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 [20 & 21 Bellune 1100] A revers

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Je suis : Rehan Renard,
cordonnier, itinérant Voir le profil de l'utilisateur

Rehan Renard

Crédits avatar :
EliBoal by Kittyrose remaked by Aubrien

État d'Advictâme :
État éveillé

Informations sur le personnage :
➔ se fait appeler Azurin Alissair
➔ don de syntonie
➔ bi-polaire
➔ cordonnier itinérant et fuyard
➔ tente d'éviter le plus possible d'aller en Marvier
➔ 22ans, 1m82, 76kg, musculeux
➔ longue estafilade sur la joue droite
➔ commence à développer une certaine addiction à l'orkann
➔ depuis peu trimballe un tilikop prénommé Rokann
[20 & 21 Bellune 1100] A revers Tilimini

Inventaire de dés :
➔Dés d'éveillé : 4 [10 max]
➔Passage à la Transcendance : 2 [6 max]
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Reserve de point(s) :
89


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MessageSujet: [20 & 21 Bellune 1100] A revers   [20 & 21 Bellune 1100] A revers EmptyLun 25 Mar - 18:29

A revers.
- les 20 et 21 Bellune 1100 - à Borderoc -


Il avait entendu mais n'avait prêté aucune attention aux dernières paroles du bouffon. Retenant un soupire d'exaspération mêlé d'un certain mépris, il se dit simplement que cet homme n'était qu'un pauvre bougre, fou dans les deux sens du terme. Si ce dernier n'était pas capable d'assumer ses actes et ne faisait que se mentir à lui-même, Rehan n'y pouvait rien.

Certaines personnes sont incapables de se remettre en question et il semblait que c'était le cas de cet homme. Rehan espérait juste ne jamais recroiser sa route, au risque de ne pas garder plus avant son calme...

Rehaussant les bretelles de son sac-à-dos-atelier, il pris un pas plus assuré, reprenant en sens inverse la route qui lui avait fait quitter Borderoc. La marche fut plus longue qu'à l'aller – en même temps il avait couru comme un dératé – mais la félicité qu'il éprouvait d'avoir retrouver sa pierre rendait son pas léger et son esprit clair.

Sortant son caillou magique de sa poche, il l'approcha de son visage et en scruta les multiples facettes tout en continuant de marcher. Le cristal n'avait heureusement aucune fissure et le jeune cordonnier – ancien apprenti théologien – se demanda ce qu'aurait pu engendrer une telle craquelure. L'Advictâme en était-il moins opérant lorsque son réceptacle était abîmé ? Le quel des trois dons en était-il le plus affecté ? Quelqu'un en avait-il déjà fait l'expérience... ?

Tout à ses pensées qu'il était il ne s'était même pas rendu compte qu'il abordait la porte nord de Borderoc, celle-là même qu'il avait franchie quelques heures auparavant... Il ne releva la tête qu'à la sollicitation d'une marchande en roulotte. Rangeant sa pierre dans sa poche – tout en se disant qu'il lui faudra trouver un autre système de rangement pour ne plus risquer de la perdre alors qu'il ne voulait toujours pas la passer autour de son cou – il s'approcha de l'étale. La femme proposait diverses denrées à base de pain : à la viande, aux légumes, au fromage, fourrés ou parsemés, toutes plus alléchantes les unes que les autres.

S'humectant alors les lèvres, la faim qui avait quittée le corps de Rehan depuis la perte de sa pierre revînt soudainement. Ses papilles frétillaient et il jeta alors son dévolu sur deux petits pains fourrés au sanglier et au fromage de chèvre. Sa bourse fut délesté de quatre lieutons et il reprit sa marche tout en mordant avec délice dans le pain. Le jus coula sur ses doigts et il les lécha tout en regardant autour de lui.

