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 [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE

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MessageSujet: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyJeu 10 Jan - 16:03

Rappel du premier message :

Un 9 Cellune dans les bois avoisinants Lackness

C’est une suite d'événements fâcheux qui l'ont menée à Creux-lac, cette portion de pays où elle n’avait plus mis les pieds depuis longtemps, et par choix. Le retour à Borderoc avait d’abord été houleux, ses employeurs habituels s’étaient montré au mieux désintéressés par ses services, au pire démesurément agressifs devant son insistance. Il n’avait pas cessé de pleuvoir. Elle avait volé sa pitance sur un étal et on l’avait vu. Elle s’était prise une correction qui lui laissait encore, en haut de l’oeil gauche, une arcade blanche et fendue. Quand un bon samaritain lui avait proposé de faire la route avec lui vers le sud, le choix avait été impulsif. Il transportait du sel.

Dans ce duché-ci, la vie semblait plus douce mais elle n'était, pour qui connaît la constance d’une vie nomade, qu’une illusion bien construite par l’air affable des badeaux pas moins pointilleux de leur lieutons et l’herbe tendre qui, à défaut d’être comestible, faisait un lit d’appoint pour les siestes éclairs en plein air.

« Vous êtes certaine de vouloir descendre ici ? Lackness n’est plus très loin, je peux vous y mener. »

Il y a des gens tellement serviables qu’ils effraient Ludivine. L’homme a arrêté sa charrette, il attend, pendant que la brune descend en s’appuyant sur l’essieu de la roue. Elle replace le carré de fourrure qu’elle porte toujours à son cou.

« Merci, mais ici, c’est très bien. »

Ils sont dans une éclaircie ; plus loin, la forêt redouble d’épaisseur. Le charretier fait un petit geste du menton vers elle pour désigner son accoutrement - elle porte de ces pantalons d’homme en toile brune qui commencent à être chaud pour la saison, une chemise foncée qui attire les rayons du soleil.

« C’est vous qui voyez, vous pourriez vous acheter quelque chose de plus léger en ville. Le printemps est plus doux à Creux-Lac qu’au nord du Garvorn, vous savez. Un robe, peut-être ? »

C’est une tentative gentille, sans arrière-pensées. Pourtant, elle lui vaut un regard noir. L’homme s’empourpre d’embarras et Ludivine agrippe sa besace avant de la lancer d’un geste vif sur son épaule.

« Je vous souhaite bonne route » que ça crache avec énérvement avant de s’éloigner d’une démarche beaucoup moins chaloupé qu’à l’arrivée.

Le bois l’avale. Elle connaît bien cet endroit, plus feuillus et racineux qu’au nord. Ludivine a choisi de s’accorder quelques jours de retraite hors civilisation ; faire des courbettes pour obtenir un bout de pain commence à l’épuiser. Elle a décidé de rejoindre Lackness à pied quand le coeur lui en dira car comme l’a mentionné le charretier, ce n’est plus très loin. Le jour se réchauffe, l’oblige à rouler les manches de sa chemise. Elle pose deux collets à lièvre dans la première demie-heure, déniche des framboisiers qui commencent tout juste à produire des fruits roses et une rigole claire qui chemine entre les cavités d’un éboulis naturel de roches verdis par la mousse. L’endroit semble construit de toute pièce pour accueillir sa décision de profiter de la forêt. Enhardie par le bon déroulement des choses, Ludivine décide d’agrandir le cercle de son repérage ; ses doigts traînent avec paresse sur les troncs d'arbres qu’elle croise jusqu’à ce que leur pulpe se heurte à des entailles profondes dans l’écorce qui ont laissé s’échapper la sève.

Ça ne ressemble pas au travail d'un ours, ni à un marquage de territoire quelconque. La sève est encore liquide et fraîche, elle gomme ses ongles. La jeune femme s’éloigne en faisant un tour sur elle-même, tombe sur des mottes de terre retournée et, avant qu’elle n’ait pu se dresser un portrait de ce qui s’est déroulé ici un peu plus tôt, ses talons percutent une masse dure à moitié affaissée dans les fougères. Elle bascule et heurte le sol avec une exclamation de surprise, puis le regard fixe et vitreux d’une bête énorme lui arrache un cri avec suffisamment de coffre pour faire s’envoler une flopée d’oiseaux piailleurs.

Elle s’est éloignée avec rapidité en s’écorchant les coudes dans les branches, en poussant la terre de ses talons, mais la distance l’oblige à embrasser la scène du regard. C’est une griffière - elle est immobile, son pelage est assombris de sang par endroit. Ludivine se répète l’information deux fois plutôt qu’une : elle est morte. Elle est morte mais ses yeux sont ouverts. Il y a quelque chose sous elle. La jeune femme prend un moment à réagir même si elle discerne la masse d’un homme, trop sonnée pour bouger.

Puis tout ce fait très rapidement. Elle hoquète, se redresse en hâte en s’appuie de toute ses forces sur la carcasse de l’animal pour la faire basculer. La griffière roule sur le côté et Ludivine s’affale sur un torse humide qui se secoue sous un grognement brutal. Cette personne est vivante ! La jeune femme se rattrape avec maladresse en cherchant aussitôt le regard du blessé mais lorsqu’elle le trouve, elle n’a pas la réaction à laquelle on s’attend des renforts.

Lui.

Ludivine saute sur ses pieds, plus réactive encore qu’à la découverte du félin. Son coeur repart de plus belle, claquant dans sa poitrine comme le tonnerre d’un cheval lancé au grand galop. Elle dévisage Ilclaste, les mains engourdies, figée comme les arbres autour. d'eux Pars, laisse-le là.

