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 [3 Bellune 1073] Douleurs de la délivrance

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Ariane Hautiare

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MessageSujet: [3 Bellune 1073] Douleurs de la délivrance    [3 Bellune 1073] Douleurs de la délivrance  EmptyDim 12 Mai - 13:37


Douleurs de la délivrance

★ RP solo de Ariane Hautiare

[3 Bellune 1073] Douleurs de la délivrance  1557660406-sans-titre-3

Le printemps était bien installé en terre des Trois-Lieux. Le temps était plus clément, le soleil de plus en plus présent pour dispenser ses lumières et ses tièdes chaleurs, et la vie nouvelle reprenait le dessus sur l'hiver. C'était la saison qu'Ariane préférait, davantage aujourd'hui où elle allait bientôt donner naissance à son enfant. Cette grossesse avait été longuement désirée, et représentait un espoir nouveau quant à la pérennité de la famille Hautiare. Que son terme ait été prévu pour Bellune avait quelque chose de poétique, et de symbolique.

Les journées de la reine étaient rythmées par un ennui profond, imposé par les médecins de la cour qui lui dictaient du repos et fort peu d'efforts. Celui impliquait une surveillance qui ne lui plaisait guère, et un emprisonnement à l'intérieur du château qui devenait insoutenable.

Pourquoi ne suis-je pas surpris de vous trouver ici, Ariane ?

Ariane sursauta, prise en flagrant délit d'arrosage de ses fleurs dont elle ne pouvait s'empêcher d'entretenir, ne fut-ce que pour prendre l'air quelques instants, seule. Darmon se tenait à l'entrée de la serre royale, les mains posées sur ses hanches, affichant un air contrarié. A sa position et son ton, il avait tout du père qui s'apprêtait à sermonner son enfant, mais au sourire tendre de son épouse, il ne pouvait faire durer cette comédie plus longtemps. Il éclata d'un rire cristallin, tout en réduisant la distance physique qui les séparait.
Quelques instants, c'est tout ce que je demande, Darmon. Sans ces hommes pour me dicter ma conduite, et ces sages femmes qui s'attendent à tout instant à ce que je mette bas, telle une jument engrossée …

Darmon se faufila derrière elle, la coinçant entre ses bras et posa son menton dans le creux de son cou, caressant son ventre bien rond.
Tant que vous demeurez raisonnable, je n'ai rien à y redire.

Ariane fit claquer sa langue, courroucée. Évidemment qu'elle serait raisonnable ! Tout comme lui, elle avait longtemps attendu cette naissance, prié tous les jours pour que Naâme lui accorde cette faveur, et déployé des moyens considérables en « remèdes » pour rendre plus fécond son environnement intérieur. Elle n'allait pas gâcher tant d'années d'efforts pour rien.

Y avez-vous réfléchi, ma Douce ? Tel que nous nous étions mis d'accord, je vous laissais choisir un prénom féminin, tandis que je trouvais un masculin ...

Elle sourit mystérieusement, mettant de côté son récipient d'eau et faisant volte-face pour plonger son regard dans celui de son époux. A vrai dire, il n'y avait pas vraiment besoin d'y réfléchir : dès l'instant où ils s'étaient arrangé de cette façon, elle avait su exactement quel prénom elle pouvait donner à l'enfant, s'il s'agissait d'une petite fille.

Sélène est un prénom qui m'a toujours attiré … Je pensais le lui donner, si je venais à accoucher d'une princesse. De la sorte, je ferai hommage à ma sœur …

Darmon n'ignorait rien des malheurs qui l'avaient frappée dans sa jeunesse, et qui l'avaient conduite à devenir reine. Touché qu'elle souhaite faire « revivre » sa défunte sœur au travers de leur enfant était cependant inattendu de sa part, et rempli de bonnes intentions. Il la serra tendrement dans ses bras, l'imaginant fragilisée par cette confession. Ariane poussa un gémissement d'aise, appréciant ce contact doux et chaud, avant de ressentir une vive douleur en son ventre.

Tout s'enchaina rapidement après cela. Elle sentit ses jambes humides des eaux qu'elle venait de perdre, puis fut transportée rapidement dans ses appartements par Darmon, dès qu'il eut compris que le travail venait de commencer. Déshabillée et calée sur des hauts coussins, Ariane souffrait, mais dans la bonne humeur. Chaque contraction était porteuse d'espoir et de vie, d'un cadeau que lui faisait Naâme.
Darmon et tout autre homme furent conviés à attendre dans le boudoir juxtaposant la chambre de la reine, tandis que les accoucheuses s'affairaient avec énergie. On amenait des bassins d'eau chaude, des couvertures et des draps.

Plusieurs heures s'écoulèrent avant qu'elle ne puisse enfin pousser comme il se devait, pour expulser le petit être qui ferait bientôt la joie de ses parents. Hurlant douleurs et expulsant tout l'air contenu dans ses poumons, elle poussa une ultime fois jusqu'à être délivrée de sa condition. Son corps fut pris d'une intense fatigue, ses muscles endoloris tremblaient encore de l'effort surhumain qu'elle venait de faire.

Alors ? Est-ce un fils ? Une fille ?

Retrouvant peu à peu une respiration plus calme, elle s'enquit de connaitre le sexe du petit braillard qui hurlait avec force à la vie. Mais en écho à sa question, seul un silence pesant des femmes présentes s'imposa lourdement.

