloutir, poutre par poutre, couchant sur l’eau les flammes et les cris de l’enfant. Ludivine se sent submergée, la fumée épaisse l’empêche de respirer.

Pour survivre, il faudrait qu’elle plonge, ou qu’elle se noie.

Elle ouvre les yeux. Ses mains sont cramponnées sur la rambarde de cuir de la bassine. L’eau clapote un moment, puis se tait. Elle est tiède, maintenant. La louve cherche son air, et seule dans sa chambre, elle se recentre avec la réalité. Il y a un fumet qui monte de la cuisine, mais le seul feu qui brûle est celui des fourneaux, sous contrôle. Sa nuque se relâche légèrement et elle la pose contre la courbure de la bassine.

Quelle heure est-il ? La fenêtre laisse entrevoir un morceau de ciel gris. Le temps s’est couvert, doux et chaud. S’il pleut, ce sera une bruine légère, un brouillard. Elle a suffisamment passé de temps à ne rien faire. Ludivine sort et se sèche en espérant que le vigueur de ses mouvements réveillera aussi son esprit. Dans le petit tiroir de l’unique commode de la pièce, elle trouve un peigne aux dents malmenées. Elle se brosse les cheveux. Ça fait un bien fou.

L’aubergiste lui a laissé une robe aux couleurs de Lackness. Bleu. Celui-ci est foncé, presque gris. La louve l’enfile. C’est un peu grand pour elle - beaucoup trop, en fait -, alors elle lasse le tissu autour de sa taille avec le ruban laissé pour ses cheveux. Elle sent que cette gentille dame pourrait faire partie de ceux qui se font un point d’honneur à l’engraisser. Pour une fois, ça ne la dérange pas. Elle a faim.

Sur l’étage, il y a soudain un peu plus de bruit. Ça s’agite, dans la pièce d’à côté. Se sentant légèrement hors de temps, Ludivine sort de sa chambre et va jeter un coup d’oeil. L’aubergiste se tient dans l’encadrement : « ... Peut-être... Peut-être devrons nous le laver, et bander les cicatrices dans un linge propre ? »

La brune lance un coup d’oeil par-dessus l’épaule de la bonne femme. C’est bien le chasseur, échoué à nouveau, mais dans un lit plus confortable cette fois. Un soulagement allège sa poitrine.

« Je peux le faire. »

Elle s’entend répondre. Les deux propriétaires de l’établissement se tournent vers elle, interdits. Ilclaste est bien gardé. Ludivine se sent devenir blême.

« … Je vais aller chercher l’apothicaire. »

Elle s’éclipse. Dans le hall, le vieillard attend, semblant lui aussi ne pas trop savoir comment agir, ni où se tenir. La jeune femme s’arrête à quelques enjambées, mal à l’aise. Il a un port de tête qui trahit une noble vie, du moins c’est ce qu’elle pense, alors que dans sa robe, elle se sent comme un imposteur. L’anonymat, les ombres, ça lui sied beaucoup mieux. Après un moment, elle lance tout bas : « Votre jambe, ça va… ? »

Elle s’est mis à triturer un bout de tissu entre ses doigts, celui qui tombe sur sa hanche droite.

« Je ne connais même pas votre nom. »

Sortir de la forêt et de la nuit semble soudain imposer à Ludivine un minimum de civilité. Elle ne peut plus être un loup, pas ici, en plein jour, entourée des autres. Tranquillement, elle revêt le même masque qu’elle a l’habitude de sortir en ce genre d’occasions. Tellement qu’elle ne sait plus si c’est vraiment elle, et qu’ailleurs, finalement, elle joue la comédie, elle se protège, comme quand elle vole et ment.


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyMar 7 Mai - 18:01

Un 10 Cellune 1100


Ceadan avance de plus en plus péniblement. Chacun de ses pas lui arrache une grimace. La douleur de sa boiteuse irradie dans tous son être. Le fait suer à grosses gouttes. Rend sa respiration saccadée. L’oblige à serrer les dents.

Il n’en peut plus. Pourtant, il s’obstine, encore et encore. Voyant son teint presque de craie, l’aubergiste se demande quelle folie lui prend. S’il retient ses mots depuis un moment, il ne peut plus, foi de Nâame.

— Reposez-vous, Bon sang de bon sang ! Par les cornes de Nâame, nous serons bien avancés si vous arrivez à l’auberge entre quatre planches.

Un sourire triste, amer, relève les coins de la bouche de l’apothicaire.

— Nous ne pouvons pas nous permettre ce repos. Plus vite nous serons à l’auberge, plus vite nous pourrons nous occuper d’Ilclaste.

L’aubergiste d’un geste de la tête, marque son assentiment. Le reste du trajet, pas un mot ne fut soufflé.



Alors que les tenanciers de la « La Truite qui Rit » s’occupent de monter le chasseur et le porter à une chambre libre, le coureur de ses dames attend dans le hall. Les paupières closes, il est en train d’envisager d’aller voir sa fille, pour s’approvisionner en plantes. Pour lui-même, pour Ilclaste.

C’est uniquement à l’arrivée de loup que ses mires azuréennes se portent à nouveau sur le monde.

— Elle est douloureuse. Mais, mon affres est bien moins terrible que la souffrance de notre blessé.

Il lui offre un sourire des plus chaleureux.

— Merci de vous en être inquiété.

Dans un souffle, il répond à la question.

— Aubrien, Aubrien Ceadan. Et vous ?

Il tourne son visage en direction de l'entrée.

— Je vais me rendre à Lackness pour chercher les plantes nécessaires aux soins d'Ilclaste. Cela risque de me prendre du temps.

Ses abîmes profonds s’ancrent dans les lagons voisins. Sa main, comme un papillon timide, se pose sur l’épaule de Ludivine.

— Je vais vous le confier. Pendant mon absence, dites aux aubergistes de rincer les plaies à l’eau tiède et du savon. Sécher. Ensuite, pour nettoyer ses meurtrissures, faire usage d’un coton imbibé d’infusion de thym.


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyMer 8 Mai - 16:53

Un 10 Cellune à l'auberge La truite qui rit

Aubrien Ceadan ; la jeune femme retiendra ce nom.

« Ludivine » qu’elle répond simplement, omettant le patronyme qu’elle n’a, de toute façon, pas prononcé depuis des années.

L’apothicaire parle de se rendre à Lackness aujourd’hui même, pour des plantes, pour Ilclaste. Le regard de la brune, chargé de doutes, tombe à nouveau sur la jambe de vieillard. Malgré sa chaleur et ses bonnes manières, la louve trouve à Aubrien ce même trait de personnalité qui a mené le chasseur à se foutre dans le pétrin : il est borné. Les hommes ne se refont pas avec l’âge. Cette similitude pourrait la faire sourire, en d'autres circonstances.

