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 [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent

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MessageSujet: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Jeu 9 Aoû - 18:52

Bâtir sur le dos du vent / 28 Allune 1100

La plaine est cerclée d’or. Le jour qui se couche à l’ouest éclabousse les jeunes tiges de blé de printemps, ni tout à fait jaunes, ni tout à fait vertes. C’est un paysage qui vaut la peine d’être regardé, qui se baigne dans l’attente du crépuscule et fait saillir ses monts tendres et ses champs tout juste éclos. Mais pour Achille qui n’est pas agriculture ou propriétaire, pour Achille dont les yeux sont restés rivés à la propriété qui se niche là, ce décor n’est pas suffisant pour l’extirper à sa grisaille. À la taverne du coin, on lui a parlé de ce chantier - mais les gens du coin ne côtoient pas les mêmes entreprises que le vornois ; les constructions élancées et raffinées d’Albatra, les murs de pierres colossaux de Borderoc, la richesse des maisons faite sur mesure selon les caprices de bourgeois entêtés… Et pour Achille, donc, à qui on a dépeint ce chantier-ci comme lui-même se dépeint ceux de la capitale du Mavrier, la déception est amère.

Une bicoque et une vieille grange, voilà où on l’a envoyé trouvé du travail. La première bâtisse est classique, élémentaire, quoi qu’un peu plus élaborée que les premières maisons qu’Achille a pu construire à Embusquade. La grange semble solide d’ici, mais elle est délabrée, et toute faite de bois, sans même de demi-mur de pierres à sa base pour témoigner d’une quelconque aisance cachée se dissimulant dans le portefeuille des anciens possédants. Ce n’est même pas un contrat de construction qu’on l’a envoyé chercher, mais de restauration.

Un bref instant, Achille pense rebrousser chemin. Mais pour aller où ?

Suite à l’incident de la carrière des Alles, tout s’était précipité. Son renvoi du chantier à Albatra, sa réputation mise à mal, sa décision de s’éloigner… Il était passé voir sa soeur cadette Sancie pour lui annoncer son départ, redoutant une mauvaise réaction comme toutes les réactions qu’il avait toujours anticipées de tout le monde. Seulement, sa soeur n’avait pas hésité une seule seconde à lui décocher un sourire tendre et sincère, à lui dire que c’était là une excellente idée, qu’il trouverait du travail ailleurs, qu’il avait du talent, qu’il ne devait pas douter de lui. Chaque mot dit avec chaleur lui avait donné envie se mettre à chialer et d’étreindre Sancie avec force, sauf qu’ils n’étaient plus des gosses. Puis elle avait marqué une pause, avait porté sa main à son ventre et lui avait annoncé qu’elle attendait un enfant.

Achille avait aussitôt senti l’énorme poids de la culpabilité lui compresser le crâne. Dans son livre à lui, toutes les raisons étaient valables pour continuer à veiller sa petite soeur, surtout une grossesse, mais elle s’était montrée ferme. Elle lui avait dit : « Non, Achille. Je veux que tu partes et que tu voyages, pour raconter à mon enfant comment est le monde, et qu’il sache ce qu’est le courage. »

C’est un sentiment étrange que de se sentir le coeur lourd et léger à la fois. D’ailleurs, Achille avait été incapable de tout quitter. Il avait laissé quelques possessions à Sancie, pensant revenir vivre à Albatra une fois la poussière retombée. Aller travailler ailleurs durant l’été, revenir passer l’hiver au Mavrier, pourquoi pas. Sa soeur avait réussit à le convaincre d’acheter un vieil hongre - c’était un investissement rentable, selon elle, pour la distance à parcourir, il est vrai, mais aussi pour le transport des vivres et des outils. Le vornois avait beaucoup juré durant sa première journée de monte, mais pour le reste, hormis la douleur aux cuisses et aux fessiers, il lui fallut admettre qu’un cheval était très pratique.

Contraint à l’immobilité depuis un moment, sa monture commence d’ailleurs à montrer quelques signes d’impatience. Elle flaire le repos et la tranquillité de l’enclos sommaire longeant la grange. En mettant le pied à terre, Achille lui accorde cela : s’ils doivent aller ailleurs, ce sera demain matin. Car la nuit tombe et la fatigue tirent leurs muscles à tous deux. Le vornois attache les rênes sur l’un des pieux de la clôture et s’avance à la porte de la petite maison. Visiblement, les travaux ont déjà commencés : il y a des matériaux qui attendent qu’on leur attribue une fonction, des outils qui traînent près de la façade, un établi de fortune monté à l’ombre de la corniche du toit… Achille n’arrive pas à estimer le nombre de personnes travaillant sur ce chantier minuscule, mais il n’est pas gros, ça, il en est certain.

Il toque, concentré dans son analyse du terrain. Et le poing encore levé, il espère soudain qu’on voudra bien l’engager. Car si la minute d’avant il faisait la fine gueule pour l’emploi, il réalise qu’il n’a pas très envie de rebrousser chemin et de recommencer les recherches. C’est le premier filon qu’il a trouvé en une semaine. Il faut croire que les gens ne construisent pas beaucoup sur le chemin qui sépare Albatra de Lackness, ou que les ouvriers se font trop nombreux.


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MessageSujet: Re: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Lun 13 Aoû - 11:07

Bâtir sur le dos du vent - Le 28/01/1100 à la ferme de Killian


La chose à savoir, lorsqu’on travaille sous la charpente d’un toit aux poutres et autres mansardes, c’est de toujours regarder où l’on va. De ne surtout, ô grand jamais, faire un pas en avant sans s’être assuré auparavant qu’une foutue pièce de bois ne viendra pas faire la bise à votre front.