Une ...une fille, ma Reine …

Répondit enfin une accoucheuse. Le ton hésitant, voir inquiet, alerta Ariane qui se redressa du mieux qu'elle put. Les sages femmes se regardaient l'une l'autre, ignorant quoi dire, ou quoi faire. Celle qui tenait l'enfant emmailloté demeurait effrayée, et pantoise.

Que … qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'y a-t-il ? Pourquoi me regardez-vous ainsi ? Montrez-la moi …

Ma Reine, je ne crois pas que …

MONTREZ-LA MOI !!

Toujours avec hésitation, elle lui tendit l'enfant. Le bébé s'époumonait, braillait la vie et quémandait la chaleur et la sécurité de sa mère. Pourtant, ce n'était pas ce courage que vit Ariane en premier. Deux grands yeux jaune-orangés la fixaient avec tant d'innocence …

Dans le boudoir tout à côté, Darmon put entendre un nouvel hurlement de son épouse, hurlement rempli de désespoir et d'horreur. Affolé et inquiet plus que jamais, il fit fi des convenances et pénétra à l'intérieur avant même qu'on ne lui ait convié à entrer. Ariane, le regard éteint, tremblait dans son lit. Les accoucheuses, recroquevillées dans un coin, baissaient les yeux et fixaient obstinément le sol, toutes honteuses qu'elles étaient.

Darmon ne comprit que lorsqu'il posa lui-même les yeux sur l'enfant.

Est-ce … est-ce ainsi que Naâme répond à nos prières ? En nous offrant ce … cette … cette abomination ? Tenez, prenez ça, qu'on l'ôte de ma vue !

Ariane, mon aimée …

Qu'on tue cette chose sur-le-champ !! Je ne veux plus la voir !  

Darmon se saisit de la jeune Sélève et, comme il l'avait fait pour Aragon autrefois, passa son auriculaire entre les petites lèvres du nourrisson, qui calma aussitôt ses pleurs, et se mit à sucer le doigt avec appétit. Le roi porta un regard attendri sur son épouse. Même si cette petite était née ainsi, elle n'avait certes rien demandé. Il comprenait le désir d'Ariane d'effacer ce drame de ses souvenirs, et que pour elle, l'assassinat était l'unique solution pour que cela ne figure pas dans l'histoire des Trois-Lieux. Mais comment pourrait-il supporter .. non. Comment pourrait-il accepter qu'on mette un terme à une vie innocente ?

Avec épuisement, et la voix éteinte, il ordonna aux accoucheuses de prendre congé, les menaçant cependant de ne révéler à personne ce qu'elles avaient vu aujourd'hui. Puis, il s'installa sur le lit, et parla avec toute la douceur dont il pouvait faire preuve.

Mon aimée … Je comprends votre déception. Des années que nous prions Naâme pour qu'il nous fasse don de la vie, et il répond à nos prières par une enfant croquemite. Je comprends également que vous désiriez ardemment préserver les apparences, mais …

Mais ? Ne me dites pas que vous avez de la pitié pour cette horreur ? Jamais je ne la reconnaitrai comme mon enfant, m'entendez-vous bien ?

Je vous en conjure, ma Douce, ayez pitié pour elle. Naâme nous met à l'épreuve. Peut-être avons-nous été trop gourmands, à exiger un nouveau bonheur alors même que nous en avions plus qu'assez. Peut-être est-ce là Sa volonté pour nous tester. Saurons-nous nous montrer dignes ? Armez votre bras de mansuétude pour cette enfant.

Et affronter le scandale qui salira notre famille ? Jamais ! Jamais je ne pourrais regarder avec amour ce résidu infâme de notre péché, Darmon … Jamais.

Dans ce cas, préférez l'abandonner dans les bois, comme cela s'est déjà vu, autrefois. Donnez-lui la chance d'être jugée par Lui. Si elle vient à survivre, vous pourrez garder un œil sur elle.

Ariane demeura songeuse. En plongeant son regard dans celui de cet homme qui savait trouver les mots pour l'apaiser, et la raisonner, elle ne put lui tenir tête plus longtemps.
Elle appela une des accoucheuses.

Prenez l'enfant des bras du roi. Je veux que vous vous en débarrassiez. M'entendez-vous ? Dans la plus grande discrétion. Faites appel à qui vous voulez, cela m'est égal, mais qu'elle soit laissée en dehors de ces murs. Vous me dresserez également la liste de toutes celles qui vous ont assistée pour l'accouchement. Non, ne me la tendez pas : je ne veux plus jamais la voir. Son sort désormais m'importe peu.

La jeune femme se saisit de l'enfant, et courba l'échine avant de détaler par un passage secret qu'elle ne connaissait que trop bien, et qui menait directement aux cuisines.

Ariane, soulagée d'être libérée, s'adressa avec inquiétude à son époux.

Le peuple … nos gens … qu'allons-nous leur dire ?

La vérité me semble être toute indiquée. Puisqu'à vos yeux, Sélène est déjà morte, autant la prononcer morte-née.

L'affubler du prénom de sa défunte tante n'était pas une bonne idée … Me voilà bien punie. J'ai attiré la malédiction sur notre famille … oh Darmon, j'ai failli, je vous ai trahi !

Le roi attira à lui son épouse, qu'il étreignit longuement, tout en lui caressant les cheveux encore humides de transpiration, avant de déposer un baiser sur son front.

Il n'y a rien que vous puissiez faire pour me trahir, Ariane. Vous n'êtes en rien responsable, et mon amour pour vous demeure intact. Si nous réussissons à surpasser cette épreuve, alors, Naâme nous donnera un autre enfant … Faisons en sorte que cela arrive …

 
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