On dirait qu’elle attend qu’il lui parle. Qu’il lui prouve qu’il est incapable de se redresser pour se lancer à sa poursuite. Qu’il lui montre qu’il est assez mourant, suffisamment mourant pour qu’elle daigne penser à lui venir en aide. Le carré de fourrure pend hors de la chemise avec arrogance.

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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyDim 19 Mai - 12:53

Un 10 Cellune 1100


L’apothicaire, regarde la louve partir, pantois, avant de comprendre qu’il a sûrement instauré la gêne, par sa proposition. A nouveau, il aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d’ouvrir la porte de son cœur. Dans son désir de bien faire, de les prendre sous son aile, de leur montrer que l’humanité n’est pas si pourrie, il a oublié l’essentiel, leurs ressentis. Il ne peut tendre la main et sortir des ténèbres, les âmes en peine, sans prendre en considération leurs sentiments.

Blasé par sa propre bêtise, il laisse échapper un rire nerveux à la réplique d’Ilclaste. Les bras ballants et le regard triste, il darde ses mires bleu acier dans les abîmes du blessé. Car lui-même doute des mots du chasseur, il hoche négativement sa tête.

— Je crains sincèrement que ma proposition y est pour quelque chose, Ilclaste. J’ai dû la déconcerter et la gêner. Comme ce fut le cas pour vous. A l’avenir, je tâcherai à ne pas m’imposer davantage dans vos existences sans que cela ne soit votre souhait.

Ses phalanges viennent se perdre dans son bouc alors qu’il écoute attentivement son vis-à-vis. Au fur est à mesure qu’il s’épanche sur sa nature, Ceadan blêmit, non par crainte de lui, mais par compréhension que sa vie ne fut que teintée de sang, de larmes et désespoir.

— Même si j'avoue ne pas vous connaître entièrement, je me réfère surtout à l'homme que je vois aujourd'hui. Vous êtes quelqu'un de bien, Ilclaste. Votre regard et votre franchise en sont la preuve la plus flagrante. 

Il se tait, fut un instant. Puis, il poursuit, un sourire doux relevant les coins de sa bouche.

— Peut-être que vous me direz que ma perception de vous est une erreur. Mais, vous ne me ferai pas changer d'avis. Vous n'êtes pas quelqu'un de foncièrement mauvais.

L'apothicaire montre un visage plus sérieux.

— Quant à ma fille, je crains que vous ne puissiez jamais venir avec moi. Je compte couper les ponts avec ma propre progéniture. Aussi dur que cela puisse être pour moi, c'est la seule solution.

Mettre des mots sur ses intentions, ne rend que plus difficile sa décision. Cependant, ils ne lui laissent guère le choix. Il sait qu'espérer un changement ne le rendra que plus malade et triste. Sa dernière mésaventure avec sa puînée fut le déclencheur de sa résolution.

— Vis à vis de votre "dette", je vais tâcher d'y réfléchir plus sérieusement. Sur l'instant, j'avoue ne pas avoir d'idée.

Un court silence ne s'installe avant que Ludivine ne revienne chargée d'un plateau sur lequel sont posées des pintes. Voyant qu'elle en tend une dans sa direction, Aubrien hoche négativement de la tête.

— Ce n'est pas une bonne idée, vous savez. Ma compagnie risque d'être désagréable.

Voyant leur visage, il abdique.

— Soit. Je vous aurai prévenu.

Il prend l'anse de la choppe.

— A la vôtre...

Et il porte la boisson à sa bouche. Il avale de grandes goulées de bière avant de souffler.

— Satisfait ?


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyLun 27 Mai - 2:55

Un 10 Cellune à l'auberge

La première chose apprise par Ludivine fût de savoir observer. Avant les mots et tout le reste, elle guettait. Guettait sa mère, assise à la lucarne, occupée à ronger ses ongles noirs en regardant au loin ; guettait l’arrivée de la nourriture sur la table, le pain qui se faisait rare, et le poisson plus encore ; guettait les va-et-vients de son père dans leur terrier gris, son humeur, son odeur âcre et aviné ; guettait les bruits de pas s’arrêtant au pied de son lit, la nuit, et guettait la rumeur de la colère, de la folie, avant que les coups ne pleuvent sur tête comme chaque bribe d’enfance un peu trouble, semblable à cette eau saumâtre stagnant sous le quai bordant la maison.

Alors Ludivine observe. Le regard soutenu d’Ilclaste, d’abord, puis l’inébranlable foi d’Aubrien en la bonté des gens, et qui n’a rien remarqué. Elle cale le bas de ses épaules contre le dossier en bois de la chaise, le corps détendue, mais l’esprit crispé, alcool aidant. Elle aimerait qu'Aubrien soit désillusionné. Elle aimerait briser sa gentillesse. Se donner raison. Ou s'arracher la peau.

Elle suit les yeux du chasseur qui vont implorer, furtifs, quelque chose de secret chez l’apothicaire - un message que le vieillard, trop occupé à se demander s’il doit accepter d’entrer dans le jeu ou non, ne semble pas recevoir. Ludivine se contient. Les non-dits et les ressentis fantômes planent dans la chambre comme une fumée épaisse et transparente. Ils occupent l’espace entre Ilclaste et elle. Font qu’ils se touchent, peut-être, par l’entremise du vide. Les bouts de ses doigts fourmillent à l'idée de se presser à nouveau contre sa peau brûlante, de pouvoir le toucher pour une autre raison que de devoir l'arracher à la mort.

