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 [12 Gellune 1099] Le Fracas des Eaux

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Ellie Célestacier

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MessageSujet: [12 Gellune 1099] Le Fracas des Eaux   [12 Gellune 1099] Le Fracas des Eaux EmptyJeu 8 Nov - 8:27

Le fracas des eaux - Le 12 Gellune 1099 au domaine des Célestacier


La pluie martelait le sol à un rythme lancinant, frappant arbres et maisons avec force et fracas, s’abattant sans merci sur le voyageur imprudent et les assassins en quête d’une solution.

Ellie repoussa une mèche détrempée de ses yeux et la coinça derrière son oreille, le regard fixé sur l’horizon. Jeté sans cérémonie en travers du dos de Stark, le corps de Mark se balançait grotesquement au rythme du pas chaloupé de l’étalon. Ils n’avaient pas bien loin à aller mais Ellie n’aurait jamais été en mesure de transporter son défunt mari à la force de ses bras. Quant au plan qu’elle avait élaboré alors qu’elle accrochait la plume au carillon de sa fenêtre, il comportait justement ce trajet effectué à cheval.

La nuit était complète et la pluie torrentielle noyait l’horizon sous un rideau grisâtre. Personne n’aurait été en mesure de l’apercevoir et encore moins distinguer la forme inerte du corps de Mark. Elle connaissait le chemin par coeur, ne l’avait effectué qu’une poignée de fois mais l’itinéraire était gravé dans sa mémoire. Un passage interdit, un trajet qui ne pouvait mener qu’à la douleur avec, pour compagne permanente, la terreur.
L’estomac de la jeune femme se noua et une pression familière s'exerça sur sa gorge, l’impression d’avoir du mal à déglutir, des difficultés à respirer. Elle connaissait les signes par coeur, avait vécu des mois entiers en leur compagnie, des années durant à en subir les effets et pourtant il était impossible de s’y habituer et de s’en dégager avec un haussement d’épaule. Ellie se contenta de garder un visage fermé sans pour autant être en mesure de s’empêcher de regarder à droite et à gauche.

Mark était mort, son corps sans vie ballotté de droite et de gauche au rythme des pas de Stark. Elle le savait, Corbeau le lui avait garanti, le lui avait assuré. Pour autant, elle était persuadée qu’il allait surgir au détour du chemin pour la punir. C’était à peine si elle arrivait à ne pas jeter un coup d’oeil au cadavre toutes les dix secondes, le sentiment comme une certitude qu’il était sur le point de se redresser et d’enrouler ses doigts épais et rugueux autour de sa gorge. Il n’était qu’un sac de peau, de chair et d’os affalé en travers de Stark, pour autant sa présence pesait lourdement, s’appuyait sur toute l’étendue du dos de la jeune femme.
La même terreur que s’il l’enlaçait par derrière, ses bras forts enroulés autour de sa silhouette. Une menace sous couvert d’une preuve d’affection.

Ellie exhala un souffle tremblant et jeta un regard par-dessus son épaule. Toujours là. Toujours mort. Toujours une source de cauchemar et toujours aussi terrifiant.

Soudain, comme surgit de nul part, Corbeau marchait à côté de Stark, silhouette sombre se découpant dans la nuit noire et grisâtre. Seule une infime partie du visage était visible. Les yeux, vifs, étaient posés sur elle, une touche de soutien, une once de réconfort et l’assassin hocha la tête. Une fois. « Je suis là, tout va bien ». Consciente que la terreur était en train de l’étouffer, Ellie souffla une nouvelle fois, un souffle tremblant qui trahissait son état d’esprit, puis hocha la tête également, plusieurs fois.
Le poids de Mark était toujours aussi énorme, toujours aussi effrayant. La peur lui nouait l’estomac et la gorge mais la détermination formait une colonne d’acier, remplaçant un dos faible habitué à courber et à plier, le redressant, l’affirmant. Ellie renifla et plissa le nez lorsqu’une goutte de pluie lui remonta dans les narines. La pluie, malgré tous les avantages qu’elle lui fournissait, avait également ses inconvénients, mine de rien.

Fort heureusement, le chenil n’était pas bien loin.

Corbeau avait de nouveau disparu, glissant parmi les ombres sans un bruit. La pluie rugissait, couvrait tout, pourtant Ellie observa avec attention l’assassin et ce qu’elle vit, lorsque Corbeau rejoignit les ombres, ne pouvait qu’être décrit par les ténèbres enlaçant la fine silhouette et l’accueillir en leur sein. Corbeau disparu tout bonnement mais la jeune femme savait que l’assassin était toujours là, quelque part.

Elle rejoignit le chenil et attacha Stark à proximité mais suffisamment loin pour ne pas exciter les morggs qui s’y trouvaient. Le son de leurs grondements hérissa les cheveux sur sa nuque mais elle se concentra, son regard cherchant les alentours, scrutant les grillages et les murs. La pluie pouvait très bien avoir nettoyé les traces mais-

Là ! L’eau avait nettoyé les traces mais l’éclat rouge vif, dilué par l’averse, ressortait grossièrement sur la pierre claire. Des empreintes énormes entouraient le côté du bâtiment. Un affrontement mineur avait eut lieu là et Ellie pouvait presque imaginer le morgg en piteux état se débattre contre le mange-corps, les jappements et gémissements désespérés de la bête qui se sait sur le point d’être dévorée.

Il n’y avait que la perte d’un investissement qui pouvait mettre Mark en colère. Il n’avait généralement pas besoin de beaucoup de raison pour lancer des mots venimeux, rabaisser et moquer avec le talent qui était le sien. Mais pour qu’il s’en prenne à Ellie à peine après avoir mit un pas dans la chaumière ne pouvait signifier qu’une chose : il avait abandonné l’un de ses morggs. Probablement un affrontement, un accouplement qui s’était mal passé, peu importait comment cela s’était déroulé. Le résultat était le même.