Quand elle relève la tête, l’apothicaire est tout près. Il la regarde, et elle le défie. Méfiance. C’est quelque chose qu’elle laisse parfois tomber avec plus de facilité pour d’autres - finalement, c’est une question de loterie. Quand la main de l’homme se pose sur son épaule, tous les muscles de son corps se tendent comme la corde d’un arc. Ludivine fait chétive dans cette robe bleu, mais ses iris pâles dardent un avertissement silencieux, même à ceux qui tente de l’ignorer. Elle le transperce.

« Je vais vous le confier. Pendant mon absence, dites aux aubergistes de rincer les plaies à l’eau tiède et du savon. Sécher. Ensuite, pour nettoyer ses meurtrissures, faire usage d’un coton imbibé d’infusion de thym. »

La main s’en va. C’est moi qui vous l’ai confié, qu’elle pense avec violence comme si ce détail avait de l’importance. Ilclaste, c’est elle qui le garde, c’est elle. Mais est-ce qu'avoir croisé le chasseur une fois auparavent, dans une auberge comme celle-ci, lui donne le droit de le revendiquer ? Elle l'a volé. Elle a joué de sa confiance. Ilclaste tenait sa dague lorsqu'elle l'a retrouvé, il la tenait en joue, comme si elle eu été une deuxième griffière contre qui il fallait se défendre. La louve se tient le bras, pour se retenir de tanguer.

Aubrien fait mine de tourner les talons.

« Pourquoi est-ce que vous faites tout ça pour lui ? »

Elle l’arrête avec cette question formulée sur le ton d’une accusation. Ludivine ne sait pas où frapper pour faire passer son malaise, alors elle y va à l’aveugle. Ceadan est simplement là au mauvais moment. Ou au bon. Presqu’aussitôt, elle enchaîne, comme pour lui extirper une vérité qu’elle aurait découvert avant qu’il ne pense à la dissimuler.

« Il vous a promis de l’argent, c’est ça ? C’est ce qu’il m’a promis à moi, en échange. Il n’y a jamais eu d’enfants. Personne ne tend la main de la façon dont vous le faites sans rien attendre en retour. Et puis, vous souffrez, je le vois bien. Mais vous êtes quand même prêt à parcourir encore plusieurs lieux pour, pour… trouver ces putains de plantes pour faire une autre… putain de décoction en ne sachant même pas si ça lui sauvera la vie. Ça a échoué la première fois, pourquoi ça n'échouerait pas la deuxième fois !? Pourquoi vous vous acharnez ! »

Et toi, Ludivine, pourquoi tu t'acharnes ?

La jeune femme respire plus fort, a enfoncé ses ongles dans son propre coude. L’incompréhension prend la forme d’accusations, et l’émotion, celle de la colère. L’indignation, c’est la seule chose qui permet de tenir debout et d’avancer quand il ne reste plus rien - c’est l’apanage des vivants qui n’ont plus raison de l’être. Finalement, peut-être Ludivine voudrait-elle le remercier. D’ailleurs, ses mots ont dépassés sa pensée et l’appréhension commence déjà à lui creuser le ventre. S’il fallait qu’il parte et qu’il ne revienne pas, s’il fallait qu’il décide de ne plus les aider, simplement parce qu’elle est incapable d’accepter son impuissance, et qu’elle la crache comme du venin à quiconque s’approche trop près.


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyJeu 9 Mai - 9:48

Un 10 Cellune 1100


Le corps se tend comme la corde d’un arc bandé. Ses mires chargées de méfiance le transpercent, l’intimant presque de ne rien tenter de peu recommandable. Il manque plus que les poils hérissés et les crocs dévoilés pour donner à Ceadan, l’impression de faire face à une sublime louve, prête à mordre ce morceau de chair indésirable.

Devant ce constat, Aubrien sourit intérieurement puis, ôte sa main. Il est temps qu’il parte. Il commence à se détourner de Ludivine. Mais la question de la jeune femme l’accroche. Suivit par une violence verbale, dégoulinant de ses tripes.

L’apothicaire, le sourcil gauche haussé, se demande si elle cherche à le sortir de ses gongs. A l’obliger à cracher à son tour, de la bile. D’entrer dans le tourbillon de la véhémence. Avant de se rendre compte de sa gestuelle, aux antipodes de l’agressivité.

Elle semble si… égarée. Comme si dans sa tendre existence, peu de mânes ne lui ont tendue la main. Comme si sa vie ne fut ponctuée, que de batailles perdues et désillusions.

A nouveau, sa corde sensible vibre. Il désire aussi montrer à cette petite, que tout n’est pas teinté, de ténèbres liquides. Mais, il ne tient pas à la brusquer. C’est pourquoi, pas à pas, il essaiera d’avoir sa confiance.

— Pourquoi aider Ilclaste, me demandez-vous ? Pour de sottes raisons, selon vous.

Ses orbes azuréens viennent se nicher dans les lagons voisins.

— Même si je n’ai pas eu le bonheur d’avoir une parentèle directe, on m’a donné espoir et saine existence. Cette chance que l’on m’a offerte, je souhaite la lui dispenser, sans rien en retour.

Il se tait, fut un instant.

— Mon dessein ne sera pas le fruit de la pitié. Ni ne fut alimenté par promesse d'argent. Il vient surtout du fait, que je trouve dommage que des êtres si jeunes, ne croient plus en l'humanité. Même si j’ai conscience qu’une grande majorité de personnes, sont peu recommandables, ils existent des exceptions.

Un sourire, presque tendre, vient fleurir sur son visage.

—  Je vais maintenant partir. N’ayez crainte, je vais revenir.



Après une marche qui lui parut interminable, Aubrien se tient enfin devant la porte de sa puînée. Il frappe contre le battant de bois. L’huis s’ouvre.

— Encore toi ? Par pitié, ne revient plus…  

Sidyre s’apprête à fermer la porte au nez de son père.

— Attend. Je ne suis pas venu pour moi, mais, pour un patient.

Elle hésite, avant de poursuivre son geste.

— Sidyre, ne me force pas à te supplier pour obtenir des plantes.

La mine sombre, il l’implore du regard. Elle reste de marbre face à la détresse de son paternel. L’insensibilité de son enfant le touche profondément. Si c’était que pour lui, il aurait abandonné. Mais, il a besoin des plantes.

Dans son accablement, il s’agenouille devant elle.

— Je t’en prie.

Des badauds, attirés par la scène, regardent dans leur direction. Ne voulant pas être le centre d’attention ou véhiculer à ces passants, sa cruauté, elle abdique.

— Tu as gagné… Entre.

L’apothicaire se relève avec peine. Il souffre. Suffocant, il entre à la suite de sa fille, la démarche claudiquante.  

— Qu’as-tu besoin ?