« Et à tes doigts de couturière, Ludivine. »

Son nom, entre ses lèvres. La brune dévie légèrement le regard - insoutenable. Elle avale une autre lampée de bière. Plus elle en prend, plus elle réalise que le goût lui est amer, presque insupportable. L’âprêté du houblon stagne dans l’arrière de sa gorge, la fait frissonner. Est-ce que son père ressentait la même chose, est-ce que c’est pour cela qu’il s’obligeait à boire jusqu’à éteindre l’humanité dans son coeur, nuit après nuit, comme un châtiment ? Elle ne saura jamais ce qu’il désirait tant purger. Kamaâl lui-même, peut-être. Purger le monstre de son corps. Et il le lui a transmis, en lui faisant toutes ces choses odieuses.

Ce n'est pas une bonne idée, vous savez.

Il lui a planté cette graine dans le ventre. Sa condamnation. Son premier enfant.

Ma compagnie risque d'être désagréable.

C’est son seul héritage. Le mal incarné en la vie. Peut-on faire plus mauvais ?

« Satisfaits ? »

Ludivine resserre sa prise autour de sa chope. Elle est ici, avec eux, et ailleurs tout à la fois.

« Tout à fait. Ça va vous décoincer, un peu. » qu’elle éructe en levant de nouveau ses billes grises vers le viel homme. « Être désagréable ne vous ferait pas de mal, je dirais même que ça pourrait vous rendre un peu plus normal, et un poil plus attrayant. »

Silence. Son ton était peut-être un peu trop sardonique. Qu’importe, elle compense rapidement cela en lui offrant un sourire doux et des yeux plus félins. Avant qu’on ne la coupe, et pour faire suite au blanc qui pourrait laisser la chance aux deux hommes de se dépêtrer de la situation qu’elle créer pour eux, et sur mesure, la louve rattrape la cruche de bière et remplit à nouveau les chopes. Ils ont de sacrés bonnes descentes. Tous les mêmes. Mais après une nuit aussi éprouvante, qui résisterait aux bras vaporeux de l’éthanol ? Elle-même pourrait se faire prendre à son propre jeu. Elle ralentit la cadence, mimant des gorgées fréquentes alors qu’elle ne boit presque plus.

« Vous savez, je viens de la région… »

La réserve s’en va, juste un peu. Elle hausse des sourcils pour soutenir ses dires, et étouffe même un rire derrière ses dents en voyant leurs mines un peu pantoises. Elle ne sait même pas pourquoi elle leur dit ça. Parce qu’une confidence, ça va dans les deux sens, peut-être. Ou parce qu'elle ne supporte plus. Elle plie la nuque, regarde ses genoux.

« D’un village plus au sud, que personne ne connaît. Moi-même, je ne suis pas certaine que je pourrais retrouver mon chemin jusqu’à là-bas. Je ne sais même pas comment il s’appelle. »

Elle rit vraiment, cette fois. Parce que c’est drôle, quand on y pense. Ou misérable, à voir. Elle relève les yeux, vers la fenêtre. Comme si elle pouvait voir le village se révéler d'ici. Mais derrière les carreaux sales, il n'y a qu'une nappe d'encre. C'est une sensation étrange que de savoir l'endroit où on est né tout en sachant qu'on ne pourra pas le retrouver. Toutes les naissances sont des mensonges, de toute façon. Ce n'est jamais, et ça n'a jamais été, d'heureux moments.

« Nous, on appelait ça les Quais. Où est-ce que tu habites ? Aux Quais. Parce que c'est ce que c'était : un réseau de planches de bois flottant sur l'eau, et des petites cabanes qui semblaient flotter là, dans la brume. Le sel rongeait tout. Même le bonheur des gens, parfois, j'avais l'impression... Dans la région, tout le monde savait ce que ça voulait dire, les Quais. Vous imaginez… et ici, si je demandais à quelqu’un de me dire où ça se trouve, ils penseraient en voilà une drôle de question, les quais sont au lac. Et ils se trouveraient très perspicaces, mais au fond ils seraient insignifiants. Comme quoi les gens pensent savoir bien des choses, même ces choses qui paraissent les plus évidentes, mais plus souvent qu’autrement, ils se trompent… »

Ludivine a tourné le visage vers l’apothicaire. De nouveau, le ton s’est refroidit dans sa bouche devenu plus sèche. Assez pour l’encourager à prendre une autre gorgée - ce qu’elle fait. Voilà, la chaleur revient. Dans son ventre, dans le coin de ses lèvres. Elle dévisage Aubrien, une lueur taquine - ou cruelle - au fond des yeux.

« Et vous, Monsieur l'académicien de l’Ordre du Savoir… » qu’elle ronronne en croisant sa jambe droite sur sa gauche, goguenarde. « … je suis certaine qu’on vous a enseigné un tas de trucs que les savants démentiront dans quelques années, quand ils auront fait d’autres brillantes découvertes. Je me demande vraiment ce qu’on vous apprend, à l’Académie. Des murs si épais, et des livres si volumineux doivent bien servir à cacher une source quasi divine de la connaissance. Dites-nous, qu’est-ce que vous savez que nous ne savons pas, et qui nous seraient utiles, à nous, pauvres hères sans éducation… »

Elle sourit posément. Difficile de saisir la réelle demande. Elle badine, se moque, s’intéresse ? Dans tous les cas, Ilclaste pourrait aussi bien dormir que ça ne changerait rien. Elle l’oubli, volontairement. Alors elle ne l’oubli absolument pas. Elle veut lui faire payer ce qu’il chamboule chez elle. C’est viscéral, animal, irréfléchi. Et pour Aubrien, elle veut, au pire, obtenir de lui tout ce qu’elle souhaitera ou, au mieux, réussir à le provoquer suffisamment pour se faire remettre à sa place.