Concentrée sur sa tâche, la Lame de Saphir remplaçait une pièce de bois pourrie de la charpente du toit par un élément neuf et qu’il avait taillé sur mesure avec les moyens du bord. Bien que n’étant pas de profession, il commençait à se découvrir habile de ses mains malgré un manque cruel de connaissance brute. Changer une pièce de bois requérait quelques éléments, de connaître le matériel adapté et la manipulation correcte à appliquer. Laquelle, il le devinait, devait probablement changer selon l’emplacement et l’angle de la pièce en question. Il y avait un paquet de choses à savoir et bien que capable de régler les problèmes les plus immédiats, Killian commençait à se rendre compte qu’il avait été peut-être un peu trop gourmand sinon présomptueux en achetant le terrain - gigantesque - et les bâtiments - en ruine.

Il n’avait pas besoin d’une maison flambant neuve avec les nouveautés dernier cri et la dernière décoration d’intérieur à la mode. Il avait juste besoin d’un coin à lui qu’il pouvait appeler “son chez lui”. Il avait probablement une autre maison, un autre lieu de vie, quelque part dans l’un des trois duchés mais pour l’heure il en avait oublié jusqu’à l’existence et cela faisait plus d’un an qu’il avait perdu la mémoire. Il pourrait continuer à vadrouiller d’une caserne à une autre, parfois occuper le lit d’appoint de Liam jusqu’à ce que la mémoire lui revienne. Il pourrait. Mais il n’en avait pas envie.

Un coin confortable à proximité d’une cheminée, même à moitié effondrée, lui suffisait. Un lit jeté à même le sol, consistant plus en un patchwork de couvertures, était suffisant. Le reste, il l’aurait lorsqu’il aurait rénové la bâtisse en ruine. Après quoi, il attaquerait la grange et peut-être les écuries. La première chose qu’il avait faite après avoir acheté et en arrivant sur les lieux avait été de réparer la clôture de l’enclos le plus proche de la maison. Havoc y pâturait actuellement, calme et tranquille, heureux de l’espace qui lui était offert et de la couverture qui lui réchauffait le dos, le protégeant du froid tout relatif du printemps.

Apposant la dernière fixation afin de s’assurer que la pièce ne bougerait plus de son logement, Killian entendit le son inattendu d’un coup contre sa porte.

Quelqu’un était en train de toquer.

Perplexe, Killian fronça les sourcils, le regard dirigé vers la zone où il savait que la porte d’entrée se tenait. Elle se trouvait juste hors de vue.

La ferme se trouvait relativement loin de la route, seulement liée à celle-ci par un sentier à l’abandon que la nature avait tôt fait de réclamer et entouré d’une forêt. Un secret caché dans un écrin de velours émeraude, une ferme oubliée et abandonnée, idéale pour un peu de tranquillité. L’habitation la plus proche se trouvait à un peu plus d’une demi-heure à cheval et Killian avait déjà fait connaissance du propriétaire, s’en était déjà fait un ami et un allié. La femme, en revanche, était plus du genre à entrer sans prévenir tout en le hélant pour le saluer. Pas le genre à toquer, donc.

Descendre de son perchoir ne lui prit qu’un instant et Killian s’approcha de l’entrée en s’essuyant les mains sur un chiffon désormais plus noir que blanc et comptant plus de trous que de tissu intact.
Il était couvert de poussière et de bois, de copeaux perdu dans ses cheveux, une chemise blanche qui avait vu de meilleurs jours et un pantalon en tissu épais afin de pouvoir s’agenouiller pour de longs moments sans se blesser. Vêtu pour le travail de chantier… qu’il était sur le point d’arrêter pour la journée. Le jour avait encore quelques belles heures devant lui mais la luminosité se faisait rare et avec l’état délabré de la ferme, Killian ne voulait pas se risquer à allumer des feux pour voir ce qu’il faisait. Il était peut-être parfois casse-cou, comme Liam le prétendait à l’occasion, mais pas inconscient.

Lorsqu’il ouvrit la porte, les sourcils froncés, Killian constata que l’homme avait toujours le poing levé, comme prêt à toquer une nouvelle fois, figé en plein mouvement. Les yeux de l’inconnu étaient rivés sur le reste de la propriété, comme prenait conscience de l’état délabré de la grange, des rénovations récentes et peut-être un peu maladroite de la clôture et l’état inquiétant de la bâtisse principale.

Derrière l’homme se tenait un cheval, le dos alourdi par des sacs de selle bien remplis. Il était attaché à la clôture et attendait patiemment, les oreilles droites et curieuses. Comme appelé par le bruit inattendu, Havoc apparu au détour de la grange et s’approcha de sa démarche chaloupée. Il semblait curieux et pas le moins du monde offensé par la présence d’un congénère ce qui restait un bonne chose. Havoc était la placidité et l’efficacité personnifiée mais Killian ne s’estimait pas à l’abri d’une réaction inattendue de la part de l’animal. Surtout compte tenu de l’autre occupante des lieux qui, maintenant qu’il y pensait, était il ne savait où. Ce qui devrait peut-être l’inquiéter un peu.