Fit-elle les mains sur les hanches.

— De la camomille et de l’écorce de saule blanc.

Alors qu’il s’essuie la suée sur son front, à l’aide d’un mouchard, Sidyre part rassembler les plantes. Lorsqu’elle revient, elle les jette presque devant son père.

— Cent cinquante lieutons…. Et tu me débarrasses le plancher.

Aubrien met dans sa besace les végétaux, pose les pièces sur la table et part, le cœur lourd, déchiré par l’inhumanité de sa cadette. Pas un instant, il lui vient à l’idée de jeter un dernier coup d’œil sur la porte, rempart entre lui et Sidyre. Il se sent trop blessé pour.

C’est sans se détourner qu’il reprend la route pour l’auberge de « La truite qui rit ». Plusieurs fois il s’arrête pour récupérer. Complètement épuisé, le corps en nage, il arrive à destination. Avant d’entrer, il cache son ressentiment derrière une mine des plus enjoué.

Le tavernier vient à sa rencontre.

— J'ai ce qu'il faut pour Ilclaste.

Le père Daanio lève ses bras vers le ciel.

— Nâame soit loué.  

Il observe Aubrien.

— Combien nous vous devrons ?

Un sourire étire les coins de la bouche, de l'apothicaire.

— Rien.

Il tape un grand coup dans le dos de Ceadan.

— Ça s'est de la générosité. Ou je m'y connais pas. Nous allons vous préparer un bain, et des vêtements propres.

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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyVen 10 Mai - 16:11

Un 10 Cellune à l'auberge La truite qui rit

… Je trouve dommage que des êtres si jeunes, ne croient plus en l'humanité.

Ça, ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Les épaules de Ludivine s'affaissent légèrement, et la courbure de ses sourcils s'adoucit. Elle pourrait lui dire, c'est l'humanité qui ne croit plus en nous. Soudain, elle se sent très lasse. Mais Aubrien ajoute je vais revenir, et même s'il ferme la porte de l'auberge derrière lui, c'est comme si, quelque part, il avait laissé une autre porte entrouverte. La jeune femme peut sentir le mince filet d'air frais qui s'infiltre par là, et qui descend jusqu'à ses poumons.

*

Elle a dicté aux aubergistes les recommandations de l'apothicaire. Mais elle a aussi creusé au fond de sa mémoire pour demander d'autres types d'herbes. Ludivine connaît les propriétés de quelques plantes, mais de là à savoir comment les apprêter ou les mélanger… les dosages, les alcoolats, les teintures, c'est hors de son champ d'expertise. Tout de même, elle a demandé. Du Millepertuis, de l'hamamélis. La bonne femme est restée interdite devant de telles demandes. Ludivine a réfléchit encore. De la menthe ? Oh, ça, il y en a toujours de la sauvage qui pousse près de l'enclos des poules. Et de la calendula, vous savez, cette petite fleur orange qui apparaît dès le premier dégel ? L'aubergiste a de nouveau opiné du chef. Il y en a dans les plate-bandes, c'est une primeur très commune. C'est bon contre l'inflammation.

« C'est pour Ilclaste, tout ça ?
- C'est pour… faire une pommade. Pour la jambe de l'apothicaire. Vous avez de la cire d'abeille, aussi ?
- Oui, bien sûr, toutes les chandelles en sont faites.
- Ah, oui… dans le Gravorn, on utilise plutôt du suif. »

Il y a un silence, puis un sourire timide. Ludivine, assise au chevet du chasseur endormi, repose ses billes grises sur ses genoux. Elle triture un bout de tissu qu'elle n'a pas encore trempé dans l'eau.

« Tu viens du nord, alors.
- … Non. D'ici. »

Un court instant, Ludivine sent ses tripes qui se tordent d'avoir laissé échapper cette information. Mais la bonne femme est bienveillante ; malgré sa curiosité, elle ne pose pas d'autres questions. Cela fait longtemps que la louve ne s'est pas senti plus ou moins en sécurité.

« Bon, je vais aller te chercher tout ça. Mon mari peut s'occuper de laver ses plaies, si jamais tu ne te sent pas à l'aise… après tout, c'est un peu de notre faute, ce qui lui arrive. C'est nous qui lui avons demandé de s'occuper de cette griffière. »

Elle semble embarrassé, mais la louve demeure calme. Elle peut le faire. Elle en a envie, même. Avant que l'aubergiste ne passe la porte, elle demande tout de même, comme piquée par un souvenir de la nuit passée : « Dites. Vous avez l'air d'assez bien le connaître. Vous savez qui c'est, Athi… ? »

Cette fois-ci, la femme prend des couleurs. Elle fait un geste vague des mains, ça ne la regarde pas, elle ne sait pas, ne sait plus. Mais elle semble s'interroger plus que jamais sur la relation que Ludivine entretien avec le chasseur. Enfin, ses sourcils se froncent au-dessus de ses yeux, comme si elle se sermonnait intérieurement de se montrer si indiscrète, puis elle s'éclipse.

À nouveau seule avec Ilclaste, la brune l'observe longuement. Elle sent qu'elle n'aura plus cette chance dès lors qu'il reprendra des forces, parce que c'est un bavard dans son genre, le genre je comble les vides avec des insultes ou des traits d'esprit qui demandent une répartie. Son visage n'a plus ce teint cireux de la veille ; au contraire, il est hâlé, témoignage du temps que le chasseur passe dehors. Qui sait ce qu'il y fait. On ne peut pas chasser tout le temps. Ludivine essaie de l'imaginer qui traque. Silencieux, patient, l'oeil vif et intelligent. Silencieux et patient, vraiment, elle aimerait voir. Ça doit ressembler au visage qu'il fait en ce moment. Il semble même paisible. On dirait… un roi qui dort.

La jeune femme lisse sa tignasse vers l'arrière en inspirant. C'est complètement con, cette image, surtout qu'elle n'a jamais vu de roi de sa vie. C'est à cause de cette histoire débile de couronne sous l'arche.

Pour couper court à ses pensées qui s'entassent, Ludivine s'active. Elle se penche sur l'estropié et entreprend de lui retirer son haut. Même si on tentait de raccommoder cette chemise en lambeau, ce serait une perte totale. Sous le tissu, il y a le ventre plat du chasseur, puis ses vilains valons dans la chair. Son torse qui se soulève à un rythme régulier. La louve fait comme Aubrien lui a demandé : savon, eau, infusion de thym. Elle grimace pour deux. Mais Ilclaste joue bien son rôle : silencieux, patient. Inconscient, surtout.

Ludivine marmonne des félicitations qu'il ne peut pas entendre : « J'aurais jamais cru que tu allais pouvoir tenir ta langue aussi longtemps sans faire une remarque désobligeante. L'adversité, ça vous change un homme… » Elle n'arrive pas à tirer ce sourire sarcastique qui devrait suivre son ton de voix, et la phrase tombe à plat. Elle est exténuée, et elle craint le pire.