Se saborder reste, dans ce cas-ci, la meilleure façon de se châtier quand on n’a pas le gène de la bouteille. Finalement, son héritage est plus tenace qu'elle ne pourrait le croire. Le sel des Quais s'est cristallisé dans ses veines.

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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
[Ludivine Permont à propos d'Ilclaste]
MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyMer 29 Mai - 23:34

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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L'apothicaire est un homme buté. Et, en l'écoutant parler, un léger sourire étire les lèvres d'Ilclaste. Ce n'est pas un sourire joyeux. Pas un sourire triste non plus. Peut-être est-il plutôt ému. "Vous n'êtes pas quelqu'un de foncièrement mauvais" affirme l'Homme et, plus qu'il ne veut le montrer, ces mots touchent Ilclaste.

Ils le touchent car, même si il s'en méfie, il veut y croire... Vraies ou fausses, ces paroles redonnent un peu d'espoir au chasseur... Car, s'il existe quelqu'un pour croire qu'il peut être bon, alors, cela lui donne la force de l'être.

Peut-être n'est-il pas si bon que cela au fond... Mais peut-être peut-il le devenir. Comme il voulait le prouver à Athina...

Mais Athina est partie. Elle n'est pas là. Elle est partie quand elle a comprit l'homme qu'il était.  

Aubrien, lui, est là. Il reste alors même que le chasseur l'a mis en garde. Il place sa confiance et sa foi en un Ilclaste qui, pour cela, voudrait le traiter de pauvre fou. Et pourtant, il n'en fait rien... Car c'est de la gratitude qu'il ressent pour l'apothicaire. De l'agacement, aussi, devant pareille tête de mule ! Mais, indéniablement, cet agacement est accompagnée par de la gratitude et la promesse silencieuse de ne pas le décevoir.  

Finalement, l'arrivée de Ludivine s'est fait au bon moment. Le chasseur a pu remettre son masque et y dissimuler l’émoi qui lui venait.

La bière aussi aide. C'est pour ça qu'Ilclaste en avale une grande gorgée. L'amertume du breuvage a le goût de sa dernière rencontre avec Ludivine. Ce souvient-elle de leur jeu ? De la façon dont elle s'est jouée de lui ? Des peaux qu'elle lui volé ? Elle n'a même pas relevé pour celle qu'il a proposé de lui chasser...

Et l’indifférence avec laquelle elle le traite n'a pas de quoi le rendre jovial. Quand à la dureté dont elle use envers Aubrien, elle le froisse, autant parce qu'il ne veut pas voir l'homme être blessé que parce que jusque là, c'est à lui qu'elle réservait ce genre de répliques... Il faut croire qu'elle a trouvé un nouveau jouet. La chose devrait le soulager. Mais elle l'agace.

Alors, il se dit qu'il va boire pour faire passer le temps. Et se saouler, il l'aurait sûrement fait si Ludivine n'avait pas commencé à se confier. "Vous savez, je viens de la région…" qu'elle raconte, et le chasseur s'alarme : L'alcool délit les langues et la sienne à trop à dire pour qu'il ne la laisse faire.

Il regarde sa choppe et s'insulte intérieurement... S'il boit à outrance, il va tout foutre en l'air. Il a des secrets à garder. Il doit rester maitre de son esprit.

Il reporte sont attention sur l'échange en face de lui. Il se fait violence, et étend le bras pour poser sa choppe sur la table de chevet. Il a le ventre vide en plus ! Quel con. Depuis quand agit-il aussi stupidement ? Hier il se jetait dans un affrontement avec une griffière et aujourd'hui, il avait faillit ruiner trois années de couverture pour s'oublier dans l'alcool...

Misérable.

Faut te reprendre mon vieux. Tu peux faiblir, mais jamais devant les autres. Se souvient-il.

-Dis Ludivine, j'vois qu'Aubrien est pas le seul à avoir l'alcool mauvais. Provoque-t-il. Peut-être un peu sévère.

-Si vous envisager sérieusement de vous saouler la gueule pour vous bouffer le nez, j'aime autant que vous me laissiez dormir en paix. Lâche-t-il à l'adresse des deux. Il avait bien assez à faire avec sa morosité pour ne pas se coltiner celle des autres.

-Aubrien, dans votre état, j'suis pas sûr que ce soit approprié de vous mettre une mine. glisse-t-il.

-Surtout si vous devez me donner ce cours sur les plantes cicatrisantes demain ? Vous vous rappelez ? J'ai dit que je voulais commencer le plus tôt possible. Ajoute-t-il, rusant pour offrir à l'apothicaire une porte de sortie. Jamais, il n'avait accepté l'offre de l’apothicaire, mais puisque Ludivine avait quitté la pièce, elle n'en savait rien. Du reste... Il n'était pas contre cet apprentissage. Si Aubrien était vraiment un Enfant du savoir, les connaissances qu'il pouvait livrer à des "hères sans éducation " comme eux étaient considérables. Sans négliger une autre idée qui venait de germer dans l'esprit dans l'esprit d'Ilclaste. Si Aubrien appartenait à l'Ordre du savoir, cela faisait de lui la personne là plus, potentiellement, proche de la reine avec qui Ilclate pouvait se lier...
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyDim 16 Juin - 11:21

Un 10 Cellune 1100


Ceadan croit fermement en la bonté d’Ilclaste et son manque de perfidie, si bien que son acceptation de cet être blessé, au plus profond de sa chair, n’en est que plus sincère. Il voit surtout en l’homme, une personne meurtrie, érodée par le temps, qui déconsidère l’humanité et plus tristement encore, la générosité de l’espèce humaine. Cette façon de percevoir le monde, comme une pomme pourrie, rend triste Aubrien.