La couleur lavande des cheveux de l’inconnu tirèrent un petit sourire discret à la Lame. Bien sûr Ashena n’avait pas le monopole de la crinière violette mais cela n’en restait pas moins un rappel bienvenu. La jeune femme était toujours source d’une joie simple mais honnête, une pensée suffisait à lui tirer un sourire, comme à l’instant.
Pour l’heure, en revanche, il se trouvait plutôt perplexe quand à la présence d’un homme qu’il n’avait encore jamais vu dans les parages.

Bonsoir,” dit-il agréablement, “vous êtes perdu ?

Après tout, quelle autre raison pouvait expliquer la présence du jeune homme ? La silhouette fine et nerveuse de l’inconnu n’indiquait pas exactement celle d’un combattant expérimenté mais les cals que Killian pouvait deviner sur ses mains indiquaient l’utilisation fréquente d’outils ou d’armes.
Il était également couvert de la poussière du voyage, à l’instar de sa monture qui portait des signes de fatigue clairs et évidents. Il y avait une multitude d’indices et d’indications, le genre de détails que Killian repérait plus rapidement qu’il ne s’en rendait compte. Un réflexe dont il avait connaissance depuis qu’il avait acquis le premier souvenir dont il était capable de se rappeler.
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MessageSujet: Re: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Ven 7 Sep - 2:41

Bâtir sur le dos du vent  / 28 Allune 1100

C’est la voix qui le tire de sa catatonie ; pas le léger grincement des gonds d’une porte qu’on ouvre, pas le bruit mat des sabots d’un cheval s’avançant à la rencontre du sien, non, mais le « Bonsoir » poli, chaud, formel, mais aussi mortifère, car sa simple évocation met sous le nez d’Achille qu’il est celui venu quérir prestation sans arriver à prendre les devants. En tournant la tête, il est décontenancé ; l’homme lui demande s’il est perdu, et ce n’est rien pour aider sa cause. Un instant alors, il garde le silence. Et c’est suffisant pour que vienne se glisser dans ses pensées la pressante et étourdissante envie de dire « oui ».

Oui, perdu, un grand perdu, je ne sais pas ce que je fais, je ne sais pas pourquoi je suis ici, j’ai mal au cul et aux cuisses depuis sept jours, oui, je suis le plus grand perdu et le plus grand imbécile de Trois-Lieux, j’ai laissé ma maison, ma ville, mon emploi, j’ai tout laissé, Bonsoir, j’aurais besoin de votre aide, grand besoin, mais c’est vous qui devez accepter la mienne.

Achille englobe d’un regard toute la stature de l’individu. Plus grand que lui, plus costaud, plus à l’aise, , plus en moyen, tout pour que le bâtisseur se sente un vulgaire contraste ambulant ; lui qui ne manque jamais d’aplomb, c’est étrange. Car Achille n’est pas de ceux qu’on déstabilise aisément, d’autant moins avec un simple « Bonsoir », mais à l’instant, tout le vrille, d’en dedans jusqu’au dehors - rationnellement, il s’appuie sur des explications on ne peut plus plausibles : la fatigue, le découragement, le doute, l’inconnu, et sûrement plus que toutes ces choses, l’éloignement de chez soi.

« Non, pardon, je… »

Une ombre claire traverse le bistre de ses yeux, et soudain, comme un tronc qu’on fait émerger de l’eau, l’aplomb revient se nicher sur son visage avec la solidité du bois.

« J’ai entendu dire par le tavernier que vous cherchiez un peu d’aide pour le chantier. Je viens vous offrir mes services. Je m’appelle Achille Tiercélys, et je suis Maître Bâtisseur. »

Ça, c’est  l’assaisonnement de coutume - mais le vornois se souviens qu’il n’est pas au pied d’une maison de bourgeois ou d’un monumental édifice nécessitant le savoir utile (et aussi très coûteux) d’un Maître. Aussitôt, il ajoute donc : « Enfin… n’importe quel travail sera le bienvenu, même celui d’un simple ouvrier. »

Autrement dit, pas besoin d’égaler mes gages habituels. L’absence de paroles de la Lame l’embête et affole son esprit déjà malmené (après tout, ce n’est pas comme s’il lui donnait la chance de répondre) ; c’est qu’il le veut trop, ce contrat. Un été sur une terre, à s’oublier dans l’effort physique, sans action étourdissante d’une ville ou d’un chantier d’importance. Une paye modique, oui, mais pour un travail simple, qui huilerait ses muscles et engourdirait sa tête trop pleine.

Comme un second souffle, dans le labeur. Un retour aux sources.

Peut-être a-t-il l’air d'un charlatan, que lui glisse sournoisement son subconscient. La réaction usuelle des gens, lorsqu’il se proclame Maître Bâtisseur, est généralement peu flatteuse. Les plus discrets bougent un sourcil, les autres font « vraiment ? ». C’est qu’il est jeune, notre Achille, pour prétendre au titre. Qui plus est, un Maître Bâtisseur qui arrive d’on ne sait où, prêt à bosser dur pour moins que la moitié de ses honoraires habituels… ça ne court pas les campagnes. Sentant qu’il doit prouver sa valeur autant que son honnêteté, le vornois s’éloigne aussitôt et fixe son attention sur la devanture de la maison. D’un geste de la main, il désigne une fente qu’on devine mener à l’entre-toit : « La façade est en pierres, mais ceux qui l’ont construite n’ont pas cru bon de monter le mur jusqu’à la gouttière ; manque de moyens, peut-être - il y a un espace entre le haut du mur et la pose du toit, et ce n’est pas du bois. Voyez, là, ça s’affaisse, et ce n’est pas comme ça que le bois travaille. Je suppose qu’ils ont dû colmater les quelques pouces restants avec du torchis - mais le toit est trop lourd, probablement ; je ne suis pas entré à l’intérieur, mais je suppose que vous avez de grandes poutres qui courent d’un bout à l’autre des pièces ? - Voilà, c’est massif, solide, mais trop lourd pour le torchis, et ça s’est affaissé jusqu’à la pierre. »

