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 [20 Dollune 1100] Aube rouge

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Ariane Hautiare

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MessageSujet: [20 Dollune 1100] Aube rouge   [20 Dollune 1100] Aube rouge EmptyVen 14 Juin - 11:45


Aube rouge

★ Solo-suite

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Les jeux des affrontements avaient été un véritable massacre. Non pas par la violence des participants de cette année, mais bien de par l'ignominie d'une action d'un groupe d'inconnus.
Le geste, qui pourtant avait ravi les spectateurs de l'arène, de la part d'une jeune fille avait scellé le destin de toute l'assistance.

Ariane avait suivi les conseils judicieux de son fidèle Odion, et, après avoir énoncé la sentence de l'hérétique qui avait presque avoué avoir été l'instigatrice de cet événement tragique et après avoir fait demander à ce que des renforts interviennent, elle avait fuit l'arène pour se réfugier, sous bonne garde, à l'intérieur des murs du domaine ducal de Borderoc, aux côtés des Rochefer.

Deux jours depuis ce drame, et les informations arrivaient au compte goutte aux oreilles de la souveraine, ce qui la mettait particulièrement de mauvaise humeur. Il était hors de question de quitter le Gravorn tant que cette histoire n'était pas réglée, et il était difficile de manoeuvrer à sa guise, comme elle l'aurait fait depuis le Marvier. Elle avait beau aboyer ses ordres, exiger des résultats, les soldats vornois semblaient briller par leur incompétence.

Au matin du 20, Odion se présenta à elle. Attablée devant une montagne de paperasse à remplir, Ariane ne l'entendit pas approcher.

Ma reine !

Appela-t-il avant se courber l'échine et de déposer sur la même table un monceau de parchemins roulés.

Ariane leva vers lui ses yeux fatigués d'une nuit blanche, où l'inquiétude avait rongé progressivement ses envies de repos. Elle l'observa farfouiller dans ses papiers, et n'eut pas le coeur à le presser davantage. Ses traits étaient encore plus tirés que les siens, il était évident que là où sa reine avait pu glaner quelques heures ci et là de sommeil, il n'en avait pas été de même pour le pauvre Odion qui coordonnait l'enquête, et gérait les Lames de différentes casernes sur le terrain.

On commence à y voir clair, Majesté. Je vous apporte des nouvelles. Des bonnes, et des moins bonnes.


Je vous écoute.


Odion se saisit d'un document et en commença la lecture.

Dans un premier temps, j'ai ici un rapport concernant les actions entreprises à l'arène. Les cadavres des victimes sont peu à peu extraites, et mises à l'écart pour comptage et identification. Nous manquons d'effectifs, aussi, je n'ai pas encore de chiffres officiels à vous fournir... mais ils sont nombreux. Très nombreux.

Il était vrai qu'elle avait mobilisé l'essentiel de ses troupes sur la poursuite des auteurs du carnage et de leur arrestation. Une décision qui lui avait paru bien plus judicieuse que le traitement des corps, qui au final, pouvaient encore attendre. De plus, elle se devait de communiquer aux familles les raisons et les circonstances de la mort du proche, et il était hors de question qu'elle n'ait pas de réponses à leur apporter. Oui, retrouver ces criminels et les interroger était l'objectif principal.  

Le coeur déchiré et lourd, Ariane garda le silence. Tant de vies gâchées par la folie d'un groupe ...

Poursuivez. Qu'en est-il de ces êtres abjects ?

Odion replia son document et partit à nouveau à la recherche du parchemin qui contenait les informations requises par sa reine.

A leur propos, il faut savoir qu'un premier groupe d'intervention a pris soin de se saisir d'une poignée d'assassins. Ils sont actuellement sous les verrous ici même, à Borderoc. Les fuyards sont toujours recherchés ...

Non. Il était hors de question qu'ils passent à travers les mailles du filet. Ces actes se doivent d'être punis, et que cela prenne des mois ou des années, elle finirait par les enfermer tous à Vissomort pour leur crime ... elle devait bien ça à ses sujets.

Mettez en place des barrages aux frontières du Gravorn. Envoyez vos plus rapides coursiers, doublez, triplez leur paie s'il le faut pour distribuer cet ordre à toutes les casernes et factions aux abords du duché. Je veux que tous ceux qui sortent soient contrôlés et interrogés.


Je ... Bien, ma reine. Il sera fait comme vous l'exigez.

Ariane hocha sévèrement la tête. Elle se doutait bien qu'il s'agissait là d'une grosse entreprise, et que déployer de la sorte les effectifs était peut-être extrême, c'était en tous cas ce qu'elle comprenait de l'attitude d'Odion. Mais elle ne pouvait pas laisser passer cela. La priorité était de les coincer. Peu importait le prix.

Tout cela à cause d'une petite rebelle qui avait fait diversion à merveille, ne lui en déplaise. Au moins, elle avait la consolation de se dire qu'elle ne ferait plus de mal à personne, du fond de sa tombe.