Il aimerait pouvoir chasser les poids attachés aux épaules de son vis-à-vis, ceux qui le maintiennent fermement captif dans un monde de ténèbres poisseux. Il ignore que sa conviction profonde a percé une rai de lumière dans sa cage d’obscurité. Et l’arrivée impromptue de Ludivine et son intervention l’empêche de percevoir dans les pupilles de son homologue comme un merci.

Peut être que s’il l’avait vu, un sourire non feint aurait relevé les commissures de ses lèvres, à la place de cette expression dubitative face au jeu de la louve. Que cherche-t-elle vraiment par ses répliques successives ? Le sortir de ses gongs ? Il lui a par maint fois prouvé que sa patience était d’argent.

Il finit sa lampée de bière, indifférent à l’acidité des mots. Lorsqu’il termine, les puits profonds de ses mires, s’accrochent aux billes nuageuses. Tandis qu’il est prêt à parler, il se fait couper dans son élan par l’histoire de sa vie. Mettant de côté ses phrasés, il attend le moment adéquat pour prendre la parole.

Lorsque cela vient, il se lève.

— Si vous cherchez les coups de bâtons, Ludivine, vous ne les obtiendrez pas de moi.

Il s’approche d’elle. Sa main libre, comme un papillon timide, vient se nicher sur l’épaule de la jeune femme.

— Vous vous faites du mal en cherchant des poux aux personnes qui peuvent vous comprendre. Et cela me chagrine.

Et sa paume, si chaleureuse, se retire. Il pose la chope sur le mobilier le plus proche. Puis, il se tourne vers Ilclaste.

— Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de me « bouffer le nez » avec aucun d’entre vous.

Il avance d’un pas vers la porte.

— Et vous avez raison, il serait mieux que je parte me coucher. Surtout si je dois me lever tôt.

Sa main attrape la poignée de l’huis.

— Il est temps pour moi d’y aller.

Sur cette entrefaite, il commence à quitter la pièce. Puis se retourne.

— Encore merci pour la pommade. Elle a fait son effet.

Cette fois-ci, il rejoint la chambre qui est la sienne, laissant Ludivine et le chasseur, seul à seul.


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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyJeu 27 Juin - 0:17

Un 10 Cellune à l'auberge

Oui, le chasseur a la réaction que Ludivine anticipait, mais l’imaginer est différent. Beaucoup moins maître de ses gestes qu’elle ne l’est de ses mots, la jeune femme toise Ilclaste avec un regard mauvais. C’est sa seule arme, semble-t-il, et son efficacité s’épuise. Qui peut continuer de craindre une louve blanche et chétive, qui gronde, et gronde, sans force, pour défendre une tanière vidée depuis longtemps. Elle n’a plus rien à défendre, si ce n’est le fantôme de ce qu’elle croit être, ou mériter - presque rien.

C’est l’apothicaire qui l’achève en se relevant, mesuré, avant de poser cette même main tendre sur son épaule. Elle sent un noeud se tendre au fond de sa gorge, un vent aride qui vient de l’intérieur lui assécher les yeux. Sa focale dévie vers un néant improvisé, dans le coin de la chambre ; partout peut devenir n’importe où, avec suffisamment de désillusion.

Vous vous faites du mal…

Elle s’en rongerait les pattes si vraiment elle était ce qu’elle sent être depuis des années, une bête qui s’affaiblit, traquée depuis trop longtemps par sa propre mémoire. Crispée, prête à se fendre comme un rameau, elle refuse de bouger, de les regarder, d’expirer au encore merci pour la pommade, elle a fait son effet. Si elle retient son souffle suffisamment longtemps, la pression pourrait redescendre, docile, dans le creux de son estomac. Mais quand la porte se referme, elle a comme un hoquet silencieux, quelque chose qui lui ouvre furtivement les lèvres avant de les refermer sans que rien ne puisse être hurler.

Le rien s’installe entre elle et le chasseur silencieux. Un rien qui enfle, qui la brûle, qu’elle a peur de remplacer avec autre chose.

« … Désolé. »

La voix est basse, cassante. Traînante à la fois. Elle ne sait pas dire désolé pour quoi ; au départ, ça lui semblait évident. Et maintenant que c’est sorti, murmure fracassant leur mutisme, il lui semble que ça vaut pour tout. Désolé pour la colère, pour la douleur, pour hier, pour les peaux, pour les espoirs qui se fracassent la gueule sur des coins de vie et pour les blessures immortelles qui n’en finissent plus de se réouvrir dans la plus grande indifférence de leur humanité qui en souffre.

Les mains recourbées autour de sa chope, Ludivine se sent lasse. Mais loin d’avoir une posture abattue, il semble au contraire qu’elle se rigidifie, qu’elle s’efface, qu’elle se gobe de l’intérieur. Il n’y a que la respiration du chasseur qui la retienne dans cette pièce. Et son odeur musquée. Et peut-être autre chose, mais quoi ; même avec son flair, la louve ne saisit pas tous les parfums qui savent enivrer l’instinct.

Soudain, son bras bouge. La brune agrippe le pichet de bière et remplis à nouveau leur verres, décidée.

« Bois quand même. Je vais devoir changer tes bandages, ça engourdira un peu la douleur. Tu sais que je ne suis pas très douce. »

Elle pourrait l’être. Sa main tremble. Elle repose le pichet en vitesse et se lève pour s’affairer en frottant ses paumes sur les pans de sa jupe. Mais elle n’y peut rien ; une fébrilité lui rampe le long des bras, des poignets, tenace.