Il attend, juste quelques secondes. Le silence l’encourage et, après un bref regard vers le propriétaire des lieux, Achille se déplace encore de quelques pas. Il inspecte rapidement l’état du sol près du mur, balaye la pierre, puis tourne le coin en prenant pour acquis que la Lame suit : et elle suit. Achille est trop concentré pour témoigner de la bonne humeur qui le gagne de plus en plus. Il est dans son élément, fait une inspection de routine qui le place dans un état d’esprit plus calme et plus pragmatique. Sa main va trouver le bloc élancé que constitue la cheminée fièrement dressée au bout de la maison longère. Un peu d’insistance, et voilà que ce qui lie entre elles les pierres s’effrite sous le pulpe de ses doigts.

« C’est bizarre, ils ont dû construire la cheminée après coup, regardez ; ce n’est pas le même mortier. Celui-ci est poreux, et un peu plus pâle - la recette était mauvaise, ou alors la température ne s’y prêtait pas. Il y a déjà quelques pierres de tombées, et ça ne va pas aller en s’améliorant ; ce n’est pas normal pour une bâtisse de cet âge, les autres murs sont parfaitement solides. Ce n’est pas grand chose mais… il faudrait y veiller, c’est certain. »

Il a envie de parler de la grange, mais il se contient. Après avoir répété l'exercice au bas de la cheminée (même résultat), le vornois se redresse et plante les mains dans ses poches en inspirant calmement. Voilà. Ses yeux glissent sur ceux de l’autre homme, et il attend son verdict. Mais il se sait compétent, et maintenant qu’il a touché la matière, l’angoisse s’est dissipée. Il ne lui reste plus qu’à avoir un avis favorable.


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Ouais, tu as bien compris : il se pète les bretelles
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MessageSujet: Re: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Lun 1 Oct - 12:12

Bâtir sur le dos du vent - Le 28/01/1100 à la ferme de Killian


Le silence de l’inconnu lui fit froncer les sourcils et Killian le considéra longuement, des pieds à la tête. Il était définitivement vêtu pour le voyage, sa tenue rendue poussiéreuse par la route et l’air fatigué. Son expression, comme perdue et un peu hagarde, lui rappelait parfois la sienne lorsqu’il trouvait une surface réfléchissante.
Alors qu’il s’apprêtait à offrir quelque chose de chaud à boire et un abri pour la nuit, malgré la précarité de son propre logement, le jeune homme reprit la parole. D’abord hésitant, comme sur le point de s’effondrer, l’inconnu retrouve soudainement de l’acier pour redresser son échine. Les épaules plus droite, le menton plus haut et plus assuré, la voix d’abord incertaine se fit sûre et aisée. Comme le flot d’abord faible d’une rivière effleurant à peine la surface qui retrouve ensuite toute la force de son courant lorsque la terre lui offre la place de s’exprimer.

Killian se détendit lui-même, écoutant attentivement ce qui pouvait bien amener ce pauvre bougre jusque chez lui. D’abord bienveillant, il inclina légèrement la tête sur le côté lorsque Achille Tiercélys comme il se présentait, l’informa qu’il était un Maître Bâtisseur. Il était bien le premier à se présenter pour apporter un coup de main pour remettre le corps de ferme d’aplomb et Killian ne refuserait aucune aide, même celle de quelqu’un avec aussi peu de connaissance que lui, mais voilà qu’un Maître en la matière se présentait en personne chez lui. Il y avait de quoi s’interroger. Loin de mettre en doute la parole de l’étranger, il n’en restait pas moins sceptique quant à la raison de sa présence. Killian avait de l’argent, pas de doute là-dessus, mais certainement pas assez pour s’offrir les services d’un homme avec un tel pédigrée. Pas s’il souhaitait continuer à mettre de l’argent de côté au cas où son ancienne vie revenait lui mordre les fesses et le jeter sur les routes, en cavale.
L’assurance que n’importe quel travail conviendrait au Maître Bâtisseur fit sourciller Killian et il fronça les sourcils, intrigué. Le doute, la suspicion, s’alluma comme une minuscule flammèche au creux de son esprit. Il y avait définitivement anguille sous roche, personne avec un tel calibre n’irait réclamer des miettes de travail pour une maison comme la sienne. Killian aimait son corps de ferme et tout le terrain qui s’y joignait mais il ne justifiait définitivement pas l’intervention d’un Maître en la matière.