Fébrile, elle débarrasse le brun de ses derniers vêtements. C'est loin d'être la première fois qu'elle voit un homme nu, et pourtant, la pudeur la prend à la gorge, l'obligeant à éviter le plus possible de s'attarder là où elle ne devrait pas. Et puis merde, est-ce qu'il se retiendrait, lui, de la regarder ? Comme une question sans réponse en amène une autre, Ludivine finit par s'égarer dans des si et des peut-être qui achèvent de massacrer son sang froid. Tant pis, elle regarde. Ses yeux pâles parcourent et gobent chaque petit détail de ce corps éprouvé, robuste et blessé à la fois, fatigué mais solide. Elle le sent sous le linge humide qu'elle fait courir sur la peau. Ilclaste a été taillé pour et par sa vie âpre et rugueuse.

On toque à la porte. La louve tressaute, s'éloigne. L’aubergiste parle de l’autre côté.

« Ludivine ? J'ai tout ce que tu m'as demandé.
- Merci.
- Tu pourras venir à la cuisine pour faire la pommade. Moi, je dois préparer le repas pour les clients de ce soir.
- C'est bon je… j'ai presque terminé de toute façon. »

Remplacer les bandages. Le couvrir. Espérer qu'Aubrien rentre vite.

*

Lorsque l'apothicaire est de retour, Ludivine apparaît derrière le père Daanio qui l'encense. Elle tient un petit pot dans ses mains. Son regard est dur, mais ses gestes déjà moins brusques. Elle glisse sa préparation dans la paume d'Aubrien.

« Pour votre jambe. Je ne sais pas si ce sera efficace, je ne suis pas apothicaire, mais si vous finissez par enfin vous asseoir, ça devrait être un bon début. »

C'est sec, sans appel. Mais l'intention est cachée quelque part derrière, et Ludivine a compris que Ceadan était le genre d'homme à bien savoir interpréter ce genre de subtilités. À la question silencieuse, elle ajoute :

« Il n'est pas encore totalement réveillé, mais je crois que ça ne devrait plus trop tarder. Il marmonne sans arrêt depuis cinq minutes. À propos d'une cage, je ne sais pas trop. »

L'auberge a eu le temps de se remplir un petit peu. Ce ne le sera pas une grosse soirée, mais il y a déjà assez de monde pour que la jeune femme retombe dans ses travers nerveux. Elle épie, semble longer les murs, prête à montrer les dents à celui qui l'a regardera un peu trop longtemps. À nouveau, l'envie irrépressible de foutre le camp vient la tenailler. Cela lui demanderait si peu d'efforts : ouvrir la porte, s'en aller. Mais c'est comme s'il y avait une force invisible qui le retenait ici, accablée sur son dos, attachée à ses mollets.

Kamaâl, peut-être. Elle préfère penser que c'est à cause de lui.

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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
[Ludivine Permont à propos d'Ilclaste]
MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptySam 11 Mai - 17:55

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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Le sommeil qui a pris Ilclaste est réparateur. Son corps, lavé, pansé, veillé, peut se détendre et se focaliser sur la seule tâche qui lui incombe à présent : guérir.
Le monde peut bien défiler, au delà de ses paupières closes, cela ne regarde plus le chasseur qui profite du matelas moelleux pour s'abandonner à ses rêves... Ou à ses cauchemars, comme en témoignent quelque soubresauts et chuchotements qui supplient qu'on le relâche où qu'on ouvre cette "putain de cage"...

Malgré ça, la journée entière coule sans qu'il ne s’éveille vraiment. Il faudra attendre la fin du 10 Cellune; quand le soleil commencera à plonger pour qu'Ilclaste ouvre un œil, tiré de son sommeil par un ventre vide qui proteste. C'est le visage de Daanio qui l’accueil, avec un sourire, un plateau entre les mains, qu'il pose sur la table de chevet.

-On t'a préparer un bonne soupe, au lard. C'est riche et ça passe bien !

Commente l'homme à la bedaine rebondie.

-Merci... Marmonne le chasseur, avec un sourire engourdit en prenant le bol pour commencer à boire.


-Sam est passé. Il a laissé ta paye pendant que tu dormais. 'pouvait pas rester, mais il s'est inquiété pour toi... Y'rpassera te voir qu'il a dit... Ajoute le tavernier en montrant une petite bourse trônant sur la commode.

-Merci... Répète le chasseur, en avalant une nouvelle gorgée.

-'faut pas qu'il se sente responsable... J'ai joué au con avec la griffière... Pas assez prudent... J'ai eu la tête ailleurs... Elle m'a pas laissé le temps de vérifier si elle avait des couilles ou non. Il fait un petit sourire.

-C'est pas passé loin... Alors merci. Pour le lit. Les bandages. Les soins. Tout quoi... Glisse-t-il, presque timidement, parce qu'il pas l'habitude d'être redevable.

-Oh, pour le lit, c'est rien. Pour le reste, s'pa nous qui faut remercier. M'seur Ceaden est allé cherché les plantes, et puis la petite... Ludivine c'est ça ? Elle a fait tes bandages.

*Ludivine ?* Tique le chasseur, surpris. Mais ce n'est pas la chose qui le surprend. Alors comme ça, l’apothicaire, finalement, est resté... Loup aussi... Ils se sont occupés de lui. Avec les Poulard. Quatre personnes pour veiller à son bien... C'est inhabituel. Inespéré. Gêné, le chasseur fait tomber son nez dans le fond de son bol pour dissimuler l'étrange émotion qui lui compresse le coeur.

-T'es tombé sur les bonnes personnes ! Naâme a bien fait les choses. Nous avons fait brûler deux bougies rouges au pied de ton lit pour le remercier.

C'est donc ça la légère odeur de brûlée qui trône dans la chambre ? Réalise Ilclaste en soupesant les paroles de l'aubergiste. Loup et Aubrien... Envoyés vers lui par Naâme ? Pour le sauver ?
L'idée est étrange, réconfortante, quoi que peut être un peu décevante... Ce sont des inconnus... Quitte à lui envoyer de l'aide, pourquoi ne pas avoir envoyé quelqu'un qu'il connaissait... ?

-Est-ce que... Vous êtes allé prévenir Athina ? Questionne-t-il, car l'interrogation, comme la soupe, lui a brûlé les lèvres.

-Ah oui ! Mais la chaumière était vide. Parait qu'elle est partie à Albatra, pour une commande, ou j'sais pas quoi, c'est s'qu'on m'a dit... Elle t'a pas prévenu ?