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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyVen 28 Juin - 21:24

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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Quand Aubrien prend la parole, c'est de son calme désarmant qu'il répond, laissant une Ludivine patoise et un Ilclaste secrètement impressionné par cette maitrise de soi sur une sortie presque théâtrale.

Le chasseur est rassuré par la décision raisonnable de l'homme, mais.... quelle rencontre ! Ne peut-il s'empêcher de songer... C'est le hasard qui a porté Aubrien sur son chemin mais il le sent, eux deux n'en n'ont pas encore fini... Cette rencontre est de celle qui laisse une trace, un lien infime, comme un fils d'araignée reliant entre elles deux âmes qui avaient pourtant fait de la solitude leur compagne.  

La porte se referme et dans la pièce à la lumière tamisée il ne reste plus que lui et Ludivine. Entre eux, un instant de flottement qu'aucun ne brise. Ilclaste, lui, n'a pas grand espoir. Le Loup ne va pas tarder à prendre la fuite... Encore une fois. Il faut juste attendre et il va faire demi-tour...

"Désolé".

Voilà. Ilclaste le savait. Elle va décamper, comme elle sait si bien le faire et lui... Et bien lui pourra librement se morfondre, reprendre là où il en était quand ils l'ont interrompu...


"Bois quand même. Je vais devoir changer tes bandages, ça engourdira un peu la douleur. Tu sais que je ne suis pas très douce."

Interpelé, Ilclaste tourne un regard interrogateur vers elle. Il l'avait pas vu venir celle-là. Il laisse filer un demi-sourire.

Si tu veux...

Lâche-t-il,  car l'argument se tient et que si ça peut la faire rester un peu, eh bha, pourquoi pas.

Je vais dérouiller quand même. Affirme-t-il, lucide.

Lui se redresse, se préparant au soin. Il n'a pas vraiment envie, c'est clair, mais c'est nécessaire... Et puis si c'est son Loup qui s'en occupe, il encaissera. Alors, il avale une demi-choppe cul sec, et dépose le reste.

Ça devrait suffire. Affirme-t-il.

Pas besoin de m'engourdir plus. J'voudrais pas t'priver du plaisir de me faire gémir...

Lance-t-il, avec un sourire filou qu'il plaque sur son appréhension ou son impatience, lui même ne sait pas vraiment.
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyMar 2 Juil - 3:11

Un 10 Cellune à l'auberge

Le chasseur n’oppose aucune résistance, et c’est suffisant pour que la bouche de Ludivine réponde, avec réserve, au sourire goguenard d’Ilclaste. Je vais dérouiller, quand même. La louve hausse une épaule, faussement indifférente ; ses yeux viennent de tomber par nécessité, afin de préparer le matériel, mais aussi par choix - elle se substitue au regard perforant de l’homme bien qu’elle ait souhaité le rencontré tout du long qu’il était prisonnier de sa fièvre. Ce jeu du chat et de la souris commence à l’épuiser, pourtant elle le maintient, par habitude, par peur.

« Pas besoin de m'engourdir plus. J'voudrais pas t'priver du plaisir de me faire gémir… »

Ça, ça lui fait échapper un large sourire qu’elle ne peut contenir, quelque chose qui ne vient pas souvent se ficher sur son visage blême et qui, pour la première fois depuis longtemps, l’éclaire véritablement. Même si Ludivine garde la nuque pliée, déstabilisée par le rictus arrachée comme un rien que cette pique idiote vient de provoquer, le chasseur peut deviner ses dents droites, les minuscules fossettes qui creusent ses joues, les rides fines qui tirent les côtés de ses yeux bleus.

« Ça me fait toujours plaisir de t’entendre, tu le sais. »

Ça devait être sarcastique - l’entendre râler, jurer, grogner - mais ce n’est pas de cette façon que ça sort. Le ton est doux, sincère. Ludivine ravale, son visage se referme à moitié, mais on ne peut pas aspirer des mots qui ont déjà raisonnés. Tant pis. Elle attaque tout de suite la besogne, ne laisse pas le temps au silence de s’étirer dans du rien, là il gagnerait en puissance.

Agiles, ses doigts blancs défont une à une les bandes de gaze. À certains endroits, la peau charcutée retient les fils, et Ludivine redouble de douceur. Pas de gémissements pour l’heure. Mais probablement des sueurs froide, si le chasseur a baissé le menton pour regarder à nouveau le travail de la griffière et le sien. Cette fois, c’est la brune qui avise la chope et qui prend deux gorgées pour se donner du courage.

« Ne fais pas trop de bruit quand même, faudrait pas réveiller les autres clients de l’auberge. »

Demi-rictus. Elle plonge le coin d’un linge propre dans l’eau de la bassine et nettoie les pourtours de la plaie. Légèrement moqueuse, elle le félicite : « Tu fais bien ça. C’est une habitude de croiser la mort ? »

Ça, c’était peut-être un peu plus mesquin que voulu. Mais Ludivine est salée, et parfois, ça lui échappe. Mais cette fois, plutôt que de fuir le regard du chasseur, elle relève aussitôt la tête et le dévisage, la mâchoire crispée. Peut-être qu’elle attend une réponse, finalement.

Peut-être que c’était la question qu’elle voulait réellement poser, et de cette façon.

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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyMar 2 Juil - 23:07

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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"Ça me fait toujours plaisir de t’entendre, tu le sais"

Le chasseur sourit à son tours. Amusé et satisfait qu'elle joue à son jeu. Il aimerait dire que cela le détende, mais déjà elle s'approche pour commencer son office et, irrémédiablement, ses muscles se tendent et se contractent appréhendant les soins.