Silencieux, la Lame suivit prudemment le jeune homme lorsque celui-ci s’éloigna du pas de la porte pour venir contourner la bâtisse. Les mains dans les poches malgré les risques que cela comportait, Killian demeura attentif et silencieux, étudiant et observant avec intérêt.
Rapidement, avec l’aisance de l’habitude comme Killian énumérerait les défauts dans une garde ou d’une arme, Achille se mit à pointer divers failles dans la construction du bâtiment. Ne cherchant pas le moins du monde à cacher son demi-sourire, il écouta néanmoins, suivant du regard chaque élément pointé du doigt, absorbant les informations à mesure qu’elles lui étaient présentées.
Au coup d’oeil que lui jeta le jeune homme, Killian l’encouragea d’un hochement de tête, son sourire, pas si discret, sympathique et ouvert. Il avait cruellement besoin d’aide et ne s’y connaissait pas suffisamment en architecture pour pouvoir faire un travail décent ou retaper cette maison correctement. Pas s’il voulait que son oeuvre persiste et soit d’une quelconque utilité. Il avait bien repéré que quelque chose n’allait pas avec la structure mais il aurait été incapable de mettre le doigts dessus, Achille, d’un simple coup d’oeil, l’avait fait. Et Killian était prêt à parier que ce n’était que le début.
Concentré et attentif, le bâtisseur poursuivit son inspection, se déplaçant à mesure qu’il étudiait la ferme et Killian le suivit plus que volontiers, curieux et silencieux. Attentif et concentré.

Son exposé terminé - bien que Killian devina sans peine qu’il y avait bien plus de matière sur laquelle le bâtisseur pouvait s’épancher - Achille se redressa, fourra ses mains dans ses poches et prit une profonde inspiration. Autant, probablement, pour contenir ses nerfs que pour reprendre sa respiration après un si long monologue.

Prenant le temps de rassembler ses pensées, Killian jeta un nouveau coup d’oeil à son chez lui, son regard passant d’un défaut à un autre, tous pointés par le bâtisseur, avant de revenir sur ce dernier. Il était peut-être injuste de faire durer le suspens comme il le faisait, mais Killian pouvait parfois se comporter comme un sale petit con et y prendre un malin plaisir plaisir.

J’ai honnêtement du mal à croire qu’un Maître Bâtisseur s’intéresse à cette vieille bicoque,” avoua-t-il calmement mais il ajouta rapidement, avant qu’Achille puisse l’interrompre s’il en avait l’idée “mais je serais fou de refuser une aide, quelle qu’elle soit. Vous avez démontré que vous saviez de quoi vous parlez, personnellement ça me suffit. Et si vous voulez travailler ici, avec moi, sur ce chantier,” il haussa les épaules, “alors vous êtes le bienvenu.

Il indiqua à Achille de le suivre d’un bref mouvement de la tête. Killian rebroussa chemin jusqu’à l’entrée de la ferme et invita le jeune homme à entrer.

J’ignore si vous avez un endroit où loger mais si vous ne voyez pas d’inconvénient à partager un espace étroit avec moi au moins le temps qu’on vous aménage une pièce, vous pouvez loger ici.

L’espace le plus proche de l’entrée avait été aménagé comme espace de vie, un espace suffisant pour un homme seul pour qui le manque d’espace n’est pas un problème. Il y avait probablement juste la place pour ajouter une deuxième couche mais il ne s’agirait certainement pas d’un large espace et Killian espérait secrètement que l’homme n’avait pas embarqué toute sa maison avec lui, auquel cas ils se verraient obliger de stocker certains objets dans la grange. Ce qui ne pouvait pas être optimal compte tenu de l’état de délabrement de cette dernière.

Vous avez mangé ?” S’enquéra-t-il gentiment, conscient que si Achille avait déjà consommé quelque chose il ne pouvait pas s’agir de quelque chose de bien consistant, à moins qu’il n’ait pris un repas à la taverne. Ce qui était peu probable mais pas impossible. “Nous pouvons discuter vos gages et tout autre détails en mangeant, vous pourrez également poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit.

Une partie méfiante et suspicieuse de l’esprit de Killian ne demandait rien moins que d’interroger le jeune homme, de poser des questions et de poser des pièges. D’aiguillonner, de chercher et fouiller jusqu’à obtenir toutes les réponses nécessaires à apaiser l’esprit critique de la Lame. Une autre, plus calme et pragmatique, pensait simplement qu’il enverrait Toi porter un message à Liam pour que celui-ci vérifie les informations qu’ils détenaient concernant un certain Achille Tiercélys. Il avait accès à un véritable puit d’information et si Lackness n’avait aucune information, Killian se tournerait vers d’autres casernes jusqu’à obtenir une question. Pendant ce temps, peut-être qu’il céderait à la tentation de tendre des pièges, de poser des questions insidieuses qui tireraient plus de réponses qu’Achille n’avait conscience d’en donner.
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MessageSujet: Re: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Mer 3 Oct - 3:42

Bâtir sur le dos du vent  / 28 Allune 1100

La lame parle enfin ; pour Achille se substitue alors à l’attente soulagement et… léger stress. L’autre homme reconnaît sa méthode, accepte ses services, et si c’était presque trop facile, on ne peut pas en dire autant de la tâche qui reste désormais à accomplir. Il s’agira pourtant d’exercices de routine, des combinaisons de gestes que le jeune Maître Bâtisseur a effectué un nombre incalculable de fois, tant et tellement qu’il ne se pose plus de questions. Alors qu’a d’effrayant cette maison longère banale et cette grange sans esthétique précise ? Achille devrait se sentir en mesure d’effectuer ces travaux de base - allons, il a travaillé à la restauration de l’Académie d’Albatra ! Mais la pointe d’angoisse demeure. Dans les filets de son rationalisme, il chasse la raison profonde, crue et pourtant toute simple qui lie son coeur à ce contrat d’apparence futile ; il représente ce qu’il a toujours espéré, soit le début d’une réelle émancipation.

Rendu muet par la prise de décision rapide du propriétaire, il le suit avec un espèce d’étonnement contenu jusqu’à l’intérieur du logis.