La nouvelle coupe le souffle d'Ilcaste. Athina n'est pas là, Athina est loin... A des lieux d'ici. Alors, pendant sa convalescence il sera seul, veiller par une Mort qu'il va devoir décourager à la force de sa volonté... Il lui faudra se battre, en redoutant que quand elle ne rentre elle ne regrette pas, silencieusement, qu'il ait survécu.


-Ah oui, c'est vrai... Elle m'avait prévenu. J'avais oublié Ment-il. Car de fait, elle ne lui a rien dit... Elle est partie, sans un mot. Et s'il était mort hier, le dernier qualificatif, la dernière image qu'elle aurait de lui aurait été "monstre". A cette pensée, un étau a emprisonné sa gorge. Il doit se forcer à avaler, pour faire passer la soupe et la nouvelle... La chose lui demande trop d'effort, alors il repose le bol. Le geste alarme l'aubergiste.

-Déjà fini ? Tu n'a bût que deux gorgées !

-C'est trop chaud. Répond le chasseur. J'attends que ça refroidisse. Inutile que je me crame la gueule... J'en chie d'ja assez. Ment-t-il. Car la réalité, c'est qu'il la boira pas cette putain de soupe. Il y voit en plus l'intérêt. La griffière aurait mieux fait de le butter... La mort aurait été plus reposante.


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyDim 12 Mai - 15:54

Un 10 Cellune 1100



Les mires bleu acier d’Aubrien se dardent sur la louve tandis qu’il ferme sa main, sur le petit pot. Un sourire doux, presque tendre, illumine son visage. Il devine qu’elle l’a confectionné elle-même, avec les maigres connaissances qu’elle possède. Cette attention le touche particulièrement, lui faisant presque désirer avoir une fille comme la petite Ludivine. Ou que Sidyre apprenne d’elle avant de se reprendre. Malgré son aria, il n’a pas à avoir ce genre de pensées. Ce n’est pas digne de lui.

— Merci. Je vais m’en servir après mes ablutions. Et, n’ayez crainte, je passerai les heures suivantes à me reposer. Je n’ai plus à me déplacer.

Ce qu’il dit est vrai. Il ne repartira à Albatra qu’une fois qu’Ilclaste rétabli. Jusqu’ici, il devra trouver une solution pour les plantes. Faire encore appel à sa puînée le ruinera de cœur et de bourse.

Peut-être que le père Daanio et son épousée, en possède ? Un mince espoir le prend aux tripes. Ses abîmes se posent sur l’aubergiste, plein d’espérance.  

— Est-ce que par le plus heureux des hasards, vous auriez de la camomille ?

Le tavernier semble réfléchir. Après quelques longues secondes de réflexion, les pétales de ses lèvres se décollent.

— Mère Poulard en a planté quand ce fut l’époque.

Il observe tour à tour Ludivine et Aubrien.

—  Avant vous, je ne pensais pas que notre jardinière nous serait si utile.

Il pose sa paume de main sur l’épaule de la louve et Ceadan.

—  Ce soir, vous dormirez et mangerez à mes frais.

Après ces mots, l’aubergiste part. Il doit aussi s’occuper de sa clientèle, de plus en plus dense.

Le coureur de ses dames à une mine pensive lorsqu’il regarde la foule, puis Ludivine, légèrement tendue par la masse grouillante des chalands.

— Espérons qu’Ilcaste puisse bénéficier d’un sommeil réparateur

Il espère que sa parole la détende.  

— Un bon repos favorise la guérison.

Par sa station toujours debout, la douleur lancinante de sa jambe s'accroit. Mais, il tait ses maux. Il n'est pas le genre d'homme à épancher ses affres.

— Nous ferions bien de manger. Rester le ventre creux n'est pas la meilleure des idées.

Il repère une table vide. D'une main, il lui présente la place.

— Venez.

Galant, il tire la chaise pour que Ludivine s'installe. Puis à son tour, pose son séant sur l'assisse.

— Qu'il est bon d'être assit.

On leur sert bientôt le déjeuner : de la poule au pot. Aubrien inhale le parfum de la viande, couplée aux légumes du potagers. Il mange un morceau de géline.

— Vous devriez goûter. C'est exquis.

Cette saveur, le ramène il y a bien des années en arrière, du vivant de son épousée. Il la voit encore souriante, devant lui avant de voir du sang suinter sur sa robe bigarade. Ce souvenir lui coupe l'appétit et met son cœur au bord des lèvres.

C'est sur cet entrefaite qu'arrive madame Poulard.

— Votre bain est prêt et des changes propres vous attendent.

Aubrien abaisse son visage pour la remercier. Puis, il accroche ses orbes azuréennes sur Ludivine.

— Je vais prendre congé. J'en aurai surement pour un moment. Après, mes ablutions, je pense me reposer. Réveillez-moi si Ilclaste s'éveille.

On guide l'apothicaire jusqu'au bain. Milaine, les mains contre ses hanches, observe la jeune femme.

— Après mangé, veux-tu bien m'aider à servir les clients ?

Elle sent que la pauvre petite se sentira mal et délaissée par les deux seules personnes qu'elle connaît.



Une voix souffle son nom, brisant ses songes. Les paupières de Ceadan papillonnent. Un peu hagard, il se met sur la rondeur de ses lunes.

— Allons-y. Vous savez dans quelle chambre il est ?

Un sourire étire les coins de sa bouche.

— Merci pour votre pommade. Elle a fait effet.

L'apothicaire suit Ludivine jusqu'à la pièce à coucher, ou les attend le chasseur. Il frappe contre le battant de bois, évitant ainsi, d'ouvrir sans prévenir de son arrivée.

— J'ai sollicité ma fille. J'ai pu acquérir des plantes. J'ai de quoi apaiser vos douleurs et aider vos plaies à cicatriser, pendant un certain temps.  


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyDim 12 Mai - 18:32

Un 10 Cellune à l'auberge La truite qui rit


Elle se laisse guider. La chaise est inconfortable, la table trop grande, et la nourriture trop riche. C’est exquis, qu’Aubrien trouve. Mais pas longtemps. Une ombre lui passe dans les yeux, et il arrête de manger. Ludivine n’a pas touché son plat, elle le fixe. Elle fixe tout le monde.

« Je vais prendre congé. J'en aurai surement pour un moment. Après mes ablutions, je pense me reposer. Réveillez-moi si Ilclaste s'éveille. »

Elle hoche la tête, lentement, et écoute les pas de l’apothicaire s’éloigner. Ce sont ceux de l’aubergiste qui leur font écho, et puis les remplace. La femme s’arrête près de la table et lui demande son aide. Travailler, Ludivine sait le faire. Se remplir la tête de fatigue et les bras de gestes automatiques. Sans hésiter, elle accepte.