Qu'a-t-on fait du corps de cette gamine ?


Le corps, votre Grâce ?

S'interrogea Odion.

Oui, le corps !! Vous savez, deux bras, deux jambes et une tête ! Qu'en est-il ? On l'a bien exécutée comme je l'avais ordonné, n'est-ce pas ?

Odion se précipita pour trouver refuge et réponse dans ses papiers, mais tout ce qu'il fut capable de lui répondre avec désarroi, c'était qu'elle n'avait pas été retrouvée ...

QUOI ? Mais comment est-ce possible ? Dois-je vraiment tout faire moi-même ? Suis-je véritablement cernée par l'incompétence ? Impensable ! Scandaleux ! Naâme lui-même rirait de voir cela !

S'exclama-t-elle avec vigueur, laissant bien plus parler la fatigue que réellement la raison.

Je veux que cette petite soit recherchée en même temps que ses complices par les Lames. Morte ou vive, mais je veux la voir de mes propres yeux. Est-ce clair ? Ah ! Et une dernière chose, Odion. Je veux m'entretenir avec les hommes que vous avez arrêté. Je veux les interroger personnellement.

Odion ne répondit plus rien, et courba à nouveau l'échine avant de prendre ses parchemins sous le bras, et de filer sans demander son reste. Il avait les derniers ordres de son Altesse à faire exécuter ...

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MessageSujet: Re: [20 Dollune 1100] Aube rouge   [20 Dollune 1100] Aube rouge EmptySam 15 Juin - 13:28


Le vent efface les traces dans le sable

★ Solo-suite

[20 Dollune 1100] Aube rouge 1560514220-sans-titre-4

Les pas résolus de la souveraine des Trois-Lieux résonnèrent sur le pavé froid et humide de cette journée qui avait démarré par la visite d'Odion, aux lugubres nouvelles.
Il lui avait annoncé l'arrestation de quelques criminels responsables du massacre de l'arène, et elle avait aussitôt pris la décision d'aller les rencontrer, et d'avoir une conversation avec eux.

Sur son passage, il n'y avait aucune acclamation, aucun éclat de joie, aucunes salutations. Juste des regards effrayés qui convergeaient vers Ariane, se demandant où la reine pouvait se diriger avec autant de précipitation, et surtout, avec cet air si renfrogné.

En cette heure grave, c'était bien le cadet de ses soucis, de paraitre et d'afficher une sérénité d'esprit qui n'existait plus depuis deux jours.
Un des gardes qui l'escortait et qui la devançait pour la conduire à l'endroit où étaient détenus les prisonniers s'arrêta enfin devant un bâtiment à l'architecture proche de celle d'une bibliothèque, ou tout autre monument culturel d'Albatra. Ariane gravit les quelques marches de pierre et n'attendit pas qu'on lui ouvre la porte. Elle n'avait pas le temps de se conformer aux règles de l'étiquette.

Si l'endroit regorgeait de splendeurs ou reflétait tout le potentiel de construction des vornois, leur souveraine n'en remarqua rien. Uniquement de la pénombre qui régnait. Une fois ses yeux un peu plus habitués à l'obscurité, elle repéra rapidement quelques gardes positionnés plus loin, tenant torches et surveillant une porte en contrebas. Assurément, il ne fallait pas être un génie pour deviner que derrière cette porte se cachait des escaliers descendants. Probablement que sous la bâtisse se trouvaient des caves, ou des souterrains.

Ces hommes, immobiles, ne levèrent même pas les yeux au passage de leur reine, trop concentrés sur leur tâche. Seul un s'autorisa à ouvrir la lourde porte de fer qui grinça horriblement. Une odeur d'humidité remonta d'en bas grâce à un courant d'air glacial. Imperturbable, Ariane s'enfonça dans le passage, et démarra une longue descente dans les cages d'escaliers devant elle.

Des torches murales lui indiquèrent, après plusieurs minutes, qu'elle était arrivée à destination, et la présence de gardes, cette fois-ci lourdement armés, lui confirma qu'au dedans des cages de métal qui s'étalaient devant ses yeux renfermait ladite poignée d'hommes, accusés de meurtre de masse. Tel un vautour, Ariane allait et venait devant les cages, les observant tour à tour.

A priori, rien n'indiquait sur leur visage tout le machiavélisme, l'horreur de leurs actes. C'était toujours le cas pour les criminels, elle ne le savait que trop bien. Jamais on ne soupçonne cela chez son voisin. Et pourtant se cache en tous, une part de ténèbres que seuls les plus faibles choisissent d'embrasser. Car il s'agissait bien de faibles, enfermés là, devant elle. Des lâches qui ont pris par surprise leurs victimes, et les autorités présentes. Des couards qui ont manœuvrés dans l'ombre, il était normal qu'ils y soient contenus.