« J’ignore si vous avez un endroit où loger mais si vous ne voyez pas d’inconvénient à partager un espace étroit avec moi au moins le temps qu’on vous aménage une pièce, vous pouvez loger ici » qu’il lui explique et le vornois embrasse du regard la surface contiguë qui a été libéré dans le fatras des rénovations. Quelque chose l’étreint ; un espèce de désir pressant de s’y mettre, tout de suite, à ce travail. Oui, de dormir en s’allongeant bien le corps afin de respecter le peu d'espace alloué, d’enfiler ses bottes en restant à demi assis sur sa couche de fortune, de devoir sortir dehors pour bien étendre les bras et enfiler sa chemise, de vivre immergé dans le projet plus que dans lui-même, et donc de se retrouver, par le fait même. La Lame ne saisira peut-être pas le grand plaisir qu’il lui fait, mais ce n’est pas très grave - Achille affiche un sourire calme.

Il a l’impression de retrouver la précarité des débuts, où il logeait dans un petit cagibis à Embusquade, sur les chantiers, avec les autres ouvriers. S’il avait, à l’époque, pesté contre le dureté de sa paillasse et la chaleur musquée de ses confrères ronflant définitivement aussi fort que Kamaâl maudit les hommes, cette période ne lui laisse maintenant qu’une manichéenne nostalgie.

« Vous avez mangé ? Nous pouvons discuter vos gages et tout autre détails en mangeant, vous pourrez également poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit. »

Achille se lisse une mèche derrière l’oreille, ses yeux s’abaissent comme pour considérer cette offre. Naturellement, le confort s’installe dans cette discussion, c’en est presque choquant. La voix de la Lame est chaude, comme un bourdonnement bienveillant - le Maître Bâtisseur réalise donc qu’en plus d’être affamé, il est probablement très fatigué.

« Je ne dirai pas non à un repas, le dernier remonte aux aurores. Je desselle mon cheval et je vous rejoins. »

Un petit coup d’oeil, et il ressort. Tourner le dos au guerrier lui fait une sensation étrange, mais très vite balayée - comme une appréhension bondit du passé, l’impression d’un aîné qui va lui fondre dessus malgré le grand calme, lui planter sa botte entre les omoplates, ou lui abattre le plat de son épée sur la nuque pour lui donner une leçon : tiens, voilà ce qui arrive quand on se détourne de ses entraînements martiaux. Voilà ce qui arrive quand on n'est qu'un crétin qui ne pense qu'à se faire raconter des histoires, à se prélasser et à sculpter des stupides chevaux de bois. Voilà ce qui arrive quand on n'est pas un vrai vornois. Mécaniquement, Achille fait rouler les muscles de ses épaules pour chasser la douleur fantôme, l’inconfort du souvenir, avant de s’affairer auprès de sa monture.

Elle a déjà fait connaissance avec l’autre bête, et comme pour leur propriétaire, les salutations semblent s’être déroulées bon train. Les naseaux se frôlent encore avec une légère curiosité, puis s’éloignent pour humer l’herbe ou le bois de la clôture. C’est si silencieux, ici…

La main posée sur l’encolure du cheval, Achille ferme momentanément les paupières. Une brise timide effleure son front, annonce son caractère nocturne. L’engourdissement de son corps l’oblige à migrer vers ses pensées, et il se voit déjà franchir les dernières lieux qui sépare cette ferme de Lackness, ville qui lui est encore inconnue. Ah oui, ça le prend au ventre : l’envie de voir. D’explorer. De connaître. De tout faire. Alors que ce matin il priait de trouver l’endroit où se poser, lui et son insécurité de ne pouvoir tenir refuge, voilà que cette assurance du gîte redonne à son esprit le tempérament joyeusement impulsif du voyage ! D’une poigne souple et vigoureuse, ses doigts vont s’emmêler aux crins de sa monture maintenant délestée de sa lourde charge pour tirer, masser, remercier du si bon service rendu. Puis il la laisse prendre ses aises dans l’enclos de son nouveau camarade qui, paisible, semble accepter cette nouvelle cohabitation avec facilité. Achille se dit qu’il finira de longer le lac Prospère, un jour de congé, et qu’il ira visiter cette ville dont-il a tant entendu parler.

Pour l’heure, c’est son ventre qui dicte l’action. Avec sa besace (ses outils, il les laisse contre le mur extérieur), il retourne sous les poutres basses de la maison et va se poser avec soulagement. Ses yeux veulent errer sur les structures de l’habitation, découvrir leurs vices et leurs secrets, mais il se contient - demain, il aura tout son temps.

« Merci pour votre hospitalité… » - et il ne connaît pas encore son nom, il s’en rend compte, car à la Taverne, on lui a parlé d’une Lame, et puis c’est tout. « J’ai connu des gens avec tellement plus et qui donnait tellement, tellement moins. » C’est presque mathématique, pense Achille, et alors l’avare complaisance de certains nobles ou bourgeois pour qui il a travaillé lui remonte derrière la tête.

Maintenant qu’il s’est éloigné des ambitieux chantiers d’Albatra (géographiquement comme mentalement), la toxicité de ce quotidien lui apparaît peu à peu comme une révélation laissant un arrière-goût amer, une vérité un peu laide qu’on dévoile en retirant lentement de sur elle un drap léger. Et quel temps perdu, pense-t-il encore avec une certaine ironie, comme mon frère perd de son temps à guerroyer pour telle ou telle personne qui paye plus grassement que la précédente, assurant leur prestige respectif pour des raisons absconses qui finalement leur échappe. Quels idiots ils sont, les hommes Tiercélys ; pour un peu, on croirait que ce sont les femmes qui ont tout raflé. L’aînée la plus grande richesse, la plus grande renommée, auprès de son mari imbécile. La cadette la vie la plus douce, la plus pleine de sens et d'amour, avec son lègue intellectuel, son mariage heureux, et bientôt son enfant à mettre au monde.