Au début de son entreprise, lorsque Mark devait se débarrasser d’un morgg, il se contentait de laisser les autres le dévorer ou le laissait crever à quelques mètres du chenil. Dans les premiers temps, il guettait l’arrivée potentielle d’autre morggs avec l’espoir de les capturer lui-même. Ses espoirs avaient été rapidement déçus lorsqu’en lieu et place d’une meute de morggs ou de morggs solitaires, il avait vu s’installer un mange-corps. La créature ne s’en prenait jamais à lui, restait toujours à bonne distance… et finalement Mark y avait vu une certaine forme d’utilité. Le mange-corps le débarrassait des cadavres dont il n’avait plus besoin. Il n’y avait pas grand chose à faire pour déloger la bête, à l’exception d’appeler la Garde, laquelle était bien susceptible de mettre son nez dans des affaires où il préférerait de loin les tenir à distance. Par conséquent, le mange-corps resterait là.

Il voyait là, également, un moyen supplémentaire de terroriser sa femme.

Ellie serra les mâchoires et redressa les épaules avant de se tourner vers sa monture. Corbeau la rejoignit rapidement, silhouette légère sur des pieds silencieux. A deux, l’assassin et la commanditaire descendirent le cadavre de Mark du dos de Stark et le transportèrent jusqu’à l’endroit exact où un morgg à l’agonie avait été abandonné quelques heures plus tôt.

Corbeau s’éloigna, ne laissant que des empreintes légères sur son passage. Ellie considéra un instant les siennes, plus profondes et plus évidentes. Autant pour son idée d’en faire le moins possible, songea-t-elle amèrement alors qu’elle faisait demi-tour jusqu’à Stark sur la pointe des pieds, espérant que le mange-corps couvrirait ses traces des siennes. Une fois parvenue jusqu’à sa monture, Ellie se dirigea en courant vers l’entrée du chenil et fit jouer la clé dans la serrure. Elle entra et parcouru l’intégralité de la petite bâtisse de long en large.

Laissant derrière elle des traces évidentes de boue, de pluie. Les foulées, courtes et précipitées, témoigneraient de sa détresse et de sa recherche désespérée. Les indices parleraient d’une épouse inquiète à la recherche de son mari disparu mais en son coeur, Ellie n’était que ferme détermination et froide calculation.

Lorsqu’elle ressortit, elle enfourcha Stark, sa poigne ferme sur la selle détrempée et les rênes gorgées d’eau. Elle était trempée comme une soupe, glacée jusqu’aux os et elle ignorait qui, de la peur ou du froid, la faisait trembler jusqu’à claquer des dents. Pourtant, elle pressa gentiment les flancs de son étalon, s’éloigna de quelques mètres jusqu’à se placer sous la couverture toute relative d’un bosquet voisin. Depuis sa selle, la jeune femme garda le regard fixé sur le corps immobile de son mari.

Il avait été jeté là sans cérémonie, un tas de membres désordonnés offert à la pluie et au sort peu recommandable qu’Ellie avait choisi pour lui. Un sourire sans joie, montrant juste un soupçon de dents, étira les lèvres de la jeune femme.
Il fallut de longues minutes d’attente avant que le monstre ne pointe le bout de son énorme gueule. Le peu de luminosité que le ciel couvert offrait au monde éclaira la carcasse musculeuse de la bête et, à ses côtés, celle plus petite d’un jeune. Une femelle et son petit.

Comme frappée par la foudre, Ellie observa les deux créatures se pencher sur le corps de Mark, reniflant attentivement le cadavre avant de l’emporter, traînant derrière eux le tas de chair qui avait de son vivant terrorisé Ellie. Par moment, le jeune faisait claquer ses mâchoires massives et la chemise tâchée de boue et détrempée de Mark se teintait d’écarlate.
Il fallait beaucoup de nourriture pour sustenter un mange-corps et Ellie avait craint que le monstre ne décide de garder le corps de Mark pour le consommer plus tard. Un problème si la Garde venait enquêter et remontait la piste jusqu’à la tanière de la créature. Mais avec un petit dans les pattes, il y avait peu de chance que Mark ne fasse de vieux os.

Un sombre rictus étira les lèvres d’Ellie.

Corbeau avait disparu, avalé par les ombres dont l’assassin avait émergé pour lui offrir une ombre d’espoir.

Ellie fit faire demi-tour à son étalon, l’esprit libéré d’une charge dont elle avait prit conscience depuis peu seulement. Elle inspira profondément et se surprit à pouvoir le faire sans qu’un poids ne restreigne sa respiration. La peur était toujours là, un stress persistant à l’idée de se faire découvrir par la Garde. Mais Mark était mort et le chemin qui s’ouvrait devant elle était dénué de son ombre. Peu importait ce qu’elle avait à affronter, elle se sentait en mesure d’y faire face.

Le bracelet en métal qui enserrait son poignet la révulsait mais elle se convainquit de le garder encore. Au moins quelques mois, le jeu de l’épouse espérant revoir un jour son mari se révélerait probablement plus compliqué à jouer que prévu mais elle y arriverait. Elle avait vécu cinq ans sous le joug d’un monstre, qu’étaient quelques mois de plus à prétendre. Il lui faudrait mentir juste un peu plus longtemps.

Rien de moins que ce dont elle avait déjà l’habitude.
Information lancers de dés : Information hors-RP :
Rien à signaler sur mes lancers de dés
Y’a un jeu de mots, vous l’avez vu ?? 8D
 
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