*

Les gens ont mangé. Le soleil s’est éclipsé pour sonner l’heure de boire. Les conversations flottent dans l’air, basses, voyageuses, comme la fumée qui s’élève des pipes à bois pour se mêler à tout ce qu’elle touche. Ludivine tressaillit lorsque la main de Daanio vient se poser sur son épaule. Il est arrivé par derrière, silencieux, pendant qu’elle lavait les bols dans la grande bassine. Ça fait beaucoup trop de mains sur son corps en une seule journée. Assez pour qu'elle commence à se sentir nauséeuse. Dans leurs marécages, les souvenirs tentent de refaire surface.

« Il est réveillé. »

*

Elle n’a pas de mal à tirer Aubrien de son sommeil. C’est comme s’il n’attendait que ça, même endormi, d’aider. Calquant son ombre, elle le suit dans le couloir, jusqu’à la chambre du chasseur. Elle s’y glisse et reste en retrait, effacée. Ses yeux gris percent la demi-obscurité. Les yeux d’Ilclaste sont bien ouverts, eux aussi. Le bougeoir allumé sur la table de chevet jette un rond blafard sur son visage. Ce que la lumière n’atteint pas se creuse en saillies profondes, accentuant les traits de ses os. Comme ça, il semble sévère, ou évanescent. Ceadan se déforme aussi. Il paraît plus grand. Son dos qui se voûte semble s’épaissir.

Ludivine se sent petite, dans son coin de pièce.

Elle n’ose rien dire. Ses yeux tombent sur la flamme quand ceux d’Ilclaste se lèvent vers les siens. Et sur la bourse de lieutons. Elle traîne à côté de la bougie.


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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyDim 12 Mai - 19:12

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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Le chasseur a délaissé sa soupe. Morose, il fixe la fenêtre qui n'ouvre sur aucune lumière. Il fait nuit dehors autant que dans les pensées d'Ilclaste.

On toque à la porte. Le chasseur fronce les sourcils : sont pas sensés le laisser se reposer, bordel ? Non. Ils faut qu'ils viennent, lui parlent, s'inquiètent, vérifient qu'il va bien, mieux, qu'il va vivre...

Lui qui rêve d'un instant pour se morfondre dans les règles de l'art, est bien contraint de revoir ses projets. Il se laissera mourir demain, si on lui en laisse l'occasion.

-Entrer. Marmonne-t-il sans grande conviction. Si c'est Milaine derrière cette porte, elle va lui faire boire de force la soupe, ça va pas être beau à voir...

Mais ce n'est pas Milaine. C'est Aubrien et Loup... Non, pas Loup, Ludivine. C'est vrai, c'est le nom qu'elle a donné ici...Est-ce que c'est vraiment le sien ? Ou un pseudonyme ? Comment savoir... Ilclaste ne sait qu'un chose : il préférait "Loup".

Ils se glissent dans la pièce, et le chasseur réalise qu'il est à la fois content et gêné de les trouver là. Il aurait imaginé que l'un comme l'autre partent... Mais Loup, Ludivine, a pansé ses plaies et Aubrien est allé chercher des plantes.

Son regard glisse vers Loup, en premier. Elle détourne les yeux, lui aussi. Il est trop habitué à l'idée de lui envoyer des répliques cinglantes, que là, il sait pas quoi dire. Heureusement, l'apothicaire parle le premier.

-Vot fille ? Questionne le chasseur, tiquant sur l'information. Aubrien n'avait pas dis que sa progéniture l'avait mise dehors ?
Il s'agite dans son lit, pour se redresser.

-Et vous lui avait dis pourquoi vous aviez besoin de ces plantes ? Comment vous vous êtes retrouvé dans ces bois ? Que ça aurait pu être vous que la griffière aurait agressé ?   Questionne-t-il, car brusquement l'histoire d'Aubrien, lui rappel la sienne... L'abandon qu'il a subit, celui qu'il traverse aussi. La colère monte, et puisqu'il ne peut pas l'exprimer contre Athina, il la canalise sur la progéniture d'Aubrien.

-En parlant de la griffière... On m'a donné ma paye... Ajoute-t-il en coulant un regard vers la brune blotti dans l'ombre.


-J'ai pas vérifié mais... 90 lieutons normalement... Il attrape, la bourse et la soupèse.


-Peut-être même un peu plus... Parce que le vieux Sam a l'air de culpabiliser de ce qui s'est passé... Ajoute-t-il avec un sourire un peu cynique, mais presque tendre.


-M'enfin... C'est pas à moi que ça revient. Ajoute-t-il.


-Tiens... Interpelle-t-il Ludivine.

-S'pour toi ma belle. T'as fais un travail de boucher, et les cicatrices vont être dégueulasses... De quoi faire fuir la jouvencelle. Va falloir que j'envisage de baiser à moitié habillé, pour pas donné la gerbe aux filles. J'aime pas qu'on me vomisse dessus pendant l'acte. Mais au moins, je serai en vie. Grâce à toi. Et comme ma carcasse vaut plus que 90 pièces, jte rajouterai une peau de renard là dessus. Quand j'irais mieux. J'irais te la chercher. Ajoute-t-il, formulant de façon très détournée qu'il a enterré la hache de guerre de son côté.  

-Et vous aussi, Msieur Ceaden, faut que je vous dise merci. J'ai une dette envers vous. J'la payerai. Et pour la plante aussi je payerai. C'est pas négociable, si la protestation vous a traversé l'esprit. J'aime pas me sentir redevable, alors, cherchez un moyen par lequel je peux vous rendre la pareille, on s'entend ? Lâche-t-il sur un ton sans appel.

-J'peux d'ja vous proposer d'occuper ma piaule, si vous avez besoin d'un pied à terre à Lackness. Vous pourrez rester comme ça vous arrange...   Ajoute-t-il, avec un ton plus conciliant.    

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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyLun 13 Mai - 18:00

Un 10 Cellune 1100


Le regard sombre, le cœur en charpie, Aubrien hausse les épaules. Parler de puînée ramène en sa mémoire son inhumanité, la désaffection qu’elle a à son encontre.  

— Oui… ma fille. Mon ingrate de fille…

Répond t’il amer. Encore jamais dans sa bouche, le mot « ingrate » ne fut formulé.  Cela reste la preuve de sa blessure, la plaie ouverte de son cœur. Jadis, elle faisait sa fierté. Mais… Maintenant ? Elle n’est que peine.

— J’avoue ne pas lui en avoir parlé. Mon prime intérêt se portait sur vos plantes et sur leur obtention.

Si la griffière l’avait attaqué lui. Comment aurait-elle réagi ? Il le devine, tristement. Qu’il meure ou soit estropié, la nouvelle la laissera dans la plus parfaite indifférence.  Il sent un frisson glacé l’envahir. L’abandon, l’abandon dévore ses entailles. Il se sent lourd comme du plomb. Les bras croisés contre son poitrail, il s’enfonce dans une douce léthargie.