Achille pose sa vision profonde sur le traits de la Lame - du fond de son silence, il semble l’interroger. Et toi, aussi, la vie est quand même avancée, et pas d’exploits pour entériner ton patronyme, pas de descendance, pas d’épouse… ? Tu vas construire quelque chose, une maison, une grange, mais quoi encore qui ne va pas finir par s'effondrer, je leur donne quelques décennies, tout au plus. Tous ces efforts, n'est-ce pas insignifiant si on s'arrête et qu'on y pense trop - alors c'est un peu comme de bâtir sur le dos du vent.



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MessageSujet: Re: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Ven 2 Nov - 14:47

Bâtir sur le dos du vent - Le 28/01/1100 à la ferme de Killian



Le sourire calme apaisa Killian comme s’il s’agissait d’un signe qu’il attendait. L’ouverture d’un moment sans tension, d’une aisance qui débutait et susceptible de s’intensifier si tout se passait pour le mieux. Mais lorsque le jeune homme glissa une mèche violine derrière son oreille, Killian résista à l’envie de changer la couleur de ses cheveux pour imiter celle qu’il avait sous les yeux. Il ne se souvenait pas de beaucoup de monde avec les cheveux violets, mais cet Achille et Ashena partageaient cette rare qualité et cela mettait probablement la Lame dans de bonne disposition vis à vis de l’architecte. Une erreur, probablement, de se laisser avoir par une banale familiarité, mais il se savait bien trop alerte pour se laisser ralentir par ce genre de sentimentaliste si le jeune homme lui donnait une raison d’avoir à se défendre.

Killian hocha la tête à l’accord qu’Achille lui donna et indiqua brièvement où il pouvait disposer la sellerie et où trouver brosses et autre cure-pieds afin de s’assurer du bon état de sa monture. Le maître de stable où on lui avait confié Havoc lui avait également fourni une quantité déroutante d’outils et d’équipements pour être en mesure de correctement s’occuper de son nouveau partenaire. Le palefrenier avait expliqué la réaction de son supérieur en indiquant qu’il y avait un grand nombre de Lame qui gardaient leur monture chez eux et que certains ne disposaient pas toujours des outils adéquats. Par conséquent, et avec l’accord du gestionnaire de la caserne, il avait prit en main l’éducation de la Garde de Saphir dans l’entretien des chevaux. Savoir monter était une chose, le maître d’écurie s’était agacé, mais prendre soin du cheval en était une autre mais n’en était pas moins importante.

Par conséquent, Killian était plutôt bien équipé pour ce qui était de l’entretien d’équidés. Et décemment informé. D’aucun se moquerait en affirmant qu’il savait probablement mieux prendre soin de son cheval que de le monter, ce qui n’était probablement pas une mauvaise estimation. Bien que Killian estimait s’être amélioré en ce qui concernait l’équitation. Du moins jusqu’à un certain point.

Alors que le jeune homme s’esquivait pour prendre soin de sa monture, Killian garda à l’esprit qu’il allait devoir vérifier le niveau de fourrage pour les deux bêtes ainsi qu’une stalle dans la grange était correctement préparée pour recevoir un nouvel occupant. Un peu plus de travail à prendre en compte mais définitivement rien qui puisse l’agacer : il s’agissait du genre de tâche qu’il appréciait effectuer. Il avait également découvert que les chevaux étaient bien plus faciles à côtoyer qu’à monter.
Pendant qu’Achille était à l’extérieur, Killian prépara un feu et attisa les flammes, soupirant de soulagement lorsque la chaleur commença à grossir et réchauffer son corps. Ils étaient toujours tôt dans l’année et il faisait encore frais. Killian ne faisait pas assez confiance à l’âtre détruit pour contenir les flammes et ne pas mettre le feu au reste de la maison, raison pour laquelle il travaillait généralement dans le froid. Tout au moins jusqu’à ce qu’il interrompe son activité et puisse allumer un feu auprès duquel se pelotonner et se reposer avec la satisfaction d’un chat paresseux. Ou d’un griffolet, pensa-t-il lorsque le volatil quitta son perchoir pour venir s’installer sur une pierre voisine, étirant ses ailes pour les offrir au baiser chaleureux du feu de cheminée.

Killian émit un son amusé et entreprit de préparer le repas avec les moyens du bords. Il n’était pas un grand cuisinier alors il se contentait généralement du strict minimum et ses repas n’étaient jamais rien de bien élaboré. Avec un peu de chance, Monsieur Tiercélys ne lui en tiendrait pas rigueur.
Installé près du repas en cours de cuisson, Killian accueillit le jeune homme d’un sourire lorsque celui-ci revint de s’être occupé de sa monture. Il retint un nouveau son amusé lorsqu’il remarque l’épuisement manifeste de son compagnon du soir. Il espérait juste que l’architecte n’était pas un ronfleur parce qu’il y avait alors peur de chance pour la Lame d’obtenir le moindre repos durant la nuit. La maison craquait et grinçait souvent, le vent un sifflement perpétuel lorsqu’il s’infiltrait dans les interstices de la bâtisse, mais il pouvait plus ou moins en faire abstraction. Il n’en était pas aussi sûr concernant les sons persistants d’un ronfleur.