Il était indéniable qu'il n'allait pas pouvoir rentrer en Creux-Lac dès aujourd'hui... Et malgré l’allégresse ressentie au retour de sa pierre, il était fatigué et avait besoin de repos. Et puis il puait le bouc – il fallait l'avouer et le bouffon avait eut au moins raison sur ce point, bien que les raisons de cette odeur lui était directement imputables

Il se mit alors en quête d'une auberge mais étant pour le moment dans des quartiers plutôt aisés la chambre lui serait bien trop facturée. Il venait de se délester d'une grosse partie de ses économies alors mieux valait se rabattre sur un établissement de moins bonne réputation qui ne l'amputerait pas outre mesure – de toute façon Rehan avait l'habitude de dormir à même le sol, une simple paillasse était pour lui un luxe

Rejoignant alors les bas-quartiers, il entra dans le premier établissement proposant le gîte et le couvert. Rassasié par les petits pains, il commanda une cervoise après avoir réservé une chambre puis alla s'installer à une chaise. Retirer le poids de son sac-à-dos-atelier lui fit pousser un soupire de contentement et décrispa ses muscles. Buvant tranquillement, il laissa ses yeux curieux regarder autour d'eux et son esprit rationnel se déchargea en imaginant qui pouvait bien être les gens qui l'entouraient.

Là un marchand ventant les mérites de ses marchandises, ici un rentier harassé de sa journée de travail, là bas trois coquins filoutant un quatrième aux cartes, tout au fond un brigand encapuchonné, plus près encore un homme déjà ivre alors que le soleil bas était encore visible en entier à l'horizon. Il commanda une deuxième choppe et se laissa aller à la béatitude de l'alcool irrigant dans ses veines.

Un homme fini par se présenter à sa table, assez désinvolte, faisant comme s'ils se connaissaient de longue date. Le début de conversation fut badine et futile mais ce simple échange fini de détendre Rehan qui se laissa aller à rire et deviser. Son visage se fendit d'un sourire presque narquois lors que l'homme fit enfin tomber son masque et parla de ses réelles intentions.

Il n'était ni plus ni moins qu'un revendeur d'orkann qui parcourait les auberges et tavernes, cherchant nouveaux clients et habitués pour refourguer sa marchandise.

- Pourquoi pas... s'entendit-il dire tout en sortant sa bourse pour payer les trente lieutons qui lui permettrait de se rouler quelques joints d'orkann s'il coupait les brisures avec du tabac

Une fois l'échange fait, l'homme pris congé – d'une tape dans le dos – et vaqua auprès d'autres personnes. Un peu éméché par la cervoise, Rehan paya son dut au tavernier – et récupéra sa clef de chambre au passage, où il monta déposer son barda – puis sorti du bâtiment. Le soleil avait enfin entamé son couché et les rumeurs de la ville s'amenuisait peu à peu. Croisant un marchand de tabac, il paya dix lieutons de plus pour une trentaine de grammes et du papier à rouler et fourra le pochon dans la poche où étaient déjà l'extrait d'orkann. L'alcool lui ayant redonné quelques forces, il laissa ses pas le guider jusqu'à sortir de la ville par la porte Est. Le calme de la campagne avoisinante le prit à la gorge d'une manière bien plus apaisante que ne l'avaient fait les petits pains de viande et il se mit en quête d'un arbre contre lequel s'adosser.

Trouvant son bonheur au bout d'une centaine de mètre, il fut bienheureux de poser son séant entre les racines du majestueux platane. Autour de lui les différents ouvriers et fermier rentraient bestiaux et carrioles pour la nuit. Il n'attendit pas plus avant et se roula une cigarette à l'orkann – bien qu'il dut s'y prendre à trois reprises pour y parvenir, n'ayant que peu de pratique malgré une consommation occasionnelle de tabac

La première bouffée le fit tousser, il en avait oublié l’âpreté, mais la deuxième emplit sa bouche du goût boisé qu'il avait adoré. Au bout de la cinquième taffe les effets se firent sentir et finir de délasser son corps perclus. Il se rendit alors compte qu'il avait mal partout et glissa sur le dos dans une position plus confortable, un bras derrière la tête et l'autre portant la roulée à ses lèvres. Son esprit s'embruma un peu plus et il le laissa divaguer.