Il ne revient à lui que lorsque Ilclaste souffle son nom. Ses paupières papillonnent. Il l’écoute. Il part dans un grand rire. Un rire nerveux. Un éclat acerbe. Le chasseur devinera sûrement que cet cachinnation n’a rien contre lui. Il fait, finalement, non, de la tête.

— Il serait indigne de moi, que d’accepter que vous me dédommagiez le prix des plantes. Cela vous ruinerait ou vous mettrait dans l’endettement. Même pour moi, ce fut un coup.

Il prend son courage à deux mains.  

— J’ai peut être une idée, mais, je ne sais pas si vous l’accepterez. Devenir un confident ou un ami. L’offre peut être refusée. Je ne vous mettrai pas le couteau sous la gorge.

Après ses mots, l’apothicaire, se fait tout petit. Tout gêné, il reprend.

— Ce sera avec plaisir que je m'occuperai de votre résidence.

Il observe, tour à tour, Ludivine et Ilclaste.

— Aimeriez-vous, tous les deux, apprendre l'art des plantes ? Celles utiles pour les premiers soins et douleurs quotidiennes.



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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyMar 14 Mai - 1:41

Un 10 Cellune à l'auberge La truite qui rit


La louve ne bronche pas, mais elle darde un regard glacial sur la mine soudain un peu trop joviale du chasseur. C'est qu'il se permet, le balafré, comme il dit si bien. En guise de réponse, elle fait danser avec une lenteur exagérée la bourse entre ses doigts. Les lieutons tintent. Très bien. Elle est une belle mais surtout, elle a du fric, maintenant. Son fric. Malgré cette défiance, il y a pourtant, quelque part, une petite chaleur qui tente de se frayer un chemin jusqu'à sa bouche pour la faire sourire ; elle aime la parure pas très propre d'Ilclaste et ses détours pour lui dire que, finalement, ils ont passé l'éponge sur tout ceci. Si Ludivine était plus honnête, elle refuserait d'ailleurs cette récompense financière. Mais elle ne l'est pas. Comme Ilclaste n'est pas gentleman. Elle est douée pour survivre, c'est tout, ça s'arrête là. Elle attache la bourse dans un des plis de sa robe, fermée aux sous-entendu du chasseur et aux pleurnicheries de l'apothicaire. Le poids de cette richesse passagère l'allège.

Ilclaste propose de loger dans son cagibi, pour un temps. Aubrien offre des cours 101 sur les plantes. Surprise, elle les dévisage un à un, comme si elle se demandait quelle genre de mouche aurait pu les piquer. Putain. Ça survit à la mort, ça prend un bain et ça se claque un petit somme pour ensuite devenirs deux beaux chevaliers serviables à la juste morale et aux coeur charitable ? Sa mâchoire ses contracte avec violence, la violence qu'elle doit se faire pour ne pas mordre.

« … Excusez-moi. »

Elle sort en retenant son souffle, traverse le couloir en durcissant le dos, tourne le coin. Sa tête tourne. Elle ne peut pas faire ça, elle ne peut pas être comme eux. Baisser la garde de cette façon. Offrir comme on offre à n'importe qui, sous prétexte d'une bonne action commune. Mais n’a-t-elle pas veillé le chasseur ? N'a-t-elle pas fabriqué une pommade pour la jambe de l’apothicaire ? Un sang noir circule dans ses veines. Non. Elle ne peut pas, elle ne doit pas se relâcher. S’y habituer. Se ramollir. C’est parce qu’elle a été constante dans sa brusquerie, sa méfiance et son manque de considération pour autrui qu’elle est demeuré en vie si longtemps. Pour se faire trahir, il faut d’abord accepter d'être deux. Elle ne sera plus deux, ou trois, ou peu importe. Elle ne fera pas cette erreur une autre fois. Plus jamais.

Avec une fébrilité mal contenue, elle approche du comptoir pour se servir une chope de bière. L’amertume lui décape le palais, mais apaise ce magma qui remonte des profondeurs. Elle halète. Elle doit arrêter de faire ce qu’elle fait, immédiatement : arrêter de tourner autour d’eux, de leur venir en aide, d'accepter là leur, de rester planter là. Se laisser manipuler par la douceur des autres, cet aigre-doux dans lequel on finit toujours par se noyer. Elle doit reprendre le contrôle. S’élever au-dessus de la situation. Tenir l’arme. Ne plus se laisser amadouer.

Les loups ne sont pas des bêtes de foire.

« Oh, de la bière, en voilà une bonne idée ! Le rétablissement d’Ilclaste, et puis la générosité de votre camarade, ça se célèbre ! »

C’est la grosse aubergiste. Pour la première fois depuis le début, sa voix joviale irrite Ludivine. La femme lui fourre un plateau dans la mains avec une cruche, et deux verres, en plus du sien. Alors le visage de la louve s’ourle d’un sourire caustique, jaune, que l’aubergiste semble avoir du mal à replacer. Elle doit penser que ce sont les ombres de l’éclairage tamisé qui l’induisent en erreur… alors elle garde cette bonne humeur. Du moins, elle s’y efforce.

« Eh bien… apporte ça à nos deux braves hommes. Ça va finir de leur remonter le moral. Rien de mieux pour le coeur et l’esprit qu’une bonne peinte froide. Allez, va ma petite, tu es bien entourée. »

Bien entourée, c’est peu dire. Ludivine s’éclipse et fait chemin inverse. Elle remonte jusqu’à la chambre, sombre. Juste avant de pousser la porte, elle revêt le masque qui lui a fait défaut. Celui qu’elle doit continuer de porter.

En poussant la porte, elle croise à nouveau le regard du chasseur. Aucun éclat, aucune onde ne la trahit. Il a peut-être été un escroc, ou l’est parfois même encore, mais Ludivine se gausse de lui : elle est bien meilleure. Et pour une deuxième fois, elle va le lui prouver. Un sentiment de puissance lui vrille les tripes. Un sourire qui se veut timide fleurit sur ses lèvres roses.

« … On boit ? »

C'est plus une fatalité qu'une question. Elle dépose le plateau, et sert les deux hommes sans attendre leur avis. Ils vont boire. Elle aussi. Alors elle ouvre la marche, leur montre l’exemple ; elle a une bonne descente, quand elle veut. Après avoir expiré, elle se tourne vers Aubrien avec un oeil brillant.

« J’ai pas passé la nuit dernière à me geler le cul au beau milieu de la forêt pour ne pas chercher à me réchauffer ce soir. Ne me refusez pas la compagnie - elle lui fourre la peinte entre les mains, le dévisage -, et puis… votre jambe vous remerciera. L’alcool, c’est bien mieux que toutes vos herbes, là… »

Nonchalamment, elle se tire une chaise pour fermer avec eux le petit cercle qu’ils forment. À Ilclaste, toujours allongé et probablement incapable de faire autrement, elle offre cette fois-ci un sourire radieux. Comme si elle pouvait le dévorer. Ou lui faire passer un message secret, aux milles interprétations possibles.