Son visage a perdu la légèreté de son sourire provoquant et a laissé place à une mine plus concentrée alors qu'elle commence à retirer les bandages et qu'il ne respire plus que par à-coups.

Il aurait aimé détendre l'atmosphère de l'une de ces remarques dont il a le secret... Mais rien ne vient. C'est que la tronche de ses cicatrices a de quoi lui couper la chique...

La louve a-t-elle senti ses préoccupations ? Peut-être que oui, car c'est elle qui éloigne le silence pesant d'une remarque qui fait jaillir de la gorge d'Ilclaste un éclat de rire, rude comme le jappement d'un morggon mais non moins sincère.
Cependant, la détente est de courte durée car la contraction de ses abdominaux réveille la douleur et, cette fois, le chasseur gémit pour de bon.

Serrant de nouveau les mâchoires- faudrait pas réveiller les voisins- il relève les yeux vers la Louve à l'étrange question qu'elle vient de lui poser et plonge son regard dans le sien...

Il fronce les sourcils, songeur... C'est qu'à bien y regarder...

-Je peux pas prétendre le contraire... Réalisa-t-il. C'est vrai que depuis Vissomort, son instinct de conservation en a prit un coup... C'est depuis ce temps là qu'il joue ce jeu dangereux où il va chercher la mort si proche que Naâme doit lui sauver la peau...

Pourquoi ? Peut-être pour se prouver que le Dieu le protège toujours... Ou pour comprendre pourquoi il l'a sauvé tant de fois... Peut-être que c'est en courant vers sa mort qu'il espère trouver le sens de sa vie...

En tout cas, aujourd'hui, le Dieu semble s'être lassé de ce petit jeu. Il l'a sauvé, oui, mais pas immédiatement... Iclaste doit-il y voir une remontrance ? Un, "je ne serais pas toujours là pour te sauver les miches, gamin" ? Ça en a le goût en tout cas...

C'est bien la première fois qu'il met le doigt sur cet étrange comportement et pendant ce temps Ludivine termine le bandage dissimulant ses blessures... Mais il n'a pas besoin de les voir pour les sentir, savoir que tout n'est pas encore gagné.

-Mais, cette fois, j'ai peut-être joué un peu trop fort... Pas sûr que je m'en tire. Marmonne-t-il, plus pour lui-même que pour elle. Il n'a jamais écopé de telles cicatrices... Il ne sait même pas s'il va finir boiteux ou retrouver toutes ses capacités.


-Et toi... Où t'a appris à coudre les chaires comme ça ?

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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptyMer 3 Juil - 2:52

Un 10 Cellune à l'auberge

Alors oui, ce n’est pas la première blessure, mais c’est peut-être la plus dangereuse que le chasseur ai dû à apprivoiser jusqu’ici. Le pas sûr que je m’en tire fait serrer des mâchoires à la brune. Elle a eût la même réflexion, mais elle la garde. De si profondes entailles, c’est au traumatisme pour le corps. Ilclaste pourrait ne jamais s’en remettre complètement. Pour une raison idiote et qu’elle ignore, Ludivine a la sensation que tout est de sa faute. Pourtant, c’est elle qui l’a trouvé.

« Et toi... Où t'a appris à coudre les chaires comme ça ? »

Elle finit d’attacher les bandages.

« J’ai dû me recoudre moi-même à quelques reprises. »

Le ton est égal, mais les yeux demeurent baissés, prétextant la concentration. Puis elle suspend ses gestes, comme bloqué à retardement par la question. L’hésitation s’entasse dans ces quelques secondes de silence où Ludivine ne bouge plus, la nuque pliée, puis meurt dès lors qu’elle retrousse doucement les manches de sa robe jusqu’à ses épaules fines. Une kyrielle de petites cicatrices font des chemins tortueux sur la peau blanche. Sur l’une des épaules, le fantôme d’une blessure plus profonde. La plus pénible qu’elle ait dû se rapiécer seule.

La collection continue dans le haut du dos, caché pour l’instant.

La louve plante ses mires pâles dans celle du chasseur.

« Tu n’as quand même pas pensé que j’étais une enfant de coeur la dernière fois qu’on s’est laissé. Ce que je t'ai fait, je le fait tout le temps, et à tout le monde, Ilclaste. »

La voix est dure, braque une lumière vive sur cette réalité qui est la sienne et qui, dans les dernières heures, auraient pu échapper aux deux hommes. Elle est une fille de la rue, et la rue est mauvaise mère. Ludivine esquisse un demi-sourire, légèrement contrit. Elle rabaisse les manches, le coeur cognant un peu plus fort. Elle fait le noeud sur le dernier bandage, serre d’un coup sec pour ne pas que l’ensemble de l’oeuvre ne s’étiole. Ilclaste n’a pas menti ; il gémit à nouveau.

« … J’ai fais de très mauvaises choses et on m’en a fait de très mauvaises aussi. Les dieux en sont témoins. C’est eux qui demandent à ce que les choses soient ce qu’elles sont. Et le truc le plus con qu’ils ont souhaité, c’est que notre vie dépende entièrement d’une petite pierre. J’imagine que ça les fait bien rire de rendre la chose plus futile encore qu’elle ne l’est déjà. »

Amertume.

La brune remplit sa choppe.

Si elle parle autant d’un seul coup, c’est peut-être parce qu’elle sait qu’Ilclaste est cloué là, qu’il devra écouter. Et qu’elle n’a pas l’intention de partir. Pas maintenant.