Il ne connaissait pas le nom du bouffon, dans sa bêtise ce dernier s'était bien gardé de le lui donner... Rehan ne pourra donc pas donner d'avertissements plus précis que celui de sa description physique. Il se demanda vraiment si cet homme n'était qu'un sombre idiot ou s'il le faisait exprès. Lorsqu'on est acculé, chacun réagit à sa manière et bomber le torse était peut-être le seul moyen de défense dont disposait l'homme qui avait volé sa pierre. Oui, Rehan en était persuadé, sur ce point là, le bouffon pourrait dire ce qu'il voulait pour se justifier, le fait était qu'il lui avait volé son cristal de vie. Quelle personne saine d'esprit aurait couru le risque de prendre la route pour le Gavorn – et plus loin encore le Marvier au vu des dires du saltimbanque – alors que la pierre avait été « trouvée » en Creux-Lac... ? Une personne ayant eut la réelle intention de rendre la pierre aurait directement été en parler aux Lames, et leur aurait même confié la pierre...

Oui, il était clair dans l'esprit du jeune cordonnier que le bouffon avait réellement volé sa pierre. Quant à l'avoir trouvé au sol, c'était plausible... Après tout, Rehan la laissait dans sa poche, se refusant à la porter autour du cou depuis sa sortie de l'Arche. Ayant terminé son joint, il avait sorti la dite pierre et la regardait de nouveau.

Au dessus de lui commençaient à briller les étoiles et le soleil n'était plus qu'une faible lueur à l'horizon, autant dire qu'il n'en voyait que les contours, mais cela était suffisant et rassurant.

Tournant le cristal entre ses doigts, il se mit à réfléchir au moyen de le garder plus en sûreté et ne plus risquer de l'égarer sans pour autant le passer autour du cou. Son cerveau embrumé par l'orkann mit un long moment avant d’élaborer une solution convenable – il s'était d'ailleurs relevé et avait rejoint l'auberge où il s'était enfermé dans sa chambre

Il fallait qu'il l'attache à la seule chose qui ne le quittait jamais : la ceinture de cuir bouilli fabriquée par son père et qui tenait jour après jours son pantalon. Il lui fallu plusieurs minutes de plus – et après avoir réalisé une toilette avec un linge à peu près propre et le broc d'eau froide fourni dans la chambre – avant de réaliser qu'une petite boite agrémentée d'un passant serait en mesure de pallier à son problème. Un franc sourire s'afficha sur ses lèvres, criant presque victoire, confortablement installé sur le matelas de paille avant qu'il ne le perde subitement.

Le fantôme de sa mère forgeron passa devant ses yeux qu'il ferma durement pendant plusieurs secondes pour empêcher ses larmes de couler.

Oui, il lui fallait un forgeron – ou un ferronnier, un orfèvre – quelqu'un capable d'assembler des pièces de métal afin de créer la boite qu'il imaginait – avec le fameux passant plat qui permettrait d'y glisser sa ceinture – et c'était le sourire de sa mère devant le feu de sa forge qu'il avait vu. Secouant la tête, il força son esprit à se concentrer ce dont il avait besoin : un métallurgiste. Et l'orkann lui fit se souvenir d'avec qui il avait fumé son tout premier joint – à peine deux semaines auparavant – et il sourit de nouveau.

Le sourire d'Avalon lui revînt en mémoire et il se mit à rire en se remémorant leur rencontre. Sa fatigue après avoir marché de longues journées, sa méprise en pénétrant au bordel et les quiproquos qui en ont découlé, l'honnêteté de cet homme qui par gentillesse avait proposé de l'héberger, l'échange apaisant qu'ils avaient eut, la franchise ingénue dont le jeune cordonnier avait fait preuve, l'esprit enivré par l'orkann, le baiser, les révélations, la douceur, la chaleur, leur étreinte...

Rehan senti ses joues rougir et il se redressa d'un bon. Fouillant ses poches, il se roula un nouveau joint – se concentrer sur ses gestes lui permit de faire le vide quelques instant dans son esprit – et l'alluma après avoir ouvert la minuscule fenêtre qui ne devait pas donner grand jour. Se rallongeant sur sa paillasse, une certaine liesse fini par l'envahir et il laissa finalement ses pensées se remémorer cette étrange mais tendre nuit passée avec Avalon.

Elle avait été la seule flamme dans l'océan de noirceur de sa vie depuis plusieurs années.

Il s'endormit sans s'en rendre compte mais se réveilla l'estomac noué d'angoisse. Insidieuse et puissante, il réalisa soudainement que cela faisait presque trois mois qu'il n'avait pas eu de phase dépressive.

A courir après sa pierre, sa maladie l'avait laissé aux affres des hallucinations. Maintenant qu'elles n'étaient plus qu'un horrible souvenir, sa cyclothymie reprenait sa place. Et il se la prenait en plein figure.