Aucun d'eux n'osait lever les yeux vers elle, ou s'évertuait à l'ignorer.
Ariane se dirigea alors vers un homme grand et démesurément musclé, à ne pas en douter, le geôlier.

Vous les avez interrogés ? Ont-ils dit quelque chose ? Qui sont-ils ? Connait-on leur but ?


Non, Votre Altesse. Ils restent obstinément silencieux. Mais, ne vous faites aucun souci, nous avons redoublé d'efforts ...

Ariane leva un sourcil, s'interrogeant sur le sens de cette affirmation, quand un claquement suivi d'un cri étouffé les interrompit. Le geôlier pria la reine de le suivre, et l'emmena un peu plus à l'écart, vers une petite pièce ouverte et terriblement obscure, plus obscure encore que ce souterrain humide. Là, un homme se tenait au fond de la pièce, pouvait-elle observer avec peine, en plissant les yeux. Jambes et bras écartés par des liens qui le maintenaient solidement attaché. Son bourreau, cinq mètres derrière lui, faisait pendre au sol un fouet de cuir.

Vous nous avez autorisé à user de tous les moyens nécessaires, alors ... Nous ne nous sommes pas privés. Nous venons à peine de commencer avec celui-là, mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne parle. C'est certain. Et si pas, les autres se mettront vite à table, par crainte de subir le même sort.

Et le bourreau fit claquer une nouvelle fois son fouet sur le dos du prisonnier, lui déchirant sa chemise. Mais l'individu desserra à peine les dents.

Sur le mur en face était entreposée toute une série d'objet de torture, allant du plus efficace et habituel, au plus exotique et cruellement inhumain. Une salle de torture. Qui aurait cru qu'on aurait pu trouver pareil endroit à Borderoc ? Pas elle, en tous cas.
D'un pas lent, elle se dirigea vers les outils, et s'en saisit d'un, qu'elle tendit au bourreau. Ce dernier troqua alors son fouet de cuir contre un nouveau, à l'embout multiplié par dix, avec pour particularité, des pièces de métal tranchantes. Un flagrum revisité pour l'occasion.

Qui êtes-vous ?

S'adressa-t-elle au prisonnier. Puis, d'un signe de tête, elle autorisa le bourreau à frapper. Les lamelles de métal s'enfoncèrent silencieusement dans la chair, et aspergea abondamment le sol de sang.

Un cri de douleur intense retentit alors enfin dans la pièce, mais l'homme refusa obstinément de lui répondre, ce qui frustra encore plus Ariane.

Je peux vous assurer que vous parlerez, alors autant vous épargner une douleur inutile, et répondez sans attendre. Qui êtes-vous ?

L'homme, haletant et déjà tremblant, eut besoin d'un nouveau coup de fouet avant d'éclater de rire.

Les Masques Maâlistes ... te saluent, Usurpatrice !

Les Masques Maâlistes, elle en avait bien entendu parlé, même si elle ignorait beaucoup de choses à leur sujet. En tous cas, elle n'était pas sensé ignorer que tout ce qu'entreprenait cette secte était pour la gloire de Kamaâl.

Alors, c'est cela ... Tout ce sang versé pour vos croyances ...

conclut-elle dans un souffle. Finalement, elle n'aurait pas besoin de supporter cette torture très longtemps, l'appartenance de cet homme aux Masques suffisait à répondre à toutes ses autres interrogations.

Mais le prisonnier ne fit que rire davantage.

Tous des pécheurs, tous cor ... corrompus. Ils brûlent maintenant ... dans les flammes de Kamaâl, notre ...notre Sauveur.

Des rivières rougeoyantes courraient sur son dos et se jetaient sur la pierre sur laquelle l'individu reposait.

Tout à côté, des gémissements se firent soudainement entendre, et les gardes s'affolèrent.

Nous retrouverons ...notre seul et véritable Dieu ... et il ...nous accueillera royalement pour nos ...actes héroïques. Nous l'avons ... bien servi...

Et le torturé s'éteignit aussitôt. Le geôlier se précipita à l'extérieur pour aviser de lui-même du chahut, suivi de près par Ariane.

Dans les cages de fer gisaient à présent des cadavres, dont les corps avaient été calcinés.

Un garde était déjà à l'intérieur d'une des prisons, afin d'inspecter les raisons de ce trépas subit. Il se releva avec des éclats de verre dans la paume de la main : les restes d'une pierre de vie.

Les lâches ...

Désormais, il n'était plus question de faire parler qui que ce soit pour avoir de plus amples informations, que ce soit sur le groupe en lui-même, ou sur leurs ambitions, ou bien encore, où se cachaient les fugitifs.

L'enquête s'arrêtait là, balayée net par les flammes de la malédiction de Kamaâl. Il ne lui restait plus qu'à espérer que les Masques Maâlistes fuyards seraient vite attrapés et punis pour leur crime aux Jeux des Affrontements, sans quoi, elle se retrouverait bien vite avec la colère de son peuple sur le dos.

 
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