« … Désolé, on s’en fout de toute façon. Il faut que tu te concentres sur ta guérison. »

Se concentrer là-dessus ne va peut-être pas accélérer le processus de cicatrisation, mais en tout cas, ça évitera à tout le monde ici de broyer plus de noir. La convalescence risque d’être longue, autant l’amorcer sur le bon pied.

« Si tu veux que je partes, il faut me le dire. »

Elle lorgne la porte, mal à l'aise. Ilclaste ne veut pas entendre ses discours, sa tête pleine, qui elle est. Il ne veut pas de tout ça, et elle le sait. Elle croit le savoir. Maintenant qu'elle s'échappe avec un peu trop de facilité, et que de parler commence à lui alléger le poids qu'elle a dans le sternum, la louve panique.

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"C’est un mufle, un malotru, élevé dans la forêt par des makicores sans manières, qui pue le cuir, la crasse, l’irritation, le voyage sans romance ; celui qui se fait en se traînant comme une mauvaise coucheuse de bourgs en bourgs en étalant son humeur de chien à tout vent"
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MessageSujet: Re: [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE   [9 CELLUNE 1100] LA CHAÎNE ALIMENTAIRE - Page 4 EmptySam 6 Juil - 20:59

Il était une fois un 10 Cellune 1100 paumé dans un bois du Creux-lac, proche de Lackness Information hors-RP :  
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"Ce que je t'ai fait, je le fait tout le temps, et à tout le monde, Ilclaste. J’ai fais de très mauvaises choses et on m’en a fait de très mauvaises aussi."


La confession est étrange. Non qu'Ilclaste tombe des nues de l'apprendre, car il savait... Mais qu'elle se dévoile ainsi, ça c'est plus inattendu... Plus... Touchant même. Une franchise qui appelle celle du chasseur qui sourit, presque tristement.  

-J'sais. J'ai vu ce que tu as voulu faire avec la bourse d'Aubrien. J'lui ai dit, qu'il devait se méfier de toi... Mais j'crois qu'il s'est mit en tête de me donner tord.
Cette fois, le sourire est presque amusé. L'apothicaire a l'air aussi têtu que lui... Alors, à qui Ludivine va donner raison ?  se demande-t-il avant de lui délivrer un regard désolé. Il sait qu'elle est tissée de noirceur et de cicatrices... Qu'a-t-elle fait ? Il ne lui demandera pas. Il n'est pas sûr de vouloir le savoir. Peut-être qu'il a peur de savoir au fond. Peut-être qu'il a peur car s'il venait à apprendre, à avoir la preuve de la vilénie qui court sous le pelage du loup, il devra faire un choix qu'il n'est pas prêt à faire...

Ignorer lui va bien pour le moment, ça laisse la place aux souhaits inavoués. Ça laisse la place à un loup dans sa vie de chasseur... Il se sent coupable d'une telle pensée. Il devrait la chasser. Elle vient du Gravorn... Peut-être qu'elle est née ici, au Creux-lac, comme elle le prétend, mais c'est la dureté de lame entre les montagnes qui a aiguisé son esprit méfiant et voleur. Elle ne devrait pas avoir sa place dans cette nouvelle vie qu'il recherche... Et pourtant...    

-J'me fiche pas de ça, moi. Glisse-t-il en cherchant son regard.

 
-Mais tu m'as rendu mon poignard plutôt que me l'avoir plongé dans la gorge quand tu le pouvais... Alors, j'sais pas. Peut-être que tu mérites que j'ferme un peu les yeux sur d'autres choses. Avance-t-il. Le pardon et la tolérance... Ce qu'Athina lui a refusé, voilà qu'il l'offre à Ludivine. C'est comme une revanche. Une raison d'alimenter sa rancœur : puisque lui l'a fait, pourquoi elle n'en a pas été capable ?

-J' les connais les gens comme toi. J'sais qu'un jour tu auras filé sans demander ton reste. Peut-être même qu'elle l'aura allégé d'une ou deux bourses dans l'affaire d'ailleurs.

-J'compte pas te retenir pas quand tu l'feras. Ajoute-t-il en essayant de se convaincre lui-même que c'est vrai.  

-Mais je te chasserai pas. Glisse-t-il, avant d'ajouter une nuance pour reprendre un peu de distance, comme incommodé par cette étrange complicité qu'il sent poindre entre eux.

-ça s'rait con d'ma part. Tu es la seule à savoir faire les bandages dignes de ce nom.

Impossible pour Ilclaste de dire si ces propos avaient soulagé ou paniqué Ludivine pour de bon car seul un silence répondit à sa tirade. C'est à cet instant que l'aubergiste toqua à la porte. Ludivine, comme par réflexe s’écarta du chasseur alors que la femme d'âge mure, s'excusait de son intrusion.

-C'est rien, Ludivine me refaisait mes bandages... Expliqua le chasseur d'une voix qu'il voulait légère. Il espérait croiser le regard de la louve, mais les prunelles grises se dérobaient inlassablement vers l'ouverture laissé par la porte.

-Mais, tu n'as presque rien mangé ! S'écria l'aubergiste, et Ilclaste marmonna qu'il n'avait pas très faim, sachant pertinemment que cet argument n'allait pas lui épargner la séance de becquée qui l'attendait, preuve en était que la Dame avait déjà saisie la cuillère en bois.
Alors qu'elle s'approchait de lui, le chasseur tendit le cou pour voir où était Ludivine... Mais il n’aperçut que l'ombre du loup se faufilant dans le couloir. Alors il su. Elle ne partirait peut-être pas ce soir, mais pendant les jours suivants, elle aurait déserté...



 
 
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