En réponse aux remerciements d’Achille, Killian haussa les épaules, surveillant d’un oeil l’évolution du repas. “Je ne suis pas dans le besoin et vous offrir un repas et un toit est la moindre des choses compte tenu du chemin que vous avez dû parcourir pour parvenir jusqu’ici,” avoua-t-il. “Si nous finissons par travailler ensemble, je préfère entretenir une relation amicale et de confiance, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

Esquissant un petit sourire en coin, il leva les yeux sur l’architecte et ajouta :

Et puis un peu de compagnie ne fait jamais de mal.

D’autant qu’il serait non seulement stupide mais également suicidaire de s’en prendre à une Lame de Saphir. Même si Killian ne portait actuellement qu’un poignard soigneusement dissimulé, il se savait en mesure de défaire un adversaire efficacement et rapidement. Il n’était pas trop inquiet, juste prudent et attentif comme d’aucun le serait en invitant un inconnu pour la nuit.
Lorsqu’il estima le repas suffisamment réchauffé et cuit, Killian prépara une première écuelle - rien de plus qu’une gamelle de la Garde, vraiment - et la tendit au jeune homme avec une cuiller. Il se servit également et, assis en tailleurs à même le sol, entreprit d’assouvir la faim creusée par l’effort et le travail manuel.

Alors, dites-moi, avez-vous des questions ?

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MessageSujet: Re: [28 Allune 1100] Bâtir sur le dos du vent    Ven 30 Nov - 16:25

Bâtir sur le dos du vent  / 28 Allune 1100

Achille défait sans empressement les lacets de ses bottes. C’est vrai qu’un peu de compagnie ne fait jamais de mal ; un trait comme un sourire tire le coin de sa bouche. Il ne sait pas quel genre de personne il est. Pendant un temps, il a cru qu’il était quelqu’un de clan, un homme de tribu. Après tout, il vient d’une famille nombreuse et il a bossé sur des chantiers à gros effectifs, a passé le plus clair de son temps avec des groupes de maçons, toutes sortes de groupes. Aujourd’hui, il lui semble qu’il a toujours été très seul. Qu’il a été en retrait, toutes ces années. Quelque chose lui pèse sur la nuque - il a pensé que c’était de la fatigue. Mais on ne peut pas être fatigué depuis près de trente ans.

« Alors, dites-moi, avez-vous des questions ? »

Le bâtisseur attrape l’écuelle avec un léger signe de tête, remerciement muet. Il réfléchit. Des questions d’ordre techniques, il en a et en aura, c’est certain, mais il sent que ce n’est pas le moment pour entrer dans le vif du sujet. Ou peut-être que si, ça ferait quelque chose sur laquelle se concentrer. Son visage pivote vers le griffolet qui les observe du haut de l’âtre, les yeux à moitié fermés. Il reste vigilant. Ils le sont tous, sous ce drap calme qui s’est posé sur leur dos. Achille profite de la chaleur qui irradie doucement dans ses paumes.

« Rapidement, comme ça… »

Qu’il avance, l’air désinvolte. Son regard revient sur le visage de l’homme, s’attarde à la longue balafre qui court sur son oeil. C’est comme s’il la voyait pour la première fois. Il fait souvent ça ; regarder sans voir, trop accaparé par ce qui se déroule dans son esprit. Achille est incapable de cacher son embarras et se raidit légèrement lorsque son regard dévie à nouveau, trouvant un point d’ancrage plus confortable dans le contenu du bol sur ses cuisses. Il prend une bouchée, pour gagner du temps, probablement. Il prend le temps de mâcher sans réellement goûter. Il hait le silence lorsqu’il est partagé entre deux personnes. Son torse s’enfle avec lenteur, l’air coince, se relâche…

« Je ne sais pas, parlez-moi de vous. »

Tellement mal amené. Le vornois résiste à l’envie de fermer les yeux, pincement du visage devant une quelconque maladresse. Il n’est jamais aussi rude envers-lui même, ça lui fait une belle jambe, tiens. Ce doit être le dépaysement qui lui fait cet effet. Il se déçoit un peu. Il n’est pas aussi aventurier et téméraire qu’il se l’était imaginé quand petit, avec sa soeur cadette, il n’avait d’oreilles que pour de grandes aventures épiques. Faire comme maman, que Sancie disait en pointant la chaîne de montagnes qui se dressait au-dessus d’eux, et ils s’imaginaient traverser les paysages et les lieux avec la facilité des enfants, que leur succès d'entreprise n’aurait d’égal que leur envie d’exploration. En vieillissant, on devient peureux. Ce n’est plus aussi simple. On s’en veut, pour les enfants. Pour nous même. Achille relève la tête, accroche au passage l’encre d’un tatouage qui dépasse légèrement des manches de la chemise du lacquois. Cette attention aux détails, d’un seul coup, ça l’indispose.

« C’est juste qu’on ne m’a rien dit à votre sujet, seulement que vous étiez ici, seul, à vouloir rénover tout ça. Vous venez de Creux-Lac ? »

Voilà, c’est déjà mieux, ça a plus de sens, de direction. Achille étire ses vertèbres, tente de ne pas trop dévisager la cicatrice sur le visage de l’homme. Tâche assez ardue, compte tenu de la couleur attractive de ses yeux. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il ne doit pas passer inaperçu lors de ses sorties en ville.


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