Recroquevillé sur lui-même, assit en position fœtale, il se balançait d'avant en arrière, comme un de ces gosses perclus d'anxiété, de peur et d'ineffables tourments. Mais son malaise ne fit que grandir, s'étendant à sa cage thoracique, emplissant ses poumons d'eau bouillonnante et lui coupant la respiration. Ses muscles se crispèrent d'un coup, l'immobilisant telle une statue de sel.

C'était la première fois qu'il vivait une angoisse aussi extrême. Aussi soudaine et aussi puissante.

Il dut faire un effort surhumain pour délier un seul de ses bras, la respiration saccadée, l'esprit criant à l'aide sans que rien ne s'échappe de ses lèvres. Sa main tremblante fit tomber le bougeoir qui était sur la table de chevet et quelqu'un frappa à sa porte dans les secondes qui suivirent.

- Tout va bien là dedans? fit une voix féminine

Le cœur du cordonnier fit un bond et l'adrénaline qu'il propulsa dans ses artères l'aida à se décrisper.

- N'entrez pas ! cria-t-il C-ce n'est rien ! J-j'ai juste fait tomber le chandelier ! ajouta-t-il le ton toujours haut

Il avait oublié que sa porte était fermée à clef, une terreur s'était emparée de lui – encore plus forte que son angoisse – alors que l'éventualité que sa pierre de vie s'active pour lutter contre sa torpeur lui était venu à l'esprit.

Tout mais pas ça... ! se répétait-il à lui-même comme une litanie

La personne derrière la porte s'éloigna sans demander son reste et le cœur du jeune cordonnier se calma légèrement. Ce coup de fouet lui avait permis de s'asseoir au bord de son lit et de reprendre son souffle bien que ses mains s'étaient crispées au matelas de paille. Le reste de son corps allait prendre la même route – son angoisse bouillonnant de plus en plus fort – mais un rapide coup d’œil autour de lui ralenti le processus.

Attrapant tabac, orkann et feuillet sur son chevet, il dut retenir son souffle pour avoir assez de concentration et ne pas trembler pour rouler.

La première bouffée fut comme voir la lumière après plusieurs jours dans le noir.
La deuxième lui rendit l'entière mobilité de son corps.
La troisième fut comme une armée lancée à grand galop dans son estomac, encerclant son angoisse.
Au bout d'une dizaine de taffes, le nœud qui s'était formé en lui avait totalement disparu.

Enfin totalement décontracté, Rehan se laissa retomber dans son oreiller bourré de laine et ferma les yeux, soupirant. Il termina ce qu'il restait de la cigarette d'orkann et ne bougea plus.

Pour la toute première fois de sa vie il avait trouvé une parade véritablement efficace contre ses attaque de panique. Allait-ce durer longtemps ? Était-ce suffisamment puissant pour lui éviter un épisode dépressif ? Et sur ses accès d'euphorie, est-ce que ça fonctionnait ? Était-ce la solution à son problème... ?

Des centaines d'autres questions se pressaient mais l'esprit de nouveau brumeux mais surtout soulagé du jeune homme les chassa d'un revers de la main.

Ça fonctionnait, c'était tout ce qui importait...

Dans l'heure qui suivit, il s'était habillé, avait mangé, et s'était rendu sur la place du marché pour travailler. Il allait devoir mettre assez de côté pour racheter de l'orkann lorsqu'il n'en aura plus – et pour payer le forgeron – Avalon ? il lui faudrait se rendre en Marvier pour ça et pour l'instant ça lui était impensable – qui lui fabriquerait la boite de protection à sa pierre de vie – En attendant, il état son propre cobaye, se demandant pendant combien de temps allait perdurer l'effet anxiolytique.

Béni soit Avalon et ce joint d'orkann qu'il avait malencontreusement emporté. Si Rehan n'avait pas essayé avec lui, il n'aurait jamais accepté d'en acheter à l'homme de la veille et en ce moment il serait sans doute en train de courir pour quitter la ville, laissant derrière lui une personne aux prises avec la torpeur infligée par son troisième don...

Maudit soit Naâme... ! ne put-il s'empêcher de penser alors qu'il s'occupait de son premier client de la journée

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