« … À ton courage, chasseur. »

Elle trinque dans le vide, doucement, au ralenti, et porte à nouveau le verre à ses lèvres. Par-dessus le rebord, elle le fixe. Elle le fixe et, un court instant, ils pourraient se revoir comme à la première fois, au-dessus de cette peinte semblable, dans une auberge semblable, simplement plus au nord.

Puis, son visage pivote légèrement vers l'apothicaire. Son sourire s'étrécit, plus intimiste. Elle prend bien le temps d'ancrer ses prunelles bleutés aux siennes.

« Et au tien, Aubrien... »

Elle veut se venger. Mais elle ne sait pas de quoi exactement.

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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 3 EmptyMer 15 Mai - 20:46

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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Aimeriez-vous, tous les deux, apprendre l'art des plantes ? Celles utiles pour les premiers soins et douleurs quotidiennes.

A la question surprenante, succède un silence malaisant que Ludivine brise d'un bref "Excusez-moi" qui accompagne sa "fuite". Le loup a tourné les talons et Ilclaste, sourit, las, avant d'expliquer à Aubrien :

-Faut pas le prendre contre vous, c'est, juste que c'est son truc... D'partir quand on lui pose une question à laquelle elle veut pas répondre.  

Et sur ce coup-là, il aurait peut-être fait de même s'il avait pu se déplacer... Car la demande D'Aubrien le met mal à l'aise. L'homme se donne, trop vite, trop entièrement... Pour des âmes taillées dans la méfiance et la fourberie, ce comportement est suicidaire et Ilclaste parvient mal à le comprendre, encore moins à savoir comment il doit réagir.

Il ne veut pas blesser l'Apothicaire, déjà suffisamment meurtrit... Mais L'homme fait preuve d'un tel dévouement, d'une telle blancheur d'esprit que le chasseur ne se sent pas digne de cette attention.  

-Je viens d'une terre où tout s'achète. Le pouvoir, le sexe et même... L'amitié. Vous voulez faire de la mienne une monnaie d'échange ? Très bien. Si ça vous chante, je peux vous la vendre... Mais, si c'est la voie que vous voulez choisir, autant que j'vous prévienne. Si c'est par un marché que vous voulez nous lier, il aura une échéance et des limites. Des closes stricts. Vous voyez où je veux en venir, n'est-ce pas, z'êtes assez intelligent pour ça...

Comme on pouvait vendre son corps pour du sexe, Ilclaste propose de vendre sa personne pour distraire la solitude de l’apothicaire. Un contrat, sans sincérité, mais qui serait honoré. Faire semblant de sourire et de rire n'était pas si difficile après tout.

-Et, jpense pas que ça soit ça qui vous intéresse. Alors... prenez le temps pour réfléchir, vraiment, à ce que j'peux faire  pour payer ma dette. La réponse peut attendre... J'ai l'temps. Mais sortez-moi un truc crédible. Quand à mon amitié et ma compagnie, puisqu'elles vous importent autant, laissez simplement la chose se faire, plutôt que de la quémander.

Ajoute-t-il, réaliste et franc.

-Vous croyez me connaître, vous en êtes convaincu, hein ? Alors je vous préviens : la dernière personne qui a fait cette erreur, m'a traité de menteur et de monstre quand elle a découvert qui j'étais vraiment et dans quel fer j'avais été forgé.

Dans la chambre, les ombres des arbres dansent sur le visage d'Ilclaste.

-Soyez prévenu Aubrien. Si les gens de cette auberge savaient vraiment ce que j'ai fait, ils m'auraient laissé crevé dehors...

Glisse-t-il d'un ton lugubre. Il n’arriverait même pas à leur en vouloir... Les Poulard étaient la gentillesse incarnée, alors que lui...  

-Alors méfiez-vous de moi et de "Ludivine" aussi... Vous êtes trop crédule. Elle serait partie avec vos lieutons tout à l'heure. Je le sais, car, fut un temps j'en aurais fait de même. J'laurais peut-être même laissé vous plumer si j'avais pas eu autant besoin de ce putain de cheval pour survivre. Se dévoile-t-il.

-Vous d'vez apprendre à voir au-delà des visages qu'on vous présente. Arrêtez de donner à outrance, si vous voulez pas qu'on vous bouffe la laine sur le dos... Les mots son durs, mais Ilclaste y tient. L'homme doit ouvrir les yeux sur le monde impitoyable qui l'entour.

-Z'êtes un homme bon... Mais vous savez pas vous défendre... Alors, je pourrais vous apprendre, parce que même si vous êtes insupportablement crédule, J'vous aime bien et j'aime pas l'idée qu'on puise abuser vot' gentillesse... Alors la prochaine fois que vous devez faire affaires avec vot fille, j'viendrai avec vous et  j'vous apprendrai à pas vous faire marcher sur les pieds. Propose-t-il avec un sérieux glacial.

Un bruit dans le couloir fait disparaître le masque de noirceur qui s'était dessiné sur son visage. Ludivine ou quelqu'un d'autre revient alors, hâtivement, Ilclaste plaque un sourire désabusé sur les lèvres juste avant qu'on ne franchise la porte, dissimulant ainsi la teinte grave de la conversation qu'il vient de mener.  

La jeune femme apporte à boire. La vision n'est pas sans rappeler leur première rencontre, mais ce n'est pas vers lui qu'elle marche en premier, mais vers Aubrien. Ilclaste réprime un froncement de sourcils... A quoi elle joue ?
Les voir si "proches" pique quelque chose chez le chasseur, un douleur fantôme et pourtant bien palpable qui l'oblige à inspirer discrètement pour ne pas trahir la tension qui s'est logé entre ses épaules alors qu'elle propose de trinquer à son courage. Elle a plongé ses yeux dans les siens. Il ne détourne pas le regard parce qu'il aime bien quand elle pose les yeux sur lui. Plus que quand elle les pose sur Aubrien

-Mon courage ? J'aurais parlé de connerie moi, mais c'est comme tu préfères... Glisse-t-il, avec autodérision.Sans se dérober à l'exercice, il avale une lampée. Ils trinquent ensuite au courage d'Aubrien, et le chasseur pose sur lui un regard plus profond comme pour inviter l'homme à réfléchir à ce qu'il lui a dit avant : faire preuve de méfiance.

-Et à tes doigts de couturière, Ludivine Achève-t-il en prononçant pour la première fois le prénom que la jeune femme porte ici. La consonance lui est si étrangère qu'il a dû mal à le garder sur la langue. Il va devoir faire attention à ne pas se tromper...


 
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